‹ Docimasie. Traité d'analyse des substances minérales à l'usage des ingénieurs des mines et des directeurs de mines et d'usines (volume 2)Chapitre 24 sur 45 · SW · texte numérisé non relu

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AiMiljrse. — Nous décrirons comme exemple Tanalyse d'un échantillon de sulfure complexe, contenant du soufre, de Tarse* nie, de l'antimoine, de l'argent, du plomb, du fer et du cuivre. Cet exemple suffira pour faire comprendre de quelle manière on doit conduire l'analyse des diverses espèces minérales qui contiennent de l'argent, de Tarsenic, de l'antimoine et du soufre. ' Il faut faire deux séries d'opérations, l'une pour la détermination du soufre, l'autre pour les dosages des métaux et de l'arsenic.

Détermimation du souprb. — On attaque par l'acide azotique 1 gramme du minéral porphyrisé; on étend d'eau ; on ajoute de la potasse en excès, et on fait arriver un courant de chlore presque jusqu'à la saturation de l'alcali. Lorsque la partie insoluble est nettement rassemblée, on la lave longtemps par décantations. Dans les liqueurs décantées on cherche seulement à doser l'acide sulforique.

On acidifie faiblement par l'acide chlorhydrique, on fait chauffer pour expulser le chlore ; on ajoute un peu d'acide tartrique ; on étend de beaucoup d'eau, et on précipite l'acide sulfurique par le chlorure de barium. On purifie le précipité avec les précautions que nous avons recommandées dans notre premier volume ; on pèse le sulfate de baryte. Son poids permet d'obtenir pour le soufre une approximation bien suffisante.

Nous ferons observer que dans cette série d'opérations il est possible d'effectuer les dosages de l'arsenic, de l'antimoine et des métaux ; mais il vaut mieux diviser l'analyse en deux parties, toutes les fois qu'on peut disposer d'un poids assez grand du minéral.

Dosages de l'absenic et des métaux. — On opère sur i gramme, et lorsque cela est possible sur 2 grammes du minéral porphyrisé. On l'attaque par l'acide chlorhydrîque concentré, auquel on ajoute de temps en temps quelques gouttes d'acide azotique. Lorsque le minéral est complètement attaqué, on ajoute de l'acide tartrique, on étend de beaucoup d'eau, et on laisse le chlorure d'argent se rassembler. On lave le chlorure par décantations avec de Teau faiblement acidulée par l'acide azotique et par l'acide tartrique.

Le chlorure d'argent, bien lavé, est mélangé de souére libre ; il retient peut-être une certaine proportion de chlorure de plomb. On le traite par Tammoniaque faible ; le chlorure d'argent se dissolvant presque immédiatement , on n'a pas à se préoccuper de l'action lente que l'ammoniaque peut exercer sur le soufre. Dès que le chlorure d'argent est dissous, on lave le soufre insoluble, d'abord avec de l'eau faiblement ammoniacale, ensuite avec de Teau pure.

En examinant le soufre indissous, ou bien en le traitant par le sulfhydrate, on reconnaît aisément s'il est mélangé d'oxyde de plomb hydraté. Dans ce cas on doit traiter le soufre (ou le sulfure de plomb produit par le sulfhydrate) par l'acide chlorhydrique un peu concentré, et réunir la liqueur à celle qui contient les autres métaux.

Argent. Pour doser l'argent, on acidulé par l'acide azotique la liqueur ammoniacale qui contient seulement le chlorure d'argent; on pèse le chlorure avec les précautions précédemment indiquées.

argent:

Lo traitement de la liqueur acide ne présente pas de difficultés spéciales : cette liqueur contient Tarsenic, rantimoine, le plomb, le fer et le cuivre. Onfait arriver un courant très-rapide d'hydrogène sulfuré ; on sature progressivement par Tammoniaque les acides et l'hydrogène sulfuré ; on lave les sulfures insolubles par décantations avec de l'eau chargée de sulfhydrate.

L'arsenic et l'antimoine sont dissous à l'état de sulfosels ; lo cuivre, le plomb et le fer sont précipités à l'état de sulfures.

On détermine l'arsenic et l'antimoine on suivant la marche que nous avons tracée plusieurs fois : on décompose le sulfhydrate par l'acide chlorhydrique étendu ; on pèse sur un filtre préalable* ment taré le précipité de soufre, de sulfure d'arsenic et de sulfure d'antimoine. En opérant sur 1 gramme de ce précipité, on détermine le soufre. On calcule la somme des poids de l'arsenic et de l'antimoine.

On traite une autre partie du précipité par l'acide chlorhydrique un peu concentré, afin de dissoudre l'antimoine ; on précipite le métal à l'état de sulfure par l'hydrogène sulfuré, et on procède à l'évaluation de l'antimoine. L'arsenic est calculé par différence.

Le mode de traitement des sulfures insolubles dans le sulfhydrate dépond principalement des proportions relatives du plomb, du cuivre et du fer. Nous admettrons que le fer est en très-petite quantité.

On dissout les métaux en traitant les sulfures par l'acido chlorhydrique et en ajoutant quelques gouttes d'acide azotique ; on fait arriver de l'hydrogène sulfuré, et on étend d'eau.

On précipite ainsi le cuivre et le plomb à Fétat de sulfures : le fer reste seul dans la liqueur acide.

On expulse Thydrogène sulfuré ; on sépare le soufre ; on fait passer le fer à l'état de peroxyde^ et on précipite cet oxyde par l'ammoniaque ; on pèse le peroxyde de fer calciné.

On fait passer les sulfures de cuivre et de plomb dans une capsule de porcelaine ; on les traite par l'acide azotique et par Vacide sulfurique ; on évapore à sec et on fait chauffer progressivement au rouge sombre.

On traite le résidu par l'eau. La liqueur contient le sulfate de cuivre et un peu de sulfate de plomb ; on achève la séparation des deux métaux en traitant la liqueur par l'ammoniaque et par le carbonate d'ammoniaque. On sépare le précipité, on le lave

Arienic et

antimoine.

Plomb, cuivre et fer.

assoz longtemps pour lui enlever les sels ammoniacaux dont il est imprégné.

On fait passer dans une capsule pesée d'avance, le sulfate de plomb qui est resté insoluble dans Teau et le précipité produit par l'ammoniaque ; on imprègne la matière d'adde sulfurique ; on fait de nouveau cbauffer au rouge sombre, et on pèse le sulfate de plomb dans Ja capsule : d'après le poids du sulfate, on calcule avec assez d'exactitude la proportion du plomb.

On fait enfin, soit l'évaluation du cuivre d'après l'intensité de la coloration bleue de la liqueur ammoniacale, soit le dosage du métal à Tétat de sulfure.

SfXÉNIUESS ET TSLLUAUEB D*AB«Eirr.

Séléniures. — On admet deux séléniures d'argent : le séléniuro AgSe^ et le biséléniure A^S^*. Ces deux espèces minérales sont extrêmement rares ; on n'a même publié aucune analyse exacte du biséléniure. Le séléniure cuivreux, Eukairite^ a été mieux étudié. Ces minéraux sont tous inattaquables par les acides non oxydants, et facilement attaqués par l'acide azotique et par l'eau régale. On les distingue aisément des autres espèces minérales de l'argent par l'odeur de raifort qu'ils dégagent au chalumeau.

Séléniure AffSe. — Le protoséléniure n'a été rencontré que dans la mine de Tilkerode (Harz), en petits cubes parfaitement nets, en lamelles très-minces, en veinules à texture compacte ou grenue. Il est d'un gris très-foncé ; son éclat est métallique ; il est mou et se laisse couper au couteau ; sa densité est de 8,00.

L'analyse d'un échantillon a donné :

Argent ,,. 6S,56

Plomb 4,91

Séléttlttm 29,53

iOO,00

Biséléniure AgSe^. — Le biséléniure n'a été trouvé qu'ao Moxique, en petites tables hexagonales, dont les angles sont arrondis. Les recherches qualitatives auxquelles on a soumis quelques échantillons semblent prouver qu'il contient une proportion de sélénium plus grande que celle du protoséléniure ; mais l'existence des composés AgS^ n'est pas encore bien démontrée.

EukamU. — Le séléniuro double d'argent et de cuivre a été trouvé en petites masses à texture compacte» à Skrithetvm (Suède) ; le minéral est en veinules dans le calcaire spathique, et en fibres trèa<4éliées, pénétrant dans toutes les fissures de la gangue calcaire.

Il est d'un blano grisâtre, mou, facile à couper au couteau. Kanalyse d*un échantillon a donné les nombres suivants :

Argent.. « 38,99

Cuivre. ., 25.05

Sélénium 26,00

Gangue S,90

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