‹ dix lecons sur le martyreChapitre 16 sur 201 · Ibid., 1v · texte numérisé non relu

Ibid., 1v

B Actus apost., XXVI-XXVINT,

jours ‘. Sur la voie Appienne deux députations de chrétiens de Rome vinrent successivement le saluer,

- aux lieux dits Forum d’Appius et les Trois Tavernes ?.

Le livre des Actes des Apôtres se termine ici : il faut reconstruire d'après d’autres documents la fin des voyages de saint Paul *. Je rappelle, en deux mots, qu'il paraît avoir recouvré sa liberté, après une captivité de deux ans à Rome, et avoir repris sa vie de missionnaire, visitant le sud de l'Espagne *, touchant peut-être, à l'aller et au retour, quelque point de la côte méridionale de la Gaule ÿ, revoyant l'île de Crète, l'Asie Mineure, la Macédoine, le Péloponèse, évangélisant l’Epire, et revenant, dans des circonstances que nous ignorons, soit libre, soit captif, à Rome 5. Plusieurs des disciples qui l'avaient accompagné dans ce dernier voyage en Orient y restèrent. Crescent prêchait alors chez les Galates? et Tite, après avoir organisé les Eglises de Crète 8, étendait vers l’ouest l’œuvre de son maître

en évangélisant la Dalmatie ?.

Nous voici arrivés à l’un des points saillants du premier siècle. Plaçons-nous, pour jeter un regard . d'ensemble, à cette date célèbre de 64, où les chrétiens sont distingués comme tels par l'autorité ro-

1. Actus apost., XXVI, 43-14. — 2. Jbid., 15. Sur l'emplacement exact de ces deux localités, voir De la Blanchère, dans Mélanges de l'École française de Rome, 1888, p. 54 et suiv., et Tomasetti, La Campagna romana, 1907, t. II, p. 381-382. — 3, Cf. Fouard, Saint Paul ses dernières années, p. 263-296; Jacquier, Histoire des livres du Nouveau Testament, t. I, p. 413-494.— 4. Saint Paul, Rom., xv, 24 : saint Clément, Cor.,b; canon de Muratori. — 5. Renan, L'Antéchrist, p. 108. — 6. Saint Paul, I Tim, 1, 3; II Tim, 1v, 43, 203 Tit., 1,5; 1, 42. — 7, II Tim. 1v, 10. — 8. Tüt., 1,5. — 9. II Tim, 1v, 10.

maine, où Néron prend conire eux la première mesure de persécution, et où Pierre et Paul sont à la veille d’arroser de leur sang les fondements de: l'Église romaine. Nous pouvons aisément mesurer de là le chemin déjà parcouru par la prédication chrétienne, trente ans environ après la mort de Jésus-Christ.

Tous les Évangiles ne sont pas encore écrits, et déjà l'Évangile a été prêché dans les parties les plus - diverses de l’Empire. Il est connu dans toutes les provinces de l’Asie romaine, depuis les sables de l'Arabie jusqu'aux flots du Pont-Euxin. Non seule-ment dans ces régions il possède des fidèles, mais il y compte, déjà organisées, de nombreuses Églises. Il a pénétré sur le continent africain, porté en Égypte et en Cyrénaïque par des témoins de la Pen tecôte. Il est entré en Europe par la Macédoine, l'Achaïe, l'Épire, l'Illyrie, la Dalmatie. {1 a des groupes de croyants au sud de l’Italie : ses fidèles et déjà ses martyrs forment à Rome, selon le mot d’un contemporain chrétien, Clément, et d'un contemporain païen, Tacite, « une immense multitude !. » Enfin, dit encore Clément, il a été porté « jusqu'aux. extrémités de l’Occident?, » c’est-à-dire jusqu'au sud de l'Espagne, là où les anciens plaçaient les coionnes d’Hercule #, Dans le court espace de trente ans, la foi nouvelle a sillonné en tous sens l'Asie romaine, et fait le tour du bassin de la Méditerranée. Comme l’a dit M. Renan, « un rapide éclair

4, Todd nAñ0oc éxAcxT@Y. Saint Clément, Cor., 6. — Multitudo ingens. Tacite, Ann., XV, 44.

2, ’Eni to tépua tic dücewc. Saint Clément, Cor. 5.

3. Voir la note de Lightfoot sur ce passage. Saint Clement of Rome. t. IL, p. 30-31.

partant de Syrie, illuminant presque simultanément les trois grandes péninsules de l’Asie Mineure, la Grèce, l'Italie, et bientôt suivi d’un second reflet qui embrasa presque toutes les côtes de la Méditerranée, voilà ce que fut la première apparition du christianisme !. »

Ce « second reflet, » pour employer l’ingénieuse métaphore de l'historien rationaliste, ne vient plus de l'Orient seul : c'est de Rome qu'aux deux siècles suivants la lumière achève de se répandre, avec une vivacité toujours croissante, sur une partie de ce bassin méditerranéen, où nous venons de voir se lever l'aube de l'Évangile.

Rome devient à partir du second siècle le centre de l’évangélisation de l'Occident ?. Sans doute, dans la primitive Église de Rome l’hellénisme paraît d’abord dominer. Une grande partie de ses fidèles parle grec. Ses premiers écrits sont composés dans cette langue. Dans ses cimetières les épitaphes grecques l'emportent en nombre sur les latines jusqu’au troi-

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