SS
Ces nombres conduisent à la formule A^Se+Ct^^S^.
Tellurure d'argent. — On n'a rencontré le tellurure d'argent que dans la mine de Savodinsky (Sibérie), et dans celles de Nagyag et Retzbanya (Transylvanie) , dans des filons traversant les schistes talqueux, et contenant divers sulfures métalliques, notamment les pyrites de fer et de cuivre, et la blende noire.
n se présente en masses à texture grenue ou cristalline, dans lesquelles on ne constate aucun clivage un peu net. Sa couleur est variable du gris de plomb au gris d'acier ; il a un certain éclat à la cassure fratche. H est mou, mais il se laisse couper an couteau plus difficilement que le sulfure d'argent ; sa densité varie de 8,30 à 8,90.
Nous citerons quelques-unes des analyses qui ont *été publiées :
SaTodiniky. Hagyag» Reuhanya.
Argent 63,42 61,55.... 60,35
Or » 0,69 1,60
Fer 0,24 > e,«
Tellure «6,96 57,76 nj50
D'après ces nombres, on doit représenter la composition du tellurure d'argent par la formule AyTe, qui répond à 62,80 pour
iOO d'argent.
Nous ne déoriroiis pas l'analyse des séléniures et du tellurure s nous avons donné dans notre premier volume des détails suffi-
sants sur la marche qu'il convient de suivre pour séparer des métaux, et pour doser le sélénium et le tellure.
GHLOBUEE. — UOmmC. — lODUBE D'AROEWT.
Ciiix)RcaE d'argent. — Le chlorure existe en faible proportion dans un très-grand nombre de filons ; on ne Ta rencontré en masses un peu considérables que dans les mines de rAmérique du Sud, du Mexique, de Sibérie, de Norwége, etc. Cette espèce minérale a fourni la plus grande partie de l'argent qui a été retiré des anciennes mines de Guadcd-cancd (Espagne).
Il se présente sous les aspects les plus divers : en petits cristaux cubiques ou octaédriques, disséminés avec la plus grande irrégularité dans des terres colorées en rouge par du peroxyde de fer, en noir ou en gris par des argiles bitumineuses ; en petites masses concrétionnées ou cristallines, tapissant les géodes des filons ; en veines ou en veinules nettement séparées des gangues terreuses et des matières métalliques qui accompagnent le chlorure d'argent dans les filons ; en veines assez puissantes, à texture terreuse, contenant diverses matières intimement mélangées avec le chlorure d'argent.
Certains échantillons contiennent du peroxyde de fer hydraté à l'état de mélange presque régulier, et présentant la couleur et l'aspect du peroxyde de fer ; on ne peut reconnaître la présence du chlorure d'argent que par la pesanteur, ou par des recherches qualitatives.
La couleur du chlorure d'argent exempt de tout mélange de matières étrangères et conservé à l'abri de la lumière, varie du gris perlé au vert pâle ; elle passe rapidement au bleu violacé, au gris^ au brun plus ou moins foncé, lorsque les échantillons ont été exposés à une lumière plus ou moins vive. L'éclat est résineux ; la densité varie de S,31 à 5,43.
Le minéral est très-tendre ; il se laisse très-aisément couper au couteau. La composition et les propriétés chimiques sont celles du chlorure artificiel kgCd.
Bromure d'argent. — Le bromure accompagne assez fréquemment le chlorure ; mais il est beaucoup moins abondant. II se présente en petits cristaux isolés, dont la forme est le cube ou
Tûctaèdre. ou en petites masses concrétionnées . La couleur varie du jaune verdâtre au vert d'herbe et au vert olive ; les échantillons deviennent promptement noirs à la lumière.
L'éclat est plus vif que celui du chlorure; la densité vaiîe de 5,80 à 6,00. La composition est celle que représente la formule AffBr. Les propriétés sont celles du bromure artificiel. Lorsque le minéral n'a pas été altéré par la lumière, on le dissout entièrement et facilement par Tammoniaque.
GHi:/)ROBROMUii£ d'ârgkm'. — Daus les mines qui contiennent les deux espèces minérales dont nous venons de parler^ on a rencontré de petites veinules à texture cristalline ou compacte, des cristaux cubiques ou octaédriques, contenant le chlorure et le bromure d'argent intimement mélangés ou combinés. Les analyses qui ont été faites ont constaté des rapports très-simples entre les proportions des deux composés de l'argent, ce qui a permis de représenter par des formules la composition de quelques cristaux. Les échantillons à texture compacte ne paraissent pas contenir de combinaisons définies du chlorure et du bromure.
Le chlorobromure est d'un vert plus ou moins foncé; il a l'éclat résineux; la densité varie de S, 31 à S, 81 ; il est facilement sqluble dans l'ammoniaque lorsqu'il n'a pas été soumis à l'action de la lumière.
La proportion du chlorure d'argent, dans les cristaux les plus nets, est comprise entre 51 et 32 pour 100 ; dans les échantillons à texture compacte, elle varie entre des limites très-étendues.
loDURE d'argent. — L'iodurc d'argent, dont la composition est représentée par la formule Agio, existe en veinules dans plusieurs filous du Mexique, du Chili, etc. Il se présente en cristaux, en lamelles hexagonales, ou bien avec la texture compacte. Sa couleur varie du jaune au jaune verdâtre, et ne change que trèslentement à la lumière; son éclat est résineux; sa densité est de 5,504. Il est insoluble dans Tammoniaque.
On a trouvé dans les mêmes filons le chlorure et Tiodure d'argent, mais on n'a pas encore signalé le mélange intime des deux espèces minérales.
AMALOAISE D'AEGElTr.
On connaît deux espèces minérales distinctes composées de mercure et d*argent ; on leur attribue les formules H^*A^, HyAy'; la première est généralement désignée sous le nom d! amalgame Jt argent , la seconde est nommée Arquerite.
Amalgame d'argent. — Ce minéral a été signalé dans plusieurs localités, notamment à Moschellandsberg^ (Palatinat), à Bosenau (Hongrie), à Sala (Suède), à Almaden (Espagne), etc. Il se présente en cristaux dérivant du cube, portant presque toujours de très-nombreuses modifications; les clivages imparfaits sont parallèles aux faces du dodécaèdre. Les cristaux sont d'un blanc d'argent ; ils ont Téclat métallique ; leur densité est de 13,755; ils sont assez durs et s'écrasent sous le pilon.
Les analyses qui ont été faites n'ont pas donné des nombres constants pour les proportions des deux métaux; ainsi, on a trouvé dans trois échantillons provenant du Palatinat :
Argent. . • . 36,50 29,65 35,00
Mercure. . . 63,50 70,35 75,00
La formule H^'A^ répond à 34.80 pour 100 d'argent.
L'aspect des cristaux qui renferment une proportion plus faible d'argent démontre nettement la présence du mercure libre : les arêtes sont aiTondies ; on peut même quelquefois en exprimer un peu de mercure par une forte compression.
Arquerite. — Cet amalgame se présente en abondance dans les mines à'Argueros (Chili) en cristaux, en lamelles ou en plaques remplissant les fissures d'une gangue barytiquo.
La forme des cristaux est Toctaèdre régulier. Le minéral a Taspect de l'ai'gent natif; il est assez tendi^e et se laisse couper au couteau; sa densité est de 10,85 ; il contient :
Argent 86,50
Mercure 13,50
mraBAii ii'AattBMT.
La composition et la richesse des minerais argentifères présentent la plus grande diversité : la galène, les minerais de plomb carbonate, le sulfure de cuivre^ le cuivre gris, les minerais de cobalt et d6 nickel, la blende, le sulfure d'antimoine, contiennent fréquemment une proportion d'argent assez forte pour qu'il y ait lieu à extraire ce métal.
La limite inférieure de richesse, au-dessous de laquelle l'extraction de Targent ne peut plus être faite avec économie, est variable avec la nature des minerais, avec les conditions locales des exploitations et des usines.
La galène, la blende, le sulfure de cuivre, le sulfure d'anti* Minerais moine contiennent probablement l'argent à l'état de sulfure; il *«Tren^^i'«« est impossible de constater par des réactions chimiques l'état de combinaison de l'argent.
Dans plusieurs filons qui renferment en même temps de la blende et de la galène, la teneur en argent de la blende est plus élevée que celle de la galène. En étudiant ces gisements, on peut reoonnattre assez facilement que les deux espèces miné^ raies ne sont pas arrivées à la même époque. Il n'est pas encore possible de déduire des faits peu nombreux, observés jusqu'ici, des conclusions sur les affinités relatives du sulfure d'argent pour les sulfures de zinc et de plomb.
Les p]nrites de fer contiennent rarement de l'argent; elles con* tiennent plutôt de l'or. Les galènes argentifères accompagnées do pyrites et de sulfure d'antimoine donnent assez souvent de l'argent sensiblement aurifère.
Dans l'exploitation d'un certain nombre de filons contenant de la galène, de la blende et de la pyrite, on a constaté que la rocha encaissante et les gangues terreuses sont notablement argentifères. La proportion de l'argent contenu dans les gangues et dans les roches est toujours trop faible pour qu'on puisse reoon-^ naître k quel état chimique s'y trouve le métal précieux.
Le carbonate de plomb est ordinairement peu argentifère ; ces minerais contiennent probablement l'argent à l'état de carbonate, mais on n'a pas fait h cet égard des recherches suffisantes.
Les minerais de nickel et de cobalt contiennent quelquefois de l'argent natif^ dont la présence peut être ^ostatée par l'examen
minévalogique ; en général, il est impossible de constater l'état chimique de l'argent. Il en est de même pour les cuivres gris.
Dans quelques cas particuliers, par exemple lorsqu'on trouve dans les mêmes filons des espèces minérales de l'argent, telles que le sulfure, le sulfo-arséniure ou le sulfo-antimoniure, il est permis d'admettre que les minerais de cobalt, de nickel et de cuivre contiennent l'argent au même état chimique. Les pyrites arsenicales sont plus fréquemment aurifères qu'argentifères. MiDerate Nous désignerons sous le nom de minerais d argent proprement dits les matières minérales qui contiennent l'argent sous différ^its états chimiques, et qui no contiennent pas d'autre métal utilisable. Parmi les nombreux gisements exploités, les uns contiennent l'argent natif engagé dans du calcaire spathique, les autres renferment soit du sulfure d'argent, soit des composés plus complexes, tels que le sulfo-antimoniure, le séléniure, le tellurure, soit du chlorure, du bromure et de l'iodure d'argent.
Plusieurs filons contiennent, mais dans des parties différentes, presque toutes les espèces minérales de l'argent. La description complète des principaux gisements exploités ne peut pas trouver place dans un traité de docimasie ; nous pouvons seulement citer quelques exemples de la richesse de divers minerais.
Minerais de sulfure d[ argent, — Les plus beaux gisements de sulfure d'argent sont en Amérique. Au Mexique, aux mines de la compagnie de Real del Monte^ le sulfure d'argent se présente en veines de plusieurs centimètres de puissance, séparées de la gangue quartzeuse ou feldspathique par des couches très-minces de pyrite de fer et de blende, ou bien en mouches et en veinules irrégulièrement disséminées dans les gangues. Le sulfure d'argent est mélangé de blende, de galène, de cuivre pyriteux, en proportion très-variable.
Le minerai est d'un gris foncé, presque noir; il n'a pas beaucoup d'éclat, même à la cassure fraîche ; sa texture est grenue plutôt que cristalline. Le rendement, à l'essai, des échantillons choisis, préparés par cassage et triage, varie de 22 à i 00 kilogrammes d'argent par tonne de minerai. L'argent extrait de ces minerais est très-peu aurifère.
En Californie, aux mines de Felhattacup (Colorado River), le sulfure d'argent mélangé de blende, de galène, de pyrite et d'or natif, forme des veinules dans la gangue quartzeuse et calcaire d'un filon
puissant. Ce minerai est presque noir; sa texture est grenue; il n'a qu'un faible éclat. Les échantillons provenant du cassage et du triage rendent à Fessai de 7 à 8 kilogrammes d'argent et de 1^,40 à l^'jSO d'or par tonne de minerai.
A la mine de Buming Mascow (Virginia), le sulfure d'argent est accompagné de cuivre pyriteux, de blende et de galène ; les sulfures forment des veinules dans la gangue quartzeuse d'un filon puissant. Les minerais préparés par cassage et triage rendent à l'essai de 34 à 36 kilogrammes d'argent, et de 5 à 6 kilo-' grammes d'or par tonne.
A la mine Mexican^ le sulfure d'argent est également accompagné de blende, de galène, de pyrites et d'or natif. Les minerais les plus riches, produits par le cassage et le triage, donnent à l'essai de 220 à 240 kilogrammes d'argent et de 0\S00 à l'',300 d'or par tonne. La mine produit une quantité assez forte de minerais à la teneur de 60 kilogrammes d'argent et de 1 kilo* gramme d'or par tonne.
Après séparation des morceaux riches , la partie quartzeuse du gisement ne renferme que des mouches ou des veinules trèsminces de sulfure d'argent ; elle ne rend pas à l'essai plus de 0S500 d'argent et 0\400 d'or par tonne.
Minerais contenant des sulfures complexes, des sulfo-antimoniureSj etc. — Les divers composés de l'argent contenant du soufre, de l'arsenic, de l'antimoine, du plomb, etc., sont répartis dans les filons de la même manière que le sulfure, en veines et en veinules renfermant divers minerais métalliques, mélangés irrégulièrement ou intimement avec les minéraux de l'argent. Ces derniers ne se présentent ordinairement à l'état de pureté que dans des géodes ou dans des veinules à texture cristalline. . La gangue terreuse des filons, séparée mécaniquement des minerais, ne contient que des mouches, et sa teneur en argent est toujours très-faible.
Les mines à' Andreasberg (Harz), de Schemnitz (Hongrie), d*i4nnaberg (Saxe)^ etc. ; plusieurs mines du Mexique, du Pérou, du Chili, etc., ont fourni ou donnent encore des minerais préparés par cassage et triage, rendant à l'essai jusqu'à plus de 300 kilogrammes d'argent par tonne, tandis que les résidus du cassage, qui constituent la portion la plus considérable des minerais, rendent rarement à l'essai plus de 1 kilogramme d'argent par tonne.
L'argent retiré de eeB minerais est avises fréqaètnment aitfifëfe*
Minérmê ehhrurés. — Les minerais contenant du chlorure, du b^otnure et de Tiodure d'argent, sont souvent d'une très-grande richesse.
Dans les mines de rAmérique du iSud et du Mexique, le chlorure y accompagné d'argent natif, se présente en veines et en veinules, engagées dans des gangues terreuses et fen*ugineuses; les exploitations fournissent, par cassage et triage, des minerais rendant à l'essai jusqu'à 450 kilogrammes d'argent par tonne.
Mais la masse des minerais exploités est hien loin d'avoir une pareille richesse : le chlorure, le bromure, l'iodure d'argent, accompagnés souvent d'argent natif, de sulfure d'argent, d'argent rouge, etc., sont disséminés en grains irréguliers ou en veinules très-minces, dans des gangues terreuses, quartz, calcaire, argile, etCi, plus ou moins colorées pat de l'oxyde dô fer, renfermant quelquefois de la calamine, du carbonate de plomb, des phosphates divers, de la galène, de la bletide, de la pyrite de fer ou Ah cuivre.
La teneur de ces minerais est très-variàble ; ih rendent à Tessai Jusqu^h 4 ou 8 kilogrammes d'argent par tonne.
Dans certaines parties de la mine de Huelgoét (Bretagne), les t(stre$ foUgéi cciitieûnent moins de 20 gramueà d'argent aux 100 kilogrammes. La teneur moyenne des minerais de cette nature exploités au Mexique iie dépasse pas 200 grammes d'argent aux 100 kilogrammes.
n n'est presque jamais utile de faire l'analyse des minerais d'argent : on constate aisément par l'examen minéralogique on par des recherches qualitatives, la nature des gangues terreuses, et des sulfures métalliques ; on détermine le rendement en argent par la voie sèche. Ces renseignements suffisent ordinairement aux métallurgistes.
PAODUm D'éJlT.
Nous dirons seulement quelques mots sur les produits d'art de l'argent. Les méthodes de traitement des minerais argentifères et des minerais d'argent sont trop compliquées pour que nous puissions entreprendre leur description ; d'ailleurs, la composition des divers produits qui sont obtenus dans là métalhurgie de l'argeût pent toujourê se déduire avec facilité de la nattire d^
minerais et du mode de traitement, et la teneur en argent est toujours déterminée par la voie abche.
Les analyses de ces produits ne présentent d'intérêt que dans les études spéciales des divers procédés de traitement. Les ingénieurs qui entreprendront ces études trouveront dans les chapitres précédents tous les renseignements qui peuvent leur être nécessaires pour effectuer les analyses.
Nous ne parlerons que de l'argent métallique et des alliages d'argent et de cuivre.
Argent métallique. — Les principaux procédés de production de Targent sont :
i* La coupellation des plombs argentifères, suivie du raffinage;
2*" L'amalgamation , qui sépare l'argent ordinairement trèsimpur, combiné avec le mercure ; ce dernier métal est expulsé par calcination ; Targent obtenu doit être purifié par coupellation et par raffinage ;
3"" La précipitation de l'argent par le cuivre métallique. On emploie ce procédé dans les ateliers dans lesquels on traite les alliages d'or et d'argent par l'acide sulfurique, qui dissout seulement l'argent ; on fait alors agir le cuivre sur une liqueur sulfurique assez fortement acide. On l'emploie également dans les procédés de traitement des minerais et des mattes argentifères, par chloruration et par sulfatisation (procédés Augustin et Ziervogel) : le cuivre très-divisé, produit ordinairement par cémentation, agit alors siir des dissolutions neutres ou presque neutres, contenant le chlorure d'argent dissous dans du chlorure alcalin, ou du sulfate d'argent accompagné dans la dissolution de sulfate de cuivre et d'autres sulfates métalliques.
1" Argent produit par la coupellation des plombs d'oeuvre. — Les plombs d'œuvre soumis à la coupellation sont tantôt très-purs, tantôt plus ou moins impurs.
Ainsi les plombs qui sont produits par le pattinsonage ne contiennent ordinairement que du plomb et de l'argent : ils donnent à la coupellation de l'argent brut, qui renferme seulement une faible proportion de plomb combiné ou de litharges interposées. Le raffinage (fusion lente et prolongée dans une atmosphère oxydante, avec ou sans addition de réactifs oxydants) produit aisément de l'argent presque rigoureusement pur.
Les plombs d' œuvre qui n'ont pas passé à la cristallisation contiennent fréquemment de l'antimoine et du cuivre ; une partie de ces métaux se retrouve dans l'argent brut. Le raffinage enlève assez bien l'antimoine, mais laisse presque toujours un peu de cuivre dans l'argent.
On ne fait jamais l'analyse de l'argent brut ou de l'argent raffiné ; on constate par des recbercbes qualitatives très^simples la nature des métaux étrangers , et on détermine exactement la teneur en argent.
Rechercheg ^^ ^^^^ chercher si l'échantillon proposé contient du plomb, qaauutivet. ^q cuivre, de l'arsenic et de l'antimoine. On attaque par l'eau . régale chlorhydrique environ 3 grammes de l'argent réduit en limaille ; on ajoute un peu d'acide tartrique ; on étend de beaucoup d'eau ; on sépare le chlorure d'argent par filtralion.
On sature les acides par l'ammoniaque, et on ajoute un peu de sulfhydrate ; dans le précipité de sulfures, lavé avec de l'eau chargée de sulfhydrate, on cherche le plomb et le cuivre ; l'arsenic et l'antimoine se trouvent dans la dissolution.
On dissout le plomb et le cuivre en traitant les sulfures par l'acide chlorhydrique, avec addition de quelques gouttes d'acide azotique ; on sépare le soufre ; on traite la liqueur par l'ammoniaque et par le carbonate d'ammoniaque. La présence du plomb est démontrée par la formation d'un précipité blanc ; celle du cuivre est mise en évidence par la coloration bleue de la liqueur ammoniacale.
Pour chercher l'antimoine et l'arsenic qui jsont en dissolution dans le sulfhydrate , on décompose le sulfhydrate par l'acide chlorhydrique étendu. Le précipité contient ordinairement trop de soufre pour qu'on puisse reconnaître, à son aspect, la présence des sulfures d'arsenic et d'antimoine. Il faut laver le précipité par décantations , le traiter par un peu d'acide chlorhydrique concentré, séparer la liqueur acide par décantation, y ajouter un peu d'acide tartrique. En faisant arriver de l'hydrogèno sulfuré dans la liqueur acide, préalablement étendue d'eau, on distingue très-aisément la précipitation d'une quantité très-faible de sulfure d'antimoine.
La recherche de l'arsenic est un peu plus longue, et on se dispense presque toujours de la faire, parce que l'argent contient très-rarement une proportion appréciable d'arsenic.
On doit d'abord laver par décantations, avec de Teau faiblement acidulée par l'acide tartrique, le soufre qui n a pas été attaqué par l'acide chlorhydrique, et achever ensuite le lavage avec de l'eau pure. On attaque le soufre par un peu d'eau régale, on étend d'eau, et on filtre ; on ajoute dans la liqueur acide environ 0^,25 de peroxyde de fer dissous dans l'acide chlorhydrique ; on précipite le peroxyde de fer par l'ammoniaque ; le précipité bien lavé est traité par l'acide sulfurique, et le liquide acide est enfin essayé dans l'appareil de Marsh.
Lorsque cette expérience donne des taches sensibles sur la porcelaine, il ne faut jamais négliger de s'assurer que ces taches sont produites par l'arsenic, et qu elles ne sont pas dues à une petite quantité d'antimoine, qui n'aurait pas été dissoute par l'acide chlorhydrique.
On détermine assez fréquemment la proportion de l'argent par nétermiDavoie sèche, en passant à la coupelle 1 gramme de l'argent pro- ^ v^pjeni posé avec une quantité de plomb variable, suivant le degré probable d'impureté du métal, de 0^,2S à 1 gramme.
Le poids du bouton ne donne pas un résultat très-exact, car on perd un peu d'argent dans la coupellation ; les pertes dépendent de la quantité de plomb ajoutée et de la température plus ou moins élevée à laquelle la coupellation est faite. Chaque opérateur doit dresser, par de longues séries d'expériences, des tables de correction qui lui permettent de fixer avec quelque certitude la teneur réelle de l'argent proposé d'après le poids du bouton donné par la coupellation.
On détermine avec plus d'exactitude la teneur en argent, en procédant par voie humide.
, Lorsque l'échantillon proposé ne renferme pas d'antimoine, on en dissout 1 gramme dans l'acide azotique, et on emploie la méthode des liqueurs titrées, que nous avons décrite précédemment.
Lorsque l'argent contient de l'antimoine il faut procéder d'une manière différente, et peser le chlorure d'argent. On attaque par l'eau régale i gramme de l'argent réduit en limaille ; on ajoute un peu d'acide tartrique ; on étend de beaucoup d'eau. L'argent seul est insoluble à l'état de chlorure ; on pèse ce composé avec les précautions indiquées dans le paragraphe précédent.
Le poids du chlorure ne permet pas de calculer très-rigoureusement la proportion de l'argent ; d'un côté, le chlorure n'est
pas rigoureusement insoluble dans une liqueur contenant de l'acide chlorhydrique et divers chlorures, bien que cette liqueur soit trës-étendue ; d'un autre côté, la pesée du chlorure d'argent présente toujours un peu d'incertitude.
La méthode par liqueurs titrées donne la teneur à moins de 1 milligramme; la pesée du chlorure d'argent permet de fixer la teneur à peine à 2 milligrammes près. Par la voie sèche, l'erreur peut s'élever à 3 et mémo à 4 milligrammes.
2* Argent produit par amalffomation. — • L'argent brut obtenu par distiUation de l'amalgame est généralement assez impur; la nature et la proportion des corps étrangers qu'il renferme dé^ pendent de la composition des minerais et du mode de traitement.
Nous citerons comme exemples les analyses de trois échantillons : le premier est l'argent brut obtenu 4 Freyberg par les anciens procédés de traitement ; les deux autres proviennent de l'usine de Huelgoet (Bretagne).
Frtjbeiv. Htiel|<ii.
Argttlt » »., 70,fi5 94.50 93,66
Cuivre, 17,10 4,10 6,10
Plomb 0,80.,... 0,15 0,15
Ntokel 0,30 b »
Arsenic».,.... e. r. i. », ., 0,50, «•.. i .,..• i
Soufre 0,10 0,95 »
.««a***^ ^^.tmmmmi* «M^UtaMH^^
Dans d'autres échantillons provenant de différentes usines on a trouvé, en outre, du fer, du zinc et du mercure.
On voit d'après cela que l'analyse de ce produit d'art doit Wre conduite comme celle des sulfures complexes. Le dosage le plus important est celui de l'argent ; mais la détermination approchée des métaux étrangers offre un intérêt assez grand, car les difficultés de l'affinage et du raffinage dépendent beaucoup de la nature et de la proportion de ces métaux.
L'affinage et le raffinage sont faits par des méthodes que nous ne pouvons pas décrire ici ; ces opérations donnent de l'argent presque pur, au titre de 997 à 998 millièmes, contenant encore un peu de cuivre et de plomb, et plus rarement de l'antimoine.
L'examen au laboratoire de l'argent raffiné doit être conduit comme nous l'avons indiqué pour l'argent produit par coupella-
tion : on déterminé au^si exactement que possible la proportion de l'argent ; on constate la présence des autres métaux sans chercher à les évaluer.
3** Argent obtenu par prédpitatwn. ^— L'argent précipité par le cuivre, lavé avec les soins convenables, contient toujours une proportion trfes-notable de cuivre, très-irrégulièrement réparti dans le précipité métallique. On se rend aisément compte do cette irrégularité en remarquant que l'argent retient seulement à l'état de mélange les grains ou fragments de cuivre qui n'ont pas été utilisés pour la précipitation.
L'argent brut produit dans les méthodes Augustin et Zier-^ vogel contient en outre du plomb, de l'antimoine et de l'arsenic. Ces corps éti*angers sont répartis dans l'argent avec beaucoup d'irrégularité; il est, par suite, très-difficile de prélever un échantillon moyen ; aussi fait-on bien rarement l'analyse com* plète de l'argent brut produit par précipitation.
Ce produit est affiné par coupellation ; l'opération donne de l'argent dont le degré de pureté est analogue à celui de l'argent provenant de la coupellation des plombs d'oeuvre ; le raffinage produit ensuite dé Targent à très-peu près pur.
Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit précé^ demment pour l'examen au laboratoire de l'argent affiné, et de l'argent ra^é.
Alluges d'argent et de cuivre. — Les alliages les plus importants sont ceux qui sont employés pour les monnaies, pour les couverts, pour la vaisselle, pour les bijoux, et pour la soudure.
En France les titres de ces divers alliages sont les suivants :
Monikâies ArgMt. 9Ô0 Otttvtd 100
BQMa *..800 -^ 900
Vaifa«Ua 050 — SO
Soudure de S80 à 070 — de.. 120 à 330
Ces alliages sont presque toujours préparés avec des métaux très-pnrs ; ils ne contiennent que des traces de métaux étrangers. Hs sont entièrement solubles dans l'acide azotique.
fls ne sont jamais d'une homogénéité parfaite, ce qui oblige à prendre des précautions spéciales pour prélever les prises d*ess(d qui doivent être soumises aux opérations analytiques.
L'examen d*un alliage au laboratoire peut être fait par divers procédés :
l"" On évalue l'argent en se servant de liqueurs titrées, et en suivant la marche que nous avons tracée dans le paragraphe précédent ; le cuivre est alors déterminé par différence ;
2"" On attaque par l'acide azotique ; on précipite l'argent par l'acide chlorhydrique ; on pèse le chlorure d'argent ; on évalue le cuivre par différence, ou bien on pèse ce métal à l'état de sulfure Ct^S ;
3"" On passe l'alliage à la coupelle avec une proportion convenable de plomb ; on pèse l'argent métallique, qui reste seul dans la coupelle ; le cuivre est déterminé par différence.
Le premier de ces trois procédés est le plus simple, et en même temps le seul qui donne rigoureusement la proportion de l'argent ; les deux autres procédés ne permettent pas de fixer le titre avec une certitude suffisante.
On emploie très-fréquemment des objets en cuivre rouge ou en laiton, recouvert d'une couche très-mince d'argent par des procédés divers. Ces objets ne peuvent pas être examinés utilement au laboratoire. Il est impossible d'apprécier par l'analyse l'épaisseur et l'adhérence de la couche d'argent ; on pourrait seulement déterminer la composition du métal ou de l'alliage qui a été recouvert d'argent; cette détermination ne présente généralement aucun intérêt.
§ 4. — BmmI» par la Tole aèclM.
On essaye par la voie sèche les minerais et les produits d'art les plus divers ; on parvient presque toujours à obtenir pour l'argent une détermination suffisamment exacte. Cependant les pertes qui sont faites dans les essais sont plus grandes que celles du traitement métallurgique, et, dans toute usine bien dirigée, le rendement des minerais est plus élevé que la teneur calculée d'après les essais.
Les pertes d'argent sont variables dans bien des circonstances différentes ; mais elles n'augmentent pas, en valeur absolue, proportionnellement à la teneur des matières essayées : les résultats
sont relativement bien plus exacts pour les matières riches que pour les matières pauvres.
Pour les alliages, pour les minerais très-riches, on détermine fréquemment Targent parla voie humide, qui donne des résultats plus rigoureux ; pour les minerais et produits d'art pauvres en argent, la voie sèche est seule applicable ; elle permet de peser, sous forme de bouton, l'argent contenu dans des matières trèspauvres, dans lesquelles on ne pourrait même pas constater, par voie humide, la présence du métal.
Considérons d'abord les divers minerais et produits d'usines qui renferment une faible proportion d'argent. L'essai est divisé en deux parties :
Dans la première, on cherche à concentrer la totalité de l'argent dans un culot de plomb presque pur et d'im poids convenable.
Dans la seconde, on isole l'argent du plomb par coupoUatiou.
Après avoir pesé le bouton d'argent on doit toujours chercher s'il renferme une quantité d'or appréciable.