‹ dix lecons sur le martyreChapitre 147 sur 201 · Passio SS. Maximae, Donatillae et Secundue, dans Analecta · texte numérisé non relu

Passio SS. Maximae, Donatillae et Secundue, dans Analecta

Bolland., t. IX, p. 117 et 122.

connaissait bien la loi. Élevant la voix, dès que la |

sentence de mort eut été rendue : « Philéas, cria-t-il, demande la réformation du jugement !. » Le préfet fit rentrer le condamné. « Tu as appelé? » lui demanda-t-il. « Je n’ai pas appelé, répondit Philéas. N’écoute pas ce malheureux. Au contraire, je rends grâces aux empereurs et à mon juge, qui me donnent ma part de l'héritage de Jésus-Christ ?. » Le martyr repoussait fièrement la planche de salut qui lui était offerte. Cependant, en droit strict, le juge eût dû recevoir néanmoins l'appel. « Qu'arrivera-t-il, dit le jurisconsulte Ulpien, si celui qui a été condamné désavoue l'appel? s’il ne veut pas ratifier celui-ci, et a hâte de mourir? Je pense qu'il faut néanmoins différer le supplice %. » Cette consultation du plus grand des jurisconsultes romains s’appliquait exactement au cas de Philéas. Mais il s'agissait d'un chrétien. Le juge ne connaissait alors ni l’équité ni le droit. Il passa outre à l'appel interjeté par un tiers, malgré la loi qui en reconnaissait la validité, et combla les vœux du martyr en l’envoyant sur-le-champ au supplice.

1. Frater Phileae, qui erat unus ex advocatis, exclamavit dicens : Phileas abolitionem petit. Acta SS. Phileae et Phtioromi, 3.

2, Ibid. ‘

3. Quid ergo si resistat, qui damnatus est, adversus provocationem ? nec velit admitti ejus appellationem, perire festinans? Adhuc putem differendum supplicium. Ulpien, au Dig., XLIX, 1, 6.

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