L.*obJectlf photographique
A la partie antérieure de la chambre noire se fixe l'appareil optique destiné à produire Timage que la plaque impressionnée doit recevoir et fixer. Cet appareil optique sera plus ou moins compliqué, plus ou moins volumineux, selon le système adopté; mais de sa bonne ou de sa mauvaise construction dépendra toujours le résultat final.
Cette question de l'objectif, d'une si haute importance en Photographie, a été étudiée dans ces derniers temps avec un soin extrême, et les calculs des physiciens ont modifié entièrement les formules primitivement employées.
Nous allons donc chercher à vous faire connaître rétat actuel de la question, surtout au point de vue pratique.
« L'objectif est l'âme de la Photographie », disait
ipticien Chevalier, et en cela, ainsi que noua le rroQS parla suite, il avait parfaitement raison. Qu'est-ce que l'objeclif?
L'objectif photographique est essentiellement comsé d'une lentille de verre; celle-ci a pour propriété
donner une image réelle des objets placés devant ie. Je dis une image réelle, c'est-à-dire pouvant se cueillir sur une feuille de papier blanc ou sur un irre dépoli.
Mais, à tout prendre, on peut se passer de cette ntille et un simple trou d'épingle percé dans une uilte de papier noir produit aussi une image. Et, certainement, il vou3 est arrivé, un jour ou ,utre, de voir ainsi des images formées par une roite ouverture laissée par un clou arraché par emple dans un volet. Vous étiez alors dans une lambre close, une chambre obscure, et l'image des ijets eïtërieura vivement éclairés par le soleil venait
peindre sur le mur ou sur le plafond : c'est le incipe de la chambre de Porta.
On peut employer ce simple trou pour obtenir des lages photographiques, et celles-ci ont des qualités utes particulières et aussi... des défauts.
Comme qualités, elles ne sont pas déformées, les jnes droites conservent leur rectitude, la dimension i ces images est variable; il suffit d'éloigner plus ou oins la surface sensible du petit trou pour les agranir ou les diminuer.
Un de leurs défauts est le manque de finesse des etits détails; les images ainsi obtenues sont insuffl-
samment nettes, et cela par suite d'un phénomène spécial aux petites ouvertures et que les physiciens appellent la diffraction,
La lentille simple améliore les images; celles-ci sont plus brillantes, mieux définies ; mais elles ont également deux défauts principaux : les objets sont entourés d'une auréole colorée, et les parties centrales de l'image seules sont nettes.
Il fallait donc chercher à corriger ces défauts; les physiciens y sont parvenus d'une manière complète.
Les franges lumineuses ont été détruites en formant la lentille de deux moitiés de verres d'espèce différente et n'ayant pas la même courbure, de façon à obtenir un achromatisme plus ou moins parfait, le mot achromatisme voulant dire sans couleur (a, privatif, et yp(o|ta, couleur).
Ici je suis obligé de faire un peu de théorie pour vous expliquer comment on est arrivé à l'achromatisme. •
Si l'on fait passer un rayon de lumière blanche dans un prisme de verre, on voit que ce rayon blanc n'est pas simple, mais qu'il se décompose en rayons colorés : le spectre solaire ; ces bandes soût plus ou moins larges, suivant la nature du verre employé qui disperse plus ou moins les rayons colorés : c'est le phénomène de la dispersion.
Mais les couleurs sont toujours disposées de même manière, et en même nombre, sept bandes :
Rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet.
42 TROISIBMB LBÇON.
Or une lentille n'est en somme qu'un assemblage de prismes, à trois ou à quatre faces. Chacun de ces prismes décompose la lumière, d'où les franges lumineuses que nous avons vues.
D'un autre côté, le verre a la propriété de modifier la marche des rayons lumineux qui le traversent.
Supposons une lame de verre traversée par un rayon lumineux : celui-ci devrait continuer en ligne droite ; mais le verre, quoique transparent comme Tair, agit sur le rayon lumineux en modifiant sa marche, il l'infléchit de côté, le réfracte : c'est ce qu'on appelle le phénomène de réfraction.
Or la réfraction, de même que la dispersion, se fait d'une manière différente, suivant la composition du verre, et l'on appelle indice de réfraction la quantité dont est dévié le rayon lumineux.
Mais, d'un autre côté, on a constaté que les rayons colorés ( qui constituent par leur réunion la lumière blanche) ne s'infléchissent pas d'une même quantité, le rayon rouge formant un angle différent du rayon violet.
Ainsi, ces deux phénomènes, dispersion (c'est-à-dire étendue du spectre) et réfraction, varient avec la nature du verre.
Grâce à cette particularité, les opticiens arrivent par des combinaisons, qui comprennent à la fois la nature du verre et la forme des lentilles, à disposer les deux spectres formés par chaque lentille de façon à reformer, à la sortie de la combinaison, de la lumière blanche et à supprimer ainsi les auréoles
Une figure théorique vous permettra peut-être de mieux saisir cette question de l'achromatisme. Dans le premier prisme AB' (fig. 1), le premier spectre se forme en 00', il s'étale en allant du rouge au violet;
Fig. I.
dans le second, il se forme en sens inverse, du violet au rouge, et il en résulte un rayon blanc en B. Ce serait Tachromatisme parfait, ce qui n*est pas possible dans la pratique, car il reste toujours de chaque côté des spectres secondaires, mais de très faible intensité et dont il faut forcément s'accommoder.
Dans les combinaisons les mieux réussies, le spectre secondaire est très faible. On dit alors que la combinaison estapochromah'que.
Pour apprécier la valeur d'un verre au point de vue optique et pour établir sa combinaison avec un autre, il faut connaître son pouvoir de réfraction, déviation des rayons, et son pouvoir de dispersion, étalement, étendue du spectre.
L'indice de réfraction sert à calculer les courbures de surface des verres, afin de donner aux rayons lumineux une direction déterminée; et l'indice de dispersion sert à combiner la forme, de façon à faire
coïncider les couleurs du spectre de manière à obtenir leur compensation réciproque.
Mais l'indice de réfraction se mesure non sur la lumière, mais sur les rayons colorés.
Or chaque bande colorée du spectre est marquée par des bandes obscures {fig. 2), les raies de Fraunhofer, dont la position est invariable.
On a désigné ces raies par d^s lettres.