‹ Dix leçons de photographieChapitre 10 sur 24 · BAIN DE DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

BAIN DE DÉVELOPPEMENT

Eau 1000"

Sulfate de fer 50 «"

Acide acétique cristallisé 15

Alcool 50*"'

L'image développée au bain de fer manquait en général de vigueur; on la renforçait avec

Eau 300"

Acide pyrogallique 1 ^^

Acide citrique 1

en ajoutant quelques gouttes de nitrate d'argent à •2 pour 100.

Pour le fixage, tantôt on employait une solution d'hyposulfite de soude à 20 pour 100, tantôt du cyanure de potassium à 3 pour 100; celui-ci opérait plus vite, s'enlevait plus rapidement par un lavage à l'eau; aussi était-il préféré par la plupart des opérateurs.

Le cliché une fois sec était verni à la gomme laque.

Collodions secs. — Mais le collodion ne pouvait être employé qu'à l'état humide; il n'était donc pratique qu'à l'atelier. Cependant des appareils ingénieux, des laboratoires portatifs, furent construits et permirent d aller au dehors photographier des paysages ou des monuments.

C'était là une grosse affaire, à la fois coûteuse et emarrassante et que peu d'amateurs osaient pratiquer. fallait alors, comme je l'ai fait maintes fois, chercher s'installer pas trop loia du sujet à reproduire, et étalir un laboratoire de fortune dans une cave ou un renier, courir bien vite faire poser la plaque humide t revenir la développer avant qu'elle eût le temps de Scher,

Les amateurs demandèrent donc un prociidé de colidion nec, et ce n'est pas un seul, mais des centaines e procédés qui furent imaginés. Après une période ' 'essais, deux seulement entrèrent définitivement dans ) 1 pratique ; le coUodion au tanin et le colludion albu j ïiné. Grâce à eux, on put pratiquer la Photogiaphie ! ittoresque et les amateurs devinrent de plus en ptui i ombreux. Mais à cette époque il fallait avoir le feu icré et une rare persévérance pour pasiser des jour i ées à préparer ses plaques. Je me souviens encore de îs longues séances où il fallait nettoyer les plaques. Liis les cotludionner, les sensibiliser, les laver, les jre sécher. Que de nuits alors ai-je passées ainEÎ, uand il fallait se mettre en mesure pour une eipédion de quelques jours! et combien sont heureux mes iunes collègues d'aujourd'hui qui n'ont qu'à passer lez le fournisseur pour s'approvisionner à plaisir de aques excellentes et rapides!

Mais revenons au collodion pour donner quelques irmules, car ces procédés sont quelquefois néceslires à employer et il est indispensable de les coniltrfl.

Collodion au tanin. — Un Anglais, le major Russel, eut ridée de recouvrir la couche de collodion sensibilisée et lavée d'une solution au tanin à 3 pour 100, et il vit que les couches ainsi préparées se conservaient fort longtemps ; cependant il ne se rendit pas compte de la réaction qui se produisait alors, et c'est Poitevin qui démontra, comme je Tai dit, que le tanin était un sensibilisateur de l'iodure d'argent sec.

Toutefois, le major Russel eut aussi l'idée d'augmenter beaucoup la proportion du bromure dans le collodion ; il proposa même de n'employer que du bromure d'argent et de supprimer complètement l'iodure, les couches ainsi obtenues étant plus sensibles et donnant des images plus moelleuses. C'était là un progrès de première importance et c'est là également l'origine des couches modernes si sensibles au gélatinobromure.

Mais notre inventeur remarqua aussi que le développement acide ne donnait pas d'excellents résultats avec les couches bromurées, et il trouva le développement alcalin à Vammoniaque, point de départ encore de tous les procédés en usage aujourd'hui.

Ainsi combiné, son procédé de collodion sec donnait de superbes résultats.

Collodion albuminé. — Plusieurs opérateurs, habitués à faire des clichés sur albumine et regrettant la finesse extrême de ce procédé, eurent l'idée de combiner le collodion et l'albumine, et Taupenot publia une méthode qui donna des résultats encore supérieurs à

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ceux qu'obtenait le procédé de M. Russel. Elle consistait à étendre sur une couche de collodion sensibilisée et lavée une seconde couche d'albumine iodurée. Celle-ci, une fois sèche, était de nouveau sensibilisée et lavée.

Les épreuves données par cette double couche bénéficiaient également des qualités de chacune d'elles : le moelleux du collodion, la finesse de l'albumine.

J'ai pratiqué pendant longtemps ce procédé et, lorsque je revois mes anciens clichés, j'en trouve qui font encore très bonne contenance auprès de ceux sur gélatinobromure ; seulement il fallait compter le temps de pose par minutes et non par secondes.

Collodion émulsionné. — L'emploi des bains sensibilisateurs de nitrate d'argent occasionnait souvent des accidents de toute nature, aussi certains opérateurs tentèrent-ils de les supprimer et de provoquer directement dans la masse du collodion la formation du bromure d'argent sensible, en faisant alors une véritable émulsion. Après de sérieuses études, M. Chardon réussit à résoudre ce problème et donna une méthode excellente que nous avons lontemps pratiquée. Rien n'était plus agréable, en effet, que de se contenter de verser sur une plaque une couche de collodion sensible et de supprimer les bains et les lavages indispensables avec les anciens procédés.

Toutefois, la méthode était délicate, les insuccès trop fréquents et, malgré tous les avantages qu'elle pouvait avoir, elle fut rapidement abandonnée. Dans

ces derniers temps cependant elle a été reprise, et il serait facile d'obtenir une émulsion très régulière; j'ai vu de superbes résultats tant pour négatifs que pour positifs transparents.

Collodion pellicule, — Les procédés au collodion sont de nouveau employés aujourd'hui dans les ateliers, car nul autre ne donne de résultats aussi bons pour la gravure photographique; il y a donc utilité à les bien connaître et à les pratiquer.

Mais, pour la gravure, il faut obtenir des clichés renversés, ce qui peut se faire de deux manières :

1° Par renversement optique de l'image. Ceci se pratique en plaçant en avant de l'objectif soit un prisme, soit une glace inclinée à 45® ; l'image est alors renversée sur la glace;

2® Par pelliculage de la couche. Deux méthodes peuvent être employées : la première consiste à verser sur la couche sèche une solution de caoutchouc dans la benzine à 3 pour 100; après séchage complet, on verse encore une nouvelle couche, mais celle-ci se compose de collodion contenant 3 pour 100 de coton et une goutte d'huile de ricin. Lorsque le tout est parfaitement sec, on incise les couches ainsi superposées et le tout s'enlève de la glace; mais il faut avoir eu la précaution de talquer la plaque avant le premier collodionnage.

La seconde méthode consiste dans l'emploi de la gélatine : le cliché est d'abord entouré d'une bande de fort papier collé à l'envers, relevé sur les bords et

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