Marcien, au Digeste, XLVII, xix, A
8. Peut-être les magistrats romains se sentaient-ils absous de leur cruauté par cette règle du jurisconsulte Claudius Saturninus : Non-
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Je n’ajouterai aucune réflexion au tableau que je
| viens de retracer très simplement devant vous. Le
fait de supplices aussi variés et parfois aussi horribles, soulferts non pendant une courte période d’enthousiasme contagieux, mais pendant près de trois siècles, par des milliers d'hommes, de femmes, même d'enfants, appartenant aux contrées les plus diverses, — auxquels il suffisait d’un mot, d'un léger signe de volonté, pour repousser toutes ces souffrances, et qui par conséquent les acceptèrent résolumentet de plein gré, — peut-il se juger d'après la commune mesure de nos sentiments ou de nos forces, et s'expliquer humainement? Je ne me sens pas la compétence nécessaire pour répondre à cette question. Mais les témoins des supplices des martyrs,
ou les martyrs eux-mêmes, y avaient d'avance:
répondu. Les chrétiens de Smyrne nous montrent plusieurs fidèles, dans l’amphithéâtre de cette ville, « tellement déchirés par les fouets que leurs veines, Iéurs artères, tout le dedans de leurs corps était à nu, et cependant si fermes que les assistants s’attendrissaient et pleuraient, pendant qu’eux-mêmes ne faisaient entendre ni un murmure ni une plainte. » Il était visible, ajoutent les narrateurs, « qu’à cette heure même où on les tourmentait, les témoins du Christ. étaient hors de leur chair, ou plutôt que le Seigneur se tenait près d'eux et leur parlait !. » Quand, dans sa prison, la martyre Félicité fut prise des douleurs de l'accouchement, elle ne put retenir ses cris ; un des assistants lui ayant dit alors : « Si tu ne peux nunquam evenit ut aliquorum malefactorum supplicia exacerbentur, quotiens uimium multis personis grassantibus eéxemplo opus sit.
Digeste, XLVIII, xIX, 16, $ 9.