‹ Dix inscriptions chinoises de l'Asie centrale d'après les estampages de M. Ch.-E. BoninChapitre 11 sur 12 · INSCRIPTIONS DE 776 ET · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS DE 776 ET

La stèle placée en dehors de la « grotte du Buddha endormi » ^^ïl^^h a été érigée en 776 pour célébrer les mérites d'un certain Li T'ai-pin. Sur le revers, on a gravé en Sg^ une inscription destinée à commémorer les fondations pieuses d'un membre de la famille impériale des T'ang.

Le texte de ces deux inscriptions se trouve dans le Si yii t'ou tche (chap. xx, p. 3 v'^-ô r") et dans le Siyu choei tao ki (chap. m, p. i4 V-iy r"). Les estampages de M. Bonin nous ont permis de nous assurer de la parfaite exactitude du déchiffrement de Siii Song; c'est ce déchiffrement que nous avons reproduit ici.

[253] MÉMOIKKS PRÉSENTÉS PAR DIVKRS SAVANTS.

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r255] MÉMOIKES PRÉSENTÉS PAR DIVERS SAVANTS.

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N" VII. — Inscription de 776.

Notice gravée sur pierre pour céîébrer les mérites accomplis par Li, notable de la préfecture, originaire du Lon(j-si, sous la grande dynastie T any.

0000 pavillons volants oc nuages rouges, continûment s'appuyer sur 00 demeurer o sortir du monde des hommes; saint o temps, illuminer une vallée; étoiles, être suspendu o cloches 0000 tonnerre o . Les divinités surnaturelles et les revenants constamment se trouvaient là. En ce temps, à cause de sujets rebelles, mille 00 brigandages 0000 territoire; alors on détruisit avec cruauté les êtres produits par la nature. A l'est, depuis le versant de (la montagne) Long \ là où étaient autrefois des chemins entre des champs cultivés, coururent en troupes des renards et des lièvres; à l'ouest, jusqu'à la passe Yang^, dans les villes abandonnées se rassemblèrent les repaires des

' iSk ^^^ 1^ ™<)^ P^*" lequel les gens du pays de Ts'in exprimaieAt l'idée de « versant, escarpement» Jj^. Le versant de la montagne Long ^ Jft se trouvait sur le territoire de la préfecture de Kong tch'ang , province de Kan-sou.

* D'après le Kieoa T'ang choir (chap. xl , p. 39 r"), la passe Yang P^ ^ était à 6 li à l'ouest de la sous-préfecture de Cheoutch'ang ^ ^ ( sous-prélécture de Long-le J|| ^ sous les Han) , tandis que la passe Yu-men 31 P^ |S était à 1 1 8 /i au norduuest de cette même ville. Le Kouo ti tche donne une indication identique pour la passe y« men ( cf. Se-ma Ts'ien , chap. cxxiii , p. 6 r", comm. tcheng-i). La carte de la frontière russo-chinoise (en 35 feuilles) publiée en 1890 par Hong Kiun marque la passe Yang à une assez grande distance au sud-ouest de la ville de Toen-hoang jf^ ^ , qui est elle-même sur la rive gauche de la rivière Tan :^ ^rJ" ou Tang ^ ^^f ; la passe Yu-men se trouve plus au nord-

ouest , à l'endroit précis où la rivière Boulounghir se déverse dans le lac Kara-nor. Ces positions correspondent bien à celles qui sont indiquées dans le Kieoif. T'ang chou. — Il est à remarquer cependant que, si la situation de la passe Yang n'a jamais été modifiée , la passe lu- men a été plus nomade ; dès l'époque des T'ang , nous voyons par la Vie de Hiuen-tsang (trad. Julien, p. 17 et 21) que, en l'an 629, la passe Yu-men se trouvait sur les bords de la rivière Hou-lou ^ tÊ. ("^* Boulounghir) , .à 5o fi au nord de Koa tcheou /jj, '}\\ ( à 80 li au sud-ouest de la ville actuelle de Ngan-si tcheou ^ "gf *H'j). Cette indication concorde avec celle de la géographie administrative de la période yuen-ho ( 806-820), citée dans le Han chou si yu tchoan pou Jchou de Sin Song , qui dit que la passe Yu-men était à 20 pas à l'est de la sous-préfecture de Tsin-tch'ang § ^ ; la sous- préfecture de Tsin-tçh'ang dépendait de Koa-tcheou. — De nos jours enfin , le nom de sous-préfecture de Yu-

loups. L'arbre de o pendant la nuit fut inquiet ; la porte de l'harmonie pendant le jour fut fermée. L'intérieur de la pagode tomba en poussière; sur l'emplacement de la contemplation (dhyâna) poussèrent des herbes.

En ce temps il y eut un homme de grande foi nommé Li T ai-pin, qui était originaire du Long si et qui avait les titres de tch'cto-san-ta-fou et de conseiller dans le palais du roi de Tcheng. Son ancêtre avait désigné un arbre pour en tirer le nom de sa famille^ et l'émanation violette se transporta jusqu'à l'ouest des Sables mouvants; traversant les montagnes, il fit jaillir le o parfimié; sa renommée frappa d'étonnement au bas des sources suspendues. Son époque exalta celui qui tuait les tigres à coups de flèches^; les hommes mirent leur espoir dans celui qui montait sur les dragons. Il fonda un royaume dans le Leang occidental; il se proclama vassal des Tsin orientaux^. Le conseiller (Li Tai-pin) n'est autre que le descendant à la treizième génération de l'empereur Hing-cheng *.

Les rameaux éloignés se détachèrent naturellement et les générations (successives) contribuèrent à la beauté (de cette famille). La tige surnaturelle

fn^n 3i P^ f^ s'applique à une localité qui est à 1 4o li à l'ouest de Soa tcheoa "^ j^ et se trouve donc reporté plus à l'orient qu'à l'époque de Hiaen-tsang et surtout qu'à l'époque des Han.

* Li ^ signifie a prunier». Ici il est fait allusion à une anecdote de la vie légendaire de Lao-tie; la mère de Lao-lse le mit au monde près d'un prunier ; comme il savait parier dès sa naissance , il montra cet arbre en disant qu'il en prenait le nom (cf. St. Julien, le Livre de la voie et de la vertu, p. xxin). On sait que Lao-tse était regardé comme un ancêtre des empereurs de la dynastie Taiig dont le nom de famille était Li.

* On raconte du général Li Koang (t 125 av. J.-C.) qu'il tua plusieurs fois des tigres à coup de flèches {Se-ma Ts'ien, chap. cix , p. 2 v"). Ce Li Koang fut l'ancêtre à la seizième génération de Li Hao ^ ^ (cf. r»iM cfcou , chap. Lxxxvir,p. i r°),qui

fut le fondateur, en l'an 4oo ap. J.-C, de la dynastie des Leang occidentaux 'g' \%. On verra plus loin que Li Tai-pin est rcr gardé par l'auteur de l'inscription comme un descendant des souverains de la dynastie des Leang occidentaux. -— On sait d'ailleurs que la dynastie T'ang elle-même se ratfaichait aux Leang occidentaux, et Li Yaen ^ ^ était issu de Li Hao à la septième génération [Kieou T'ang choa^ chap. I, p. 1 r°).

^ Li Hao, fondateur de la dynastie des Leang occidentaux, reconnut en effet la suzeraineté de la dynastie Tsin. Les Leang occidentaux disparurent dès l'année ^20.

* L'empereur Hing-cheng ^ ^ ^ ^ n'est autre que Li Hao fondateur de la dynastie des Leang occidentaux; ce titre posthume lui fut décerné en 7^3; cf.

Tang chou, chapitre v, a° année t'ienpao.

s'implanta dans ie sol et d âge en âge elle ne manqua pas de sages (pour la représenter) '.

L'ancêtre (de Li T'ai-pin) à la sixième génération , [Li) Pao, fut, sous les Soei, porteur d'un insigne de délégation, chargé d'administrer les affaires militaires dans la Marche d'Occident, général en chef pacificateur de l'Occident, commandant militaire exerçant l'autorité et la protection sur les Jong occidentaux , k'ai-fou-i-t'ong san-se , gouverneur de Toen-hoang , dans l'arrondissement de Cha; à l'ouest de Yu-men^ il reçut en apanage un territoire de trois mille foyers.

Son bisaïeul, (Li) Ta, fut se-ma impérial de Toen-hoang. Ses descendants ie considèrent comme le chef de la famille.

Son grand-père, [Li] Ts'an, fut général impérial des chars et des cavaliers danb le grand palais impérial.

Son père défunt, [Li) Fong-kouo, eut les titres de tchao-oa hiao-wei impérial, et de général de la garnison de Ho-p'ing, dans l'arrondissement de Kan. De bonne heure il rencontra une biillante destinée ; il parvint à déployer des talents remarqxiables. Dès la première charge qu'il reçut, il fit preuve de capacités égales aux nuages élevés; dans sa vieillesse, il posséda le bonheur de recevoir dans ses mains le soleil '. Faisant retomber ses tiges , il répandit ses épis*; (chez ses descendants) l'art se continua de fabriquer des arcs et des vêtements de fourrure '. (Sa postérité) construisit des maisons (si nombreuses

' Cette formule revient souvent dans ie style des inscriptions (cf. Une inscription du royaume de Nan-tchao. 766 ap. J.-C. , trad. fr. , p. 5o et p. 65-66).

* Sur la passe ^Yu-men 3Ê P^ ^ - cf. p. aSg, n. 3.

' Le soleil symbolise ici l'empereur; recevoir dans ses mains le soleil, c'est aider l'empereur, et, par conséquent, occuper une haute charge à la cour. Cf. San koao tche, chap. xiv, p. a r", commentaire : fTch'eng I, quand il étadt jeune, rêva souvent qu'il était monte sur le T'ai chan et que dans ses deux mains il recevait le

«oleU m S >> ^ ^ ^ ± Jfe UJ S

•^ 1$ 0 . Tcli'enrj I pensa à part lui que

c'était extraordinaire et le raconta à Siaii Yu . . . Plus tard , Sian Ya le révéla à l'empereur Tai'tioa. Celui-ci dît ( à Tch'eng I) : «Vous devez finir par être comme mon « ventre et mon cœur. »

* C.-à-d. qu'il eut de nombreux enfants.

* Cette phrase signifie que les enfants héritèrent des talents de leur père; elle s'explique par un texte du Li ki (chap. Hio

ki)'%mt.l'»Iè'^nmoK^

;t: •? >if» ^ JJ ^ o «Le fils d'un habile fondeur apprend nécessairement à confectionnet des vêtements garnis de fourrures ; le fils d'un ouvrier habile à faire des arcs apprend ntcessairement à façonner des vans» (trad. Couvreur, t. II, p. 42).

que) les portes formaient une fiie continue; le quartier était plein de bonnets et de dais (de fonctionnaires )^ Frères aînés qui avaient peine (à maintenir leur rang^ * et frères cadets éminents, d'une manière très élevée furent des sages qui marchèrent dans la droite voie. Fils servant de soutien et petits-fils de bon conseil, d'une manière docile présidèrent à la protection de la famille.

Pour ce qui est du conseiller [Li T ai-pin), les devas lui avaient donné la pureté; les esprits lui avaient prêté la droiture. Ceux qui étaient en relations avec lui admiraient sa bonne foi; les gens de son pays natal célébraient sa bonté. La source de sa justice était profonde; elle versait à boire sans s'épuiser; l'influencé de sa conduite était lointaine; elle émouvait et aussitôt pénétrait.

n s'habitua à considérer que celui qui puise de l'eau dans le Kiang ou dans la mer a peine à en estimer la profondeur et que celui qui regarde de loin le ciel et la terre ne perçoit pas leur forme carrée ou ronde ; à combien plus forte raison, (lorsqu'il s'agit de pensées telles que celles-ci :) « le vide de la forme (rûpa) n'est autre qile le vide imiversel; la caractéristique (laksana) de la nature n'est autre que l'absence de caractéristique » , comment peut-on comprendre cela par des mots et des paroles , comment peut-on le connaître par les caractères de l'écriture.»^ C'est pourquoi donc, dans la cellule carrée de dix pieds de côté^, d'une manière silencieuse on entre dans le mystère sans égal; la grande voie de la perfection de la connaissance (prajnâpâramitâ) conformément à la Loi montre la vérité incoricevable. Grâce aux sons victorieux (qui ont retenti dans) la profonde vallée*, grâce aux êtres qui ont répondu à la grande cloche, le palais des démons s'est à cause de cela effondré comme une montagne et le soleil du Buddha s'est épanoui comme le ciel. L'eau des affections * s'est purifiée le matin ; le carrefour sombre s'est illuminé la nuit.

' De nombreux membres de cette fa- et le cadet Seng-mi; les gens disaient en

mille étaient fonctionnaires. parlant d'eux: «Ce n'est pas que Fa-hoa

* Les frères aînés avaient des frères ne soit pas parfait, mais Smg-mi lui rend

cadets si remarquables qu'ils avaient peine difficile d'être frère aine» ^ |^ ^^ 7

à maintenir leur supériorité. Dans la bio '^ofl'^lil/^5to

graphie d'un certain Wang Tao i ^ , 'La cellule du roKgieux bouddhique,

l'histoire des Tsin ( Tsm cfcoH , chap. lxv, * C'est-à-dire: «grâce aux ensêigne-

p. 6 r°) jïarle des deux petits-fils de ce. wnents de la religion bouddhicpie».

personnage; l'aîné était surnomme Fa-Aoa. ' "" L'eau des affections mondaines.

Un seul son répand la Loi ; les quatre multitudes ' suivent les causes. Directement on détache la perle de la chevelure enroulée au sommet de la tête ; secrètement on transmet le sceau du cœur. Toutes les fois qu'on s'appuie sur ce qui est sensible^, on est ce sur quoi on s'appuie; mais si on se fixe sur le non-composé ^, on devient au contraire ce qui possède la fixité.

A la suite de ces (réflexions), [Li Tai-pin) parcourut les montagnes et accomplit les adorations: il traversa les parages difficiles et pratiqua les actes (de dévotion). Avant que sa tournée fût revenue à son point de départ, quand son char grillagé n'avait point encore cessé ( d'avancer j, il trouva un endroit propre à recevoir des sculptures, mais il n'y avait aucun homme qui fût étroitement uni à lui. Alors au prix de mille livres d'or il engagea des artisans et cent stupas s'élevèrent et s'alignèrent. Les marteaux bondissants assourdirent les vallées ; les pierres qu'on soulevait remplirent de fracas les montagnes.

On modela une représentation du Nirvana, une de Cintâcakra bodhisattva* et une d'Amoghapâçabodhisattva^. On peignit une image de chacun des sujets suivants : les hommes répondant aux bienfaits et les devas demandant à interroger^, Samantabhadra bodhisattva'', Manjuçrî bodhi-

' Les quatre multitudes P9 ^ sont, d'après le dictionnaire numérique Kiao tch'engfa chon , les bhiksus, les bhiksunis , les npàsakas et les upâsikâs.

' Littéralement «ce qui a des caractéristiques» ^ ;{@.

" Dans le style bouddhique , l'expression ^ >^ correspond au terme sanscrit asainskrta «non composé». Dans le style taoïste, elle signifie «le non-agir«>.

* Dans le titre de divers sûtras on retrouve le nom de|^ ^ "Sc. iO M ^ ^ Hl que BuNïiu Nanjio ( Catalogue, n" 538 , 1 Sg^ , 1 4o3 ) traduit Avalokiteçvara-cintAcakra-bodhisattva ; mais la concordance est hypothétique et ne se fonde pas sur des textes sanscrits.

* Le nom d'Amoghapàça ^ ^ ^ ^ figure dans le titre des sûtras 3 1 2-3 1 7 et 1002 du Catalogne, de Bunyiu Nanjio.

* ^ i@. ^ m f^' Plus loin, on trou^

vera la phrase : A ^ # ® 3^ S'J In P5- 11 semble donc qu'ici le mot A «hommes» ait été omis avant le mot ^; je l'ai rétabli dans la traduction.

^ ^ ^f "^ lË- Samantabhadra bodhi-, sattva est la divinité adorée sur le mont Ngo-mei fS^ )^ \l\, dans le Se-tck'oan. Dans la tour du monastère Wan-nieii se "^ ^ ^ sur le mont Ngo-mei, on voit aujourd'hui encore un éléphant colossal en cuivre blanc surmonté de la statue de Samantabhadra (cf. C. E. BoNiN, Le mont Omei, Bull, de géogr. hist. et descr., 1899 , n" I, p. 70; E. CoLBOBNE Baber, a journey of exploration in western Ssu-ch'aan , p. 32-33). Une des miniatures d'un manuscrit sanscrit de l'Université de Cambridge représente de même Samantabhadra assis sur l'éléphant (cf. A. Foucher, Etude sur l'iconographie bouddhique de l'Inde, p. 120-121 et pi. VI , n° 2 ).

sattva', Bhaisajyaguru de TCh-ient^, le Sukhâvati de l'Occident', Avaiokiteçvara bûdhisattva aux mille mains et aux mille yeux ^, la naissance supérieure* et la naissance inférieure de Maitreya, Gintâcakra, Amoghapâça.

Pour les mille personnages des mille Buddhas du kalpa des Sages, on commença par modeler Targile humide , puis on y étendit les diverses couleurs ; spacieusement on dégagea les parois de pierre ; majestueusement on fit apparaître le visage d'or. On commence à Torigine au non-né , puis on montre les naissances dans les mille régions ; maintenant , ce n'est pas la destruction ; puis on montre la destruction sous les deux arbres*. On examina les sûtras et on rechercha les sources (littéraires) pour disposer les êtres et figurer les scènes : voici le roi Brahma qui s'enfuit du monde et la mère du Buddha qui descend du ciel ; la roue sainte qui accomplit les désirs fait évoluer en rond les trois mondes''; le lien mystérieux qui n'est pas vide attache en les reliant les quatre sortes d'êtres*; les hommes répondent donc aux bienfaits, tandis que les devas demandent à interroger*; le joyau de l'éléphant à six défenses '* agite ses ornements violets en supportant le Véritable ; le roi des

'^.^UM^M- Manjuçrt est la divinité adorée sur le mont Ou -t'ai Jl ^ ^J, dans le nord da Chan-si (cf.

Edkins, Chinese Baddkism, p. a36-a38; Religion in China. Ajoarney to Wa-tai shan in 1812, Annales da musée Guimet, t. IV, p. a5o-3o3; W. W. Rockhill, Pilgrimage to the great Baddhist sanctaary of North- China, repr. front the Atlantic Monthfyfor Jane 1895). C'est aussi en Chine (Mahâcîna) et sur les cinq pics (Panca-çikha =^ Si. S ) tp'est placé Manjuçrî par les légendes de deux des miniatures publiées par A. FouCHER [Etude sur l'iconographie bouddhique de l'Inde, p. wl^).

* IK 3fr ii 6iÇ. Sur les Bodhisattvas rois ou maîtres de la médecine , cf. Wad- DEL, Lumaism, p. 353-354, Bunyic Nax- JlO, Catalogue, n" 170-173 et 3o5.

^ Cf. Bu\YiuNA?ijio,Ca/a/o5i«e,n'' 199.

* Cf. BuNYiu Nanjio , Catalogue, n'"3i8- S-îo.

* La naissance supérieure L ^ est la naissance de Maitreya dans le ciei Tusita ; la naissance inférieure *^ ^ est sa naissance sur la terre. Cf. Bunyiv> Nanjo, Catalogue, n" 3o4 et ao5.

* Les deux arbres çâias à lombre desquels le Buddba entra dans le Nirvana.

' Les trois mondes du désir, de la forme et de ce qui est sans forme.

* Les quatre sortes d'êtres sont ceux qui naissent 1 ° d'un œuf ^ ^ , 3° d'un fœtus 1er 4 . «i° de l'humidité ^ ^ , 4° spontanément flj ^.

' Cf. p. 363, n. 6.

'** Dans le Caddanta jdtaka, le Bodbisattva apparaît sous la forme d'un éléphant blanc à six défenses (cf. Feer, Journ. asiatique, ^an\.-(ev. 1895, p. 5o-53). Il est a remarquer cependant que , dans notre texte, l'éléphant est, non le Buddha lui-même, mais la monture du Buddha, puisqu'on nous dit qu'il supporte le Véritable.

animaux (peints) des cinq couleurs porte le lotus bleu etroffre au saint. Les douze vœux suprêmes ^ sont rangés dans le temple pur; les seize portes de la contemplation (samâdhi)^ ouvrent leur domaine de joie (sukhâvatî). Le grand Compatissant (Mahâkaruna =leBuddha) vient en personne sur le Pic du Vautour (grdhrakû ta); le Charitable (Maitreya) fait descendre les traces de ses pas près de (l'arbre aux) Fleurs de Dragon (nâgapuspa) ^.

Spectacle grandiose et hem'eux ! les mille Buddhas divisant leurs corps se rassemblent et se réalisent dans les mondes (nombreux comme les grains) de sable; les huit catégories*, répandant leurs multitudes, entourent de plusieurs rangs les montagnes de fer ; sans voix et sans couleur^, (ces personnages) n'émettent aucun son; mais voici qu'avec un léger munnure^, ils veulent se remuer. Pour prendre des analogies, les bords des toits volent comme les ailes de l'oiseau de proie ; les pavements ont des sinuosités semblables à des écailles de dragon. Les nuages et les brouillards se produisent devant les portes et les fenêtres; le tonnerre et la foudre marchent sur les degrés des escaliers. A gauche s'étend une plaine unie à l'extrémité de laquelle l'œil aperçoit des montagnes lointaines ; sur le devant coule un grand fleuve dont les flots réfléchissent les pa>àllons à plusieurs étages. Le vent chante dans les arbres de la Bodhi et constamment il harmonise les sons du mal et du vide; la rosée

* ~h JH h ^ • Le dictionnaire numérique Kiao tch'eng fa chon donne une liste de douze grands vœux -^ ZL ^ i^ prononcés par Bhaisajyaguni vaidùryaprabhâsa tathâgata |(| £$ i3 ^ 7t ita ?|5 au temps où il était Bodhlsattva.

* On trouve dans le dictionnaire numérique une énumération de seize aspects du développement (des quatre vérités) -p 7^^ tf H^ ^"^ correspond à une liste de la Mahàvyutpatti , S 54. De Harlez en a donné la traduction dans son Vocabulaire bouddhique sunscrit - chinois [T'oung pao,

t. vm.p. 376).

* Quand Maitreya aura obtenu l'intelligence et sera devenu Buddha, il s'assiéra sous l'arbre aux Flevirs de Dragon. Cet arbre est haut de quarante li et s'étend

aussi sur quarante li [Fa yuen tchou Un, chap. XVI, p. i5 v°).

* D'après le dictionnaire numérique / tai king la luen chefa choa, les huit catégories /V p{i comprennent les devas, les nâgas, les yaksas, les gandhai'vas, les garudas , les kinnaras et les mahoragas.

' Cf. Lao-tse, Tao it king, tnid. Julien,

" A propos de l'expression ^ ^, 1« P'ei wen yun fou cite un passage du Yeou yang tsa tsoa où est racontée l'histoire d'un homme qu'une épine avait blessé au pied au moment où il ti'a versait le désert; « soudain il y eut un objet chassé par le vent qui passa devant lui avec un léger murmure i^WS^^o ^^ii ^ "15^ ; il le saisit , en entoura son pied et n'eut plus de mal».

UPRIMt-.r.IE KATIO^IALE.

tombe goutte à goutte dans l'étang du dhyàna et clarifie davantage l'agrégat de piireté ^

En ce temps, l'honorable Tcheoa, qui avait les titres de tsie-toa koan-tch'a tch'oa-tche-che, k'ai-Joa-i t'ong-san-se , ya-che-ta-foa , duc du royaume de Ts'ai, avait une raison semblable à la connaissance qu'on possède de naissance^; il avait des capacités telles qu'il aurait pu commander au monde'. Sa clarté pure éclairait intérieurement ; son élégance parfaite se répandait extérieurement. Son énei^e surpassait le vent et les nuages; son cœur était aussi haut que le soleil et la lune. Dans les affaires civiles, il se trouvait avoir la gravité de celui qui tient en main la justice*; en fait de prestige militaire, il égalait la bravoure de celui qui tient la hache d'armes ^. Il réunissait en lui les neuf enseignements* ; il maintenait fermement les dix sortes de foi '. Il profitait des loisirs que lui laissaient les exercices militaires pour développer la sincérité des rites et du respect.

On dressa les perches et on brandit les lances ; on réunit les pertuisanes pour lui faire cortège ; les tètes échevelées et les côtes se touchant , on se plaça des deux côtés de son char et on aN-ança, Les ours et les ours rayés ou\Taient la

' C'est-à-dire l'étang plein d'eau.

* Cf. Laen yu , x\ i , 9 : ^ W ^ J^ ^ L ^ t ceux qui de naissance possèdent la connaissance sont les hommes de la classe la plus haute».

' Cf. San kouo tche, chap. l, p. 1 v" :

lÊ m «É» o «L'empire va être troublé; excepté l'homme capable de commander au monde, nul ne pourrait le sauver. »

* L'expression ^, ^ s'applique à celui qui rend la justice. Ts'ien Han chou, chap. LXXiv, p. 6 r° : Le t'ing-wei Yu Ting-koao rend la justice avec exactitude et équité; dans tout l'empire les gens reconnaissent d'eux-mêmes qu'ils ne sont pas lèses.. U M "f- ^ m i^ ^ W ^ o ^ T â .W ^ ^ o — Lne des dénominations sous lesquelles on cx)nnaît le ministère de la justice 5fî pÇ > ^s^ M»

^ {Dict. chinois-Jrançais du P. Couvreur, p. 128).

^ Cf. Chou king , Harangue de Mou :

3E & 'fet ^ ^ o «Le roi tenait de îa main gauche la hache d'armes jaune > .

* ^ ^ . Les neuf courants de doctrine sont ceux des écoles 1" des lettrés, 2* des taoïstes , 3* du yn et du yang , A* des lois , 5° des dénominations, 6° de Mo-tac, 7* de la politique , 8* éclectique , 9° de l'agriculture. Cf. Ts'ien Han chou, chap. xxx, p. 9 v''-i8 v°.

' Les dix sortes de foi ~f" •^ sont, d'après le dictionnaire numérique Kiao tch'eng fa chou : 1" ■f^ (adhimukti); 2° ^ (smrti); 3° 3^ jg (vina); ^° § (prajnâ;, 5° ^ (samâdhi); 6" yj* 3^ (avivarta); 7" IhI IrJ (parinàmanà; cont. Lav allée- Poussin, Boaddhisme , p. 108, n' 1); ^'' ^ ^ (dharmapâlana); 9° J^ (Çîl^ij; 10° ^ (pranidhâna).

marche, les faisans et les hérons accompagnaient l'équipage. Très abondant et très sinueux, (le cortège) ébranlait les gorges et agitait les vallées; puis il arriva à cette grotte. Les maisons à étages * étaient vides au nombre de neuf (sur dix) 2 ; le chemin surélevé (s'étendait) en un seul ruban. En avant nîarchaient des joueurs de flûte et des chanteurs; (les sons de cette musique) en haut atteignaient les nuages et l'arc en ciel. Quoique chaque personne fût complaisante pour la personne (voisine) , on n'avait pas la place pour poser la trace de ses pas ; en levant un pied au-dessus de l'autre pour monter au ciel , il y avait des escaliers. L'œil pénétrait jusqu'au fond des deux principes^; le cœur sortait des trois mondes*.

Il y avait alors un chef de religieux, le çramana et çakyapoutra (nommé) 1 e Maître de la Loi Ling-oa; il était le frère cadet chéri du conseiller [LiT aipin). La perle des défenses était (chez lui) ronde et limpide; le miroir du cœur était (chez lui) clair et pur. Son savoir avait examiné dix mille gâthas; son discernement eût humilié mille hommes. l\ était sorti de la demeure de feu sur le véhicule unique et avait brisé le vide et chassé les apparences; il avait montré le rempart de la transformation sur les quatre trônes*, et l'irréel s'en était allé tandis que revenait la réalité.

Alors donc , conduisant avec lui son frère aîné [Li) T ai-fin, son frère cadet [Li) Tch'ao-yng et ses neveux Tse-leang, Tse-ye., Tse-wang et Tse-yu, ils saluèrent au bas des escaliers; le Maître de la Loi et son neveu, le religieux TcTie-yong, réunirent leurs manches® au haut delà salle. Ils dirent (à l'honorable Tcheou) : « Votre Seigneurie a compassion des hommes et s'informe des malades; elle triomphe des difficultés et sauve son époque; les impôts sur les puits sont équitables et les fortunes des familles sont suffisantes. Ainsi on a pu ouvrir de côté une grotte profonde et élever en travers une tour d'une

* L'expression ^ |fj- désigne ici, non il y en avait neuf de vides». Pour voir des chars , mais des maisons. Cf. un pas- défiler le cortège , presque tous les habi • sage d'une poésie de Tchang Kieoa-ling , tants avaient quitté leur maisons.

cité dans le P'ei wen yun fou : ]l\ ^ ^ * JH i^ » le Ciel et la Terre.

îli^féo ^^In^lfo «La ville * H If- , les trois mondes du désir, de

de la montagne se dressait déjà solitaire la forme et de ce qui est sans forme.

et élevée ; tout au haut on a construit des * B9 >^ •

maisons à étages. » * C'est-à-dire aussi qu'ils se saluèrent

* L'expression j{^ ^ s'explique par la en étendant les mains, locution "^ ^ Jlt ^ «sur dix demeures.

hauteur effrayante; on se propose par là d'aider à la grande régénération; on se propose par là de rendre heureuse ia gloire de nos prédécesseurs ; l'excelience (de cette fondation religieuse) protège toute une province; son éclat illumine les six degrés de parenté. D'ailleurs, de l'aïeul aux descendan ts il y a eu cinq générations (pendantlesquelies) les plans ont été faits poui quatre temples ' ; (ainsi) les salles et les construction, ont évité de tomber en ruine; les instructions laissées (par les morts) ne furent pas couvertes de honte. Si ce r'est une stèle, qu'est-ce qui témoignera de la réalité (de cette œuvre méritoire)? Si ce n'est la littérature, qu'est-ce qui en commémorera la lointaine influence? Aussi bien quand on s'est élevé haut, on est capable de faire une composition littéraire; dans l'antiquité, s'il est des faits qui ne soient pas tombés dans l'oubli, c'est qu'on rencontre des monuments où il y a de telles inscriptions; comment renoncerait-on (à cet usage)? ■

En grand nombre ils >-inrent les uns après les autres pour me demander (de rédiger cette notice). Le duc de Ts'ai^ me montra alors les habitations pures et me dit: «Quand on manif' une hache pour tailler un manche (de hache), on n'a pas à aller loin pour prendre son modèle^. Pour ce qui est de trouver des expressions appropriées aux choses, assurément vous devez en être capable. »

Levant la tête, j'honorai le but indiqué; baissant la tête, je rencontrai une absolue sincérité; je me permis (de retrancher ou d'ajouter) ce qui était superflu ou insuffisant pour que jcela pût peut-être ressembler au véritable ancêtre* o.

Erigé la onzième année ta-li (776), le dragon se posant sur king-tch'en, o o o le quinzième jour sin-wei.

In Ting-kie, mari de la sœur cadette, hiang-kong, instruit dans les li\Tes classiques , faisant fonctions de directeur des études de l'arrondissement de Toen-huang, lettré au vaste savoir.

' LeSi vu t'oH ^f/u?donneicilaleçon ^. ode 5. Ici le sens de la phrase est que

' L'honorable Tclieou dont il a été celui à qm on demande de rédiger une

question plus haut (cf. p. 366, 1. 3-4). inscription n'a qu'à décrire le temple qu'il

■^ Puisque la hache elle-mêrae qu'on a sous les yeux, tient en main peut senir de modèle. Cf. * C'est-à-dire : pour que ma composition

Clie kinj, ^section Kouo fong, livre XV, littéraire ne fût pas indigne du Buddha.

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N** VIII. — Inscription de l'année 894.

Cette inscription, comme nous l'avons dit, est gravée sur le revers de la stèle dont nous venons d'étudier la face. Le titre est ainsi conçu :

Stèle commémorant l'acte méritoire de réparer une construction accompli par M. Li, originaire du Long-si, membre de la famille impériale des Tang.

On peut distinguer 28 colonnes de texte qui comptent chacune 63 mots; tant au commencement qu'à la fin, il semble qu'il y ait une colonne entièrement effacée.

000000 préfecture o enregistrer, très vaste, certes 0000000 agiter 000 o o o o o 0 roi o descendant o grand -père 0000 grand 0000 se ^lang-tchong , gratifié du fourreau rouge en forme de poisson 0000000000000 se soumit à (la dynastie) T'ang; on lui conféra le titre posthume deyeou-san-ki-tch'ang-che. Hommes éminents ', quadriges caracolants 000 surnaturel. Tous, en examinant l'antiquité et ses paroles admirables, fixèrent leur cœur sur la simplicité de (l'école des) lettrés. Les uns montèrent les degrés fleuris et, à l'envi, selevèrent jusqu'à la réputation d'avoir enlevé o ; leur savoir littéraire combattit dans la salle du gouvernement et chaque fois atteignit le but de l'examen du premier rang. Quoiqu'il faille dire que, exilés dans un pays conquis, ils demeurèrent chez les barbares , cependant ils ne laissèrent pas péricliter les talents qu'ils avaient reçus de leurs ancêtres 2; si, peu de temps ils furent à la tête o o , cependant leur rang vint immédiatement après celui de général. Les fils recevaient les bienfaits à la porte du phénix; les pères étaient choisis

Le mot §^ a ici le sens d'« élevé, mier ministre se sert d'hommes émi-

ëmincnt» qu'il a dans certains textes du nents » itt '^ ^ M M ^ ^• Cite king (Legge, C. C, vol. IV, p. 877 * Littéralement : ils ne laissèrent pas

et /i43). Dans une poésie de Kia Tche tomber (fart de fabriquer) des arcs et des

(ap. P'ci wen yun fnu), on lit : «Notre vêtements de fourrure. Pour l'explication

dynastie céleste est riche en hommes de cette allusion littéraire, voyez plu»

éminents» 3Ç 19 ^ ^ ^. Dans une haut, p. 361, n. 5. poésie de Ic/t Wei : «Maintenant le pre-

pour occuper (des places qui conféraient ie droit de porter le bonnet) de zibeline et de cigale ^ La porte rouge ^ (de cette famille) n'aurait pas eu honte devant (la famille qui eut) cinq (de ses membres nommés) marquis'; les pertuisanes plantées en terre* (qui marquaient l'entrée de leur demeiu-e)

' Le bonnet de zibeline et de cigale ^ ip était ainsi nomme parce qu'on supposait cfiie celui à qm on le conférait possédait les qualités de ces deux animaux. Le Koa kin tchou "je' '^ ÏÉ ^ ^^^^ dans ie P'ei wenyanfou, dit: « Le ùao chan (zibeline et cigale) est une partie de costume Hoa ( barbare ) ; le mot tiao ( zibeline ) prend en considération le fait que (la ùbeline) a des bigarnu^es, mais qui ne sont pas très apparentes; qu'elle est extérieurement souple et frêle, mais qu'elle est, en réalité, ferme et forte; le mot chan (cigale) prend en considération le fait que (la cigale) est pure et dégagée de la matière (car elle ne se nourrit que de rosée) et qu'elle connaît les changements (du

temps.)» ^m^mJiLom^M^

^ ^ o On trouve cette expression employée dans le passage suivant du Ts'ien Han chou (chap. xxxvi, p. 12 v°) : « Maintenant, dans la seule famille Wang, il y a vingt-trois hommes qui montent sur des chars à roues rouges et à essieux ornés; ceux qui portent (des habits) verts et violets et (des bonnets) de zibeline et de cigale rempliraient tout l'intérieur d'une maison. Comme les écailles d'un poisson, (ils se serrent) à gauche et à droite (de l'empereur). (Dans cette famille ) , le gênerai en chef a en main les affaires et exerce l'autorité ; les cinq marquis sont d'une arrogance et d'une prodigalité excessives. » '^ i J^ — ^ ^ ;^

* La porte rouge ^ f^ était un privilège honorifique conicre par l'empereur à des familles éminentes. V<»y. p. 271, n. 1, la note relative aux « neuf gratifications ». Dans une poésie de Tou Fou ^ "^^ citée dans le P'ei wenyun fou, on lit : «(Dans les maisons à) porte rouge on sent la mauvaise odeur du vin et de la viande (qui sont en trop grande abondance et qui se gâtent), tandis que sur les chemins sont les ossements de ceux qui sont morts de froid. ,. ^ Pg m nM.^^\t^

' Les cinq marquis sont ceux qui étaient membres de la famille W^ang à l'époque des Han antérieurs. Voyez plus haut, lignes 34-35 de la note i.

* '^ ^- I^^ droit d'avoir des pertuisanes plantées en terre à l'entrée de la maison était une distinction honorifique, comme l'attestent les textes suivants :

Tang chou , chap. cxxii , p. 7 r" : « ( Wei Pin) fut nommé Yn-ts'in koang-loa ta-foa et lut au rang des officiers du cinquième degré; au même moment, [Wei] Tcho (son frère aîné) était gouverneur du Hotong, son cousin (W^ei) Yeou lut nommé yeou-kin-ou-n'ei tsiangkiun, et [Wei) Tao fut précepteur en second de l'héritier présomptif. Les quatre palais (de ces quatre personnages) eurent en même teriips l'honneur d'avoir le droit de ranger des pertuisanes (à leur porte) » P9 f| f^

étaient plus honorées que les plus nobles clans. Ainsi les racines et les ramifications furent particulièrement prospères; cette famille continua sans interruption à porter la coiffure et la robe des hauts fonctionnaires. Elle reçut les neuf gratifications diverses ^ ; dans son cours , elle eut des ramifications qui possédèrent la réalité des nuages d'heureux augure.

En ce temps , il ai'riva que la Marche d'Occident ^ fut submergée et disparut^ o o. Pendant la période tche-té (766-757), le territoire des dix commanderies s'effondra; on supprima et on coupa le chemin de la Passe de Jade*; cela dura en tout pendant deux cycles *. Quand révolution correspondit au commencement de la période ta-tchong (847-859), la prospérité centrale ouvrit la voie; c'était Tannée où la planète du Métal (Vénus) briUe et rayonne. La transformation opérée par le souverain se propagea et fut harmonieuse; elle pénétra jusqu'aux huit vastes étendues * ; au loin, elle humecta les montagnes neigeuses ; elle se prolongea jusqu'à dix mille li de distance.

Le sage était alors s^ement à l'âge tendre où l'on vient de prendre le bonnet viril ? ; ses talents littéraires se manifestaient d'une manière éminente; il agissait ou s'abstenait suivant la règle constante ; vaste était son exceptionnelle perfection.

^ ^Ij ^. — Tang chou. chap. ccvki, p. 1 r : « (Les eunuques) qui répondirent aux volontés impériales reçurent souvent le titre de généraux , officiers du troisième degré , et rangèrent les pertuisanes devant leur porte» 5^ 1^1 "T" P^*

' Le P'ei wen yixnfoa, citant une glose au commentaire de Kong Yang sur le Tch'oen ts'ieoa, dit : «D'après les rites, il y a neuf gratifications ^ ^ : la première est le char et les chevaux ^ ,^ ; la seconde, le vêtement (honorifique) ^ ^; la troisième, l'orchestre de musiciens ^ S!J ; la quatrième , la porte rouge ^ ^ (cf. p. 270, note 2); la cinquième, le droit à être admis sur les escaliers (qui menaient à la salle du trône î* ) ^ ^ ; la sixième , le droit d'avoir des gardes du corps J^ "^ ; la septième , l'arc et les flèches ^ ^', la huitième , les deux

haches d'armes ^ ^ ; la neuvième , le vin de millet aronciatisé fg ^.»

* Sur l'expression W IS > cf. Se-ma Ts'ien, trad. fr. , tome II, p. ^, n. i,

' C'est-à-dire qu'elle fut conquise par les barbares.

* Yu-men koan; c(. p. 269, n. 2.

' Cent vingt ans. — D'après le Kieou Tang ckoa, le Territoire à fouest du Fleuve fut en la possession des Tibétains depuis la période k'ien-yaen (758-759) jusqu'à l'année 85o (cf. Bushbll, The eecrfy history of Tibet, Joarn. Roy. As, Soc, N. S., vol XII, p. 525-526).

' L'expression A ^ désigne les pays .barbares qui se trouvent aux quatre points cardinaux et dans les quatre directions intermédiaires entre ces quatre points.

' Il était donc âgé de vingt ans. Cf. Li ki, chap. k'iu U Zi'jr 0 ^ M^

80 ACADÉJVUE DES INSGRiPÏIONS ET BELLES-LETTRES. [272]

Or, en ce temps, le père <le (celle qui devait être) sa femme, l'honorable Tchang, dont le nom personnel était I-tch'ao^, qui élait originaire de Nanjang, qui avait les titres de isie-tou-lwan-nei-koan-tch'a-clie des onze arrondissements du Ho-si et du Long-yeou, tch'ou-tche-che , ya-fan-lo-che et yngt'ien-tche-tou-che^, cpii était hin-isc lioang-lou ta-fou et spécialement promu, qui avait un fief de deux mille foyers et un apanage réel de trois cents foyers, qui était gratifié du fourreaa violet et or en forme de poisson , admira lés hautes espérances que faisait naître fhonorable et mit sa confiance dans ses talents civils et militaires. Alors donc ils devinrent comme Ts'in et Tsin^ et ils célébrèrent les cérémonies des épousailles * pour qu'à l'avenir quelqu'un fût chargé de prendre soin des sacrifices aux tablettes ancestrales^ et pour

' Ce Tchang 1-tch'ao ^^M^ beau- ' père du personnage en l'honneur de qui fut gravée cette inscription, n'est point pour nous un inconnu. C'est lui en effet , qui , étant gouverneur de Cha tcheoii , s'était décidé, en l'année 85o, à rompre avec les Tibétains et à faire sa soumission aux Tang ; c est donc lui qui permit aux Chinois de rentrer en possession du Territoire à l'Ouest du Fleuve; Siuen tsong combla Tchang I-icKao de faveurs et il n'y a rien de surprenant à ce qu'un tel personnage ait pu donner sa fille en mariage à un membre de la famille impériale. EIn 86 1 , Tchang I-ich'ao obtint que le pays de Leang tcheou j'^ *H^ se rattachât à l'empire. Tchang I-tch'ao vint en pei'sonne à la cour en 867, et y mourut; son neveu Tchang Hoai-chen ^ fj^ ^ fut désigné par la cour de Chine pour lui succéder dans le commandement de Chatcheoa qui avait reçu alors le nom de Koei-i hiun t^ ^ ^- Le T'fmg chou chap. ccxvi , 6, p. 8 v°) , auquel nous empruntons ces renseignements , fait mourir Tchang Hoai-chen (ei non Tchang l'tch'ao , comme le dit, par erreur, Bushell,- J. R. As. Soc.,N.S., vol, XII, p. 526) en 87a;

notre inscription, comme le remarque Siu Sang {Si yu choei tac /ri, chap. m, p. 19 v"), prouve l'inexactitude de cette date , puisque , à la fin du texte de ce monument qui est de l'année 894, Tchang Hoai-chen est encore mentionné comme vivant (cf. p. a88, n. 1).

* Les mots ^ "j^^ qui tenninent cette énumération prouvent que le mot ^ doit étii'e placé à la fm de chacun de ces titres.

' Les anciens Etats féodaux de Ts'in et de 7'5in s'étaient alliés par des intermariages, cf. P'ci tcen y un fou (à l'expression î^ j^ ) : « (Les familles) P'an et Yang furent célèbres par leur concorde qui durait de génération en génération; ( les royaumes de ) Ts'in et Tsin lurent renforcés par la continuité de leurs intermariages. » j^ ^

mixmoMfMmmo

' L'expression f/t M *® retrouve dans le Tso tchoan, 1 1' année du duc Tch'eng; Legge, Chinese Classics, vol. V, p. 876 a.

° Dans l'edit rédigé par Chen Yo ^ $5 pour la nomination d'un héritier présomptif (ap. P'ei wen y un fou), on lit : « Depuis les sages princes de l'antiquité jusqu'à nos jours , on n'a jamais manque de nommer un successeur présomptif et

que, de génération en génération, on jouît de la belle harmonie de P'an et de Yang^.

L'honorable, en ce temps, eut pour la première fois le bonheur d'être l'objet d'un rapport qui le recommandait (au trône); grâce à cela, il vint offrir (à l'empereur) son butin '^^ En personne il se prosterna dans la salle rouge. Siuen-tsong {847-859) «approcha de la balustrade' et lui demanda o qui il était; l'honorable détailla sa généalogie^, et, face à face (avec l'empereur), l'exposa sur les degrés de jade. Le souverain, de son côté, se montra gracieux et abandonna son air sévère. La foule des courtisans ftit décon-

d'instituer un héritier légitime pour garder le trône et se charger des sacrifices aux ancêtres. » â^S^I^Sî^fiS

Au lieu de ^ , Usez ^f. 11 y a ici une allusion aux mariages qui avaient, à plusieurs reprises, créé des liens entre la famille P'an et la famille Yang, comme l'atteste la phrase suivante de l'Eloge funèbre de Yang Tchong-oa par P'an Yo (iv* siècle ap. J.-C.) : «Grâce à la faveur que j'eus d'être apparenté à vous héréditairement pendant trois générations, et au fait que votre tante devint ma femme , la concorde des familles P'an et Yang eut une raison pour se produire. » j(Ç ^ î(|

^ La présentation du butin J(|P^ ^ au souverain se faisait, dit le Tso tchoan (3i* année du duc Tchoang), lorsqu'un seigneur avait remporté une victoire sur un des peuples barbares des quatre points cardinaux.

^ Dans l'expression [^ ^ , le mot ^ ne signifie pas « char » ; le dictionnaire de K'ang-hi lui donne l'acception suivante : « Dans la salle, au bord du toit, là où les chevrons recourbés se relèvent particulièrement et où il n'y a pas de maîtresse

poutre horizontale , c'est ce qu'on appeOe iff . Quand le Fils du Ciel ne se tient pas sur son trône, mais qu'il se place sur la terrasse unie , on dit qu'il s'approche du hien (Ë |^ • « Ainsi le mot |Fp désigne proprement une partie de la toiture qui est en avant de la salle; quand l'empereur quittait son trône et se rendait en avant de la salle , on disait qu il s'approchait du kien; à cet endroit se trouvait une petite balustrade, qui, étant placée au-dessous du /lien, s'appelait |ff ^. Dans le Ts'ien Han chou (chap. lxxxii, p.' 3 r°), on lit que «l'empereur Yaen (48-33 av. J.-C.), étant malade , ne s'occupait plus du gouvernement et ne songeait plus qu'à prendre plaisir à la musique; parfois il faisait disposer au bas de la salle des tambours; le Fils du Ciel s'approchait en personne de la balustrade ^ R| |fp =fê Jl et lançait des balles de cuiVre pour en frapper les tambours ».

Dans le texte de hotre inscription, ie fait que l'empereur se lève de son trône et s'approche de la balustrade qui était sur le devant de la salle , est une marque de faveur exceptionnelle qu'il donne à son interlocuteur.

* Le mot m est ici l'équivalent du mot)^.

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