‹ dix lecons sur le martyreChapitre 15 sur 201 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Lycaonie, Pisidie, Isaurie, Phrygie, Mésie, Asie proconsulaire, les îles de Chypre, de Salamine et de Paphos, la Macédoine et l’Achaïe ‘, peut-être l'Illyrie?. Ces voyages de l’apôtre ne sont pas une course errante, et comme livrée au hasard : Paul y choisit certaines villes pour être comme autant de points stratégiques et, selon son expression, de « portes ouvertes sur le dehors 3 : » Éphèse, où il séjourne pendant deux années, et d’où la foi se répand sur tout l’ouest de l’Asie romaine, depuis la Lycie jusqu’à la Propontide{; Antioche, qui met l'Eglise naissante en communication avec la mer etavec l'Orient ; Thessalonique, d’où elle rayonnera sur la Macédoine ÿ; Corinthe, qui sera le centre de la propagande chré- ‘tienne en Achaïe 6.

Cependant, en Asie Mineure la foi n'avait encore atteint, par saint Paul, qu'une moitié de la péninsule, Restait le versant oriental, avec les grandes provinces situées entre l'Euxin et le Taurus : la Bithynie et le Pont, la Galatie proprement dite 7,

4. Act. apost., XIU-XxI. — ®& L'évangélisation de l'Illyrie paraît résulter de Rom., xv, 49. Saint Paul en conçut au moins le projet. — 3. Saint Paul, Ÿ Cor., XVI, 9. — 4. Saint Paul, Coloss., 1,7, 8; Ev, 12, 43; Philem., 1, 2. — Act. apost., x1x, 11, 26. — Un détail donné par les Actes des apdtres (ibid., 49) fait deviner quelle fut, dès ces premiers jours, la multitude des conversions opérées à Éphèse : ceux des convertis qui possédaient des livres traitant des sciences occultes les réunirent pour les brûler publiquement; l'inventaire qui fut dressé des manuscrits ainsi détruits en estime la valeur à cinquante mille drachmes (près de cinquante mille francs.) Un détail d’un autre ordre fait encore ressortir le grand nombre des conversions : les fabricants de simulacres en argent de la Diane d'Éphèse et de son temple craignirent de voir par elles péricliter leur commerce (Act. apost., xIX, 24-27). — 5. Saint Paul, I Thess., 1, 7, 8. — 6. Saint Paul, II Cor., 1, 4. — 7. Sur la question de savoir” si l'épitre de saint Paul aux Galates est adressée à des fidèles de la partie méridionale de cette province, Lycaoniens, Phrygiens, Pamphyliens, ou à des habitants de la Galatie proprement dite, c’est-à-dire de la région du nord, voir Jacquier, Histoire des livres du Nouveau Testament, t. I, p. 171-488.

la Cappadoce. Saint Paul ne semble pas y être allé. La conjecture qui en attribue l’évangélisation à saint Pierre est très vraisemblable !. La première épître du prince des apôtres, écrite de Rome après 64 aux chrétiens « du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce, de l'Asie et de la Bithynie ?, » suppose des Églises déjà établies de longue date, possédant un clergé constitué ÿ, ayant souffert ou sur le point de souffrir la persécution ?. Pierre parle à ces chrétientés pontiques, galatiques, cappadociennes et bithyniennes, du ton d’un homme qui les connaîtrait personnelle- ment : il y joint celles de l'Asie proconsulaire, parce que, probablement, il traversa cette province dans sa route vers l'Occident.

Nous ignorons les détails des voyages de saint Pierre à Rome : en revanche, le premier voyage de saint Paul dans la capitale du monde romain est parfaitement connu. Arrêté à Jérusalem en 59, captif pendant deux ans en Judée, et ayant interjeté appel à César, il commença vers l'automne de 61, en compagnie d’autres prisonniers, cette navigation pleine de péripéties et de périls dont le livre des Actes nous fait une narration si vivante ou, pour employer une expression moderne, si « vécue 5. » Quand il toucha au sud de l'Italie, il trouva, en débarquant à Pouzzoles, toute une colonie chrétienne déjà établie, qui l’hébergea pendant plusieurs

4, Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six, premiers "siècles, t I, art. xxvi et note 26 sur saint Pierre; Fouard, Saint Pierre et les premières années du christianisme, p. 329-331.

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