‹ Dix jours en ItalieChapitre 10 sur 46 · ARRIVEE A TURIN · texte numérisé non relu

ARRIVEE A TURIN

de verdure, respirait largement au soleil, chaude, parfumée, pleine d'oiseaux, semée de jeunes femmes qui se reposaient sur ses pentes, et couronnée d'un riche monument architectural. Quelle figure éternelle du Printemps d'Italie!

Au couvent de la Superga sont ensevelis plusieurs princes de la maison do Savoie, et parmi eux la princesse Clotilde, femme du prince Napoléon.

L'inscription funèbre nous dit que la morte royale fit ce mariage pour servir l'œuvre de l'unité et de l'indépendance italienne. Ce tombeau, dans ce lieu glacial, cette phrase de récompense est pleine de grandeur.

A mon retour dans la ville, j'ai rencontré une musique militaire et quelques soldats que suivaient plusieurs centaines de jeunes gens, portant à la

main de petits ballots. Sans doute des recrues arrivant au dépôt. Le public ne semblait guère s'occuper de ce cortège, qui fut ma première image de la guerre italienne. Si j'avais voulu voir le vrai caractère que les événements donnent à Turin, j'aurais dû, me dit-on, visiter les ateliers où l'on travaille pour l'armée; l'activité y est très grande, et Turin comme Milan, à cette heure, gagne beaucoup d'argent. Mais le temps me manquait. Le sénateur-maire de Turin avait l'aimable attention de nous réunira dîner, avant le départ du train, avec quelques notables, préfet, hommes politiques, consul de France.

On a causé. Paisiblement, entre voisins, ou bien à voix sonore, à l'heure des toasts. Une chose est certaine :

l'admiration pour les défenseurs de Verdun. Les Italiens, officiellement,

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