‹ Dix jours en ItalieChapitre 9 sur 46 · UNE HEURE A VENISE. — LE TIEPOLO DES SCALZI DÉTRUIT · texte numérisé non relu

UNE HEURE A VENISE. — LE TIEPOLO DES SCALZI DÉTRUIT

Depuis longtemps le Grand Quartier Général italien voulait bien m'inviter avec quatre compagnons à visiter le terrain varié où, sur une ligne de six cents kilomètres et parl'ois au milieu des neiges éternelles, se battent ses soldats. Si grand que fût l'intérêt de ce

voyage, nous avions dû l'ajourner; nous ne pouvions pas sortir de France durant les anxiétés de Verdun. Enfin, au début du mois, l'échec du Kronprinz ne faisant plus de doute, j'ai prié mes lecteurs de me donner congé, et le 9 mai, au soir, notre petit groupe s'embarquait.

Arrivés à Turin le lendemain vers troisheuresdel'après-midi, nous étions, faute de train, obligés d'y demeurer jusqu'au soir. C'était tout indiqué par cette éclatante journée de printemps de s'en aller jusqu'à la Superga, belle église sur une hauteur en dehors de la ville.

J'ai fait seul, à pied, une partie de la montée, et je reconnaissais toujours pareille à elle-même, que ce soit la guerre ou la paix, la puissante nature d'Italie. La colline vigoureuse, luisante

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