‹ dix lecons sur le martyreChapitre 13 sur 201 · O mäpruç pLou 6 mots. Apoc., 11, 43. S · texte numérisé non relu

O mäpruç pLou 6 mots. Apoc., 11, 43. S

c'est-à-dire d'un chrétien martyrisé sous Néron par les païens de cette ville pour n'avoir pas voulu renoncer à sa foi. Plus loin, dans une vision, quand a été levé devant son regard le cinquième sceau du livre mystérieux, l'apôtre aperçoit « sous l'autel les âmes de ceux qui ont été tués à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu'ils ont rendu !. »

Le martyr, c’est-à-dire le témoin par le sang de la réalité des faits évangéliques ou de la perpétuité de la tradition chrétienne, est maintenant tout à fait défini, et il est clairément indiqué ici que la première génération de croyants ne sera pas seule à rendre ce témoignage. L'histoire du martyre ne fait que commencer.

Cette histoire se continuera pendant trois siècles, dans les pays soumis à l'Empire romain. Quand, au commencement du quatrième siècle, un empereur publiera le premier édit de paix religieuse, l’ère sanglante ne sera pas close, puisque des pays neufs, d’autres peuples « assis à l'ombre de la mort? » se sont ouverts, s’ouvrent chaque jour encore devant l’apostolat et le martyre*. Les Annales de la propagation de la Foi seront la continuation naturelle des Acta martyrum. Mais à l’époque où se ferment ceux-ci, c’est-à-dire au temps de Constantin, le chris- tianisme avait déjà fait la pacifique conquête de

4. Ad Tôv hoyôv Toÿ @coù xœÙ Gta TAv aprupiav fv elyov. Ibid., vi, 9. — 2, Saint Luc, 1, 19. — 8. Et non pas seulement le martyre des convertisseurs, mais encore, comme autrefois, celui des convertis : voir lés scènes de la primitive Église reproduites en 1885 et 1886

dans le martyre des chrétiens noirs de l’Oubangui (Piolet, Les Missions catholiques françaises, t. V, Afrique, 1902, p. 436-439).

tout ce bassin méditerranéen, gouverné par l'esprit de la Grèce et par les lois de Rome, qui constituait alors le noyau de la civilisation, et qui est devenu le centre de la propagande évangélique dans le monde entier. Il aura fait cette conquête malgré des obstacles en apparence insurmontables, et parce que le sang des martyrs aura eu raison de la résistance des cultes païens, des arguments des philo= sophes, des préjugés des hommes d’ État, de la cruauté des bourreaux. Ce sang n’aura pas été versé dans de rares circonstances, et comme goutte à goutte : il aura coulé à flots, au cours de persécutions nombreuses, méthodiques, acharnées. L'édit de paix fut un aveu solennel de l'impuissance de la souveraineté païenne à prévaloir contre lui. L’histoire des martyrs du premier au quatrième siècle forme donc un tout complet, qui se suffit à luimême, et porte avec soi ses conclusions. C’est elle qui va être l’objet de notre étude. Mais, avant qu'on l’aborde directement, cette histoire suppose l'examen d'une question préliminaire, et comme une première exploration de ses alentours.

Le martyre suivit naturellement la marche du christianisme : il n'y eut des martyrs que là où les missionnaires avaient passé. Avant de montrer les chrétiens mourant pour leur foi, il faut dire quels pays avaient des chrétiens. Si nous jetons un regard supérficiel sur l'histoire de l'Église primitive, nous apercevons des martyrs un peu partout. Nous en voyons dans les contrées voisines du berceau de la religion nouvelle, et dans les contrées les plus éloignées de ce berceau. Nous remarquons en même temps que les martyrs apparaissent ainsi dans les

lieux les plus distants les uns des autres dès les premiers temps de la prédication évangélique, au second et même au premier siècle. Nous recevons alors cette impression, que le christianisme est devenu presque tout de suite universel. L'impression est vraie, dans une certaine mesure tout au moins; mais encore at-elle besoin d’être ramenée à une vue plus précise des faits. Il y eut des degrés, et aussi des inégalités, dans cette marche rapice, des contrées déjà tout entières parcourues par elle, quand elle était à peine commencée en d’autres. Il y eut, par conséquent, des pays beaucoup plus précoces que d’autres en martyrs, bien que, dans l’ensemble, les persécutions paraissent éclater sur tous les points à la fois de l’Empire romain. Pour se faire une idée claire de l’histoire des martyrs, il y a donclieu de marquer les étapes des premières missions, et de suivre d’abord ce qu’on pourrait appeler le mouvement géographique du christianisme. Notre-Seigneur lui-même semble nous avoir indiqué cette méthode, car en tête du discours que je citais tout à l’heure, où il prédit les persécutions, se lit cette phrase : : «Il faut d'abord que l'Évangile soit prêché à toutes les nations !. » Entre la prédication et le martyre, il y a le rapport de cause à eflet.

Un coup d’œil sur l’expansion de la foi chrétienne dans le monde antique pendant les trois premiers siècles est donc la préface nécessaire à l'étude de

notre sujet.

1. Kai els névra và Ebvn dei mp@roy xnpux BV Td edayyehoy Saint Marc, x. 10.

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Cette expansion commence dès le jour de la Pentecôte.

Comme « enivrés » par l’effusion de l'Esprit, les apôtres rendent témoignage en présence de la foule des pèlerins qui remplissaient alors Jérusalem. Dans cette foule sont des gens de tous les pays, qui entendent chacun dans leur langue la parole divine. L'auteur des Actes prend soin d'énumérer les contrées auxquelles appartiennent ces auditeurs. Les uns sont venus de l'Orient, au delà des limites de l'Empire romain : Parthes, Mèdes, Elamites, Mésopotamiens. D’autres sont des sujets asiatiques de l’Empire, habitants de la Judée, de la Cappadoce, du Pont, de l'Asie proconsulaire, de la Phrygie, de la Pamphylie. D'autres sont des sujets africains, gens de l'Égypte et de la Cyrénaïque. Il y a des Arabes. Il y a des insulaires de la Méditerranée, venus de l’île de Crète. Il y a même des pèlerins de Rome‘. Beaucoup de ces étrangers firent certainement partie des trois mille hommes convertis et baptisés par saint Pierre ?. Quand ils rentreront dans leurs pays d’origine, ils y seront les premiers missionnaires de la nouvelle foi.

Un second essaim sortit de la vieille ruche judaïque après la mort du premier martyr, le diacre saint Etienne. « Il y eut alors, disent les Actes des apôtres, une grande persécution dans l'Église qui était à Jérusalem 3. » Les apôtres demeurèrent seuls dans

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