‹ Dix jours en ItalieChapitre 3 sur 46 · ETA-PES DE L AMITIE FRANCO-ITALIENNE Q · texte numérisé non relu

ETA-PES DE L AMITIE FRANCO-ITALIENNE Q

laire, les querelles que l'Allemagne avait tant avivées s'effacent, en même temps que se réveille la vieille haine contre l'Autriche. Ne symbolisait-elle pas, cette haine, les plus glorieux souvenirs de l'Italie moderne? Tout de suite le ministère prit un parti : la Triple- Alliance ne l'obligeait nullement à s'associer à l'agression allemande...

La conscience populaire respira plus à Taise, mais quelle serait l'issue de la lutte formidable? « Nous avons passé d'une angoisse à l'autre », dit un professeur italien, l'un des meilleurs historiens d'aujourd'hui.

Morhange, Charleroi ! Le torrent germanique semble tout emporter.

L'Italie reçoit les communiqués allemands, et, de France, à peine quelques rares nouvelles. Une tristesse muette remplit les cœurs. On a saisi le sens de

la partie qui se joue. Pas une parole qui puisse nous blesser, beaucoup d'anxiété seulement. On espère le miracle français.

C'est la bataille de la Marne. De suite la prodigieuse intelligence italienne qu'aucun mot ne trompe a compris. Ailleurs, on épilogue sur les contradictions des communiqués, pas en Italie. Ferrero salue « la victoire de la civilisation ». D'autres voix lui répondent. Le maire à demi-paysan d'un bourg de la côte Adriatique dit à un Français : « Sur la Marne s'est décidée dans le monde une grande question : il s'agissait de savoir s'il y aurait encore des hommes libres. »

Un long hiver de 44 ans se dispose à fleurir dans le printemps de 191 5. Le ministère, calme et résolu, prépare son ceuvre immense : réorganisation de

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