‹ dix lecons sur le martyreChapitre 23 sur 201 · Thç vod Oeoù veo)atac, Eusèbe, De vita Const., IV · texte numérisé non relu

Thç vod Oeoù veo)atac, Eusèbe, De vita Const., IV

2, Martyrs de Siscia, de Sirmium, de Cibalis, de Singidunum, de Dorostore. Voir La persécution de Dioclétien, ,3° éd., t. 1, 444, 419, ® 989-298; t. Il, p. 143. Eusèbe, évêque de Cibalis, paraît avoir été martyrisé en 250; Vénance, à Salone, en Dalmatie, en 210; Zeiller, Les

origines chrétiennes dans la province romaine de Dalmatie, 1906,

3. Cf, De Rossi-Duchesne, Martyrologium hieronymianum, p. Lvi. 4, Eusèbe, Hist. eccl., IV, 26, 10.

en Épire et en Thrace‘. Dans cette dernière province les chrétiens sont, à la fin du siècle, si puissants à Byzance, que les adversaires de l’empereur Septime Sévère voient avec dépit leur loyauté politique, et, vaincus dans une tentative de révolte, poussent ce cri : « Chrétiens, réjouissez-vous ?! » S'ils le voulaient, les chrétiens pourraient former déjà un parti, mettre un poids appréciable dans la balance de l'Empire.

Byzance où, pour la première fois, dans la brusque lumière d’une guerre civile, fut aperçue cette force extérieure acquise par le christianisme, forme le trait d'union de l’Europe avec les provinces de l'Asie Mineure, dans lesquelles les sectateurs de l'Évangile sont depuis longtemps une masse compacte. Le Bosphore franchi, il semble qu'on entre en pays chrétien.

Telle avait été déjà l'impression éprouvée par Pline le Jeune, quand il arriva, vers 112, comme légat impérial en Bithynie et dans le Pont. Pendant une tournée administrative à travers cette immense province, dont les côtes se développaient sur la moitié du rivage méridional de la mer Noire, il fut surpris de rencontrer de très nombreux chrétiens de tout âge, de tout sexe et même de tout rang 3. 1] fut plus surpris encore, et tout à fait choqué, de l'état où, par la propagande chrétienne, était tombé le paganisme : les temples presque abandonnés, les sacrifices « depuis longtemps » interrompus, les victimes destinées aux dieux ne trouvant plus que de rares acheteurs ‘. Cette situation était ancienne,

4. Ibid., NI, 16, 19. — 2. Tertullien, Ad Scapulam, 3. — 3. Pline, Ep., \,96. — 4, Ibid.

comme l'indique l'expression employée par Pline à propos des sacrifices, diu intermissa. Lui-même nous apprend que la persécution avait déjà, en Bithynie et dans le Pont, sévi sous le règne de Domitien !. Le mot « contagion ?, » dont se sert dédaigneusement le magistrat romain pour faire comprendre les succès de la propagande évangélique dans les provinces confiées à ses soins, peint la manière dont la foi s’y répandait de l’un à l’autre, s’y « gagnait, » en quelque sorte, dans un air tout saturé de christianisme. Comme la lettre adressée par lui sur ce sujet à l’empereur Trajan paraît avoir été écrite à Amisus, dans le Pont *, il avait déjà parcouru la presque totalité de son gouvernement lorsqu'il fait ces constatations 1. Bien qu'il se flatte de mettre un terme à cet état de choses, les documents postérieurs à sa lettre montrent qu’à la fin du siècle la situation n'avait pas changé Ÿ. Sous Marc Aurèle, un autre païen, le charlatan paphlagonien Alexandre d'Abonotique, fait dire à un oracle que le Pont est « tout rempli d’athées et de chrétiens, » ce qui dans le langage du temps était synonyme 6.

Peut-être plus frappant encore est le spectacle

4. Il parle de renégats qui avaient apostasi@« depuis plus de vingt aus, » Ce qui reporte au temps de Domitien, et montre clairement que la persécution ordonnée par cet empereur, et dont il reste peu de documents, sévit hors de Rome, et même très loin de l’Occident.

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