‹ Docimasie. Traité d'analyse des substances minérales à l'usage des ingénieurs des mines et des directeurs de mines et d'usines (volume 3)Chapitre 22 sur 46 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

ARGENT. Ay=: 1349,66.

L'argent est bUac, siisoeptibla de prendre an très^bean poli ; il est très-ductile et malléable ; sa ténacité est trës^^grande : sa densité est de 10,474 ; elle augmente par réorouissage jusqu'à 10,542.

L'argent est fusible au rouge ; lorsqu'on emploie les ereusets de ce métal pour attaquer des silicates ou d'autres minéraux par les alcalis caustiques, on doit apporter l'attention la plus grande à ne pas dépasser le rouge orangé ; au contact d'un char* bon en ignition les creusets d'argent fondent avec beaucoup de rapidité.

L'argent est un peu volatil au rouge vif, principalement dans un courant de gaz ; chauffé très-fortement dans un creuset fermé, il ne perd qu'une fraction extrêmement faible de son poids. Lorsqu'on fait chauffer très-fortement l'argent combiné avec des métaux plus volatils, par exemple, avec le ziac, l'antimoine, le plomb, le bismuth, les vapeurs métalliques entraînent une proportion très-notable de l'argent.

Fondu au contact de l'air, l'argent absorbe l'oxygène ; le gaz se dégage avec plus ou moins de rapidité pendant le refroidissement du métal. Le dégagement de l'oxygène au moment de la solidification, contribue beaucoup au rochage des boutons obtenus dans les essais, des gâteaux d'argent brut et des lingots d'argent raffiné qui sont produits dans les usines.

Le rochage est produit, d'une part par la contraction des parties voisines de la surface, et par la pression qui en résulte sur les parties intérieures encore en fusion, d'autre part par le dégagement de l'oxygène dissous dans le métal fondu. On n'évite jamais le rochage dans la coulée des lingots d'argent raffiné : l'aspect de la face supérieure des lingots permet de reconnaître, jusqu'à un certain point, la pureté de l'argent. Lorsque tous les corps étrangers

ont été séparés par le raffinage, U surface du lingot est d'un blanc mat parfaitement régulier*

L'argent pur^ chauifé au contact de Tair, ne s*oxyde pas : au contraire, lorsque les alliages de l'argent avec le cuivre, le plomb, le bismuth, etc., sont chauffés au contact de Fair, les oxydes de cuivre, deplomb^ etc., qui se produisent, déterminent l'oxydation partielle de Targent. Les alcalis, les carbonates alcalins, et plusieurs oxydes métalliques, facilitent Toxydation de l'argent au contact de l'air, principalement lorsque le métal n'est pas rigoureusement pur, par exemple lorsqu'il contient une petite proportion de cuivre.

A la température ordinaire l'argent ne se ternit pas au contact de l'air sec ou humide ; mais il noircit promptement lorsque l'air contient de l'hydrogène sulfuré*

Les acides non oxydants un peu étendus sont sans aetion sur l'argent. L'acide chlorhydrique très-concentré en dissout une petite quantité lorsqu'on le fait agir, à l'aide de la chaleur, sur le métal très-divisé. L'acide sulfurique concentré dissout l'argent avec dégagement d' acide sulfureux : l'aotion est rapide lorsqu'on fait cbaufier à 100 degrés.

L'acide azotique, même trës-étenda, dissout promptement l'argent ; l'eau régale attaque le métal avec une grande émergie ; il le fait passer à l'état de chlorure.

L'argent est dissous partîellemmt ou en totAltié , rapidement ou lentement, suivant qu'il est plus ou moins divisé, par un grand nombre de dissolutions salines, par les chlorures akalins, par la plupart des chbrures métalliques, notamment par le Ghbnire de fer, par le chlorure de cuivre, par le sulfate de peroxyde de fer, par le sulfate de cuivre, etc.

n est attaqué presque immédiatement par les dissohitîons d'hy* drogène sulfuré, do sulfhydrate d'ammoniaque, et par lea liqueurs qui contiennent des sulfures alcalins.

L'argent ne forme avec l'oxygène qu'un seul oxyde : ce com- Argent posé est une base trës-puissante. D est instable lonqn'il est isolé, ^ ^^^ ^^ et se décompose au rouge : il acquiert une grmde stabilité par ses combinaisons avec les acides et avec pluaieurs oxydes.

On ne connatt qu'un seul sulfure d'argent; sa composition est ^Arg^n^ représentée par la formule A^S. Le sulfure naturel est d'un gris un peu foncé : son éclat est faiblement métallique ; il est très-»

et toatre.

tendre, et il ge laisse couper au couteau. H est indécomposable par la chaleur ; il fond au rouge, et cristallise par refroidissement lent. n ne se combine pas par voie humide avec les sulfures alcalins; par voie sèche il entre facilement en combinaison avec plusieurs sulfures métalliques.

Chauffé au rouge sombre au contact de Tair, le sulfure d'ai^nt se transforme en grande partie en sulfate ; une faible portion da soufre se dégage à l'état d'acide sulfureux. On obtient abément la transformation totale du sulfure d'argent en sulfate, en soumettant au grillage le sulfure intimement mélangé avec de la pyrite de fer, et en ne dépassant pas le rouge sombre.

Au rouge vif il ne se forme que très-peu de sulfate d'argent; presque tout le soufre se dégage à l'état d'acide sulfureux, et l'argent est amené à l'état métallique.

L'hydrogène réduit assez facilement le sulfure d'argent à l'aide de la chaleur.

Les acides non oxydants étendus d'eau sont sans action sur le sulfure ; l'acide chlorhydrique concentré l'attaque lentement, avec dégagement d'hydrogène sulfuré.

L'acide azotique étendu dissout promptement l'argent, en séparant le soufre : lorsqu'on fait agir l'acide concentré , préalablement chauffé j l'action est très-vive, et la majeure partie du soufre passe à l'état d'acide sulfurique. L'eau régale attaque le sulfure d'argent avec beaucoup d'énergie, et fait passer le métal à l'état de chlorure.

Le perchlorure de fer, le chlorure de cuivre, les sulfates correspondants de fer et de cuivre^ attaquent lentement le sulfure d'argent très-divisé, en séparant le soufre : l'argent passe à l'état de chlorure ou de sulfate. Les actions des sels de peroxyde de fer et d'oxyde de cuivre, sont beaucoup plus énergiques en présence d'une dissolution de chlorure de sodium.

Par voie humide on obtient le sulfure d'argent, en faisant agir l'hydrogène sulfuré ou le sulfhydrate d'anmioniaque sur les dissolutions ammoniacales, neutres ou acides. Le sulfure. est noir, peu gélatineux, insoluble dans l'eau chargée d'hydrogène sulfuré et dans le sulfhydrate. Ses propriétés sont identiques avec celles du sulfure naturel ; il est seulement attaqué avec plus de facilité par les acides et par les diverses dissolutions salines.

Le sulfure d'argent contient :

Argent 87 ,05

Soufre 1«,95

On connaît deux séléniuros d'argent : leurs compositions sont g^j^îénUini représentées par les formules AgSe^ AgSe^. Tous les deux sont inattaquables par les acides non oxydants étendus d'eau, et dissous rapidement par l'acide azotique concentré.

Protoséléniure. — Le protoséléniure est d'un gris clair ; il est mou et ductile; il est fusible au rouge, sans décomposition. Lorsqu'on le soumet à un grillage prolongé au rouge sombre, il se transforme en partie en séléniate d'argent, qui reste mêlé avec de l'argent métallique ; une partie du sélénium se volatilise à l'état d'acide sélénieux. Il est incomplètement décomposé, par voie sèche, par les alcalis et par les carbonates alcalins ; une partie de Fargent se sépare à Tétat métallique, une autre partie reste dans la scorie à l'état de séléniure douï)le.

BUélénivre. — Le biséléniure est d'un gris plus foncé, moins ductile, plus fusible que le protoséléniure ; il est également indécomposable par la chaleur ; par voie sèche, les alcalis et les carbonates alcalins n'en séparent à l'état métallique qu'une faible proportion de l'argent.

L'argent ne forme qu'un seul chlorure, kgCl. Il existe dans la Argent nature; on le prépare très-fréquemment par voie humide. Nous parlerons seulement du chlorure artificiel.

Au moment oii il vient d'être précipité, il est très-lourd et en même temps très-divisé ; il reste longtemps en suspension dans les liqueurs. H se rassemble rapidement lorsqu'on agite vivement pendant quelques minutes, ou bien lorsqu'on fait chauffer à l'ébullition. Il est alors en grumeaux blancs très-spongieux, et par conséquent très-difficiles à laver. H est impossible de recevoir la totalité du chlorure d'argent sur un filtre, tant qu'il est partiellement en suspension ; il passe en partie à travers les pores du papier. Au contraire, le chlorure qui a été rassemblé par la chaleur ou par l'agitation, peut être facilement reçu sur un filtre ; les liqueurs passent parfaitement claires.

Le chlorure d'argent change de teinte à la lumière, très-len-

tement à la lumière diffuse, très-rapidement à la lumière solaire. Dans tous les cas le changement de couleur a lieu plus promptement, lorsque le chlorure est sur un filtre, que dans le cas où il est au fond d'une liqueur faiblement acidulée.

Lorsque le chbrure est tout à fait pur, il devient d'abord rosé, ensuite violet, presque noir, et d'un brun verdâtre. Lorsqu'il est mélangé avec une faible proportion de bromure d'argent, il ne devient pas rose et violet, mais bien gris et ensuite noir. L'iodure d'argent ne parait pas avoir, sur le changement de couleur, la même influence que le bromure.

Les modifications chimiques, qui correspondent à la coloration plus ou moins foncée que le* chlorure d'argent prend sous Tinfluence de la lumière, ne sont pas encore nettement expliquées. H n'y a pas perte appréciable de poids du chlorure lorsqu'il est devenu rose, violet, ou même presque noir. Le chlorure devenu d'un vert olivâtre contient une certaine proportion d'argent métallique.

n est toujours très-facile de rendre au chlorure d'argent, altéré par la lumière, sa coloration blanche, et toutes ses propriétés chimiques, en le laissant pendant une heure ou deux en contact avec de l'eau de chlore, ou avec de l'eau régale très-étendue.

Le chlorure d'argent est fusible à une température peu élevée, verS'260 degrés, en un liquide très-fluide et presque incolore ; il se prend par refroidissement en une masse demi-transparente, dont la couleur et Téolat sont analogues à ceux de la corne.

Le chlorure en fusion attaque les creusets de terre et traverse les coupelles avec autant de facilité que la litharge.

Il donne des vapeurs très-sensibles vers 300 degrés ; les vapeurs semt plus intenses à mesure qu'on chauffe plus fortement; il est cependant impossible de distiller le chlorure d'argent.

Chauffé jusqu'au rouge sombre dans un courant de vapeur d'eau, le chlorure est partiellement décomposé ; la vapeur entraîne une assez forte proportion (plus de 30 pour 100) du chlorure non décomposé. Lorsqu'on fait l'expérience en plaçant le chlorure dans une nacelle, dans un tube de porcelaine, on trouve dans la nacelle, et sur les parois du tube à proximité de la nacelle, des grenailles d'argent. Cette dissémination du métal démontre la vivacité de la réaction.

En répétant la même expérience sur du chlorure d'argent in-

timement mélangé avec de la pyrite de fer, on obtient dans la nacelle la totalité de Targent métallîque mélangé avec du fer oxydulé ; il n'y a pas volatilisation de chlorare d'argent.

Le chlorure est tout à fait insoluble dans l'eau, dans l'acide azotique très-étendu; il est moins nettement insoluble dans Fa^ oide chlorhydrique faible.

L'acide azotique concentré en dissout une proportion très-notable, principalement à l'aide de la chaleur ; en étendant d'eau la dissolution du chlorure dans l'acide concentré, on détermine la précipitation complète du chlorure qui était dissous.

L'acide chlorhydrique ooneentré et bouillant dissout une proportion encore plus forte de chlorure d'argent; la dissolution laisse déposer des cristaux très-nets de chlorure d'argent, par refroidissement lent ; mais il faut l'étendre d'une énorme pro*< portion d'eau pour obtenir la précipitation totale du chlorure.

L'acide suifurique étendu est sans action sur le chlorure d'argent; le même acide eoncentré dé^mpose très -lentement le chlorure à Taide de U chaleur, avec dégagement d'aoide chlorhydrique et formation de sulfate d'argent; l'action est difficile* ment complète.

Le chlorure d'argent est très-soluble dans l'ammoniaque, tant qu'il n'a pas été altéré par la lumière ; la dissolution est incolore; exposée à une douce chaleur, elle laisse déposer le chlorure d'argent sous forme de petits cristaux. En saturant l'ammoniaque par l'acide azotique, on détermine la précipitation totale du chlorure d'argent Lorsqu'on fait chauffer à 100 degrés la dissolution ammoniacale, elle laisse déposer de Y argent fulminant.

Le chlorure d'argent se dissout avec facilité dons les dissolutions un peu concentrées des chlorures alcalins, du chlorhydrate d'ammoniaque et d'un grand nombre de chlorures métalliques ; il se dissout en proportion faible, mais appréciable, dans les mêmes dissolutions étendues. H est entièrement et facilement soluble dans l'hyposulfite de soude, dans le cyanure de potassium et dans un certain nombre de dissolutions salines ; il ne se dissout pas dans les dissolutions étendues des alcalis caustiques et des carbonates alcalins.

Le chlorure d^argent est très -lentement décomposé par les carbonates alcalins en dissolutions concentrées, à la température de l'ébullition.

856 MÉTAUX PROPREIffiNT DITS.

Plusieurs métaux précipitent Fargent des dissolutions qui contiennent le chlorure d'argent; Taction est plus ou moins rapide, suivant la nature du métal et des sels contenus dans les liqueurs; la précipitation de l'argent est plus facilement complète lorsqu'on fait chauffer à 100 degrés.

Mis en contact avec l'hydrogène sulfuré dissous dans l'eau, avec le sulfhydrate d'aounoniaque, ou avec des dissolutions de sulfures alcalins, le chlorure d'argent noircit et se transforme partieUement en sulfure. Ces réactifs précipitent la totalité de l'argent à l'état de sulfure, lorsqu'on les fait agir sur les dissolutions du chlorure d'argent dans l'ammoniaque, dans les chlornres alcalins, etc.

Par voie sèche, le chlorure d'argent est complètement décomposé par les alcaUs caustiques et par les carbonates alcalins ; tout l'argent se sépare à l'état métallique. Au contraire, il forme des composés très-fusibles avec le sulfure d'argent, avec le sulfure de plomb, peut-être même avec d'autres sulfures. Ces composés, fondus avec de la litharge en excès suffisant, donnent de l'adde sulfureux et du plomb métallique ; le culot de plomb contient à peu près la totalité de l'argent.

Presque tous les métaux qui décomposent le chlorure d'argent par voie humide, le réduisent également par la voie sèche.

Le chlorure d'argent contient :

Argent 75,27

Chlore 24,75

Argent Le bromure d'argent, AjrBr, a la plus grande analogie avec le et brome, chlorure. Au moment où il vient d'être précipité, il est d'un blanc très-légèrement jaunâtre ; à la lumière solaire il devient promptement d'abord gris, et ensuite noir; à la lumière diffuse, il prend assez lentement une teinte grise. Il est fusible et un peu volatil; insoluble dans l'eau et dans l'acide azotique très-étendu ; il se dissout aisément dans l'ammoniaque, dans les dissolutions des chlorures et des bromures alcalins, dans les hyposulfites. Il est complètement décomposé par le chlore, par voie humide comme par voie sèche.

Le bromure d'argent contient :

Argent 57,45

Brome 42,55

L'iodure d'argent, Agioj a également beaucoup d'analogie Argent avec le chlorure ; récemment précipité, il est d'un blanc jaunâtre ; il se rassemble rapidement, par l'agitation ou par la chaleur, en grumeaux spongieux. Il est fusible à une température élevée, peu volatil^ indécomposable par la chaleur Ml est insoluble dans l'eau, dans l'acide azotique et dans l'acide chlorhydrique trèsétendus. Il est lentement décomposé par les mêmes acides concentrés. Il se dissout en proportion extrêmement faible dans l'ammoniaque, et devient blanc au contact de ce réactif. H est aisément soluble dans les dissolutions concentrées des iodures, des chlorures et des bromures alcalins, dans les hyposulfites. Il est faiblement décomposé par le chlore et par le brome.

L'iodure d'argent contient :

Argent 45,97

Iode 54,05

On a préparé plusieurs arséniures d'argent : le plus stable est Argent celui qui renferme environ 15 pour 100 d'arsenic. Il est d'un gris foncé ; il prend par le frottement une couleur presque blanche et un bel éclat métallique. Il est indécomposable par la chaleur et fusible au rouge ; il cristallise par refroidissement lent. Il est inattaquable par l'acide chlorhydrique et par les acides non oxydants; il est attaqué rapidement par l'acide azotique et par l'eau régale.

L'argent se combine avec presque tous les métaux : ceux pour AUiagc». lesquels il a le moins d'affinité sont le nickel, le cobalt et le fer.

Il est inutile de rappeler ici les propriétés des principaux alliages, elles sont exposées avec détails dans tous les traités de chimie.

' Le bromure et l'iodure d'argent; traités par la vapeur d'eau, avec ou sans addition de pyrite de fer, se comportent comme le chlorure. Ils sont complètement décomposés par voie sëcbe par les alcalis, par les carbonates alcalins, par un grand nombre de métaux. L« fer, le zinc et plusieurs autres métaux les réduisent rapidement par voie humide.

S t. — Oxyde d'arfent. AgO.

On obtient ordinairement l'oxyde d'argent en déoomposant l'azotate d'agent, en dissolution étendue, par la potasse ou par la soude : on évite tout excès de réactif et on lave le précipité à plusieurs reprises par décantations. U ne faut pas perdre les liqueurs provenant du lavage, car elles contiennent une quantité très^notable d'argent.

L'oxyde ainsi préparé, lavé très-longtemps à froid, et desséché sous la cloche de la machine pneumatique, est d'un brun clair ; il contient une faible proportion d'eau, qu'on peut lui enlever par calcination au-^dessous du rouge naissant. L'oxyde calciné est d'un brun foncé.

Le changement de couleur de l'oxyde, la perte d'eau par calcination, font admettre l'existence d'un hydrate ; mais sa composition n'a pas été déterminée avec certitude. Nous parlerons seulement de l'oxyde anhydre.

Il est décomposé par la chaleur au rouge ; il est très-notablement solublc dans l'eau ; sa dissolution a la réaction alcaline ; il se combine avec tous les acides, et se comporte avec eux comme une base très-énergique. 11 est réduit avec facilité par l'hydrogène, par l'oxyde de carbone, par le charbon, et en général par tous les corps qui ont de l'affinité pour l'oxygène.

n forme des silicates très-fusibles, dans lesquels Toxyde d'argent est très-difficilement décomposable par la chaleur. E se dissout avec facilité dans Tammoniaque, dans le carbonate d'ammoniaque, dans le bitartrate de potasse ; il est presque insoluble dans les dissolutions de potasse et de soude, et ne parait pas avoir de tendance à se combiner, au moins par voie humide, avec les alcalis. Par voie sèche, il forme des composés fusibles, stables à une température très-élevée, avec les oxydes de plomb, de cuivre, de manganèse et de plusieurs autres métaux.

L'oxyde d'argent contient :

Argent 93,10

Oxy^ne..., 6,90

8CL8 D*AB«Birr.

L'oxyde d'argent forme des sels neutres an papier réactif avec l'acide sulfurique, avec l'acide azotique, etc. U se combine avec l'acide carbonique ; le précipité blanc, qu'on obtient en versant une dissolution de carbonate alcalin dans l'asotata d'argent, est du carbonate neutre.

Plusieurs sels d'argent sont sohibles dans l'eau : les dissolu* lions ne s'altèrent pas sensiblement à la lumière diffuse. On doit éviter de les exposer à la lumière du soleil. Les sels insolubles noircissent avec plus ou moins de rapidité, soit à la lumière dif* fuse, soit à la lumière solaire ; le changement de couleur est toujours plus prompt pour les sels imprégnés d'eau. On conserve en général dans des flacons en verre bleu les sels cristallisés ou pulvérulents.

Les sels insolubles dans l'eau se dissolvent presque tous dans l'ammoniaque et dans le carbonate d'ammoniaque ; ils se précipitent sans altération Icnrsqu'on sature l'ammoniaque par l'acide asotique.

L'oxyde d'argent forme des sels doubles avec les sels ammo« niaeaux : ces composés sont presque tous solubles dans l'eau, dans l'ammoniaque et dans le carbonate d'ammoniaque.

Azotate dargmt. -— L'azotate neutre est fusible sans déoom* position ; il résiste asses^ bien au degré de chaleur auquel l'azo* tate de cuivre est entièrement décomposé.

n est soluble dans l'eau et même dans l'alcool. La dissolution dans l'eau, concentrée à la température de l'ébuliition, laisse déposer par refroidissement des cristaux asseï nets, des lamelles transparentes et nacrées.

Fondu ou cristallisé , il corrode promptement les matières organiques et les recouvre d'une pellicule noire d'argent métallique très-divisé. Mélangé avec le charbon, avec le soufre, avec le phosphore, il détone avec plus ou moins de force par la chaleur ou par le choc.

Sulfate. — Le sulfate neutre d'argent n'est complètement décomposé qu'au rouge vif, mais il perd une partio de son acide à une température peu supérieure au rouge sombre.

n est plus soluble dans l'eau bouillante que dans l'eau froide ; une dissolution concentrée à iOO degrés laisse déposer, par re«

froidissement, de petits cristaux prismatiques très-brillants. Il faut 88 parties d'eau froide pour dissoudre 1 partie de sulfate ; la dissolution se fait avec une grande lenteur lorsque le sel a été chauffé au rouge sombre.

Le sulfate d'argent est plus soluble dans l'eau acidulée par l'acide sulfurique que dans Teau pure ; il se dissout en forte proportion dans l'acide sulfurique un peu concentré, dans l'acide azotique, et généralement dans tous les acides qui ne forment pas de composés insolubles avec l'oxyde d'argent.

Le sulfate double ammoniacal est beaucoup plus soluble que le sulfate simple.

Oxalate. — L'oxalate est blanc, pulvérulent, insoluble dans l'eau, facilement soluble dans l'acide azotique ; il n^est pas nettement insoluble dans l'acide acétique. Il se dissout aisémoit dans l'ammoniaque et dans l'oxalate d'ammoniaque. Il est fadlement décomposé par la chaleur, et laisse comme résidu fixe l'argent métallique.

Phosphates. — On produit par doubles décompositions deux phosphates d'argent : l'un contient 3 équivalents d'oxyde d'argent, il est d'un jaune clair, gélatineux, difficile à laver; l'autre renferme seulement 2 équivalents d'oxyde d'argent , il est blanc, et aussi nettement insoluble dans l'eau que le phosphate jaune. Tous les deux se dissolvent dans l'adde azotique et beaucoup moins facilement dans l'acide acétique. Us sont très-solubles dans l'ammoniaque ; lorsqu'on sature l'ammoniaque par l'acide azotique trës-étendu, on obtient des précipités qui ont la même composition que les phosphates dissous dans l'ammoniaque.

Les phosphates sont fusibles au rouge sombre et ne sont décomposés par la chaleur qu'au rouge vif; la décomposition est incomplète : une partie seulement de l'argent est amenée à l'état métallique.

Arséniate. — L'arséniate préparé par double décomposition contient 3 équivalents d'oxyde d'argent pour 1 équivalent d'acide. Il est brun, gélatineux, difficile à laver.

Il est complètement décomposé au rouge vif ; l'argent métallique, résidu de la calcination, contient une proportion très-notablo d'arsenic. Il est insoluble dans l'eau; il se dissout aisémrat dans l'acide azotique un peu concentré et dans l'ammoniaque ; il est presque insoluble dans l'acide acétique.

CARACTÈass GÉNÉRAUX. — Nous prendrons comme exemple la dissolution d'azotate d* argent^ neutre ou faiblement acide ; c'est elle qui est le plus ordinairement obtenue dans les opérations analytiques..

Les dissolutions de potasse et de soude produisent des précipités bruns d'oxyde d'argent hydraté, insoluble dans un excès des réactifs, assez difficile à laver, mais ne retenant pas d'alcali en combinaison après des lavages suffisamment prolongés.

L'ammoniaque produit d'abord un précipité brun, mais il disparaît rapidement dans un excès de réactif. La dissolution ammoniacale est très-stable à la température ordinaire ; elle ne se trouble pas quand on ajoute un excès de potasse ou de soude ; lorsqu'on la fait chauffer à l'ébulUtion, après addition d'alcali^ on obtient un précipité pulvérulent, détonant par la chaleur et par le choc, d'argent fulminant.

Le même composé se forme, mais bien plus lentement, lorsqu'on fait chauffer la dissolution ammoniacale sans lui ajouter de la potasse ou de la soude.

Les carbonates alcalins produisent des précipités blancs de carbonate d'argent, nettement insoluble dans l'eau, très-peu soluble dans un excès des réactifs. Le carbonate est peu gélatineux ; on parvient aisément à le laver.

Le carbonate d'ammoniaque donne un précipité blanc qui se dissout avec facilité dans un excès de réactif. La dissolution n'est pas troublée, à froid, par les alcalis caustiques ; à l'aide de la chaleur, la potasse et la soude en précipitent l'argent, soit à l'état d'oxyde, soit à l'état fulminant, suivant la température à laquelle on opère.

Le cyanure de potassium, versé peu à peu dans la dissolution neutre d'azotate d'argent, produit un précipité blanc de cyanure d'argent, entièrement soiuble dans un excès du cyanure alcalin ; en acidulant faiblement la liqueur par l'acide azotique, on fait reparaître le précipité blanc de cyanure d'argent.

L'acide oxalique, agissant sur une dissolution neutre^ donne un précipité blanc d'oxalate d'argent, difficilement soiuble dans l'acide azotique étendu, soiuble avec facilité dans l'ammoniaque.

Le phosphate ordinaire de soude produit un précipité jaune de phosphate tribasique; le précipité se dissout rapidement dans l'acide azotique étendu et dans l'ammoniaque ; en saturant Tam-

moniaqiie par l'acide azotique, on obtient de nouveau un précipité jaune de phosphate. -

L*arfléniate de soude produit un précipité brun, égalemrat se* lubie dans rammoniaque et dans Facide azotique : ce précipité est de l'arséniate tribasique.

Le prussiate jaune donne un précipité bianc, insoluble dans Tacide azotique faible ; la réaction manque de netteté, lorsqu'on opère dans une liqueur fortement acide.

Le prussiate rouge, agissant sur une dissolution faiblement acide, produit un précipité gélatineux, d'an brun rougeàtre, analogue, pour sa couleur et pour son aspect, au peroxyde de fer hydraté précipité par l'ammoniaque.

L'hydrogène sulfuré, agissant en grand excès sur la dissoliition neutre, et même sur une liqueur contenant de l'acide azotique libre, précipite complètement l'argent à l'état do sulfure. Le précipité doit être lavé avec de l'eau saturée d'hydrogène sulfuré, jusqu'à ce qu'on lui ait enlevé la totalité de l'acide azotique dont il est imprégné : on peut ensuite continuer les lavages avec de l'eau pure. Le sulfure bien lavé ne s'altère pas au contact de l'air.

Dans les dissolutions qui ne contiennent pas d'adde azotique, dans les liqueurs ammoniacales, l'hydrogène sulfuré j^écipite complètement l'argent à l'état de sulfure : lé précipité peut être lavé avec de l'eau pure t il est peu utile d'employer de l'eau sa^ turée d'hydrogène sulfuré.

Le sulfhydrate d'ammoniaque, dans une liqueur neutre ou ammoniacale, précipite l'argent à l'état de sulfure noir, inso- ' lubie dans un excès de sulfhydrate. Le précipité se rassemble avec assez de promptitude : on peut le laver par décantation : il ne s'altère pas au contact de l'air, alors mette qu'il est imprégné d'ammoniaque.

Les sulfates alcalins, en dissolutions concentrées, agissant sur la dissolution neutre et concentrée d'azotate d'argent, produisent des précipités blancs de sulfate d'argent. Ce composé étant sralement peu soluble dans l'eau, le préoipité se dûsout progressivement lorsqu'on cherche à le laver : il ne se forme pas de précipité lorsqu'on opère avec des liqueurs étendues, et surtout avec des liqueurs acides.

Tous les sulfates solubles, dont les bases n'ont pas d'affinité pour l'oxygène^ se comportait comme les sulfates alcalins. Le

sulfate de protoxyde de fer, en dissolution très-conoantrée^ pro« diiit un précipité de nature variable ; on obtient un mélange de sulfate d'argent et d'argent métallique lorsque le sulfate de fer n'est pas employé en trop forte proportion : il ne se dépose que de l'argent métallique quand le réactif est en excès considérable, et quand on le fait agir à la température de 50 à 60 degrés.

n est très-difficile d'amener tout l'argent à l'état métallique par l'action du sulfate de protoxyde de fer.

L'acide chlorhydiîque éjtendu produit un précipité blanc de chlorure d'argent, se rassemblant en grumeaux par l'agitation, devenant d'un rose plus ou moins violacé à la lumière diffuse» lorsqu'il a été reçu sur un filtre.

La précipitation de l'argent est complète lorsqu'on opère sur une liqueur étendue, peu acide, et en même temps lorsqu'on évite d'employer un excès d'acide chlorbydrique. Le précipité se dissout dans l'ammoniaque ; il reparait lorsqu'on sature l'ammoniaque par l'acide azotique.

Les chlorures alcalins, et en général tous les chlorures solubles, produisent également un précipité blanc de chlorure d'ar-gent. Pour obtenir la précipitation totale de l'argent, il est nécessaire d'opérer avec des dissolutions étendues, en présence d'une faible proportion d'acide azotique libre, et d'éviter tout excès de chlorure alcalin ou de chlorure métallique.

Le précipité de chlorure d'argent se dissout ordinairement avec facilité quimd on ajoute un excès de chlorure soluble : le précipité ne se reproduit pas quand on verse de l'acide azotique éteada dans la dissolution.

Le protochlorure d'étain dissous dans l'acide chlorhydrique se comporte d'abord comme les autres chlorures, et produit un précipité blanc de chlorure d'argent; mais lorsqu'il est employé en excès convenable, et lorsqu'on fait chauffer vers 60 degrés, il agit comme réductif ; en très-peu de temps, le précipité produit est amené à ne contenir que de l'argent métallique.

La réduction du chlorure d'argent par le protoohlorure d'étain n'a pas lieu, lorsque la dissolution d'azotate d'argent contient une proportion un peu forte d'acide azotique.

Les bromures solubles se comportent comme les chlorures : ils produisent des précipités blancs de bromure d'argent> se ras« semblant par l'agitation, devenant gris lorsqu'il est exposé à la

86i MÉTAUX PROPREMENT DITS.

lumière diffuse après avoir été reçu sur un filtre, soluble dans rammoniaque et dans les dissolutions des bromures.

L'ioduro de potassium produit un précipité d'un blanc jaun&tre, d'iodure d'argent, insoluble dans l'ammoniaque, et devenant blanc au contact de ce réactif, soluble dans une dissolution un peu concentrée d'iodure alcalin , et dans Thyposulfite de soude. Le précipité d'iodure d'argent , reçu sur un filtre, exposé à la lumière diffuse, devient d'un gris de plus en plus foncé.

Le zinc, le cuivre et plusieurs autres métaux précipitent l'argent à l'état métallique. La précipitation est difficilement complète lorsqu'on fait agir les métaux sur une dissolution azotique un peu concentrée, contenant de l'acide azotique libre.

L'action des métaux est plus énergique sur les liqueurs ammoniacales, et même sur les composés insolubles de l'argent, imprégnés d'eau, ou bien d'acide chlorhydrique très-étendu, et de chlorure de sodium.

Matières organiques. — Diverses matières organiques s'opposent à la précipitation totale de l'argent par les alcalis, par les carbonates alcalins, par les phosphates.

Les actions de l'hydrogène sulfuré, du sulfhydrate, de l'acide chlorhydrique, des chlorures, des bromures, et des iodures, ne subissent en général aucune modification en présence des substances organiques.

Chalubieau. — L'oxyde d'argent, les sels et les divers composés formés par ce métal, chauffés avec de la soude, ou avec du carbonate de soude, à la flamme intérieure et sur le charbon, donnent des boutons d'argent métallique, caractérisé par sa couleur, sa malléabilité, sa solubilité dans l'acide azotique étendu.

Avec le borax et avec le sel de phosphore, au bout du fil de platine et à la flamme oxydante, l'oxyde d'argent n'est que partiellement réduit : il en est de même du chlorure, du bromure et de l'iodure d'argent. On obtient des perles laiteuses et opalines, qui contiennent une proportion notable de l'oxyde d'argent.

Avec le sel de phosphore, les perles sont un peu jaunâtres à la lumière du jour, et rougeàtres à la lumière d'une bougie.

A la flamme intérieure, avec le borax comme avec le sel de phosphore, tout l'argent est amené à l'état métallique.

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