L.tL Photographie anlmèe
lerfection avec laquelle on peut obtenir au j ou res photographies instantanées a permis de faire, yen d'une disposition mécanique ingénieuse, rad nombre de photographies instantanées, à de trente par seconde, d'une scène, d'un mout, et, par une sorte de synthèse, de projeter sivement ces mêmes épreuves. Par suite de la é de succession de ces images, et en raison du nène de la persistance de la vision, ces images 5ives arrivent à n'en former qu'une seule, conti- ; donnent l'illusion de la Photographie animée. ingénieux système a été inventé par mon savant , M. Marey, de l'Institut, et il a été rendu pra~ par MM, Lumière, qui ont baptisé du nom de itograpke l'instrument qu'ils ont réalisé, ellement, il existe près de deux cents modèles ats de cinématographes, mais tous dérivent de eil de M. Marey.
lis faire fonctionner devant vous l'appareil que lUmière ont eu l'obligeance de m'envoyer pour îQon ; plus tard, je vous décrirai les détails de icanisme et son fonctionnement.
Et, maintenant, que sera le cours de Photographie que nous venons d'inaugurer aujourd'hui?
Tout d'abord quelle est son origine? Ceux d'entre vous qui suivent les débats du Conseil municipal de notre ville se rappelleront peut-être que, lors de la discussion du budget, un de ces Messieurs proposa de me demander de faire un cours public de Photographie, cet art étant aujourd'hui devenu pratiquement industriel, et ses méthodes de reproductions étant entrées dans l'atelier.
J'acceptai sans hésitation, et le cours de Photographie fut ainsi créé.
Mon programme sera le suivant :
J'étudierai successivement les appareils, les procédés négatifs, le tirage des épreuves sur papier, et enfin et surtout les tirages aux encres grasses : Lithographie et Gravure photographique.
Dans son ensemble, le cours sera surtout pratique ; j'éliminerai le plus possible les questions de théorie, surtout les formules mathématiques, indispensables sans doute aux chimistes et aux physiciens qui travaillent dans le laboratoire, mais trop ardues pour l'amateur et pour le praticien.
La chambre noire.
Les appareils photographiques ont été si perfectionnés, qu'il est facile aujourd'hui de trouver un bon instrument, et l'on n'a en quelque sorte que l'embarras du choix.
Mais, pour choisir un appareil, il faut savoir exactement quelles qualités il doit posséder; aussi allonsnous examiner successivement chacune de ses parties, puis nous passerons en revue toute la série des accessoires qui doivent figurer dans le laboratoire du photographe.
La chambre noire est la pièce essentielle; de sa bonne construction dépend la réussite des principales opérations. Elle se compose d'une boîte munie à l'avant du système optique (Tobjectif) chargé de produire l'image et portant à l'arrière un étui mobile, le châssis, dans lequel est placée la surface sensible.
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L'avant et Tarrière doivent pouvoir s'écarter ou se rapprocher, afin de s'ajuster exactement avec la longueur focale de l'objectif.
Les premiers modèles se composaient de deux boîtes en bois coulissant l'une dans l'autre ; mais ils manquaient de précision et étaient à la fois lourds et encombrants.
Actuellement, toutes les chambres noires sont à soufflet, c'est-à-dire que le cadre de l'avant est réuni à celui de l'arrière par un soufflet en toile ou en peau, qui peut à volonté s'allonger ou se replier sur luimême et tenir ainsi peu de place. Cette heureuse modification a rendu la chambre noire portative, condition essentielle pour la Photographie au dehors.
L'avant et l'arrière sont établis sur une base extensible, c'est-à-dire qu'une planchette glissant dans un cadre à rainures permet d'allonger plus ou moins le soulŒlet en entraînant l'arrière de la chambre obscure, qui se fixe, au moyen d'encoches, de verrouillets, sur l'extrémité de la planchette mobile; une crémaillère, commandée par un arbre à pignons, permet d'effectuer régulièrement ce glissement et de niettre au point avec toute l'exactitude nécessaire.
Tantôt le soufflet est carré, et la plaque se met en hauteur ou en longueur, grâce à une disposition spéciale du châssis porte-plaque; tantôt le soufflet est oblong, et dans ce cas il est tournant, pour employer l'expression consacrée : ce qui veut dire que l'on ^.ccroche l'arrière de la chambre obscure tantôt dans
m sens, tantôt dans l'autre, de façon à pouvoir mettre
la plaque soit en travers, soit en hauteur, et cela par un mouvement de rotation d'un quart de tour. Pour rendre possible ce mouvement du soufflet, la planchette de devant à laquelle il est fixé tourne dans une bague circulaire. De plus, cette planchette est mobile dans une coulisse verticale, pour permettre de placer exactement au centre de la plaque la rondelle porteobjectif.
Tel est le type classique de la chambre noire, celui qui se trouve dans tous les ateliers. Mais ce modèle a reçu de nombreux perfectionnements de détail; nous en citerons quelques-lins.
A Tatelier, il est souvent nécessaire de faire des reproductions de grandeur naturelle, et, dans ce cas, la chambre obscure doit pouvoir s'allonger beaucoup : à grandeur égale, il faut compter deux fois la longueur du foyer. Le soufflet devient alors démesurément Ipng et il fléchit dans son milieu; pour éviter cet inconvénient, les constructeurs l'ont divisé en deux portions que relie un corps intermédiaire, d'où le nom de chambre à trois corps. Ce système peut également servir aux agrandissements, comme nous le verrons plus tard.
Enfin, à l'atelier aussi, lorsqu'on fait un portrait assis, il est difficile avec une chambre ordinaire d'obtenir à la fois la netteté voulue de la tête et des genoux, ceux-ci étant dans un plan plus rapproché. On porte remède à ce défaut en inclinant légèrement la surface sensible, ce qui s'obtient au moyen de la bascule. Celle-ci se compose d'un second cadre mobile dans le
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cadre d'arrière de la chambre et pivotant dans le sens vertical ; une crémaillère commande ce mouvement.
D'une manière générale, il est bon de munir les chambres d'atelier d'une base fixe et non repliable, car on assure ainsi une rigidité absolue à tout l'appareil, et cette base un peu longue ne cause aucun embarras.
De même, il est préférable d'employer à l'atelier des chambres carrées; elles sont plus volumineuses, ce qui n'a dans ce cas aucun inconvénient, mais elles sont plus commodes, car elles évitent des retournements continuels qui finissent toujours par donner du jeu aux accrochages et enlèvent à l'appareil la rigidité nécessaire.
Les appareils pour la photographie au dehors exigent des qualités toutes différentes ; ils doivent être le plus légers et le moins volumineux possible. Mais j'ai hâte de vous prémunir contre la tentation de rechercher surtout la légèreté ; poussée à l'excès, elle devient un défaut des plus graves, car elle enlève toute solidité à l'appareil : celui-ci ne peut résister au plus petit choc, la moindre des choses l'empêche de fonctionner et trop souvent on revient les mains vides parce qu'il a été impossible de s'en servir.
Les petits formats peuvent avoir cependant une plus grande légèreté relative que les formats supérieurs au 13 X 18, et là nos constructeurs ont produit des modèles qui ne laissent rien à désirer. Mais, lorsqu'on aborde les formats supérieurs au 18 x 24, il faut se résigner absolument à traîner avec soi un lourd et encombrant
matériel; comme un porteur est alors indispensable, on hésitera moins à le charger.
Donc, prenez un appareil surtout solide, sans regarder trop son volume et son poids, si vous voulez faire de grands clichés; mais cherchez un instrument léger, si vous vous contentez du 9 x 12 et à la rigueur du 13 X 18.
La chambre à soufflet tournant, dite de touriste, est la plus employée et répond bien à toutes les exigences du voyage. ,Le noyer passé à l'huile est peut-être plus solide que l'acajou; cependant, pour les petits formats (9 X 12), l'acajou vernis est d'un bon usage, à la condition de ne pas employer des épaisseurs de bois trop réduites : 8 millimètres au minimum; avec du bois plus mince, les assemblages manquent de solidité. Surtout n'acceptez jamais de chambres en acajou femelle : c'est un bois sans consistance et ne résistant pas au moindre effort.
A côté de la chambre à soufflet tournant, que l'on emploie habituellement pour les formats au-dessus du 13 X 18, on peut encore faire usage des chambres foldiîiQy ainsi nommées parce que les premières de ce genre ont été construites en Angleterre. Dans celles-ci l'arrière de l'appareil est fixe, et c'est la partie antérieure, celle qui porte Tobjectif, qui est mobile. Je recommanderai surtout ce système pour les 9 x 12, car c'est avec lui que Ton obtient le montage le plus rapide et la rigidité la plus complète. Voici quelques détails sur cet appareil.
Un encadrement, pouvant se visser sur le pied porte-
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appareil, reçoit à Taprière les châssis, soit dans une coulisse, soit, ce qui est préférable, dans un cadre. A la partie antérieure, une planchette articulée par des charnières s'abat et forme la base sur laquelle coulissera Tavant de l'appareil, muni de l'objectif. Deux arcs de cercle en cuivre avec crans d'arrêt maintiennent en bonne place c^tte base, sur laquelle est ménagée une coulisse où vient s'engager une planchette commandée par une crémaillère à pignon ; sur celle-ci vient se fixer la planchette porte-objectif qui elle-même est reliée au cadre d'arrière par un soufflet conique. Cette planchette s'accroche sur la base, soit dans des encoches en baïonnette, soit dans une coulisse où elle circule librement et peut alors être maintenue en place par une vis de pression. L'objectif peut se mouvoir de haut en bas et de droite à gauche dans deux coulisses à angle droit. On obtient ainsi un appareil très solide, à montage rapide et formant un tout compact lorsqu'il est fermé : en un mot, c'est l'appareil de voyage par excellence. Celui-ci a été construit par M. Mackenstein.
Il resterait à vous parler des appareils si variés et tant à la mode aujourd'hui qui servent à obtenir à la main, c'est-à-dire sans pied, des épreuves instantanées : les détectives, pour employer l'expression classique. Mais je crois bon d'en renvoyer la description au moment où nous traiterons des épreuves dites instantanées.
Les obAsslB.
mona à la chambre ordinaire. Quel que soit le i adopté, il porte des châssis destinés à contenir que s.
cMssis sont de plusieurs sortesckâssis simples ne contenant qu'une plaque ; surtout employés à l'époque du collodioo huon ne les trouve plus maintenant que dans le toire du photograveur.
châssis doubles, c'est-à-dire pouvant contenir laques dos à dos, sont aujourd'hui exclusivement fés pour les plaques au gélatinobromuro. Dans ;, le volet qui découvre la plaque est eo bois et iue brisure permettant de replier la partie qui illie, lorsqu'oD veut découvrir la plaque. Dans ;s, cette brisure est multiple et constitue !e ■ideau ; dans ce caa, le volet se replie derrière le i. Mais les appareils soignés sont tous munis de s à double rideau : chacun de ces rideaux est se de lamelles de bois soigneusement Juxta- : et collées sur une étoffe caoutchoutée, et glisse ;ne rainure qui fait le tour du châssis, ique ces châssis à rideaux atteignent de grandes sions, leur construction devient difficile, et trop it le rideau se voile à, l'usage et fonctionne mal: n il produit des rayures sur la plaque, ou bien le passer le jour.
de nos plus habiles coustructeurs de Paris,
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M. Mackensteio, a résolu le problème, et ses châssis résistent très bien à Tusage. A partir de 21 x 23, il fait les rideaux do châssis en lamelles imbriquées, portant d'un côté une saillie et de l'autre une rainure, de telle sorte qu'elles s'engagent les unes dans lès autres et donnent ainsi une fermeture hermétique; la toile caoutchoutée ûxée aux lamelles ne sert qu'à les maintenir à la distance voulue.
Dans tous ces châssis, les plaques sont maintenues en place par des tourniquets de différents modèles, et qui, plus ou moins, font des marques sur la plaque. Pour éviter cet inconvénient, M. Fauvel remplace les tourniquets ordinaires par de petites plaques de cuivre glissant à rainure et ne prenant que les coins de la plaque.
Dans les châssis dits anglais, tous les tourniquets sont évités; le châssis s'ouvre en deux comme un livre, et la plaque porte sur un épaulement continu.
Enfin je dois vous parler d'un châssis de voyage tout spécial qui m'a rendu bien des services, et que je préfère encore pour mon usage particulier : c'est le châssis de carton, composé de feuilles de carton découpées et collées les unes sur les autres; les volets à brisure sont également formés de carton recouvert de toile anglaise. De tous les châssis, c'est le plus léger, le moins volumineux et, à la condition d'être imbibé après collage de vernis à la glu marine, il est moins sujet que tout autre à subir l'action de l'humidité. ,
J'ai ainsi construit et employé avec succès des châssis de ce genre de toutes les dimensions, à une ou à deux
glaces, et cela jusqu'au 30 x 40. Malheureusement, ils ne se trouvent pas dans le commerce, et il faut les faire soi-même; mais c'est là un travail peu difficile pour le photographe qui doit forcément être adroit de ses mains.
Il existe encore une autre sorte de châssis destinés à contenir des pellicules; ils sont peu usités, car jusqu'à présent la question d'une bonne pellicule n'est pas résolue d'une façon complète et définitive, mais nous avons lieu d'espérer qu'elle ne tardera pas à l'être, et alors nous parlerons des appareils nécessaires à son emploi.
Je ne vous ai encore rien dit au sujet des dimensions réglementaires de tous ces appareils, ou plutôt des plaques qu'ils sont destinés à employer; les voici en partant des plus petits :
Il va sans dire que tout le matériel doit être en proportion directe avec le format employé.
A l'avant de la chambre noire se place l'objectif; mais comme cette question d'objectif a une importance considérable, nous la laisserons de côté pour l'instant et nous la traiterons à part.
(') Le Congrès a proposé de transformer ce format en 12 x 18, mais cette dimension, plus rationnelle il est vrai, n'est pas jusqu'à présent entrée dans la pratique.
Pieds porte -appareil.
A l'atelier, on se sert d'un pied lourd, massif, sur lequel la chambre obscure se fixe au moyen d'une presse à vis.
Le modèle le plus ordinaire se compose de deux plateaux de bois dur reliés par trois pieds obliques; au centre, une ouverture carrée laisse glisser une tige qui porte en haut une tablette mobile sur laquelle se place la chambre obscure. Une crémaillère fait monter et descendre à volonté la tige centrale, et une vis de rappel permet d'incliner plus ou moins la planchette.
Pour les grands appareils 30 x 40 et au-dessus, le pied est plus grand; il a la forme d'une table dont la partie supérieure peut être élevée ou abaissée à l'aide d'une double crémaillère, qu'on peut également incliner comme dans le modèle précédent.
Mais ces différents modèles ne sont pas transportables et servent spécialement pour l'atelier. En dehors, on se sert de pieds de campagne à trois branches mobiles.
Je ne vous décrirai pas tous les modèles proposés, car ils sont vraiment trop nombreux; les deux auxquels je donne la préférence, après essais, sont : le pied à boîte et à trois brisures et le pied métallique.
Le premier se compose de trois branches en bois dont chacune d'elles est également formée de trois pièces coulissant les unes dans les autres et maintenues en place par des écrous.
Le second est. composé de tubes métalliques de
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cuivre, d'aluminium, ou mieux d'acier, glissant les uns dans les autres à la manière des pièces d'une lunette d'approche.
Le premier modèle est employé pour les appareils au-dessus du i de plaque 9 x 12, le second n'est utilisable que pour les petites dimensions jusqu'au 9 x 12 inclusivement.
Un pied de campagne ne doit pas être trop lourd ni trop long une fois replié; il doit être rigide, ne pas vibrer, ses branches doivent pouvoir se raccourcir o u s'allonger à volonté, condition indispensable en montagne.
Le sac.
La chambre noire, les objectifs et les châssis doivent se renfermer dans un sac, afin de rendre facilement transportable tout le matériel photographique. Les sacs en toile doublés de flanelle sont les plus usités, les moins coûteux; mais, si l'on ne regarde pas trop à la dépense, il est infiniment préférable de prendre un sac de cuir qui fait un bien plus long usage et préserve mieux les appareils en cas de pluie.
Dans le sac doit encore se placer le voile noir qui sert à la mise au point. Celui-ci ne doit être ni trop lourd ni de dimensions trop réduites ; la lustrine noire croisée, grande largeur, dite lustrine de tailleur, est ce que nous avons trouvé de meilleur. Un voile noir ne doit pas avoir moins de 1",50 de côté, et pour les grands appareils on n'aura jamais un voile trop grand.
Laboratoire .
Le laboratoire, ce sanctuaire du photographe, mérito bien d'attirer toute son attention, car sa bonne installation facilitera beaucoup toutes les opérations et assurera le succès final.
On ne se trouve pas toujours dans les conditions voulues pour installer le laboratoire, et, pour l'amateur surtout, tout dépendra des circonstances.
On choisira donc une pièce suffisamment spacieuse pour y placer une table de développement et l'on garnira les murs de tablettes sur lesquelles viendront se ranger les accessoires indispensables aux opérations de développement, de fixage et de lavage. Lorsque la chose sera possible, cette pièce sera éclairée par une fenêtre située au nord : il vaut mieux éviter les rayons directs du soleil qui donneraient une lumière trop intense.
Une prise d'eau est de toute nécessité, soit qu'elle se branche sur une distribution sous pression, soit qu'elle soit alimentée par un réservoir.
Est-il indispensable de peindre en noir tout l'intérieur du laboratoire, comme on le fait souvent? Nous ne le croyons pas, et cette précaution n'est réellement nécessaire que lorsqu'on fait usage des plaques orthochromatiques. Dans la Photographie courante, il est facile, avec une source d'éclairage convenable, d'éviter toute lumière et tout reflet nuisibles.
Comment faut-il éclairer le laboratoire ? Si l'on peut
disposer d'une fenêtre, on la munira de verres rouges double's de verre dépoli, et des volets mobiles seront disposés dans des coulisses de manière à diminuer à volonté la quantité totale de lumière. Mais, alors même que l'on pourrait faire usage de la lumière naturelle, il faut toujours avoir à sa disposition une source d'éclairage artificielle et une lanterne.
Celle-ci sera fixe ou mobile. La lanterne fixe, placée à demeure au-dessus de la table à développement, sera de dimension telle qu'elle puisse contenir un volume d'air suffisant pour assurer une bonne aération, un tirage convenable, et le carreau rouge devra être le plus grand possible. Celui-ci sera simplement glissé dans une rainure, de façon à pouvoir être changé facilement.
La lanterne mobile sera surtout utilisée dans le voyage; elle sera par conséquent aussi réduite que possible, pour tenir moins de place. Mais les lanternes trop petites n'éclairent jamais bien, la lampe ou la bougie fument; aussi faut-il chpisir de préférence des modèles démontables. La forme triangulaire me semble la meilleure : elle peut même être simplement composée de trois morceaux de carton évidés et munis d'une étoffe rouge; le dessus et le dessous seuls seront «n fer-blanc.
Plusieurs modes d'éclairage peuvent être employés dans la lanterne: le gaz ou l'électricité dans le laboratoire, le pétrole ou la bougie dans les lanternes portatives. Si l'on peut disposer du gaz d'éclairage, c'est le mode le plus avantageux, car il permet d'avoir un fourneau dans le laboratoire, ce qui est souvent très
utile. Dans ce cas, je recommande de laisser de côté les becs à couronne à cheminée de verre; ils chauffent beaucoup trop et les verres cassent constamment. On prendra un bec Manchester à deux trous qui chauffera beaucoup moins et se règle très facilement.
L* électricité a le grand avantage de ne chauffer que très peu, ce que l'on apprécie surtout en été. Dans ce cas, on aura recours à des lampes à incandescence en verre de couleur inactinique, rouge ou jaune. Si l'on ne trouvait que des lampes à verre blanc, on pourrait encore les utiliser en les enfermant dans un sac d'étoffe rouge, jaune ou verte.
Le pétrole, quoi qu'on en dise, est le mode d'éclairage le plus désagréable, car il est impossible d'éviter rôdeur qu'il dégage quand on baisse trop la mèche, ou la fumée lorsqu'on la lève trop.
Cependant, beaucoup de lanternes sont alimentées au pétrole, soit au bec prussien (pétrole ordinaire), soit au bec Pigeon (essence). Ce dernier système me paraît le moins mauvais.
La bougie est, à mon avis, bien préférable au pétrole; en voyage, c'est à elle seule qull faut avoir recours. Seulement, on devra avoir soin de choisir un modèle de lanterne à bougie ordinaire et non à bougie de petit diamètre que l'on trouve difficilement en dehors des grandes villes.
Mais la couleur rouge est-elle absolument indispensable? Évidemment, c'est la meilleure et celle qui peut servir dans tous les cas, même avec les préparations orthochromatiques, mais elle a des inconvénients.
Chez beaucoup de personnes son usage prolongé provoque de violents maux de tête, et dans les grands ateliers elle cause bien d'autres choses. C'est ainsi que, lorsque je visitai les ateliers de MM. Lunaière, je remarquai que presque tous étaient éclairés à la lumière verte. Je demandai à ces Messieurs la raison de cette dérogation à la règle ordinaire, et l'un d'eux me raconta alors l'histoire suivante :
« Pour nos travaux, nous employons à la fois des hommes et des femmes; lorsque nos ateliers étaient éclairés à la lumière rouge, nous avions constamment à mettre le hola dans notre personnel; les hommes se disputaient entre eux, les femmes en faisaient autant, et les jeunes gens devenaient par trop entreprenants; il y avait là certainement une cause de surexcitation qui provenait, pensions-nous, de la nature du travail effectué. Après bien des recherches, nous fûmes convaincus que la lumière rouge était la seule coupable en cette occasion, et qu'elle exerçait sur nos semblables une action pareille à celle de la muleta du toréador sur le taureau. Effectivement, lorsque les carreaux rouges furent remplacés par des carreaux verts, tout rentra dans le calme . . . dans l'ordre le plus parfait. »
La lumière verte peut donc être substituée avec avantage à la lumière rouge, et MM. Demaria fabriquent des verres dits verts cathédrale, qui sont excellents. J'engage cependant à les doubler avec un verre jaune dépoli lorsqu'on met les plaques en châssis, ou lorsqu'on commence le développement.
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On peut employer le verre vert seul, ou le verre jaune pour le développement des papiers d'agrandissement dont la sensibilité est bien moindre que celle des plaques. Dans ce cas, il faut opérer en grande lumière pour bien se rendre compte de la marche du développement, et la lumière rouge est aussi mauvaise que possible.
Les cuvettes dans lesquelles se font toutes les opérations photographiques peuvent être en verre, en porcelaine, en carton durci, en tôle émaillée; on a mis complètement de côté aujourd'hui celles en guttapercha, d'un usage général autrefois, mais toujours trop coûteuses. Actuellement, elles ne sont plus guère employées que pour la morsure à l'acide de la Photogravure.
La recommandation essentielle à faire en ce qui concerne les cuvettes est de les entretenir toujours en état de propreté parfaite. Si elles retiennent un dépôt coloré après les opérations du développement ou du fixage, il est bon de les soumettre à l'action de l'acide azotique étendu d'eau. Lorsque toutes les taches ont disparu, on les lave abondamment et on les laisse sécher.
Les cuvettes de verre et celles de porcelaine ont à ce point de vue, sur les autres espèces, l'avantage do renseigner exactement au simple aspect sur leur état de propreté ; celles en carton, à cause de leur couleur noire, peuvent tromper ; enfin, celles en tôle émaillée ne résistent pas longtemps à l'action des acides.
Pour faciliter le nettoyage des cuvettes, oa peut 'aider d'un gros pinceau, qui seul permet d'arriver ans les ang-les; il est bon égalemeot de frotter toute i surface, sinon il y reste toujours, quelle que soit la uantité d'eau employée, une sorte d'enduit qui peut voir une certaine influence sur les bains.
Il est prudent de réserver une cuvette spéciale pour ;s bains d'hyposulflte, car c'est là par excellence la rogue qui fait des taches. Ce serait même une sage récaution de reléguer ce bain dans un coin du labo- atoire.
Pour retirer les plaques immergées dans les cuvettes, n s'aide d'un crochet qui peut être indifféremment en orne, en baleine, en nickel, ou bien encore en celiu- M.
Rien de plus facile que de faire un de ces crochets. >a prend un bout de baleine de corset, dont on arronit et amincit l'une des extrémités; puis on passe le lorceau ainsi préparé dans la flamme d'une lampe à Icool, de manière à ramollir la baleine; on le recourbe lors avec une paire de pinces plates, et le crochet st fait.
En voyage, lorsqu'on n'a rien sous la main, une tête e clou peut remplacer le crochet malencontreusement ublié à l'atelier.
Des entonnoirs sont souvent nécessaires, pour remettre les bains dans leurs flacons ; ceux en verre sont 3S meilleurs, mais pour le voyage ils sont trop fragiles.
On peut, dans ce dernier cas, les remplacer par des entonnoirs en tôle émaillée ou bien en caoutchouc souple ou durci.
Les flacons seront tous en verre blanc; ceux en verre de couleur, dont on faisait usage autrefois, sont totalement délaissés maintenant, car il est difficile de se rendre compte de leur état de propreté.
Tout flacon doit être passé à l'acide, puis lavé abondamment à Teau avant de recevoir la solution qu'il est destiné à conteoir.
Tous les flacons doivent porter des étiquettes indiquant les substances ou les formules des solutions qu'ils renferment. Ces étiquettes seront écrites à l'encre de notaire (encre au gallate de fer) et non à l'encre d'aniline (encre violette) et similaires, car elles s'effacent avec la plus grande facilité. Pour assurer la conservation des étiquettes, le moyen suivant est à la fois très simple et très sûr. L'étiquette, collée et sèche, est enduite de paraffine rendue liquide par la chaleur, opération des plus faciles en s'aidant d'un pinceau; mais il faut chauffer légèrement l'étiquette avant de l'imbiber de paraffine, sinon la couche se figeant trop vite sur une surface froide serait trop épaisse et manquerait de transparence.
Enfin, chose de la plus haute importance, il doit régner dans le laboratoire un ordre parfait : tout doit avoir sa place désignée, et tout doit être à sa place. On comprendra facilement que les recherches dans
Trutat. — Dix leçons. 4
l'obscurité seraient toujours infructueuses si Ton ne savait devoir trouver à tel endroit tel flacon ou telle cuvette.
Mais on ne peut pas toujours disposer d'une pièce spéciale, d'un laboratoire fixe, et il faut alors pouvoir organiser un laboratoire de fortune. A cet effet, M. Demaria a combiné des armoires-laboratoires qui peuvent se placer dans une pièce quelconque, et qui, une fois fermées, simulent un meuble ordinaire. Ces armoires-laboratoires contiennent une table à développer et tous les accessoires sont réunis sous la main dans des casiers et sur des étagères parfaitement aménagées; en haut, un réservoir fournit l'eau nécessaire; en bas, un seau mobile reçoit les eaux de lavages. II en existe plusieurs modèles, de grandeurs différentes, et plus ou moins complets, suivant les usages auxquels on les destine.
En voyage, nous verrons plus loin comment on peut improviser un laboratoire.