‹ Dix-neuvième siècleChapitre 2 sur 63 · AVANT-PROPOS VIT · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS VIT

l'a prouvé lui-même, et ce serait plaisir d'invoquer, après son exemple, celui de M. René Bazin, comme aussi les dernières études de M. P. Bourget. Mais celles-ci appartiennent au siècle actuel, et, Dieu merci, la carrière des deux maîtres n'est pas close. Voilà pour nous consoler un peu de ne faire que les saluer en passant.

Bien difficile encore le rôle de femme auteur! De nobles croyantes l'ont cependant fort bien tenu à notre époque, et, le plus souvent, d'autant mieux qu'elles n'y prétendaient pas. On aimerait à crayonner au moins la silhouette vénérable de madame Swetchine, cette grande dame russe, arrivée au catholicisme par l'étude, malgré les craintes et les défis de son ami Joseph de Maistre; cette Parisienne d'adoption, devenue comme l'Egérie chrétienne des Lacordaire, des Montalembert, des Falloux; cette causeuse fine et bonne dont le salon attirait Sainte-Beuve et l'effrayait tout ensemble, parce qu'il ouvrait sur une chapelle intime el que la soirée risquait de s'achever à l'improviste par une bénédiction du Saint-Sacrement. Dans les lettres de la maîtresse du lieu, dans ses pensées, dans ses gracieuses Airelles, on jouirait de converser avec une âme charmante, avec un esprit infiniment délié, quelque peu subtil et qui rappelle par endroits celui de Joubert. — De même, entre l'enthousiasme, peut-être excessif, de quelques-uns et le chagrin réactionnaire de quelques autres, on aimerait apprécier au vrai Eugénie de Guérin, dont le Journal n’était point destiné au public et demeure cependant une des perles de notre écrin Üittéraire, Nature élevée, poétique ef

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