VI AVANT-PROPOS
qu'une mention brève à Pontmartin. Moins grand écrivain que le lundiste, mais bien plus causeur et, sans
comparaison, plus aimable, ses quarante volumes
forment un vaste répertoire des lettres contemporaines. Que ses jugements n'aient pas tous une valeur d'oracle ; qu'il lui arrive de rester trop fidèle à certains enthousiasmes de jeunesse; que sa religion constante et sincère prenne parfois je ne sais quelle teinte un peu bien libérale et mondaine : tout cela ne nous ôterait pas le plaisir d'estimer cordialement l’homme d'esprit et de goût, le gentilhomme, le chrétien (4).
Et quelles belles études ne ferait-on pas sur Ferdinand Brunetière! Puissant esprit, caractère énergique, âme généreuse, ramenée à Dieu par là même,
et dont le moindre honneur sera d'avoir imposé tout
de nouveau la critique de principes à une génération
éprise de scepticisme et de fantaisie. Il y aurait grand
profit à l'entendre, à le discuter avec le sérieux qu'il mérite, car enfin ni le lettré ni le converti ne furent infaillibles de tout point. Mais eussions-nous l'espace libre, où mettre cette sévère fiqure? C’est aux confins du vinglième siècle que Brunelière se range parmi les croyants, et depuis, le critique disparaît presque sous le mililant, sous l’apôlre, pourrait-on dire. Lais-
sons donc à de plus heureux la belle tâche de l'appré-
cier comme il convient.
Selon L. Veuillot, la vie chrélienne est peu roma-
nesque et le métier de romancier chrétien peu facile.
Que pourtant la difficulté se puisse vaincre, Veuillot
(1) Voir l’intéressant ouvrage d'Edmond Biré : Armand de Pontmartin, sa vie et ses œuvres, 1904, in-8°,
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