PARIS
(ÏAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBHAiRE,
DE
nos jaloux voisins d'outre- Rhin ont ler pour eux certaines méthodes
lorsque l'on connaît bien l'histoire
on constate, au contraire, ce fait )utes les innovations importantes par des Français ; à l'étranger elles ctionnements de manipulations; ; pratiques. Là seulement est le ids, des Anglais et des Améri- , à n'en pas douter, au caractère
et, il faut bien l'avouer, à notre nce, de ténacité. Mais, hâtons-nous lepuis quelque temps une modificeci : maintenant, nous commensuivre le côté pratique des choses, l'homme de science la découverte usine.
ibarras du choix pour vous donner
et de l'autre genre.
'ous ai-je dit, est d'origine franar premier est Nicéphore Niepce.
■e retiré à la campagne, dans les ;ur-Saône. Il consacrait ses loisirs ,oute espèce, et l'on a trouvé dans d'inventions qui ont été décou- )lu8 tard : je citerai entre autres d.
verte nouvelle de la Lithographii ition, et il fut amené à cherche
une méthode qui lui permît de remplacer les pierres lithographiques par des planches de métal. Son choix s'arrêta sur Tétain; mais Tétain n'est pas lithographique et, s'il eût songé au zinc, il découvrait cinquante ans plus tôt les méthodes actuellement en usage.
Comme il recouvrait ses feuilles d'étain d'un vernis résineux, il s'aperçut que celui-ci était influencé par la lumière, changeait de couleur et devenait insoluble aux dissolvants ordinaires. Ce fut pour lui une véritable révélation, et il vit là aussitôt le moyen de fixer les images fugitives de la chambre noire.
En 1827, Niepce se rendait en Angleterre et lisait un Mémoire à l'Académie royale; il présentait des épreuves qui existent encore aujourd'hui dans les collections de l'Académie.
En France, sa découverte n'était connue que de quelques personnes et, il faut bien le dire, la plupart n'avaient attaché aucune importance aux images informes qu'il obtenait. Mais l'une d'elles, Chevalier, l'opticien du Pont-Neuf, comprit peut-être le premier l'intérêt de V héliographie de Niepce et en parla à un artiste, un peintre, Daguerre, qui cherchait de son côté à fixer l'image de la chambre noire.
Nous ne savons absolument rien de ces premières tentatives de Daguerre, et nous ue le voyons arriver à un résultat qu'après avoir été mis en relation avec Niepce.
Celui-ci perfectionnait toujours ses procédés, et pour donner plus de brillant à ses images il avait remplacé la plaque d'étain par une feuille d'argent. Ayant constaté
^meot de cette surface nuisait aux images, i mater, noircir cet argent trop blanc et et il essaya successivement le sulfure de l'iode.
toujours au courant des recherches de ta ces essais, et par hasard, un jour, il msibilité de J'iodure d'argent à la lumière ; s'écoula encore nombre d'années avant ît l'image latente et le moyen de la rêvé- !S vapeurs de mercure, s ( 1829), Niepce et Daguerre avaient signé nt, un contrat d'association pour l'exploijuveaux procédés; mais Niepce mourait b d'avoir atteint d'une manière complète ursuivait simultanément avec son associé.
1837 un nouvel acte d'association était Daguerre et M. Isidore Niepce, fils de ans cet acte, il est spécifie que le procédé irgent portera le nom seul de Daguerre.
ien en convenir, celui-ci chercha à faire l'oubli le nom de son associé, et prit toudu lion.
! opticien Chevalier suivait toujours ses t, quand elles furent complètes, il en fit imes de science de cette époque : à Arago, c, entre autres. Ceux-ci comprirent aussitôt capitale de la découverte de Niepce et de firent voter par les Chambres l'acquisition moyennant le payement d'une pension de uerre et d'une autre pension de iÔOO'' i
Isidore Niepce; de la sorte le Daguerréotype tombait dans le domaine public et prenait rapidement son essor.
Aussi les perfectionnements se multiplièrent-ils avec une rapidité étonnante; tout d*abord, le peu de sensibilité de riodure d'argent fut considérablement augmenté par le passage de la plaque aux vapeurs de brome, et le miroitement fut en partie évité par une sorte de dorure appliquée à répreuve développée par les vapeurs de mercure.
Je ne décris pas maintenant le procédé en lui-même, je le ferai plus tard en vous montrant les manipulations; aujourd'hui, je me contenterai de mettre sous vos yeux une maguifique épreuve faite à Toulouse, par M. Trantoul père, et que son fils a eu l'obligeance de me donner pour les archives de ce Cours de Photographie. Malgré ses trente-cinq ans d'existence, l'image est absolument intacte et n'a subi aucun changement.
Le voyage de Niepce en Angleterre avait suscité de l'autre côté de la Manche la curiosité des chercheurs, ot l'un d'eux, Fox Talbot, chimiste de grand mérite, répétait les expériences des deux Français et cherchait de son côté à les perfectionner. Il s'occupa surtout des sels d'argent et, au lieu de produire l'iodure d'argent par l'action directe de l'iode sur l'argent métallique, il obtenait le sel sensible par double décomposition, en versant une solution de nitrate d'argent dans une solution d'iodure de potassium. 11 provoquait cette réaction dans l'épaisseur d'une feuille de papier, en plongeant successivement cette feuille dans les deux réactifs.
Mais il eut l'idée géniale de révéler l'image latente
produite par la lumière sur le sel d'argent, en la plongeant dans un réducteur, l'acide gallique. Sous l'influence de ce corps, Fiodure . d'argent décomposé par la lumière se réduisait à l'état d'argent métallique noir, et cela en quantité, en épaisseur proportionnelle à l'influence de la lumière.
De cette façon, et avec ces trois découvertes, la Photographie était créée.
A Niepce revient le mérite d'avoir fixé l'image de la chambre noire;
A Daguerre, celui d'avoir découvert l'image latente ;
A Talbot, celui d'avoir trouvé l'application des réducteurs.
Mais, en plus, pendant que Niepce et Daguerre étaient encore obligés de recourir à la chambre noire pour obtenir une épreuve, Talbot trouvait le moyen de multiplier l'image première sans intervention nouvelle du sujet à photographier et de la chambre noire.
Effectivement, quand il plongeait dans le révélateur sa feuille imprégnée d'iodure d'argent, la réduction se faisait en renversant la valeur des lumières, le ciel devenait noir, ainsi que les grands blancs ; il obtenait un cliché négatif qui, comme la pierre lithographique, lui permettait de redresser l'image et d'en obtenir indéfiniment de nouvelles épreuves. Il n'avait pour cela qu'à placer derrière le négatif une nouvelle feuille sensible, exposer le tout à la lumière et développer ; il obtenait alors une image positive où le ciel était blanc et les ombres noires.
Là est le grand principe de la Photographie actuelle.
Les déTeloppements de la Photographie.
Tout d'abord, le Daguerréotype seul eut du succès : partout Ton vit s'installer des faiseurs de portraits; et, malgré l'imperfection des objectifs employés à cette époque, ces images, trop souvent déformées, étaient très recherchées par le public.
Cependant, les avantages du procédé Talbot, sur papier, étaient incontestables; aussi les chercheurs sérieux se mirent à travailler le procédé négatif, et Blanquart-Evrard , de Lille, arriva à d'excellents résultats : il créa même une usine spéciale et lança dans le commerce des épreuves remarquables. Mais il arrivait avant l'heure et, au point de vue commercial, son essai ne réussit pas. Nous aurons plus tard à revenir sur la méthode de tirage de Blanquart-Evrard, car elle vient d'être reprise dans ces derniers temps et elle présente des avantages sérieux sous le rapport de la conservation des épreuves.
La finesse extrême des épreuves sur plaques avait fait mettre au second rang les épreuves sur papier, car celles-ci possédaient toujours un grain qui altérait les fins détails de l'image. Un neveu de Niepce eut l'idée de remplacer le papier support de la couche d'iodure d'argent par une couche transparente d'albumine étendue sur une plaque de verre. Il obtenait ainsi des épreuves négatives d'une finesse excessive et que nul autre procédé n'a jamais surpassée.
Plus tard (1849), Legray proposa de substituer à
l'albumine, dont la manipulation était difficile, une dissolution de coton-poudre dans Téther et Talcool mélangés, et que les chirurgiens utilisaient depuis peu sous le nom de collodion.
Ce fut là le point de départ de la seconde période de la Photographie, et désormais la plaque fut délaissée pour le cliché négatif sur collodion.
Chose singulière, l'iodure et le bromure d'argent produits au sein de cette couche avaient une sensibilité beaucoup plus grande que dans toute autre préparation, et Ton parvint bientôt à faire des épreuves instantanées.
Tous les procédés que nous venons d'énumérer. : plaque métallique, papier, collodion, avaient un défaut qui rendait leur emploi incommode en dehors du laboratoire; ils ne pouvaient être utilisés qu'à l'état humide, immédiatement après leur préparation.
Legray, d'abord, en cirant le papier avant de le soumettre au bain d'iodure de potassium et de nitrate d'argent, prépara, le premier, des feuilles de papier sec. Et, d'un autre côté, par l'emploi d'un bain de tanin, Russel réussit à préparer des plaques au collodion sec. Mais, dans l'un et l'autre cas, les préparations conservées perdaient beaucoup de leur sensibilité, demandaient de longues poses (plusieurs minutes) et ne pouvaient être utilisées qu'à la reproduction des paysages ou des monuments.
En 1871, on découvre un procédé nouveau qui, en peu de temps, transforme du tout au tout les méthodes photographiques, leur donne un caractère de régu
ORIGINE ET DÉVELOPPEMENT DE LA PHOTOGRAPHIE. Il
larité qu'elles n'avaient jamais eu et permet enfin la préparation industrielle des couches sensibles. Je veux parler du procédé au gélatinobromure, le seul employé aujourd'hui.
Un opérateur français, Baldus, avait proposé d'employer la gélatine au lieu et place de l'albumine de Niepce de Saint-Victor; mais il se servait de la méthode ordinaire de double décomposition par bains successifs.
Maddox, Kennet, au contraire, cherchèrent à préparer en masse le bromure d'argent et à l'incorporer à la gélatine, imitant l'émulsion au collodion de Gaudin; et, contre toute attente, ils constatèrent ce fait capital, que les couches sensibles ainsi obtenues avaient à sec UQe sensibilité cent fois plus considérable que toutes les couches préparées avec le meilleur collodion.
Lorsque je parlerai de l'emploi des plaques au gélatinobromure, je vous dirai pourquoi ces préparations sont plus sensibles et vous en montrerai des preuves à l'appui.
Voilà, en quelques mots, quelle a été la marche des procédés photographiques depuis leur naissance, 1839, jusqu'à ces dernières années.
Mais en même temps que le cliché devenait de plus en plus complet, facile à obtenir, il se produisait de profondes modifications dans les méthodes de tirage des positives. Tout d^abord régnèrent en maîtres les papiers au chlorure d'argent, avec lesquels les épreuves étaient obtenues par noircissement direct à la lumière. Des méthodes de virage aux sels d'or ou de platine per-
mirent de varier un peu les teintes ainsi réalisées.
Malheureusement, toutes ces épreuves avaient en elles-mêmes un grave défaut; elles se modifiaient avec le temps et parfois s'effaçaient totalement. Il fallait donc trouver un procédé de tirage permettant d'obtenir des épreuves inaltérables et non vouées à une destruction certaine, comme celles aux sels d'argent.
Le problème fut résolu par un ingénieur français, Poitevin. En 1855, Poitevin constatait qu'une solution de bichromate de potasse ajoutée à la gélatine rendait <'elle-ci insoluble sous l'action de la lumière, effet semblable à celui obtenu par Niepce avec son vernis au bitume de Judée. Mais la gélatine bichromatée avait une sensibilité bien plus grande que le bitume, et conservait beaucoup mieux toutes les demi-teintes.
En incorporant à la gélatine bichromatée une substance colorante, du noir de fumée, de la sépia, Poitevin obtenait des images positives complètes, et celles-ci étaient absolument inaltérables, comme le noir de fumée qu'elles contenaient. En outre de cet avantage, il reconnut à la gélatine bichromatée insolée la singulière propriété de retenir l'encre d'imprimerie proportionnellement à l'action de la lumière, et du coup tous les procédés d'impressions aux encres grasses étaient créés.
* Poitevin réussissait même, et surtout Talbot en Angleterre, à graver en creux des plaques métalliques couvertes de préparations bichromatées ; de là la gravure photographique.
Celle-ci, modifiée successivement, est arrivée au-
jourd'hui à un degré de perfection extrême, et elle est définitivement entrée dans Tillustration du livre; on pourrait dire qu'elle est le but définitif de la Photographie.
Cette histoire résumée de la Photographie vous fera aisément comprendre comment se sont développés les différents procédés que nous aurons à étudier; nous la compléterons encore en décrivant rapidement les méthodes anciennes, car quelques-unes sont de nouveau utilisées aujourd'hui, après avoir subi toutefois de nombreux perfectionnements : tel le procédé au bituma de Niepce qui est employé pour la gravure photographique en relief.
Mais je dois encore passer rapidement en revue les applications actuelles de la Photographie, et cet exposé vous montrera combien grande est l'importance de cet art, de cette science, qui sait asservir la lumière et l'oblige à dessiner, à graver elle-même les objets les plus divers.
On peut dire, en effet, qu'il n'est pas une science, un art, une industrie qui n'utilise largement les reproductions photographiques.
Déjà, dans son mémorable Rapport du 6 juillet 1839, Arago avait pressenti et indiqué les immenses ressources que la Photographie allait donner; et nous allons voir comment la plupart de ses prévisions se sont réalisées. S'il s'est trompé dans l'une d'elles, c'est parce qu'il n'avait pas osé aller assez loin, pourrait-on dire.
Et tout d'abord lisons ce passage :
lemaDde-t-on si l'art envisagé en lui-même indre quelque progrès de i'examen, de l'étude nages dessinées par ce que la nature offre de itil, de plus délié, par des rayons lumineux? Delaroche va nous répondre.
3 une Note rédigée à notre prière, ce peintre déclare que les procédés de M. Daguerre t si loin la perfection de certaines conditions ielles de l'art, qu'ils deviendront pour les 3S, même les plus habiles, un sujet d'observa- !t d'études ■. Ce qui le frappe dans les dessins iphiques, c'est que le fini, i d"uue précision ini- Eible, ne trouble en rien la tranquillité des i, ne nuit en aucune manière à l'efTet général. » correction des lignes, dît ailleura M. Delaroche, iision des formes est aussi complète que poslans les dessins de M. Daguerre, et l'on y ret en même temps un modelé large, énergique ensemble aussi riche de tons que d'effets. . . . intre trouvera dans ce procédé un moyen t de faire des collections d'études qu'il ne t o"btenir autrement qu'avec beaucoup de
de peine et d'une manière bien moins parquel que fût d'ailleurs son talent, o Après nbattu par d'excellents arguments les opinions
qui se sont imaginé que !a Pliotographic .
nos artistes et surtout à nos habiles graveurs, oche termine sa Note par cette réâexîoa :
umé, l'admirable découverte de M. Daguerre immense service rendu aux arts. •>
Et voilà résolue par avance, en quelques mots, cette grande querelle de l'Art et de la Photographie.
Cependant, longtemps encore, nombre d'artistes se sont crus obligés de faire une guerre acharnée à la Photographie, allant jusqu'à dire qu'elle était la négation de l'art.
Mais ici comme en toute chose, l'exagération dans un sens comme dans un autre conduit à l'absurde, et malheureusement, de temps en temps, dans la querelle apparaissait le motif principal : la crainte de voir la Photographie se mettre au lieu et place des artistes et de leurs travaux rémunérateurs. Aujourd'hui, l'expérience est faite, la Photographie bat son plein et, loin d'avoir tué l'art, elle n'a fait que le relever; elle l'a obligé à être une représentation plus exacte de la nature, elle a habitué le dessinateur à voir réellement et non conventionnellement. Mais elle a toujours laissé à l'artiste cette expression qui fait la personnalité et qui anime ses œuvres d'un sentiment plus ou moins vrai, plus ou moins poétique, suivant son tempérament, suivant son talent; et, en définitive, la Photographie n'a tué que les mauvais artistes, et c'est encore là une œuvre méritoire.
Comme le disait Arago, les artistes trouvent dans la Photographie un appui de premier ordre; aussi, très souvent, un peintre de portrait s'aide-t-il d'une épreuve photographique, et il peut ainsi travailler sans avoir continuellement son modèle sous les yeux. Un peintre de genre compose aujourd'hui son tableau en groupant ses modèles suivant Tidée qu'il s'est faite de sa compo-
sition, puis il photographie le tout et transporte sur la toile son cliché agrandi à la dimension voulue au moyen de la lanterne à projection. Il reprend ensuite chaque détail, en ayant sous les yeux chaque modèle à son tour, et il donne alors la vie à cette scène figée par la Photographie.
De même, le sculpteur qui doit exécuter un groupe un peu compliqué s'aide de la Photographie pour faire sa première maquette, et ce n'est que pour parachever son œuvre, qu'il travaille ayant de nouveau son modèle sous les yeux.
Voilà ce qui est d'usage courant aujourd'hui, et nul n'oserait sontenir que la Photographie est inutile à un artiste. Mais une école va plus loin maintenant, et elle prétend, avec quelque raison, que la Photographie peut faire œuvre d'art par elle-même.
Pour le portrait, la chose est actuellement démontrée ; il y a peu de photographes qui fassent du portrait réellement artistique, j'en conviens, et cela pour deux motifs : ils manquent souvent des connaissances indispensables, car il existe une véritable éducation artistique, et les nécessités de la vie, les exigences du métier, les obligent trop souvent à ne faire que du portrait de commerce.
Que le portrait photographique puisse être œuvre d'art, je n'en veux pour preuve que ce fait : il est facile aujourd'hui à une personne expérimentée de signer du nom de l'auteur véritable un portrait fait par un Nadar, un Spikleber (Pirou), un Paul Boyer, pour ne citer que des noms parisiens.
A Toulouse, je ne peux réellement me risquer à mettre des noms en avant; mais il faut dire que le sentiment artistique naturel aux Toulousains, que le fait pour la plupart d'entre eux d'être passé à l'École des Arts, leur donne plus facilement qu'à beaucoup d'autres ce qui est nécessaire pour faire œuvre d'art ; et je vous rappellerai les noms de deux Toulousains morts aujourd'hui, Delon et Provost, qui, tous les deux, dans une note générale difiFérente, ont laissé des œuvres de premier ordre.
Pour le paysage, l'École anglaise, la première, a prétendu et a démontré, à nos yeux, que la Photographie pouvait faire œuvre d'art.
Il ne suffit pas, pour faire un paysage en Photographie, d'employer un bon appareil, de poser exactement le temps nécessaire, de conduire le développement à l'intensité voulue; il faut faire autre chose et ne considérer que comme secondaires, mais indispensables, ces conditions matérielles de bonne exécution.
Il faut, en effet, savoir composer son paysage et suivre en cela les règles posées par l'école; il faut non seulement savoir ordonnancer ses lignes, choisir un premier plan convenable, mais il faut surtout choisir son éclairage: car tel paysage photographié sous l'éclatante lumière du matin sera totalement différent s'il est obtenu avec la clarté atténuée du soir, alors que les ombres s'allongent et donnent à l'ensemble une physionomie tout autre. J'espère, plus tard, lorsque nous étudierons cette question du paysage, arriver à vous démontrer l'entière exactitude de cette affirmation.
16 PBBMI£BB LEÇON.
Dans l'industrie, la Photographie est arrivée, aujourd'hui, à remplacer en quelque sorte le modèle que le voyageur était trop souvent obligé de traîner avec lui ; une photographie le remplace absolument, et ne peut plus être discutée comme le serait un dessin. Et là encore les applications sont nombreuses.
Dans les sciences, l'exactitude absolue des images photographiques donne un complément de premier ordre aux descriptions les plus exactes : témoin les photographies des préparations microscopiques. Et nous aurons une longue énumération à vous faire lorsque nous vous parlerons des applications photographiques aux sciences d'observations.
Cependant il en est deux, toutes d'actualité, dont je vous parlerai tout à l'heure, les Rayons X et la Photographie animée.
Auparavant, je reviens encore au rapport d'Arago ; je cite :
« La promptitude de la méthode est peut-être ce qui a le plus étonné le public.
» Mais ils se faisaient illusion ceux qui, au moment d'entreprendre un Voyage, déclaraient vouloir profiter de tous les moments où la diligence gravirait lentement des montées pour prendre des vues du pays. »
Il n'est pas nécessaire aujourd'hui de descendre de voiture, et c'est en train express qu'il est possible de prendre des vues des contrées que Ton traverse.
De même Arago se trompait encore lorsqu'il disait : « Frappé des sérieux résultats obtenus par des reports
de pages, de gravures des plus anciens ouvrages, on a rêvé la reproduction, la multiplication des dessins photographiques par des reports lithographiques. »
Aujourd'hui, la Lithophotographie, V Héliogravure sont devenues des procédés industriels.
J'ai fait placer sous vos yeux une série de photographies, qui, tout incomplète qu'elle soit, est une revue de tout ce que je viens de vous exposer ; j'insisterai seulement sur deux catégories :
Les rayons X.
Dernièrement, un physicien allemand, Rœntgen, annonçait qu'il venait de découvrir et de produire à volonté des rayons magnétiques qui avaient la propriété de traverser les corps opaques, et pouvaient influencer les plaques photographiques à travers des matières impénétrables à la lumière.
Vous voyez tout de suite les multiples applications de cette curieuse découverte; aussi je ne vous parlerai et vous montrerai aujourd'hui que celles qui ont trait à la Médecine et à la Chirurgie. Je vous en parlerai avec d'autant plus de raison que c'est à Toulouse qu'ont été obtenues les plus remarquables photographies, et cela par des professeurs de notre Faculté do Médecine : M. Garrigou, d'un côté, MM. Marie et Uibaut, de l'autre.
Je mets sous vos yeux quelques épreuves que ces Messieurs ont eu l'obligeance de me confier : elles
lOQtrent le squelette nettement dessioé au miis masses musculaires; voici également le cœur poumons photographiés sur le vivant; voici des ODS qui donnent admirablement et avec la plus rdinaire finesse le trajet des artères et des veines.