‹ dix lecons sur le martyreChapitre 12 sur 201 · Ibid., 1v · texte numérisé non relu

Ibid., 1v

Kai hueïç Écuev &utoÙ méprupes Toy Énpétwy Toûtwev. Ibid, v,

du conseil « heureux d’avoir été jugés dignes de souffrir l’outrage pour le nom de Jésus. » Arrivé à la fin de sa carrière apostolique, Pierre tient toujours le même langage : « Je suis, écrit-il de Rome aux Eglises d’Asie, je suis un vieux témoin des souffrances du Christ.»

Voici le premier sens du mot martyr : les témoins oculaires de la vie, de la mort et de la résurrection du Christ, chargés de les garantir au monde par leur parole. Mais dès le premier jour ce témoignage a été rendu dans la tribulation et dans la souffrance, et, comme on l’a vu, dans la joie de souffrir. Puis, après ces premières épreuves, est venu le sacrifice même de la vie, comme attestation suprême de la parole. Jésus-Christ avait encore prédit ce complément douloureux et sanglant du témoignage. « On vous livrera aux tribunaux, dit-il à ses apôtres, et vous serez battus de verges dans les synagogues, et vous comparaîtrez devant des gouverneurs et devant des rois, à cause de moi, pour me servir de témoins devant eux ?. » Et il continue, donnant à ses futurs martyrs la promesse de son assistance : « Quand on vous amènera pour vous livrer, ne vous inquiétez

pas d'avance de ce que vous aurez à dire, mais ce qui vous sera donné à l'heure même, dites-le, car ce n’est pas vous qui parlerez, mais le Saint-Esprit 5. » Puis il montre les scissions profondes que causera la persécution, les nations et les familles divisées,

1. ‘O oupnpeo6ütepos nai uépruc T@v Toù Xprorod rabnuétuv. I Petri, v,1. :

2. Eis paprüproy adroïç. Saint Marc, xun, 9. Cf. saint Matthieu, x, 17, 18 ; saint Luc, XXI, 12, 43.

3. Saint Marc, xt, 41. Cf. saint Matthieu, x, 49, 20; saint Luc, xu, 14, 12.

la mort suivant la confession de ses fidèles. « Et le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant, et les enfants se soulèveront contre leurs parents et les feront mourir, et vous serez en haine - à tous à cause de mon nom; mais celui qui aura supporté jusqu’à la fin sera sauvé. » Quand les événements eurent donné aux chrétiens l'intelligence de ces paroles de leur Maître, la mort glorieuse de ses plus anciens et de ses plus fidèles disciples, immolés, comme il l’avait prédit, en haine de son nom, fut considérée comme l'achèvement de leur témoignage, au point de n’en être plus séparée par la pensée, et de faire en quelque sorte corps avec lui.

Vous voyez comment, même avant la fin de l'âge apostolique, le mot martyr avait pris un sens tout à fait précis. On l'applique désormais à celui qui a confessé le Christ non seulement par la parole, mais encore par le sang. Mais en même temps on l’étend à des témoins qu'on pourrait appeler du second degré, à ces « bienheureux, selon une parole de Jésus lui-même, qui ont cru sans avoir vu ?, » et qui, ayant cru ainsi, ont attesté leur foi par leur sang. C'est ce que montre le dernier des livres du Nouveeu Testament. Écrivant tout à la fin du premier siècle, saint Jean emploie, en deux endroits de l'Apocalypse, le mot martyr avec toute l'extension que nous lui donnons aujourd'hui. Dans le message qu'il envoie de la part du Seigneur à l'Église de Pergame, il est question d’ « Antipas, mon témoin fidèle $, qui a été tué chez vous, où Satan habite, »

4. Saint Marc, xt, 42, 13. Cf. saint Luc, xxt, 46, 17. 2. Saint Jean, xx, 29.

Page 1