‹ Docimasie. Traité d'analyse des substances minérales à l'usage des ingénieurs des mines et des directeurs de mines et d'usines (volume 3)Chapitre 14 sur 46 · CHAPITRE XVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIIL

Le mercure est liquide à la température ordinaire ; il est d'un blanc assez beau ; son éclat métallique est très-vif ; il se solidifie à la température de iQ^'^H au-dessous de 0 ; à quelques degrés au-dessous de son point de congélation il est malléable, ductile, et même assez tenace. Il donne des vapeurs de plus en plus abondantes à mesure qu'il est soumis à une température plus élevée : elles sont déjà très-appréciables à 20 degrés. Lorsqu'on fait chauffer le mercure pendant plusieurs heures entre 80 et 100 degrés, il perd une proportion très-notable de son poids ; la perte par volatilisation est encore plus forte lorsqu'on fait chauffer le mercure en présence d'un peu d'eau pure, ou bien d'eau faiblement acidulée par l'acide chlorhydrique. Le mercure entre en ébullition à 360 degrés ; sa vapeur est incolore ; elle se condense au contact d'une surface froide, en gouttelettes extrêmement fines qui se réunissent, par la pression^ en globules liquides.

La densité du mercure varie beaucoup avec la température. La densité du métal solide, à 40 degrés au-dessous de 0, est de 14,391 ; la densité du mercure liquide est de 13^598 à 0 degrés, de 13,588 à 4 degrés, de 13,557 à 17 degrés, de 13,535 à 26 degrés. La densité du mercure en vapeur est de 6,976.

Le mercure liquide est très-hygrométrique : au contact de l'air humide il absorbe une proportion d'eau très-appréciable; on ne parvient à l'en débarrasser qu'en le faisant chauffer pendant longtemps à 100 degrés. A la température ordinaire, il dissout également une certaine quantité d'air.

Le mercure ne se ternit pas dans l'air sec ; il perd lentement son éclat métallique dans l'air humide. Il ne s'oxyde qu'à une température voisine de son point d' ébullition ; à ce degré de chaleur il se transforme lentement en oxyde rouge.

Le mercure ne décompose pas l'eau. Il n'est pas attaqué par l'acide chlorhydrique. L'acide azotique le dissout avec facilité,

Mercure el oiygëoe.

et soufre.

en donnant naissance à des sels de composition difFérento suivant le degré de concentration de Facide, suivant l'excès de mercure, et suivant la température. L'eau régale l'attaque très-rapidement.

L'acide sulfurique étendu est sans action sur le mercure ; le même acide, un peu concentré, est décomposé par le mercure à l'aide de la chaleur ; il se dégage de l'acide sulfureux ; il se forme principalement du sulfate d'oxydule do mercure.

Les acides organiques sont presque tous sans action; il en est de même des dissolutions alcalines. Cependant nous devons faire observer qu'on présence des acides organiques et des li* queurs alcalines le mercure se ternit rapidement au contact de l'air.

Le mercure formo deux combinaisons avec l'oxygène : l'oxydule Bg^O et l'oxyde H^O.

L'oxydule est trës-^iilstable lorsqu'il est isolé ; l'oxyde est plus stable^ mais il est décomposé par la obaleur à une température qui n'est pas de beaucoup supérieure à celle à laquelle a lieu la combinaison directe du métal avec l'oxygène. Les deux oxydes se combinent avec les acides et donnent lieu à plusieurs séries de sels simples et doubles i

On eonnait deux sulfures. de mercure : le protosulfure H^'S, et le sulfui^e H^S.

Protoêuifiire. «^ Ce composé est peu stable : on n'est pas en* core parvenu à le préparer par l'action du soufre sur le métal ; ou l'obtient en faisant agir rhydfogène sulfiuré en excès sur une dissolution étendue d'oxydule de mercure. Il est d'un beau noir, insoluble daUS l'eau, dans les acides non oxydante ; il est attaqué rapidement par l'acide azotique et par l'eau régale. R est notablement soluble dans les dissolutions un peu concentrées des sulfures alcalins ; il n'est pas tout à fait insoluble dans ces mômes dissolutions étendues*

Il se décompose spontanément à la température ordinaire, et rapidement à une douce chaleur, en mercure métallique et en sulfure. La décomposition eët plus rapide encore en présence d'une liqueur alcaline un peu concentrée.

Sulfure. — Dans les opérations analytiques, le sulfure do mercure est presque toujours obtenu par voie humide^ par l'action de l'hydrogène sulfuré ou du Sulfhydrate jd*ammoniaque sur une dissolution d'oxyde de mercure. Dans les usines^ on fabrique

le cinabre ou le vermUlon^ tantôt par voie sèche, tantôt par voie humide.

Nous parlerons du cinabre et du vermilloa dans le paragraphe réservé aux produits d'art i lious ne devons maintenant considérer que les propriétés du sulfure préparé par voie sèoho et par voie humide.

Le sulfure obtenu par voie sèche est d'un rouge plus ou moins foncé) suivant le mode de préparation et le degré de ténuité des grains ; réduit en poudre impalpable il est d'un rouge clair très* éclatant. Il est indécomposable par la chaleur; ohaufTé jusqu'au rouge sombre il se volatilise. Les vapeurs se condensent en cris* taux prismatiques^ ou en masses à texture fibreuse. Chauffé au contact de l'air, il brûle en donnant de l'acide sulfureux et du mercure métallique. Il est décomposé facilement, à l'aide de la chaleur, par l'hydrogène, par le charbon, par la chau2[| la baryte, les alcalis, et par presque tous les métaux 4 Lorsque la tempéra^» ture est élevée au rouge sombre, ou au-dessus, la totalité du mercure se volatilise^

Un grand nombre d'oxydes métalliques peuvent décomposer complètement le sulfure de mercure» Nous citerons spécialement la litharge et l'oxyde de mercure, ces réactions exigent à peine le rouge sombre.

Ce sulfure est inattaquable par l'acide chlorhydrique et par les atttres acides non oxydants, au moins lorsqu'on opère à l'abri du contact de l'air ; il est difficilement attaqué par l'acide aseptique très-étendu; le même acide concentré et l'eau régale dis^ solvent aisément le mercure* On arrive difficilement k faire passer la totalité du soufre à l'état d'acide sulfuriqne.

Il n'est pas notablement soluble dans les dissolutions alcalines étendues, dans le sulfhj^drate d'ammoniaque, dans les sulfures alcalins* Ces dissolutions exercent cependant une certaine action sur le cinabre, car il prend, sous leur influence^ Une couloUr rouge éclatante, bien différente de celle que présente le cinabre porphyrisé. Ce changement de couleur est utilisé dans les usines pour la fabrication du vermillon <

On prépare le cinabre par divers procédés, le plus simple est le suivant : on triture le mercure avec du soufre pulvérisé jus-* qu'à ce que le métal soit entièrement combiné avec le soufre ; la matière ainsi obtenue est un mélange de soufre libre, de sulfuré

•de mercure et d'un peu de métal libre. On la chauffe lentement au rouge dans des cornues en terre réfractaire : le soufre libre se volatilise le premier ; en fractionnant les vapeurs on obtient (par leur condensation), du cinabre parfaitement pur, tout à fait exempt de soufre libre et de métal non combiné.

Par voie humide on obtient le sulfure de mercure, soit en disant agir rhydrogëne sulfuré sur une dissolution d'oxyde de mercure, soit en traitant une dissolution d'oxyde par l'ammoniaque et par le sulfhydrate.

Lorsqu'on emploie Thydrogène sulfuré, il est essentiel de faire agir le gaz en très-grand excès et pendant plusieurs heures ; sans cette précaution, on obtient des précipités de couleurs trèsvariables, qui renferment une proportion appréciable de l'acide contenu dans la dissolution, et qui no sont pas rigoureusement insolubles ; ils sont considérés par plusieurs chimistes conune des combinaisons du sulfure de mercure avec le chlorure, avec l'azotate, avec le sulfate, etc.

On ne doit considérer la précipitation du mercure à l'état do sulfure comme totale, que dans le cas où, grâce à un excès du réactif, le précipité produit est parfaitement noir, et lorsqu'il est nettement rassemblé. On peut faire la précipitation dans une dissolution d'azotate, pourvu qu'elle soit très-étendue et qu'elle ne contienne pas une trop forte proportion d'adde azotique libre. Dès le moment que la liqueur est assez peu acide pour queThydrogène sulfuré ne soit pas décomposé par l'acide azotique, on n'a pas à craindre l'action de Tacide libre sur le sulfure de mercure ; on peut laver le précipité par décantations avec de l'eau pure sans qu'il se dissolve une quantité appréciable do mercure.

Lorsqu'on emploie l'ammoniaque et le sulfhydrate pour la précipitation du mercure, on voit le précipité produit par l'ammoniaque devenir noir au contact du sulfhydrate ; le mercure est alors en entier à l'état de sulfure, se rassemblant avec lenteur, mais assez nettement insoluble dans le sulfhydrate ; on doit laver le précipité par décantations, avec de l'eau pure, dès qu'il est nettement rassemblé. Le sulfure retient énergiquement les sels ammoniacaux dont il est imprégné au moment de sa précipitation ; on ne parvient que difficilement à les lui enlever en totar lité, en multipliant les décantations. Le sulfure de mercure retient bien plus fortement encore les sulfures solubles dans le sulfhy-

drato qui peuvent se trouver dans la dissolution, par exemple les sulfures d'arsenic et d'antimoine.

Dans le cas d'une dissolution contenant, avec le mercure, une proportion un peu grande d'ai*senic et d'antimoine, on n'arrive à obtenir du sulfure de mercure à peu près pur que par plusieurs précipitations successives.

Lorsque, dans la précipitation du mercure par le suif hydrate, on laisse le sulfure en contact prolongé avec un excès de réactif, on voit la couleur noire du précipité passer progressivement au rouge très-foncé et au rouge éclatant.

Le précipité, convenablement lavé et séché, est alors du vermillon : on ne peut attribuer ce changement de couleur qu'à une modification dans l'état moléculaire du sulfure de mercure ; le vermillon ne contient pas une quantité appréciable d'ammoniaque.

Le sulfure noir ne s'altère pas au contact de l'air ; il est à peu près nettement insoluble dans l'acide chlorhydrique faible, et en général dans les acides non oxydants étendus d'eau. Il est assez facilement attaqué par l'eau régale et par l'acide azotique un peu concentré. L'acide azotique faible n'agit sur lui qu'avec lenteur à la température ordinaire ; à l'aide de la chaleur, le même acide dissout promptement le mercure en séparant la plus grande partie du soufre à l'état libre.

Le sulfure noir est entièrement soluble dans une dissolution un peu concentrée de potasse. Il n'est pas sensiblement soluble dans les dissolutions des carbonates alcalins. Ainsi que nous l'avons déjà dit, il ne se dissout pas en quantité appréciable dans le sulfhydrate d'ammoniaque ; il n'est pas aussi nettement insoluble dans les sulfures alcalins.

Le sulfure de mercure, H^S, contient :

Mercure. • • . 86^18

. Soufre 13.82

Le mercure a pour le chlore une grande affinité et se combine Mercure directement avec lui. On connaît deux composés: le protochlorure Ug^Cl et le chlorure EgCl. Tous les deux sont volatils et indécomposables par la chaleur.

574 MÉTAUX PROPREMEiNT DITS.

Protochlorure. — On prépare le protochlorure par divers procédés, en général par double décomposition par voie sèche ou par voie humide.

On l'obtient par la voie sèche en triturant pendant longtemps 4 parties de chlorure avec 3 parties de mercure métallique^ et en chauffant progressivement le mélange jusqu'à la température du rouge sombre, ou bien en chautfant à peu près au même degré un mélange intime de chlorure de sodium et de sulfate d'oxydule de mercure.

Le chlorure ainsi obtenu se présente sous forme d'un sublimé cristallin, d'un assez beau blanc ; il devient gris à la lumière en se décomposant avec une grande lenteur en mercure métallique et en chlorure. Il est presque rigoureusement insoluble dans l'eau froide, dans l'acide chlorhydrique et dans l'acide sulfurique trèsétendus, et à froid.

A la température de l'ébuUition, il est notablement soluble dans l'eau et dans l'acide chlorhydrique faible ; il est entièrement décomposé par l'acide sulfurique lorsque cet acide est employé en excès suffisant.

Il est notablement soluble à froid dans l'acide azotique étendu ; lorsqu'on fait chauffer la dissolution, il se dégage du bioxyde d'azote, et la liqueur ne contient plus que du chlorure et de l'azotate d'oxyde de mercure.

Le protochlorure sublimé, parfaitement sec, mis en contact avec le fer, le cuivre, le zinc, etc., n'est pas décomposé ; au contraire, lorsque le protochlorure imprégné d'eau est frotté sur un métal, il est partiellement ou totalement décomposé : on obtient un chlorure métallique, du mercure libre, ou un amalgame.

Dans les opérations analytiques, on produit ordinairement le protochlorure en faisant agir un réductif peu énergique sur une dissolution de chlorure, ou bien en traitant par l'acide chlorhydrique étendu, ou par une dissolution de chlorure alcalin, un sel d'oxydule de mercure.

Le protochlorure ainsi préparé par voie humide est blanc^ assez volumineux ; il se rassemble très-lentement. Il s'altère à la lumière plus rapidement que le protochlorure obtenu par voie sèche ; il est moins nettement insoluble dans l'eau et dans l'acide chlorhydrique faible, plus facilement soluble dans l'acide azotique, et décomposé plus facilement par l'acide sulfurique. Il est soluble

dans l'eau bouillante et dans un assez grand nombre de dissolutions salines, notamment dans les chlorures alcalins. H est partiellement décomposé par Tacide cblorhydrique concentré, à Faide de la chaleur, avec séparation de mercure métallique.

n est très-difficile de recueillir entièrement sur un filtre le pro« tochlorure de mercure préparé par voie humide ; il passe en partie à travers les pores du papier lorsqu'on cherche à le filtrer peu de temps après la précipitation ; on doit toujours le laver par décantations avant de le recevoir sur un filtre. Les décantations et le lavage doivent être faits à froid et àTabri de la lumière.

Chlorure de mercure. — On obtient ordinairement le chlorure de mercure en chauffant un mélange de chlorure de sodium et de sulfate d'oxyde de mercure, ou bien en faisant agir le chlore en excès sur du mercure. On le produit dans les analyses en traitant par l'eau régale soit le mercure métallique^ soit le sulfure ; la dissolution régale contient, avec le chlorure, do i'asotate ou du sulfate d'oxyde de mercure ; on ne parvient à séparer que très-imparfaitement ces divers composés par la cristallisation^

Le chlorure, préparé par sublimation, est en aiguilles prismatiques ou en masses cristallines d'un blauc perlé, translucides. Il est très-volatil, inaltérable à la lumière. Il se dissout lentement dans l'eau froide, plus rapidement dans l'eau bouillante ; il est soluble dans l'alcool.

Lorsqu'on évapore à siccité la dissolution du chlorure, soit dans l'eau, soit dans l'alcool, les vapeurs entraînent une proportion trèsappréciable du chlorure ; il y a même entraînement notable de ce composé par les vapeurs d'eau et d'alcool lorsqu'on porte les dissolutions à l'ébullition sans les évaporer à sec. La proportion du chlorure qui est entraînée est plus grande encore lorsque les liqueurs contiennent de l'acide cblorhydrique libre.

Le chlorure de mercure en dissolution est décomposé rapidement par la plupart des métaux, surtout par ceux qui ont de l'affinité pour le mercure.

Ainsi, lorsqu'on plonge une lame de cuivre bien décapée dans une liqueur cblorhydrique qui renferme du chlorure de mercure, on voit la lame de cuivre blanchir immédiatement par suite de la formation d'un amalgame ; ce caractère permet de reconnaître des quantités très-faibles, presque des traces de mercure. L'argent lui-même décompose lentement le chlorure de mercure.

Le protochlomre d'étain, en dissolution chlorhydrique un peu concentrée, décompose progressivement le chlorure de mercure; il le ramène d'abord à l'état de protochlorure, et finit par enlever la totalité du chlore au mercure. On peut arriver à régler cette action réductrice de manière à obtenir la totalité du mercure à l'état de métal ou à l'état de protochlorure.

Le chlorure de mercure se combine aisément avec les chlorures alcalins et avec presque tous les chlorures métalliques ; les chlorures doubles peuvent être obtenus très-nettement cristallisés ; ils sont tous décomposés par la chaleur ; le chlorure de mercure se volatilise en totalité à une température plus ou moins élevée ; ses vapeurs entraînent toujours une proportion notable des chlorures qui lui étaient combinés.

Le chlorure solide absorbe le gaz ammoniac, en produisant un composé blanc, insoluble dans une petite quantité d'eau, mais partiellement décomposé quand il est mis en contact avec un volume un peu considérable de ce liquide. On obtient un composé analogue en versant de l'ammoniaque dans une dissolution con* centrée de chlorure de mercure.

On n'a pas encore déterminé avec certitude la composition des composés divers qu'on peut obtenir en faisant agir^ soit le gaz ammoniac, soit l'ammoniaque ; on les désigne ordinairement sous le nom à^ammonio-chlorures.

Lorsqu'on fait arriver de l'hydrogène sulfuré en faible quantité dans une dissolution de chlorure de mercure, il se produit un précipité blanc, ou d'un blanc grisâtre ; il contient du sulfure et du chlorure dans des proportions très-variables ; plusieurs chimistes admettent que le précipité tout à fait blanc a une composition nettement définie, représentée par la formule HyS -f- EgCl. Il est rigoureusement insoluble dans l'eau, dans l'acide chlorhydrique et dans l'acide azotique étendus; il est difficilement attaqué par l'eau régale.

Il est aisément décomposé par les alcalis, par les terres alcalines, et généralement par toutes les bases un peu fortes, à une température plus ou moins élevée. Il est du reste décomposé par la chaleur seule en chlorure et en sulfure, qui se subliment successivement.

On donne le nom i'oxy chlorures à des composés très-variables, qu'on obtient en faisant agir sur le chlorure, soit Toxyde de mer-

cure hydraté, soit une dissolutiou faible de potasse ou de soude en quantité limitée. Ces composés sont insolubles dans l'eau, mais ils se dissolvent aisément dans Tacide chlorhydrique ; leur couleur varie du rouge briqueté au noir. Lorsqu'on les chauiTo très-lentement, ils laissent dégager de l'oxygène ; on obtient ensuite un sublimé de protochlorure et de chlorure.

Le mercure se combine directement avec l'iode, à l'aide d'une ng^^u^g douce chaleur; on connaît plusieurs composés : les deux plus et iode. importants sont le proto-iodure Hy*Io, et ïiodure ILçlo. Tous les deux sont décomposés par les alcalis caustiques, et forment des iodures doubles, solubles, avec les iodures alcalins.

Prot(hiodure. — On l'obtient par double décomposition, en traitant l'acétate d'oxydule par l'iodure de potassium, employé sans excès. Le précipité est d'un beau vert, insoluble dans l'eau. Il se dissout dans l'acide iodhydrique et dans les iodures alcalins ; lorsqu'on fait chaufiTer doucement ces dissolutions, le proto-iodure est décomposé, il se sépare du mercure métallique. Â l'aide d'une douce chaleur, l'acide chlorhydrique produit aussi la décomposition du proto-iodurc, avec séparation de mercure.

lodure. — Ce composé peut être préparé. par l'action directe de l'iode sur le métal, ou bien par double décomposition. Il est d'un beau rouge, fusible et très-volatil ; il ne paraît pas être décomposable par la chaleur. Il est insoluble dans l'eau, mais il se dissout dans l'alcool, dans l'acide iodhydrique et dans les iodures alcalins ; il se dissout également, à l'aide de la chaleur, dans le chlorure de mercure. Ces dissolutions, traitées par l'hydrogène sulfuré en petite quantité, laissent déposer des précipités blancs, qui contiennent du sulfure, de l'iodure, ou du chlorure de mercure. Il faut employer un très-grand excès d'hydrogène sulfuré, poiu' obtenir un précipité noir qui contienne la totalité du mercure à l'état de sulfure.

Traité par l'ammoniaque, l'iodure de mercure devient blanc ; on admet qu'il se produit un ammonio-iodure.

Le mercure se combine directement avec l'arsenic, même à la nercure température ordinaire. Ainsi, lorsqu'on triture longtemps dans «^ aMcuic. un mortier du mercure avec de l'arsenic, ou bien avec des minéraux qui contiennent de l'arsenic, tels que les arséniures et les sulfo-arséniures métalliques, il se forme une quantité appréciable, souvent même considérable, d'arséniure de mercure. Ce com-

posé so formo plus facilement en présence de Teau que lorsqu on opère sur des matières parfaitement desséchées.

Il est pulvérulent, d'un gris noir; la chaleur le décompose partiellement, sans cependant produire la séparation nette de Tarsenio et du mercure. Il est inattaquable par Tacide chlorhydrique et par les acides non oxydants; il est aisément dissous par Tacide azotique et par Teau régale. Mercure On soupçonne Texistencc d'un cyanure correspondant à Toxyet cyanogène, ixile^ mais on n'a bien étudié qu'un seul composé du cyanogène et du mercure ; sa composition est représentée par la formule EgCy. Il est blanc^ assez facilement décomposable par la chaleur, soluble dans l'eau, bien plus à chaud qu'à froid. Sa dissolution chaude et concentrée laisse déposer par refroidissement de trèsbeaux cristaux prismatiques.

Les acides faibles ne paraissent pas avoir d'action notable sur sa dissolution étendue. Les acides sulfurique et chlorhydrique concentrés le décomposent avec dégagement d'acide cyanhydrique. Lorsqu'on fait agir l'hydrogène sulfuré sur la dissolution étendue de cyanure de mercure, on obtient la précipitation totale du mercure à Tétat. de sulfure, pourvu que le réactif soit en grand excès.

Amalgames. Le mercure a beaucoup d'affinité pour un grand nombre de métaux, notamment pour les métaux alcalins, pour le zinc, l'é* tain, le plomb, le cuivre, l'argent et l'or; il ne se combine pas, ou du moins il ne se combine que très-difficilement, avec les métaux terreux, avec le fer et avec le platine.

Les amalgames sont tous dissous par le mercure liquide ; lorsqu'on soumet ces dissolutions métaUiques à une forte compression dans des sacs en peau de chamois, ou dans des appareils présentant des ouvertures fermées par des disques de bois, le mercure libre passe en grande partie à travers les pores de la peau et du bois. La matière comprimée, solide ou molle, suivant Ténergie de la compression, ne contient que très-pou de mercure libre. On a même pu préparer ainsi des amalgames de composition définie.

Tous les amalgames sont décomposés par la chaleur, et le mercure est mis en liberté ; les vapeurs mercurielles entraînent des proportions variables des métaux qui étaient combinés avec le mercure. U est, de plus, assez difficile de volatiliser la totalité de

ce métal par calcination des amalgames formés par certains métaux, tels que Tétain, Targent et Tor.

gf* — CombinaiAoïis da merenre avec Vo-Kf^^ène.

Nous passerons très-rapidement sur les caractères des deux oxydes de mercure ; l'un, Toxydule, est très-instable lorsqu il est isolé; il se décompose spontanément, même à la température ordinaire ; l'autre, l'oxyde, est plus stable ; on a pu l'obtenir à l'état anhydre et à l'état d'hydrate, mais on n'a pas ordinairement l'occasion de produire ou d'examiner l'oxyde de mercure libre, dans les opérations analytiques. Nous insisterons seulement sur les caractères principaux des sels de mercure.

OXTDULE DE ICC&GUllE. UgH).

On n'obtient l'oxydulo de mercure que par voie humidcf, en décomposant un sel d'oxydule par une dissolution de potasse ou de soude. Le précipité obtenu doit être lavé par décantations et tout à fait à froid. On parvient difficilement à enlever à l'oxydule la totalité des sels alcalins dont il est imprégné ; il se décompose presque toujours en partie avant que le lavage soit terminé. La décomposition est plus rapide lorsqu'on lave le précipité avec do l'eau bouillante, et on voit presque immédiatement paraître des globules de mercure.

La dessiccation du précipité, lorsqu'on est parvenu à le laver sans le décomposer partiellement, présente autant de difficulté que le lavage ; on doit la faire sous la cloche de la machine pneumatique.

L'oxydule doit contenir :

Mercure 96,15

Oxygbae 3,S5

100,00 SELS D'OXTDULE DE MERCXTBE.

L'oxydule de mercure acquiert une certaine stabilité en se combinant avec les acides; il se comporte comme une base assez forte à la température ordinaire. Tous les sels sont décomposés

par la chaleur ; ils sont tous décomposés avec assez de facilité par les corps avides d* oxygène, notamment par la plupart des métaux, qui séparent le mercure à l'état métallique.

Ou a préparé plusieurs séries de sels : les sels basiques, nou- 'tres et acides. Presque tous les sels acides, et plusieurs sels neutres, sont solubles dans l'eau; les sels basiques sont généralement insolubles ou très-peu solubles.

L*oxydule de mercure combiné avec les acides a une faible tendance à absorber Toxygène, et à passer à Tétat d* oxyde ; ainsi, les dissolutions acides des sels d'oxydulc , exposées pendant longtemps au contact de l'air, contiennent une proportion appréciable d'oxyde ; mais on ne parvient à transformer la totalité de i'oxydule en oxyde qu'en faisant agir l'acide azotique en certain excès, et à la température de l'ébuUition. Les sels d'oxydule n'exercent pas d'action réductrice appréciable.

Azotates. — On prépare aisément l'azotate neutre d'oxydule, en traitant le mercure en excès par l'acide azotique faible, à une douce chaleur ; on décante la liqueur acide avant que le métal soit entièrement dissous ; on concentre lentement la dissolution, en évitant le contact de l'air, et. on laisse refroidir. Il se produit des cristaux blancs, très-nets, dont la composition répond à la formule A50'^%*0-i-3II0. Ces cristaux sont solubles dans une petite quantité d'eau ; lorsqu'on ajoute à leur dissolution une quantité d'eau suffisante, on voit se former un précipité cristallin de sous-azotate ; la liqueur contient un azotate acide.

Le précipité de sous-sel paraît avoir une composition bien définie, représentée par la formule 2A^O'-|-3ny*0-|-3HO. On n'a pas déterminé la composition du sel acide qui reste dissous.

Dans quelques opérations analytiques, on obtient des sous-azotates d'oxydule de composition variable. Citons un exemple : on traita le mercure en grand excès par l'acide azotique faible ; on évapore lentement à sec ; on traite le résidu par l'eau, et on sépare le mercure qui n'a pas été attaqué par l'acide. La liqueur contient de l'azotate neutre d'oxydule ; la partie indissouto est du sous-azotate d'oxydule, qui ne renferme pas plus de 1 équivalent d'acide azotique pour 2 équivalents d'oxydule. Les soussels ainsi obtenus sont presque rigoureusement insolubles dans l'eau; ils se dissolvent aisément dans l'acide azotique étendu. Lorsqu'on évapore lentement jusqu'à siccité la dissolution d'un

azotate d'oxydule, le résidu, chauffé à 100 degrés, est un mé»lange de sels basiques d'oxydule et d'oxyde ; ces sels perdent entièrement l'acide azotique à une température inférieure à 200 degrés, en laissant, comme résidu, de l'oxyde de mercure.

Acétates, — On produit l'acétate neutre soit par double décomposition, soit en faisant chauffer à l'ébullition l'oxyde de mercure dans l'acide acétique ; l'acide organique ramène à l'état d'oxydule au moins une partie de l'oxyde ; la liqueur acide et bouillante contient les deux oxydes de mercure, combinés avec l'acide acétique ; l'acétate d'oxydule, très-peu soluble à froid, se sépare par refroidissement en cristaux d'un blanc nacré.

L'acétate d'oxydule est décomposé par l'eau bouillante en un sous-sel blanc, insoluble, et en un sel acide, soluble et cristallisable. En évaporant à sec une dissolution acétique contenant de l'oxydule, on obtient l'acétate neutre jjaltéré; lorsqu'on fait chauffer le résidu au-dessus de 100 degrés, l'acide acétique agit partiellement comme réduclif, on obtient du mercure métallique.

Sulfates. — Le sulfate neutre d'oxydule est peu soluble dans l'eau froide, et n'est même pas très-soluble dans l'eau bouillante, il se dissout plus aisément, mais lentement, dans l'eau acidulée par l'acide sulfurique, ce qui paraît démontrer l'existence d'un sulfate acide. Il n'est pas décomposé par l'eau bouillante avec autant de facilité que l'azotate et l'acétate neutres.

Cependant on obtient un sous-sel en faisant chauffer longtemps à l'ébullition la dissolution du sulfate neutre, et en laissant refroidir. La composition du sous-sulfate ne paraît pas être constante, et le dépôt blanc qui se produit dans ces conditions est probablement un mélange en proportions variables de sulfate neutre peu soluble et d'un sous-sel défini moins soluble encore.

Le sulfate neutre peut être préparé par double décomposition; on le produit encore en faisant agir sur le mercure l'acide sulfurique étendu de son poids d'eau : si l'acide est trop concentré, on n'obtient que du sulfate d'oxyde de mercure.

Carbonates, — L'oxydule de mercure peut se combiner avec l'acide carbonique, et former plusieurs carbonates dont la composition n'a pas été déterminée.

On produit ces composés en versant des dissolutions de carbonates neutres ou de bicarbonates alcalins dans un sel d'oxydule

dissous dans Feau. Les carbonates neutres produisent des précipités jaunes ; les bicarbonates donnent des précipités blancs.

On no parvient pas à laver ces précipités avec de Teau froide : ils noircissent lorsqu'on emploie l'eau bouillante pour le lavage ; ils changent également de couleur quand on les chauffe à 100 degrés, après les avoir imparfaitement lavés à froid.

Les carbonates d'oxydule n'ont donc pas une stabilité notablement plus grande que celle de l'oxydule isolé.

Phosphates. — L'acide phosphorique forme avec l'oxydule de mercure plusieurs composés peu solubles dans l'eau, solubles dans l'acide azotique et dans l'acide sulfurique faibles, décomposés presque complètement par l'acide chlorhydrique étendu ; ce dernier acide dissout l'acide phosphorique et transforme l'oxydule en protochlorure insoluble.

En versant du phcjpphate de soude ordinaire dans la dissolution d'un sel neutre d'oxydule de mercure, on obtient un précipité blanc, volumineux et gélatineux, de phosphate d'oxydule, dont la composition paraît correspondre à celle du phosphate de soude. Le précipité ne peut être que difficilement débarrassé par lavages des sels alcalins dont il est imprégné ; il est assez nettement insoluble dans l'eau, il se dissout en petite quantité dans un certain nombre de dissolutions salines.

On obtient encore un phosphate d'oxydule nettement insoluble en suivant la marche indiquée dans notre premier volume.

On traite par l'acide azotique, dans une capsule de porcelaine, une petite quantité d'un phosphate, par exemple de phosphate de soude, et du mercure en assez grand excès ; on évapore trèslentement jusqu'à siccité; on chauffe le résidu à 100 degrés, tant qu'il se dégage de l'acide azotique ou des vapeurs rutilantes ; on traite par l'eau ; on évapore de nouveau à siccité; on fait chauffer le résidu à 100 degrés; on traite encore une fois le résidu par l'eau.

La soude se dissout en totalité à l'état d'azotate ; la matière insoluble, séparée du mercure métallique, est un mélange de phosphate et de sous-azotate d'oxydule.

Ainsi que nous l'avons dit précédemment, ces réactions peuvent être utilisées pour séparer l'acide phosphorique de toutes les bases assez fortes pour que leurs azotates résistent bien à l'évaporation à sec et à la dessiccation à 100 degrés.

Arséniates. — Les arséniates d'oxydule ont des propriétés analogues à celles des phosphates.

Par double décomposition d'un sel neutre d'oxydule et d'un arséniate alcalin, on obtient de l'arséniate d'oxydule blanc, gélatineux, difficile à laver, presque nettement insoluble dans l'eau, mais partiellement soluble dans plusieurs dissolutions salines.

Il se dissout aisément dans l'acide azotique étendu, il est complètement décomposé par l'acide chlorhydrique faible.

Cakactêkes génébaux. — Nous prendrons pour exemple la dissolution d'azotate neutre d'oxydule de mercure.

Les dissolutions de potasse et de soude produisent des précipités noirs d'oxydule de mercure, insolubles dans un excès de réactifs. Par lavages à l'eau bouillante, ces précipités s'altèrent promptement, et on y distingue aisément la présence de globules de mercure.

L'ammoniaque produit également un précipité noir, insoluble dans un excès de réactif; lorsque, après l'avoir lavé pendant quelque temps avec de l'eau froide, on le fait chauffer avec un peu d'acide azotique concentré, le précipité devient blanc ; il est alors identique avec celui que produit l'ammoniaque dans l'azotate d'oxyde de mercure.

Lo carbonate d'ammoniaque se comporte à très-peu près comme l'ammoniaque, et donne un précipité noir, qui devient blanc lorsqu'on le fait chauffer avec un peu d'acide azotique concentré, après l'avoir lavé & l'eau froide.

Les carbonates neutres alcalins produisent des précipités jaunes, qui paraissent contenir^ l'oxydule à l'état d'hydrocarbonate. Ces précipités sont un peu solubles dans un grand excès de réactifs ; ils deviennent noirs lorsqu'on les lave à l'eau bouil-lante. Les bicarbonates alcalins donnent des précipités blancs, notablement solubles dans un grand excès de réactifs, devenant noirs à la température de l'ébullition.

Le cyanure de potassium donne presque immédiatement un dépôt de mercure métaUique ; la liqueur contient du cyanure de mercure HyCy.

Le phosphate et l'arséniate de soude produisent des précipités blancs, de phosphate et d' arséniate d'oxydule, un* peu solubles dans un excès de réactifs, disparaissant de suite dans l'acide azo-

tique ; ces précipités deviennent noirs lorsqu'on les fait chauffer pendant très-longtemps àl'ébuUition.

L'acide oxalique donne un précipité blanc d'oxalate d'oxydule, assez nettement insoluble dans l'eau, aisément soluble dans l'acide azotique un peu concentré. Il devient rapidement noir à l'ébullition.

Le prussiate jaune produit un précipité blanc, gélatineux ; le prussiate rouge donne un précipité brun, qui devient très-lentement blanc.

L'hydrogène sulfuré, employé même en petite quantité, produit de suite un précipité noir ; mais il est nécessaire de faire agir im grand excès de réactif pour produire la précipitation totale du mercure à l'état de sulfure. Le précipité se rassemble assez lentement ; il n'est pas notablement soluble dans un excès d'hydrogène sulfuré.

Le sulfhydrate d'ammoniaque produit un précipité noir de protosulfure de mercure, insoluble dans l'ammoniaque et dans le sulfhydrate en excès. Lorsque le réactif est très-sulfuré, et lorsqu'on prolonge le contact du précipité avec la liqueur, on obtient du sulfure de mercure H^S, également noir et insoluble dans le sulfhydrate. Cette transformation peut être mise en évidence par l'action d'une dissolution de potasse.

Tant que le précipité contient du protosulfure de mercure, la dissolution alcaline ne le dissout pas en totalité : elle laisse un résidu grisâtre, qu'il est facile de reconnaître pour du mercure très-divisé. Lorsque le précipité ne contient que du sulfure HyS, il se dissout intégralement dans la liqueur alcaline.

L'acide chlorhydrique étendu produit un précipité blanc de protochlorure de mercure, insoluble à froid dans les liqueurs contenant un peu d'acide azotique ou chlorhydrique libre, se dissolvant très-lentement dans l'eau régale à l'aide d'une douce chaleur. Ce précipité se dissout en proportion appréciable dans les dissolutions des chlorures alcalins ; au contact de l'ammoniaque et des alcaUs caustiques, il devient rapidement noir.

Il n'est pas décomposé par les carbonates alcalins à la température de l'ébuUition.

L'iodure de potassium, employé en dissolution un peu étendue et sans excès, produit un précipité vert de protoiodure de mercure ; lorsque la dissolution de l'iodure'alcaliu est concentrée, le

précipité est d'un jaune verdàtro^ et contient un mélange des deux iodures de mercure *.

Dans tous les cas le précipité devient presque noir quand on ajoute un excès d'iodure de potassium ; il se dissout ensuite entièrement dans un plus grand excès du réactif.

Le chromate neutre de potasse produit un précipité rouge de chromate d'oxydule, devenant très-lentement noir quand on le fait chauffer & iOO degrés.

L'acide sulfurique étendu produit un précipité blanc, cristallin, dans la dissolution concentrée d* azotate ; le précipité de sulfate d'oxydule se dissout promptement dans Teau acidulée par l'acide sulfurique. Dans cette dissolution acide , Facide chlorhydrique faible précipite encore le mercure à l'état de protochlorure blanc. Toutefois, la précipitation du mercure n'est pas complète lorsqu'on a employé une trop grande quantité d'acide sulfurique.

Le sulfate de protoxyde de fer, l'acide hypophosphoreux et les autres agents réducteurs d'ime énergie correspondante, précipitent le mercure à l'état métallique. Le protochlorure d'étain agit moins facilement, parce qu'il produit d'abord un précipité de protochlorure de mercure.

Le cuivre, le zinc, le fer et plusieurs autres métaux précipitent rapidement le mercure, sous forme de petits globules métalliques : lorsqu'on plonge une lame de cuivre bien décapée dans une lir queur contenant un sel d'oxydule, on voit de suite la lame de cuivre blanchir, par suite de la formation d'un amalgame. Dans la précipitation du mercure par le zinc, ce dernier métal ne paraît pas s'amalgamer.

Caractères distinctifs. — On reconnaît aisément la présence du mercure dans une dissolution, en y plongeant pendant quelques minutes une lame de cuivre bien décapée : la lame blanchit d'une manière sensible, alors même que la dissolution proposée ne renferme qu'une quantité extrêmement faible de mercure.

On distingue ensuite Tétat d'oxydation du métal, en versant quelques gouttes d'acide chlorhydrique faible dans une autre

1 Od ne parfient à obtenir par double décomposition le prolo-iodore de mercure tout à fait exempt d'iodore, qu'en employant la dissolution d'acétate neutre d'oxydule de mercore.

partie de la dissolution ; on sépare le précipité blanc lorsqu'il se produit, et on le traite par T ammoniaque. Lorsque le précipité produit par l'acide chlorhydrîque devient noir au contact de l'ammoniaque, on peut affirmer que la dissolution proposée renferme de Toxydule de mercure; quand l'acide chlorhydrique ne produit aucun précipité, on peut être certain que la dissolution contient la totalité du mercure à l'état d'oxyde.

Il est quelquefois utile de constater si une dissolution, renfermant de l'oxydulo, contient en outre de l'oxyde de mercure. On arrive au résultat en opérant de la manière suivante.

On traite la dissolution par l'acide chlorhydrique faible, employé en quantité seulement suffisante pour la précipitation totale de l'oxydule à l'état de protochloruro ; on laisse le précipité se rassembler ; on plonge une lame de cuivre dans la liqueur acide : la présence de l'oxyde de mercure est constatée par la couleur blanche que prend la lame de cuivre.

Il est plus difficile de reconnaître avec certitude l'état d'oxydation du mercure dans une substance insoluble, à froid, dans l'acide azotique faible ; on peut seulement, dans la plupart des cas, constater la présence du métal. On peut opérer par voie humide ou par voie sèche.

Par voie humide, on imprègne la matière d'une petite quantité d'eau ; on la frotte pendant quelques instants , avec un bouchon, sur une lame de cuivre bien décapée : le cuivre blanchit toutes les fois que la matière renferme un peu de mercure.

Par voie sèche, on imprègne la substance avec une dissolution concentrée de potasse, ou bien on la mélange intimement avec son poids de chaux éteinte et légèrement humectée. On introduit la matière dans un tube de verre long de 0",15 à 0"',20; on la chauffe au-dessus du rouge sombre, au chalumeau ou à la lampe, en inclinant le tube. Tous les composés du mercure sont détruits par la potasse ou par la chaux : le mercure, mis en liberté, se volatilise ; ses vapeurs viennent se condenser dans la partie froide du tube, sous forme d'une rosée blanche et métallique. On réunit aisément le mercure divisé en un seul globule, en passant une baguette de verre sur les parois du tube.

Dans cette expérience, on doit préférer la potasse à la chaux, lorsqu^on sait que la substance proposée peut contenir le mercure combiné avec le chlore, avec le brome ou avec l'iode.

OXTDE DE MERCURE. H^O.

L'oxyde anhydre est obtenu par la calcination modérée du mercure au contact de Tair, ou par la décomposition lente de l'azotate d'oxydule ou d'oxyde de mercure. Sa couleur varie du jaune orangé au rouge foncé. Il est décomposé par la chaleur un peu au-dessus du rouge somhre ; il est notablement solublc dans l'eau, et il communique à ce Uquide sa saveur acre et désagréable. Il est aisément réduit par tous les corps qui ont de l'affinité pour l'oxygène ; on l'emploie quelquefois, dans les laboratoires, comme agent d'oxydation. Il se dissout assez facilement dans les acides qui n'ont pas d'action réductrice ; il ne paraît pas pouvoir se combiner avec l'acide carbonique.

L'oxyde de mercure devient blanc au contact de l'ammoniaque ; le composé qui se produit est insoluble dans l'eau.

L'oxyde se dissout aisément, à l'aide de la chaleur, dans les dissolutions concentrées de crème de tartre et de cyanure de mercure ; il est insoluble dans les dissolutions de potasse et de soude, et ne forme pas de combinaisons avec les alcalis.

On peut préparer l'oxyde de mercure hydraté ; mais ce composé est très-peu stable, il perd l'eau d'hydratation à une température peu élevée. Les propriétés de l'hydrate sont, du reste, à très-peu près celles de l'oxyde anhydre.

L'oxyde de mercure contient :

Mercure 92,59

Oxygène 7,41

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