RENONCIATION A LA COLÈRE
L'Aurore à la vérité au-voile-couleur-de-safian s'élançait des courants de l'Océan, afin qu'elle portât la lumière aux immortels et aux mortels; et celle-ci (Thétis) arriva aux vaisseaux, portant les dons de la part du dieu.
Or elle trouva son fils chéri couché-autour de Patrocle, gémissant bruyamment; et des amis nombreux se lamentaient autour de lui.
La plus auguste des déesses se présenta au-milieu d'eux, et donc elle s'attacha à la main à lui, et pensa et dit cette parole :
« Mon fils, laissons à la vérité, quoique étant afuigés, celui-ci être-gisant, puisque d'abord il aété dompté (tué) parla volonté des dieux; mais toi reçois de la part de. Vulcain ces armes illustres, très-belles, telles qu'un homme n'en porta jamais sur ses épaules, a
Ayant donc parlé ainsi, la déesse déposa ces armes qui rendent un son terrible. La crainte glace les Myrmidons; aucur d'eux n'ose en soutenir l'éclat, mais tous reculent épouvantés. Achille, en contemplant cette armure, sent une colère plus vive pénétrer dans son cœur ; sous ses sourcils, ses yeux, semblables à la flamme, briilem d'un éclat terrible. C'est avec bonheur qu'il tient dans ses mains les dons illustres du dieu. Après en avoir longtemps contemplé le mer-veilleux travail, il adresse à sa mère ces paroles qui volent rapides :
« Ma mère, c'est un dieu qui t'a donné ces armes, vraiment dignes de sortir de la main des immortels, et telles qu'un mortel ne saurait les faire. Oui, je vais dès aujourd'hui m'en revêtir; mais je crains vivement que le courageux fils de Ménétius ne soit assailli par les mouches, qu'elles ne pénètrent dans les blessures ouvertes par l'ai-rain, qu'elles n'y engendrent des vers rongeurs, qu'elles ne souillent devant Achille; et celles-ci retentirent toutes artistement-travaillées.
Or donc la crainte saisit tous les Myrmidons, et pas-même quelqu'un n'osa les regarder en face, mais ils fuirent-épouvantés.
Mais dès qu'Achille les vit, aussitôt la colère pénétra lui davantage; et au-dedans les yeux à lui brillèrent, comme la flamme, terriblement sous ses paupières; et il était charmé, ayant (tenant) dans ses mains les dons illustres du dieu.
Or lorsqu'il eut été assez charmé dans son cœur, contemplant ces armes artistement-travaillées, aussitôt il adressa-à sa mère ces paroles ailées :
« Ma mère, un dieu à la vérité a donné ces armes, telles qu'il est juste être (que soient) les ouvrages des immortels, et un homme mortel ne pas les accomplir.
Maintenant donc à la vérité moi je m'armerai ; mais je crains très fortement que pendant-ce-temps des mouches, ayant pénétré à travers les blessures faites-par-l'airain dans le fils courageux de Ménétius, ne m'y-engendrent des vers, et qu'elles ne souillent le mort ce corps d'où s'est retirée la vie, et que la corruption n'atteigne ses restes. »
Thétis, la déesse aux pieds d'argent, répondit :
« Mon fils, n'occupe point ton âme d'un tel souci. Je vais mettre mes soins à éloigner de lui ces sauvages essaims de mouches, qui dé-vorent les mortels tués dans les combats. Et dût son cadavre rester une année entière gisant ici, il sera toujours tel que tu le vois au-jourd'hui, ou même plus frais encore. Quant à toi, convoque en assemblée les héros Achéens, renonce à ta colère contre Agamemnon,. pasteur des peuples; puis, prends aussitôt tes armes, et sois rempli d'une courageuse ardeur. D
Par ces paroles elle lui inspire le courage et l'audace ; et elle verse goutte à goutte dans les narines de Patrocle l'ambroisie et le rouge nectar, afin que son corps se conserve intact.
Cependant le divin Achille s'avançait le long de la mer, en pous-sant des cris terribles ; il appelait les guerriers Achéens. Tous ceux qui jusque là étaient restés au milieu de la. tIotte, les pilotes qui te" (car la vie lui a été enlevée), et qu'il (le mort) ne se putréfie dans tout le corps. »
Ensuite donc Thétis la déesse aux-pieds-d'argcnt répondit à lui :
c Mon fils, que ces choses ne soient-pas-à-soin à toi dans ton esprit.
Moi à la véritéje m'efforcerai d'écarter de lui des essaims sauvages, les mouches, qui certes rongent les hommes tués-au-combat.
Car si-même il reste-gisant du moins jusqu'à l'année s'accomplissant (en-le corps à lui [tière), sera toujours intact, ou même meilleur (plus frais).
Mais toi-du-inoins ayant appelé en assemblée les héros Achéens, ayant fait-la-renonciation-de la colère à Agamemnon, pasteur des peuples, arme-toi aussitôt certes pour le combat, et revêts le courage. ip
Ayant donc parlé ainsi, elle mit-en lui une ardeur très-audacieuse; et encore elle distilla dans les narines à Patrocle de l'ambroisie et du nectar rouge, afin que le corps à lui fût intact (incorruptible).
Ensuite le divin Achille s'avança le long du rivage de la mer, criant terriblement, et il excita les héros Achéens.
Et ceux qui auparavant du moins restaient liaient le gouvernail, et les intendants qui, sur les navires, distri-buaient les vivres, se rendent à l'assemblée; car Achille venait de reparaître, lui qui pendant longtemps s'était éloigné des funestes combats. Alors arrivent en boitant deux héros, disciples de Mars, le belliqueux fils de Tydée et le divin Ulysse, appuyés sur leurs lances; car ils souffraient encore de leurs graves blessures; ils prennent place aux premiers rangs dans l'assemblée. Agamemnon , roi des hommes, vient le dernier, retardé par sa blessure ; car, dans la terrible mêlée, Coon, fils d'Anténer, l'avait frappé de sa lance d'airain. Lorsque tous les Achéens furent réunis, Achille, aux pieds rapides, se lève et dit : ,
« Fils d'Atrée ; il eût certes mieux valu pour toi comme pour moi nous réconcilier le jour où, plongés dans la tristesse, nous en vînmes à une violente querelle pour une jeune captive. Plût aux dieux que dans la station des vaisseaux, et ceux qui étaient pilotes et qui tenaient les gouvernails des vaisseaux, et ceux qui sur les vaisseaux, étaient intendants, distributeurs de la nourriture, même ceux-là alors du moins allèrent à l'assemblée, parce que Achille reparut, car depuis longtemps il avait cessé le combat triste (funeste).
Or les deux serviteurs de Mars, et le fils-de-Tydée belliqueux et Ulysse divin, marchèrent en boitant, s'appuyant sur leur lance ; car ils avaient encore des blessures douloureuses ; et étant allés ils s'assirent [mier rang), dans la première assemblée (au pre-- Mais Agamemnon roi des hommes vint le dernier, ayant une blessure; car Coon fils-d'Anténor frappa lui de sa lance d'-airain dans la mêlée terrible.
Or lorsque tous les Achéens furent réunis, alors Achille rapide des pieds se levant dit-au-milieu d'eux
u Fils-d'Atrée, certes ceci (la réconciliation) était (eût été) en quelque chose meilleur (plus utile) pour tous-deux, pour toi et pour moi, lorsque nous, étant affligés de cœur, nous nous irritâmes pour une jeune-fille sur mes vaisseaux Diane l'eût percée d'une de ses flèches, le jour où je l'enlevai après avoir détruit la ville de Lyrnesse! On n'eût point vu tant d'Acliéens mordre la poussière sous les coups de l'ennemi, pendant que je nourrissais ma colère. Mon courroux profitait à Hector et aux Troyens. Ah ! je pense que les Grecs garderont longtemps le souvenir de notre querelle. Mais oublions le passé, malgré notre douleur, et par nécessité imposons silence à notre cœur. Aujourd'hui je dépose ma colère; je ne dois plus persévérer dans mon ressenti-ment. Hâte-toi donc d'exciter au combat les Achéens à la longue chevelure, afin que je m'assure, en marchant contre les Troyens, s'ils veulent rester près de nos vaisseaux. Mais je pense qu'il fléchira le genou avec joie pour prendre du repos, celui qui échappera aux dangers d'une guerre si acharnée, mis en fuite par ma lance.. Il dit, et les Achéens aux belles cnémides se réjouissent que le dans une querelle qui-rong* le-cœlll'.
Diane devait (aurait bien d^) tuer elle avec une flèche sur nos vaisseaux, en ce jour, lorsque (où) moi je l'enlevai ayant ravagé Lyrnesse ; alors tant d'Achéens n'auraient point pris avec-Ies-dcnls le sol immense, :
sous les mains des ennemis, moi ayant conservé-ma-colère.
Cela à la vérité était plus avantageux pour Hector et pour les Troyens; mais je pense les Achéens devoir se souvenir longtemps de ma querelle et de la tienne.
Mais laissons ces choses à la vérité avoir été faites-auparavant, quoique étant afuigés, ayant dompté par la nécessité notre cœur dans nos poitrines.
Maintenant donc à la vérité moi je fais-cesser mon courroux, carilnefautpasmoienquelquecliose être irrité toujours avec-opiniâtreté.
Mais allons, vite excite au-combat les Achéens chevelus, afin que j'essaye encore les Troyens étant allé au-devant d'euar, s'ils veulent demeurer près de nos vaisseaux ; mais je pense quelqu'un d'eux devoir fléchir le genou volontiers , celui qui se sera échappé du combat funeste mis en fuite par notre la.nce. a
Il dit ainsi ; et les Achéens aux-belles -cnémides se réjouirent, magnanime fils de Pélée renonce à sa colère. Agamemnon, roi des hommes, leur parle ainsi de sa place, sans s'avancer au milieu d'eux :
« Amis, héros grecs, serviteurs de Mars, il est convenable d'écouter celui qui parle, et de ne pas l'interrompre; car les interruptions du plus habile même sont fatigantes pour l'orateur. Mais quand le tu-multe vient d'une foule nombreuse, comment parler, comment se faire entendre? L'orateur alors, eût-il une voix éclatante, s'arrête embar-rassé. Je vais me justifier devant le fils de Pélée; vous tous, Argiens, écoutez, et pesez bien la valeur de mes paroles. Souvent les Grecs ont fait retomber sur moi la cause de leurs malheurs; ils ne m'ont point épargné les reproches ; cependant je ne suis pas coupable ; les coupables sont Jupiter et la Destinée, et la ténébreuse Érinnys qui, dans l'assem-blée, frappèrent mon âme d'un aveuglement fatal, le jour où je ravisà Achille sa récompense. Qu'aurais-je pu faire alors? Une déesse mène tout à fin, l'auguste fille de Jupiter, la cruelle Até, qui trompe tous les coeurs. Ses pieds sont légers, ils ne touchent point la terre; elle le magnanime flls-de-Pélée ayant renoncé à sa colère.
Or Agamemnon prince des hommes dit aussi à eux, de-sa-place-même de son siège, ne s'étant pas levé au milieu d'eux:
« 0 amis, héros grecs, serviteurs de Mars, il est beau à la vérité d'écouter celui se tenant-debout pour parler, et il ne convient pas d'interrompre; car il est pénible pour l'orateur, quelqu'un quoique étant habile, in-- Or comment quelqu'un [terrompre.
entendrait-il, ou parlerait-il dans un tumulte grand d'hommes?
L'orateur alors quoique étant sonore est embarrassé.
Moi à la vérité je me justifierai au flls-de-Pélée ; mais vous autres, Argiens, comprenez et connaissez bien chacun mon dis- Souvent déjà les Achéens [cours.
ont dit à moi ce discours, et ils gourmandaient moi ; or moi je ne suis pas coupable, mais Jupiter et la Destinée et Ërinnys habitante-ùes-ténèhres, qui dans l'assemblée jetèrent-dans l'esprit à moi un aveuglement funeste, en ce jour lorsque (où) moi-même j'enlevai la récompense à Achille.
Mais quelle chose aurais-je faite?
Une déesse mène-à-fin tout, c'est la fille auguste de Jupiter, Até funeste, qui trompe tous; et les pieds à la vérité d'elle marche sur la tête des hommes pour les anéantir; il en est d'autres dont elle enchaîne aussi les esprits. Jadis elle offensa Jupiter que l'on dit le plus puissant des hommes et des dieux; Junon, qui n'était qu'une femme, le trompa par ses artifices, lorsqu'Alcmène allait donner le jour au vaillant Hercule dans Thèbes aux superbes rem-parts. Jupiter triomphant disait dans l'assemblée des dieux : « Écoutez, dieux et déesses, ce que mon cœur m'engage à vous dire. Aujourd'hui, Ilithye qui préside aux enfantements, fera venir au jour un guerrier qui doit régner sur tous ses voisins, un guerrier de la race des hommes qui sont issus de mon sang. » L'auguste Junon lui dit avec artifice :
« Non, tu n'accompliras jamais ce que tutiis. Eh bien ! souverain IUAT)E, XIX. * 15 sont tendres ; {clic pas an) sol, car elle ne s'approche pas du (ne tou-mais donc celle-ci marche sur les têtes des hommes, blessant les humains; [loppe) et donc elle a enchaîné (elle enve-l'un du moins de ceuxquise querel-- Car déjà autrefois [lent.
elle trompa Jupiter, lequel-cependant on dit être le meilleur (le plus puissant) des hommes et des dieux ; mais encore donc Junon, étant femme, trompa lui par ses ruses, eu ce jour lorsque (où) Alcmène était-sur-le-point d'enfanter la force d'-Hercule (Hercule) dans Thèbes bien-fortifiée.
Alors celui-ci se glorifiant diL-au-milicu de tous les dieux:
« Écoutez-moi, et vous tous dieux et vous toutes déesses, afin que je dise [poitrine les choses que mon cœur dans ma engage moi à dire.
Aujourd'hui llithye qui-préside-aux-enfantemenls fera-paraltie à-la-lumière un homme, de la race des hommes, qui sont du sang de moi, lequel commandera à tous les voisins. »
Or Junon vénérable dit-à 'ni en méditant-des-ruses :
« Tu mentiras, [sement) et tu ne mettras pas fin (accomplis-à ton discours (à tes paroles).
Mais si tu veux, allons, maintenant jure à moi, Jupiter Olympien, Jupiter, atteste-moi par un serment inviolable qu'il régnera sur tous ses voisins celui qui en ce jour, parmi les hommes issus de ton sang, sortira des entrailles d'une femme. »
« Elle dit, et Jupiter ne soupçonne point la fraude; il prononce un serment solennel, qui plus tard lui devint si funeste. Junon s'élance alors du sommet de l'Olympe, et se dirige en toute hâte vers Argos en Achaïe, où elle était certaine de trouver l'illustre épouse de Sthé-nélus, fils de Persée. Celle-ci portait un enfant dans son sein, et le septième mois avait commencé. La déesse amène l'enfant à la lumièrè, même avant le terme, suspend les douleurs d'Alcmène, et arrête tes Ilithyes. Junon vient elle-même porter cette nouvelle à Jupiter, lils de Saturne :
« Souverain Jupiter, toi qui lances la foudre étincelante, grave mes paroles au fond de ton âme. Il vient de naître, cet illustre héros qui doit commander aux Grecs, Eurysthée, fils de Sthénélus dont Persée fut le père; sorti de ton sang, il n'est pas indigne de commander ault Argiens. » un serment fort (inviolable), celui-là certes à la vérité devoir comiqjjiàer à tous les fQtsins" lequel d'egtre les hommes, qui sont du sang de ta race, sera tombé en ce jour entre les pieds d'une femme. »
* Elle dit ainsi; et Jupiter ne comprit nullement sa ruse, mais il jura un serment grand; < et ensuite il fut trompé beaucoup.
Or Junon s'étant élancée quitta le sommet de l'Olympe, et elle vint à-la-hâte à Argos ville d'-Achale, où certes elle savait être (qu'était) l'épouse illustre de Sthénélus fils-de-Persée.
Or celle-ci était-enceinte d'un fils chéri ; et le septième mois avait commencé ; et elle amena-en-avant à-la-lumière lui, même étant prématuré, mais elle fit-cesser l'enfantement d'Alcmène, et elle arrêta les Jlilhyes.
Or elle-même devant annoncer cela dit-à Jupiter fils-de-Saturne:
« Jupiter père (souverain), toi qui-lances-la-foudre élineelante, je placerai dans l'esprit à toi une parole.
Déjà est né l'homme illustre, qui commandera aux Argiens, Eurysthée, fils de Sthénélus issu-dc-Persée, ta race ; [est digne) il n'est pas inconvenant pour lui (il.
da-^iuniaïMçr aux Argiens. »
«Elle dit, et Jupiter ressent au fond de l'âme une vive douleur. Soudain, dans sa colère, il saisit Até par sa brillante chevelure, et, par un serment solennel, il interdit l'entrée de l'Olympe et du ciel étoilé à la déesse Até qui abuse tous les cœurs. Puis de sa main il la précipite du haut des cieux, et bientôt elle arrive sur la terre. Cependant Jupiter gémissait chaque fois qu'il voyait son fils chéri accomplissant de serviles travaux sous les ordres d'Eurysthée.
« Moi-même aussi, lorsque le redoutable Hector, au casque étince-lant, immolait les Argiens devant les poupes de nos navires, je ne pus méconnaître l'influence d'Até, qui d'abord frappa mes esprits. Mais puisque j'ai failli et que Jupiter m'a ravi la raison, je veux aujour-d'hui t'apaiser et te donner de riches présents. Allons, vole au combat, excite les guerriers. Moi, je t'offre tous les dons que le divin Ulysse t'a promis hier sous ta tente. Si tu le veux, calme
« Elle dit ainsi ; et une douleur aiguë frappa lui dans son cœur profond.
Or aussitôt il saisit Até par sa tête à-la-brillante-chevelure, étant irrité dans ses esprits et il jura un serment fort, A té, qui aveugle tous, ne devoir jamais venir de nouveaux et dans l'Olympe et dans le ciel étoilé.
Ayant dit ainsi, il la jeta du haut du ciel étoilé, l'ayant fait-tourner avec la main; et elle arriva bientôt aux travaux des hommes(surla terre).
Jupiter gémissait toujours sur elle, lorsqu'il voyait son fils chéri ayant (accomplissant) une œuvre indigne sous les travaux d'Eurystliée(imposés par Eurystliée).
« Ainsi moi aussi, lorsque de son côté Hector grand au-casque-varié faisait-périr les Argiens devant les poupes-des vaisseaux, je ne pouvais pas oublier Até, par laquelle d'abord je fus trompé. -- Mais puisque j'ai failli, et que Jupiter a enlevé les esprits (Ja raison) à. moi, je veux de nouveau t'apaiser, et.te donner des rançons immenses; mais lève-toi pour-le-combat, et excite les autres peuples.
Et moi que-voici je m'engage à;fotn'nir fous les présents, que Ulysse divin étant venu, 'promit à toi: hier daus .tes lentes. un instant ton ardeur guerrière ; mes serviteurs iront chercher sur mes vaisseaux les présents que je te doune pour apaiser ton eoeur. »
Achille, aux pieds rapides, lui répond :
« Noble fils d'Atrée, Agamemnon. prince des hommes, tu peux à ton gré m'accorder ces présents, comme il est juste, ou les retenir. Maintenant ne songeons plus qu'à retourner au combat ; il ne faut pas perdre ici notre temps en vaines paroles ni tarder davantage; car la grande œuvre de notre vengeance n'est pas encore achevée; bientôt on verra aux premiers rangs Achille, armé d'une lance d'airain, ren-verser les phalanges troyennes. Ainsi que chacun de vous songe à lutter avec un ennemi. »
L'artificieux Ulysse lui répond :
« Divin Achille, quelle que soit ta valeur, n'entraîne pas tes fils Jes Achéens, maintenant privés de nourriture, à combattre les TroYèns près rd'llion j là' lâlle ne sera pas de courte durée, quand Or si tu veux, attends, - [hal; quoique étantempressépour le coiu-et mts serviteurs porteront à toi les présents, les ayant pris de (sur) mon vaisseau, afin que tu voies que je donnerai à toi des choses agréables. »
Or Achille rapide des pieds dit-à lui répondant :
« Fils-d'Atrée très-illustre, Agamemnon prince des hommes, ilest-au-pouvoir-de toi à la vérité de donner, si tu le veux, comme il est juste, ou de retenir ces présents.
Mais maintenant souvenons-nous du combat tout-à-fait sur-le-champ ; car il ne faut pas nous étant ici perd re-le-teiii ps-en-paroles, ni nous arrêter ; car l'œune grande est encore inachevée ; afin que quelqu'un voie de nouveau parmi les premiers combattants Achille détruisant par sa lance d'-airaiii les phalanges des Troyens.
Ainsi que quelqu'un (chacun) de vous se souvenant de lui [mi), T combatte avec un homme (un enne--
Or Ulysse fertile-en-expédieuls dit-à lui répondant :
« N'excite pas cependant ainsi, quoique étant courageux, Achille semblable-à-un-dieu, les fils des Achéens à-jeun devant combattre près d'Ilion avec les Troyens ; une fois les phalanges se seront attaquées et qu'un dieu aura soufflé une flamme guerrière aux deux armées. Ordonne aux Achéens de se rassasier, sur leurs rapides vaisseaux, de pain et de vin; c'est là ce qui donne la force et la vigueur. L'homme qui est resté sans rica prendre depuis la première lueur du jour jusqu'au coucher du soleil, ne peut combattre. Malgré sa belliqueuse ardeur, ses membres, à son insu, s'appesantissent, la faim et la soif l'épuisent, et ses genoux qui fléchissent l'arrêtent dans sa marche. L'homme, au contraire, qui sera rassasié de pain et de vin , pourra combattre l'ennemi pendant tout le jour; dans sa poitrine, son cœur battra plein d'audace; et il ne ressentira la fatigue que lorsque le champ de bataille sera abandonné de toutes parts. Renvoie tes guerriers sous leurs tentes, et fais pré-parer le repas; Agamemnon, roi des hommes, portera les présents au milieu de l'assemblée, afin que tous les Achéens les voient de leurs propres yeux et que tu te réjouisses au fond de ton âme. Agamemnon. puisque (car) le combat ne sera pas d'un temps court, lorsque d'abord (quand une fois) les phalanges des hommes se seront rencontrées, et qu'un dieu aura soufflé l'ardeur aux-uns-et-aux-autres.
Mais ordonne les Achéens se rassasier de nourriture et de vin sur les vaisseaux rapides; car cela est la force et la vigueur.
Car un homme à-jeun de nourriture pendant tout le jour jusqu'au soleil se couchant ne pourra pas combattre face-à-face.
Car quoique dans son cœur du moins il désire-ardemment combattre, cependant ses membres s'appesantissent secrètement, et la faim et la soif l'atteignent, et les genoux sont empêchés à lui marchant.
Mais l'homme qui, s'étant rassasié de vin et de nourriture, combat tout-le-jour contre des hommes ennemis, à lui certes est un cœur audacieux dans sa poitrine, et ses membres ne se fatiguent pas auparavant, avant tous (avant que tous) s'être (se soient) retirés du combat.
Mais va, renvoie à la vérité le pcuple, et ordonne un repas être préparé ; et qu'Agamemnon roi des hommes porte les présents dans le-milieu-de l'assemblée, afin que tous les Achéens les voient de leurs yeux, et que toi tu sois réjoui dans ton âme. debout au milieu de nous, jurera que jamais jl n'a partagé la couche de Briséis, que jamais il ne s'est uni à elle, comme les hommes ont coutume de s'unir aux femmes. Toi, calme ton cœur; Agamemnon t'offrira dans sa tente un festin spiendide, afin que la réparation soit complète. Fils d'Atrée, tu seras à l'avenir plus juste envers ua autre guerrier ; car il est beau d'apaiser un roi, quand on l'a offensé le pre-mier..
Agamemnon, roi des hommes, lui répond :
c C'est avec joie, fils de LaCrte, que je viens d'entendre tes pa-roles; tu as tout rappelé, tu as tout exposé avec une sagesse irrépro-chable. Oui, je veux prononcer ce serment, mon cœur m'y engage, et je ne me parjurerai point devant un dieu. Qu'Achille cependant attende encore ici, et contienne son impatiente valeur; et vous tous ici réunis, restez de même, jusqu'à ce que les présents arrivent de ma tente et que nous immolions des victimes comme gages fidèles du Or s'étant levé parmi les Argiens, qu'il jure à toi un serment, lui jamais n'être monté-sur son lit, et ne s'être jamais uni à elle, comme c'est l'usage, prince, et des hommes et des femmes; et que le cœur à toi-même soit calme dans ta poitrine.
Et ensuite que dans ses tentes , -, il apaise toi. ,,', par un festin gras (splendide), afin que tu n'aies rien de ton droit qui soit défectueux (ne soit pas ac-- Fils-d'Alrée, toi ensuite [compli).
tu seras plus juste aussi envers un autre; , car ce n'est pas quelque chose de blâmable à la vérité, d'apaiser un homme roi, quand quelqu'un l'a offensé le premier. »
Or Agamemnon roi des hommes dit-à lui de son côté :
« Je me réjouis, fils-de-Laërte, ayant entendu le discours de toi; car tu as détaillé et tu as énuméré tout selon la convenance.
Or moi je veux jurer ces choses, et mon cœur ordonne moi le faire et je ne me parjurerai pas au nom de (en attestant) un dieu.
Mais qu'Achille reste ici en-attendant, - [bat quoique étant empressé pour le coni et vous autres tous réunis restez, jusqu'à ce que les présents soient venus de la tente, et que nous ayons frappé (contracté) des alliances fidèles. : 9.6 traité. Ulysse, c'est à toi-même que je prescris mes ordres: quand tu auras choisi les plus vaillants des jeunes guerriers Achéens, apporte de mon vaisseau les présents qu'hier j'ai promis à Achille; amène aussi les captives. Que Tallhybius se hâte de préparer, dans le vaste camp des Grecs, un sanglier que nous sacrifierons à Jupiter et au Soleil. »
Achille, aux pieds rapides, réplique à son tour :
« Noble fils d'Atrée, Agamemnon, roi des hommes, tu pourras dans un autre moment te livrer à de tels soins, lorsqu'il y aura trêve aux combats, lorsque dans ma poitrine je ne sentirai plus cette bouillante ardeur. Ils gisent maintenant percés par l'airain, ceux qu'a domptés Hector fijs de Priam, lorsque Jupiter le comblait de gloire; et vous nous engagez à un festin! Pour moi, j'ordonne aux fils des Achéens de combatlre à jeun, sans avoir pris de nourriture, et de ne préparer le repas qu'au coucher du soleil, quand nous aurons vengé l'outrage. Jusque-là je ne prendrai aucun breuvage, aucun aliment, puisque j'ai perdu mon fidèle compagnon qui est étendu dans ma tente, Or moi je recommande, et j'ordonne cela à toi-même; ayant choisi les jeunes-gens les meilleurs de tous-les-Achéens, apporter (apporte) de mon vaisseau les présents aussi nombreux que nous avons promis hier d'en, donner, et amener (amène) les femmes.
Et que Talthybius prépare vite dans l'armée vaste des Achéens un sanglier, pour l'immoler età Jupiter et au Soleil. »
Or Achille rapide des pieds dit-à lui répondant :
a Fils-d'Atrée très-ittustre, Agamcmnon roi des hommes, vous devez du moins plutôt (il vaut avoir-soin-de ces choses [mieux) une-autre-fois (dans un autre temps), lorsque aura-lieu quelque cessation du combat, et que l'ardeur ne sera pas si-grande dans ma poitrine.
Mais maintenant ceux à la vérité, qu'Hoclor fils-de-Priam a domptés, lorsque Jupiter donna la gloire à lui, gisent ayant été percés.
Et vous deux (Ulysse et toi', vous nous excitez au manger; certes moi maintenant à la vérité j'engagerais les fils des Achéens à combattre à-jnun, sans-nourriture; et à préparer un repas grand avec le soleil se couchant, [front.
après que nous aurions vengé l'af-- Or ni le boire, ni le manger ne viendra nullement à moi auparavant dans mon gosier, mon compagnon étant mort, li 8 percé par le cruel airain, les pieds tournés du côté de la porte, entouré de ses amis en larmes. Mon seul désir est de voir le sang et le carnage et d'entendre les horribles gémissements des guer-riers. »
L'artificieux Ulysse reprend aussitôt :
a Achille, fils de Pélée, toi, le plus brave des Achéens, tu es plus puissant, il est vrai, et plus vaillant que moi dans les combats; mais je te surpasse de beaucoup en sagesse; car je suis né avant toi, et j'ai vu plus de choses. Que ton cœur cède à mes avis. Les hommes se fatiguent bien vite des combats; l'airain répand sur la terre de nombreuses victimes, mais la moisson est bien peu abondante , lorsque Jupiter, l'arbitre des guerres parmi les hommes, incline sa balance. Ce n'est point eu se privant de nourriture que les Achéens doivent pleurer les morts ; tous les jours on voit périr de nombreux lequel est-gisant dansia tcntcà moi, ayant été percé par l'airain aigu, - étant tourné vers le vestibule,' et des compagnons pleurent aiUeur ; -q't;$t.-paui'quoi ces choses, - - -,. ; lie sont-à-soin nullement L moi dans mes esprits, * mais et le meurtre et le sang el les gémissements pénibles des hommes. »
Or Ulysse ferlile-en-cxpédients dit-à lui répondant:
0 Achille, fils de Pelée, de beaucoup le plus brave des Achéens, tu es meilleur que moi et plus brave non uu peu par la lance, mais moi en intelligence du moins je l'aurai emporté (l'emporte]isur toi beaucoup ; car je suis né le premier (avant toi),
et je connais plus de choses;
ainsi que le cœur à toi patiente par mes discours.
Et la satiété du combat est (arrive) vite aux hommes,
duquel combat à la vérité
l'airain a répandu(répand)sur la terre
des tiges nombreuses,
mais la moisson
est bien-petite,
lorsque Jupiter,, qui est l'arbitre -
du combat des hommes, <
incline la balance.
Or il n'est nullement permis
les Achéens pleurer nn mort
par le ventre (par la faim); car des guerriers très-nombreux guerriers; quand donc pourrions-nous respirer? Il nous faut en-seveKr ceux qui succombent, et, conservant la fermeté de notre Mie, ne les pleurer qu'un jour. Quant à ceux qui ont survécu à cette guerre désastreuse, il faut qu'ils songent à chasser la faim et la soif, afin que, revêtus de l'airain infatigable, nous puissions avec plus de constance combattre, sans relâche nos ennemis. Que nul parmi vous n'attende un autre ordre; ce serait la perte de celui qui resterait près des vaisseaux. Élançons-nous donc en rangs serrés, et rani-mons l'ardeur du combat contre les Troyens dompteurs de cour-siers. »
Il dit, et prend pour compagnons les fils de l'illustre Nestor, Mégès fils de Phylée, Thoas, Mérion, Lycomède fils de Créon, et Mélanippe. Tous ces guerriers se rendent sous la tente d'Agamemnon, fils d'A-trée. Prompts à obéir aux ordres du héros, ils en apportent les sept et serrés tombent tous les jours ; quand quelqu'un respirerait-t-il de sa fatigue?
Mais il faut nous ensevelir celui qui sera mort, ayant un cœur ferme, ayant pleuré pendant un seul jour; et il faut tous-ceux-qui auront sur-au combat funeste, [vécu se souvenir du boire et du manger, afin que nous combattions encore davantage toujours sans-cesse avec des hommes ennemis, ayant revêtu sur notre corps l'airain infatigable (dur).
Et que quelqu'un des peuples ne s'arrête pas ayant attendu une autre exhortation ; car cette exhortation sera un mal pour celui qui sera resté auprès des vaisseaux des Argiens ; mais nous étant élancés serrés, réveillons le terrible Mars contre les Troyens dompteurs-de-chevaux. »
Il dit, et prit-pour-compagnons les fils de Nestor illustre, et Mégès fils-de-Phylée et Thoas et Mérion, et Lycomède fils-de-Créon et Mélanippe; et ils marchèrent pour aller vers la tente d'Agamemnon fils-d'Atrée.
Aussitôt ensuite la parole était en-même-temps, et la chose était exécutée:
ils apportaient à la vérité de la tenta
.1.' ..-trépieds qui avaient été promis, et vingt bassins resplendissants; ils amènent douze chevaux; ils conduisent aussi sept captives d'une ha-bileté remarquable; la huitième est la belle Briséis. Ulysse, à leur tôle, porte les dix talents d'or qu'il a pesés; les jeunes Grecs sont chargés des autres présents; ils les déposent au milieu de l'assem-blée. Agamemnon se lève; et Talthybius, dont la voix est celle d'un dieu, tenant de ses mains le sanglier, se place auprès du pasteur des peuples. Le fils d'Atrée tire alors le couteau qu'il portait toujours suspendu auprès du long fourreau de son glaive, et commence le-sa-crifice en coupant les soies sur la tête du sanglier; puis élevant les mains, il implore Jupiter. Tous les Grecs écoutent dans un silence respectueux leur roi, qui, les yeux levés vers la voûté céleste, pro-nonce cette prière : --' ; v -- ILTADK, XIX. 33 sept trépieds, [lui (à Achille), lesquels Agamemnon avait promis à et vingt bassins brillants, et douze chevaux; et ils firent-sortir aussitôt sept femmes, connaissant des ouvrages irrépro-et la huitième, [chables, Briséis aux-belles-joues.
Or Ulysse ayant pesé dix talents d'or tous (en tout), marchait-devant, et les portait, et cn-méme-temps les autres jeunes-gens des Achéens portaient les autres présents.
Et ils déposèrent ceux-ci à la vérité dans le milieu-de l'assemblée; et Agamemnon se leva ; et Talthybius, semblable à un dieu par la voix, tenant un sanglier dans ses mains, se tenait-auprès du pasteur des peuples.
Or le fils-d'Atrée, ayant tiré de ses mains le couteau, qui était suspendu toujours à lui auprès du fourreau grand de son glaive, ayant commencé le sacrifice en coupant les poils-de-la-tftte du sanglier, priaitayant levé les mains à (vers) Jupiter; et donc tous les Argiens étaient assis en silence là, écoutant leur roi, selon la convenance.
Or donc celui-ci ayant regardé vers le ciel vaste, dit ayant prié (en priant) :
« J'atteste d'abord Jupiter , le plus grand et le plus puissant des dieux, j'atteste la Terre et le Soleil, et les Furies, qui sous la terre punissent les parjures, que jamais je n'ai porté la main sur la jeune Briséis, ni pour partager sa couche ni autrement; elle est toujours restée pure sous mes tentes. Si j'ai fait un faux serment, que les dieux m'accablent de tous les maux dont ils punissent le parjure. Il dit, et plonge l'airain tranchant dans le cou du sanglier. Taltliy-bins lance la victime dans le vaste gouffre de la iner blanchissante , pour qu'elle serve de pâture aux poissons. Alors Achille, debout au milieu des belliqueux Argiens, s'écrie :
« Souverain Jupiter, tu accables les hommes de bien tristes infor-tunes ! Jamais le fils d'Alrée n'aurait excité la colère au fond de mon.
« Que maintenant d'abord Jupiter, le plus grand et le meilleur des dieux, le sache (soit témoin de mon scr-ainsi-que la Terre et le Soleil [ment), et les Furies, qui sous terre punissent les hommes, quelque-soit-celui-qui ait juré un serment parjure :
je jure moi à la vérité n'avoir pas porté la main sur la jeune Briséis , ne m'étant servi d'elle ni sous prétexte de (pour) la couche, ni pour quelque autre chose; mais elle est restée intacte dans mes tentes.
Or si quelqu'une de ces choses est parjure (fausse), que les dieux donnent à moi des maux très nombreux, aussi nombreux qu'ils les donnent à celui qui aura péché contre eux ayant juré. »
Il dit, et il coupa avec l'airain cruel le cou du sanglier; Tallhybius à la vérité jeta celui-ci, nourriture pour les poissons, l'ayant fait-tournoyer, dans le gouffre grand de la mer blanchissante.
Alors Achille s'étant levé dit-au-milieu des Argiens belliqueux :
et Jupiter père (souverain), certes tu donnes aux hommes des calamités grandes.
Le lils-d'Atrée n'aurait jamais excité complètement mon cœur dans ma poitrine, âme; jamais, même dans son irrésistible ardeur, il n'aurait, malgré moi , ravi la jeune Briséis, si Jupiter n'avait point voulu livrer à la mort une foule d'Achéens. Maintenant, allez prendre le repas; puis, nous recommencerons le combat. »
A ces mots, Achille lève la séance. Les guerriers se dispersent, et rejoignent chacun leur navire. Les magnanimes Myrmidons enlèvent les présents et vont les porter sur le vaisseau du divin Achille, ils les déposent dans les tentes et font asseoir les captives. D'illustres serviteurs conduisent les coursiers vers les autres troupeaux.
Lorsque Briséis, semblable à la blonde Vénus, voit le corps de Patrocle déchiré par l'airain cruel, elle l'entoure de ses bras en poussant d'horribles sanglots, et de ses mains elle déchire sa poitrine, son cou tendre et délicat et son noble visage; belle comme une déesse, elle s'écrie en versant des larmes :
« Patrocle, ami malheureux d'une infortunée, je te laissai plein de vie lorsque je quittai cette tente, et maintenant, ô noble chef des peuples, je ne retrouve à mon retour que des restes inanimés. Ah ! et il n'aurait pas emmené la jeune-étant intraitable, (fille, moi ne-voulant-pas (malgré moi); mais sans-doute Jupiter a voulu la mort arriver à des Achéens nombreux.
Or maintenant allez vers le repas, afin,que nous engagions le combat. »
Il parla donc ainsi; [sitôt).
et il rompit l'assemblée rapide (aus-- Ceux-ci donc se dispersaient chacun vers son vaisseau.
Or les Myrmidons magnanimes étaient occupés-autour des dons, et ils allèrent les portant vers le vaisseau d'Achille divin; et ils placèrent ceux-ci à la vérité dans les tentes, et ils firent-asseoir les femmes; et les serviteurs illustres poussèrent les chevaux vers le troupeau.
Or donc ensuite Briséis, semblable à Vénus d'-or (blonde), dès qu'elle eut vu Patrocle percé par l'airain aigu, [lui, s'étant répandue-autour de (jetée sur) sanglotait bruyamment, et déchirait de ses mains et sa poitrine et son cou tendre et son visage beau; et elle dit donc en pleurant, femme ressemblant aux déesses :
« Patrocle, très-agréable (cher) au cœur à moi malheureuse, moi, partant de-la-tente, je laissais toi vivant, à la vérité; mais maintenant, étant revenue en arrière. pour moi le malheur suit toujours le malheur: l'époux que m'avaient donné mon père et ma vénérable mère, je l'ai vu devant notre ville percé de l'airain cruel. J'ai vu ravir le jour à trois frères chéris, nés de la même mère que moi. Tu ne voulais point laisser couler mes larmes , lorsque l'impétueux Achille immola mon époux et ravagea la ville du divin Mynès; tu me disais que je deviendrais l'épouse légitime du divin Achille, qu'il me conduirait à Phthie sur ses na-vires, et qu'il préparerait un splendide festin au milieu des Myrmi-dons. Aujourd'hui ta mort est pour moi un sujet de douleurs éter-nelles, noble héros qui fus toujours plein de douceur. » Ainsi parle Driséis, tout inondée de larmes; les autres captives semblent gémir aussi sur Patrocle, mais chacune déplore son propre malhcur. Les plus illustres des Achéens entourent Achille et le sup-plient de prendre quelque nourriture ; le héros s'y refuse en sou-pirant :
« Je vous en conjure, vous mes fidèles compagnons, cédez à mes je trouve toi étant mort, chef des peuples; comme un malheur toujours succède pour moi à un malheur!
J'ai vu à la vérité devant la ville l'homme, auquel me donnèrent mon père et ma mère vénérable, percé par l'airain aigu, et les trois frères chéris, lesquels une-même mère enfanta à moi, qui atteignirent tous le jour fatal. [d&uc Tu ne permettais nullement cepen-moi pleurer, lorsque Achille rapide tua mon époux, et ravagea la ville de Mynès divin, mais tu disais devoir rendre moi épouse légitime d'Achille divin , et devoir me conduire dans Pluliie sur les vaisseaux, et devoir préparer un repas-de-noces au-milieu des Myrmidons.
Pour cela je pleure sans-cesse toi étant mort, toi toujours doux. a
Elle dit ainsi pleurant; et les femmes gémissaient-sur Patrocle en apparence, [chacune mais réellement elles gémissaient sur les malheurs d'elles-mêmes.
Or les vieillards des Achéens étaient rassemblés autour de lui (d'Achille), le suppliant de manger; mais celui-ci refusait en gémissant :
« Je vous supplie, si quelqu'un des compagnons chéris prières; ne m'ordonnez point d'apaiser ma faim et ma soif; car je suis en proie à la plus vive douleur ; j'attendrai jusqu'au coucher du soleil, je puis supporter ce retard. »
Après avoir ainsi parlé, il renvoie les autres chefs ; mais auprès de lui restent les deux Atrides, le divin Ulysse, Nestor et Idoménée, et le vieux Phénix habile à diriger des coursiers; ils s'efforcent de calmer sa profonde douleur; mais rien ne peut consoler l'âme d'Achille, avant qu'il ait lui-même pénétré au milieu de la sanglante mélée. Accablé du poids de ses souvenirs, il soupire et s'écrie :
« Infortuné! C'était toi-même, ô le plus cher de mes compagnons, qui naguère, dans ma tente, préparais avec zèle et promptitude un repas fortifiant, lorsque les Achéens se hâtaient de porter une guerre déplorable aux Troyens habiles à dompter les coursiers. Maintenant tu es gisant, percé par l'airain ; et mon cœur se refuse à prendre le breuvage et la nourriture qui se trouvent dans ma tente, tant est vif obéit à moi, n'ordonnez pas moi rassasier mon cœur auparavant de nourriture ni de boisson, puisque une douleur terrible est venue à moi ; or j'attendrai jusqu'au soleil couchant, [faim,..
et je supporterai entièrement, la
Ayant dit ainsi, il renvoya les autres rois à la vérité; mais les deux Atrides restaient et Ulysse divin, Nestor et Idoménée, et la vieux Phénix • conducteur-de-chevaux, égayant lui qni-était-affligé profondément ; et il n'était nullement égayé dans son cœur, avant de pénétrer dans la gueule de la guerre ensanglantée.
Or s'étant rappelé il soupira fortement, et s'écria :
a Oui certes toi-môme aussi, ô malheureux, le plus cher des compagnons, tu as placé (servi) autrefois un repas agréable dans notre tente promptement et avec-zèle, lorsque les Achéens se hâtaient de porter la guerre déplorable contre les Troyens d om p teu rs-de-c h e vau x.
Et maintenant toi à la vérité tu es-gisant ayant été percé; mais mon cœur est à-jeun du boire et du manger, quoique étant (quoique j'en aie) en-dedans (dans ma tente), le regret que me cause ta mort. Non, je ne saurais éprouver une douleur plus cruelle, pas même si j'apprenais la mort de mon père, qui peut-être maintenant dans PlUliie verse des larmes abondantes et gémit de ce que, sur une terre étrangère, son fils combat les Troyens à cause de l'odieuse Hélène; pas même si j'apprenais la mort de mon fils chéri qu'on élève à Scyros, si toutefois Néoptolème aux formes divines respire encore. J'avais toujours espéré dans mon cœur que seul je périrais sous les remparts de Troie loin d'Argos fertile en coursiers, que toi, Patrocle, tu retournerais à Phthie, que tu ramènerais mon fils de Scyros sur un vaisseau rapide, que tu lui montrerais tout, mes biens, mes esclaves, et ma riche et superbe demeure. Je pense que Pélée n'est plus, ou que, s'il est encore vivant, il mène une pénible existence, accablé par la triste vieillesse, et attend sans cesse le messager funeste qui doit lui annoncer ma mort. » par ton regret (le regret que j'éprou-- Car je ne souffrirais pas [ve de toi), quelqu'autre chose plus mauvaise; pas-même si j'apprenais mon père ayant péri, lequel peut-être maintenant à-Pli tliie verse des larmes tendres [fils; par la douleur de la perte d'un tel et celui-ci (moi-même) je combats les Troyens chez un peuple étranger à cause d'Hélène horrible (odieuse) ; ou si j'apprenais avoir péri celui qui fils chéri est nourri à moi dans Scyros, si toutefois du moins Néoptolème à-la-forme-divine vit encore.
Car auparavant à la vérité le cœur à moi dans ma poitrine espérait moi devoir périr seul loin d'Argosqui-nourrit-des-chevaux ici-même dans Troie, mais toi devoir retourner à-Phthie , afin que tu amenasses de-Scyros le fils à moi (mon fils) sur un vaisseau noir rapide, et que tu montrasses à lui chaque chose, mon bien et mes esclaves ctma demeure grande all-toit-élevé.
Car je pense Pélée du moins déjà on être mort entièrement, ou peut-être vivant encore un peu être affligé et par une vieillesse pénible, et attendant tou jours [vellede moi), ma nouvelle triste (une triste nou-lorsqu'il aura appris (apprendrai moi ayant péri. » C'est ainsi qu'il parle en pleurant. Les principaux chefs des Grecs gémissent, au souvenir de ceux qu'ils ont laissés dans leurs de-meures. Le fils de Saturne, à la vue de tant de larmes, est ému de pitié; il adresse aussitôt à Minerve ces paroles qui volent rapides :
« Ma fille, tu délaisses donc entièrement ce guerrier valeureux? Tu ne veux donc plus prendre aucun souci d'Achille? Assis devant ses navires recourbés, il pleure son compagnon chéri; les autres guer-riers vont prendre le repas, tandis qu'Achille reste à jeun et sans nourriture. Va donc, verse dans sa poitrine le nectar et la divine ambroisie, pour qu'il ne sente pas la faim. »
Par ces mots il excite Minerve qui déjà était remplie d'ardeur. Sem-blable à l'aigle marin, aux larges ailes, à la voix retentissante, la déesse s'élance du ciel à travers l'espace. Tandis que les Achéens se couvrent en hâte de leurs armes, Minerve verse dans la poitrine du héros le nectar et la divine ambroisie, pour que la faim n'affaiblisse point Il dit ainsi en pteurant; et les weillards gémissaient, s'étant rappelé ce qu'ils avaient laissé chacun dans leurs demeures.
Or donc le fils-de-Saturne ayant vu ceux-ci pleurant les prit-en-pitié, et .aussitôt il adressa-à Minerve ces paroles ailées :
« Mon enfant, tu t'es retirée certes tout-à-fait d'un homme brave.
Est-ce que donc Achille n'est plus à-soin à toi entièrement dans ton cœur?
Celui-là lui-même est assis devant les vaisseaux à-bec-droit, pleurant son compagnon chéri ; mais les autres déjà vont vers le repas, et lui est à-jeun et sans-nourriture.
Mais va, verse-lui dans la poitrine et le nectar et l'ambroisie agréable, afin que la faim n'atteigne pas lui. »
Ayant dit ainsi, il excita Minerve déjà empressée auparavant; or celle-ci, ressemblant à l'aigle-marin aux-larges-ailes, à-Ia-voix-aiguë.
s'élança du ciel à travers l'air.
Et les Achéens aussitôt se cuirassaient dans l'armée, et celle-ci versa à Achille dans la poitrine le nectar et l'ambroisie agréable, ses membres. Elle regagne ensuite l'impérissable demeure de son père tout-puissant. Les Grecs se dispersent loin de leurs rapides na-vires. De même que du sein de Jupiter tombe en flocons épais la neige glacée, que précipite Borée, enfant des airs : de même on voit sortir des vaisseaux les casques nombreux et resplendissants, les boucliers arrondis, les cuirasses bombées et les lances de frêne, dont l'éclat s'élève jusqu'au ciel; toute la terre rayonne des lueurs de l'ai-rain, et un bruit résonne sous les pas des guerriers. Le divin Achille s'arme au milieu de ces héros; il grince des dents; ses yeux brillent comme l'éclat du feu, et son âme est dévorée d'une intolérable dou-leur. Irrité contre les Troyens, il revêt les armes que lui forgea l'art industrieux de Vulcain. D'abord il couvre ses jambes de belles cné-uiides, garnies d'oreilles d'argent ; ensuite il revêt sa poitrine d'une afin que la faim cruelle n'atteignit pas lui aux genoux ; et elle-même alla vers lademeurc so-de son père très-puissant. flide Et ceux-ci se répandaient loin des vaisseaux rapides.
Or comme lorsque [ciel} volent-en-descendant de Jupiter(dll des flocons-de-neige épais, glacés, par l'impulsion de Borée né-de-l'éther :
ainsi alors des casques nombreux, jetant-un-éclat brillant, et des boucliers relevés-en-bosse, et des cuirasses fortement-bombées et des lances de-frêne étaient portés-hors des vaisseaux.
Or leur éclat allait au ciel, et toute la terre sourit-autour sous la lueur de l'airain; et un bruit s'élevait-sous les pieds des hommes.
Et Achille divin s'armait au milieu des guerriers.
Le grincement des dents de lui avait-lieu aussi à la vérité; et les deux-yeux à lui brillaient, comme la lueur du feu; et une douleur intolérable pénétra-daiis le coetir à lui; or lui donc étant irrité contre les Troyenr revêtit les présents du dieu, lesquels fabriquant à lui Yulcain travailla.
11 plaça à la vérité d'abord autour de ses jambes des cnémides belles, [reilles) adaptées à des oreilles (garnies d'o-d'-argent ; cuirasse; à ses épaules il suspend une épée d'airain, garnie de clous d'argent; puis il prend un grand et solide bouclier, dont l'éclat res-plendit au loin comme l'éclat de la lune. De même que de la haute mer apparaît aux nautoniers la lueur d'un feu qui brûle dans un lieu solitaire sur le sommet d'une montagne, tandis que les tempêtes emportent loin de leurs amis sur la mer poissonneuse les matelots qui s'épuisent en vains efforts : de même les rayons qui s'échappent du magnifique et riche bouclier d'Achille jaillissent jusqu'au ciel. Il prend un casque pesant dont il couvre sa tête; ce casque à la che-velure ondoyante scintille comme un astre; autour du cimier flotte l'épaisse crinière d'or que Vulcain y avait adaptée. Le divin Achille s'essaye lui-même dans cette armure pour voir si elle s'adapte à ses formes, et si ses membres vigoureux n'y sont point gênés dans leurs mouvements; mais ce sont confine des ailes qui enlèvent ce pasteur puis cn-second-lieii il revêtit une cuirasse autour de sa poitrine; et il se jeta donc autour des épaules une épée à-clous-d'argent, d'–airain ; et ensuite il prit un bouclier et grand et solide, et l'éclat de celui-ci fut (se répandit) au loin, comme l'éclat de la lune.
Or comme lorsque de la mer apparaît aux matelots la lueur d'un feu qui-brûle; et celui-ci brûle en haut sur les montagnes, dans un endroit solitaire; mais les tempêtes emportent loin de leurs amis sur la mer poissonneuse eux ne le voulant pas:
ainsi allait dans l'air l'éclat venant du bouclier d'Acliille, beau, artistement-travaillé.
Et ayant levé son casque solide il le plaça-autour de sa tête; et le casque à-la-crinière-de-cheval resplendissait, comme un astre; et tout-autour-s'agitait la crinière d'-or, laquelle épaisse Vulcain avait mise-autour du cimier.
Or Achille divin s'essaya lui-même dans ces armes, pour voir si elles s'adaptaient à lui, et si ses beaux membres s'y mouvaient-bien ; mais au contraire des ailes étaient à lui, et enlevaient ce pasteur des peuples. des peuples. Alors il retire du fourreau la grande, la lourde et formi-dable lance de son père ; aucun des Achéens ne pouvait l'agiter dans les airs; Achille seul savait la brandir : c'était un frêne que Chiron coupa sur les cimes du Pélion et qu'il donna au père chéri d'Achille pour immoler les héros. Automédon et Alcime préparent les coursiers et les attellent; ils les attachent au joug par de belles courroies, leur mettent le frein dans la bouche, et tirent les rênes en arrière jusqu'au siège inébranlable. Automédon saisit le fouet éclatant qu'il manie sans peine, et s'élance sur le char; Achille tout armé monte après lui, et resplendit sous son armure comme le brillant Hypérion. Le héros, de sa voix terrible, s'adresse ainsi aux coursiers de son pè:p. :
- Xauthus et Balius, illustre race de Podargé, songez surtout à ra-mener votre guide au milieu des Grecs, lorsque nous aurons cessé de combattre, et ne l'abandonnez point, comme Patrocle, s'il vient à succomber. » Or donc il lira de son étui la lance paternelle, lourde, grande, forte; un autre des Achécns à la vérité ne pouvait pas brandir celle-ci, mais Achille seul savait brandir elle, frêne du-Pélion, lequel venu du sommet du Pélion Chiron donna à son père chéri, pour être instrument de mort (don-aux héros. [ner la mort) Et Automédon et Alcime s'occupant des chevaux (les prépa-les attelaient; [rant) et ils les revêtirent de courroies belles ; etils mirent-dans leurs mâchoires des freins, et ils tendirent les rênes en arrière jusqu'au siège solidement-joint.
Or Automédon ayant pris de la main le fouet brillant bien-adapté (facile à manier), s'élança sur les chevaux (le char) ; et Achille s'étant armé alla (monta) derrière, tout-rcsplendissant par les armes, comme l'éclatant Hypérion, Et il criait d'une-manière-terrible aux chevaux de son père :
a Et Xanlhus et Balius, enfants illustres-au-loin de Podargé, songez déjà surtout àramencr-sain-et-sauf votre guide en arrière dans la foule de s Grecs, lorsque nous aurons cessé"le combat; et-ne laissez pas là lui mort, comme Patrocle. »
L'agile Xanthus, déjà sous le joug, lui répond aussitôt en incli-nant la tête; toute sa crinière flotte jusqu'à terre de chaque côté du joug. Ce fut Junon, la déesse aux bras blancs, qui lui accorda le don de la parole :
« Nous te sauverons encore aujourd'hui, impétueux Achille; mais le jour marqué pour ton trépas approche; et ce n'est pas nous qui serons les auteurs de ta mort, mais un dieu puissant et la Parque inexorable. Ce n'est point à cause de notre lenteur ou de notre paresse que les Troyens ont dépouillé Patrocle de ses armes; mais un dieu redoutable, qu'enfanta Latone à la belle chevelure, l'immola aux premiers rangs et combla Hector de gloire. C'est en vain que nous volerions aussi légers que le Zéphyre, qui, dit-on, est le plus rapide des vents ; tu es destiné à périr par la volonté d'un dieu sous les coups d'un mortel. »
A peine a-t-il achevé ces mots, que les Érinnyes arrêtent sa voix. Achille aux pieds légers, pénétré d'une vive douleur, lui répond en ces termes : Or donc le cheval agile des pieds, Xantlius, dit-à lui sous le joug, et aussitôt il s'inclina par la tête; et toute sa crinière, tombant-dc l'anneau-du-joug le long du joug, venait (touchait) à la terre; or Junon déesse atix-bras-blancs rendit lui parlant :
a Et certes, Achille impétueux, nous sauverons toi encore aujourd'hui du moins; mais le jour fatal est près (proche) à toi ; [pables, et nous certes nous ne serons pas cou-mais et un dieu grand et la Destinée puissante.
Caries Troyens n'enlevèrent point les armes de Patrocla de ses épaules et par notre lenteur et par notre paresse ; mais le plus puissant des dieux, qu'enfanta Latone à-la-belle-cheve-le tua [lure, parmi les premiers-combattants, et donna la gloire à Hector.
Or nous, nous courrions même avec(aussi vite que) le souffle du Zéphyre, lequel on dit être le plus rapide; du moins il est dans-la-destinée à (de) toi-même, d'être dompté puissamment et par un dieu et par un homme. »
Les Érinnyes donc arrêtèrent la voix de lui ayant parlé ainsi.
Alors Achille rapide des pieds s'étant indigné grandement dit-à lui : M i Xanthus, pourquoi me présager ainsi la mort? Est-ce à toi qu'il convient de tenir ce langage ? Oui, je le sais. mon destin est de périr ici loin d'une mère et d'un père que je chéris; mais cependant jelle quitterai point le champ de Bataille, avant que les Troyens ne soient rassasiés de combats. »
Il dit, et, jetant des cris terribles, il pousse aux premiers rangs ses coursiers impétueux.
a Xantlms, pourquoi présages-tu la mort à moi?
Il ne faut nullement toi agir ainsi.
Je sais bien en effet moi-même aussi que destinée est à moi de périr ici, loin d'un père chéri et d'une mère; mais cependantje ne cesserai point, avant {avant que) les Troyens être (soient) venus jusqu'à la satiété du combat. »
Il dit donc, et poussant-des-cris il dirigeait parmi les premiers ses chevaux solipèdes.