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CHOIX DU SUJET. DE L'ART EN P H OTOORAPH I E

cuisine photographique, laissaient de côté la chambre noire et, lorsque par hasard ils avaient besoin d'un document photographique, ils s'adressaient au photographe de profession, qui exécutait tant bien que mal la commande.

Mais peu à peu, les procédés devenant plus simples, plus pratiques, quelques artistes essayèrent d'opérer par eux-mêmes, et les résultats obtenus, alors qu'ils laissaient à désirer sous le rapport de l'exécution matérielle, changèrent d'aspect, prirent une allure différente et montrèrent qu'il y avait quelque chose à faire au point de vue artistique.

Pour le portrait, par exemple, certains ateliers de Paris produisirent des œuvres d'un cachet artistique tel, qu'il devenait facile de mettre un nom au-dessous des œuvres de Nadar, deSalomon, de Pierre Petit, pour ne citer que des anciens, et de faire pour la Photographie ce qu'un critique d'art et un expert font à coup sûr pour les œuvres de peintres de talent.

Mais aussi qu'étaient ces photographes? De véritables artistes qui maniaient le crayon et le pinceau avec autant d'habileté que la plaque photographique.

Pareille chose se produisit dans la Photographie du paysage, mais plus lentement, et c'est dans ces dernières années seulement que la Photographie artistique du paysage est devenue chose réelle. Les Anglais ont ouvert la voie de ce côté, et c'est chez eux que les premières expositions de Photographie artistique ont démontré la possibilité de l'art en Photographie. Aujourd'hui, nous n'avons rien à envier sous ce

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rapport, et les expositions du Photo-Club de Paris ont largement prouvé que nos collègues de France savent faire œuvre d*art en Photographie.

Nous allons donc chercher à vous démontrer qu'il est possible d'appliquer à la Photographie les règles de la composition : sans doute, nous nous heurterons parfois à des difficultés que le peintre avec son pinceau pourra facilement résoudre, alors qu'elles seront presque insurmontables pour le photographe; mais dans ce cas un habile tournera la difficulté, l'évitera, au lieu d'aller se heurter de front à une impossibilité matérielle.

Sans doute, les procédés techniques diffèrent ; le peintre, avec son crayon et sa palette, n'a besoin que de connaissances techniques très simples et qui se réduisent en dernière analyse au mélange des couleurs; c'est le côté métier, pourrait-on dire, mais il est absolument indispensable de Vapprendre; et dites par exemple à un débutant, en lui donnant une boîte de couleurs ne contenant que les couleurs fondamentales : « Faites-moi du vert », il ne saura comment s'y prendre et il faudra lui apprendre qu'il fera du vert en mélangeant du jaune et du bleu : c'est le côté technique.

Le photographe, au contraire, a une technique compliquée, difficile, et qui demande des procédés bien plus nombreux que ceux du peintre, d'où plus grande difficulté matérielle pour lui.

Mais une fois cette question de technique connue, bien étudiée, l'un et l'autre doivent se diriger d'après les mêmes règles : celles de la composition.

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