‹ Docimasie. Traité d'analyse des substances minérales à l'usage des ingénieurs des mines et des directeurs de mines et d'usines (volume 3)Chapitre 23 sur 46 · WÈamB^e de l'argent · texte numérisé non relu

WÈamB^e de l'argent

On a rarement à déterminer l'argent dans les analyses. Dans quelques cas particuliers, par exemple pour déterminer la composition des espèces minérales de Targent, on doit faire des analyses exactes et doser ce métal ; mais généralement les minerais et les produits d'usines qui sont traités pour argent en renferment une proportion trop faible pour qu'on puisse eu faire le dosage : on le détermine par la voie sèche. Pour les monnaies, les bijoux, etc., on fait l'évaluation de l'argent par des liqueurs titrées.

Nous décrirons dans le paragraphe 4 les procédés d'essais pour argent par la voie sèche des diverses matières argentifères ; nous ne nous occuperons maintenant que du dosage, et de l'évaluation par les liqueurs titrées.

I»o0sise. — Considérons d'abord le cas le plus simple, la détermination de l'argent dans une liqueur azotique ne contenant aucun autre oxyde.

On précipite lîiu'gent à l'état de chlorure ; on pèse le chlorure desséché à 100 degrés, ou bien fondu dans une capsule de porcelaine tarée. On arrive à un dosage très-exact en prenant les précautions convenables.

On verse peu à peu de Tacide chlorhydrique faible dans la dissolution étendue, légèrement acide, qui contient l'azotate d'argent. Après chaque addition d'acide, on agite vivement pendant quelques minutes afin de rassembler en grumeaux la majeure partie du chlorure d'argent : il est indispensable de rendre la liqueur assez claire pour qu'on puisse reconnaître avec certitude si, en ajoutant quelques gouttes d'acide chlorhydrique^ on produit encore un précipité.

En opérant ainsi, on arrive à précipiter la totalité de l'argent à l'état de chlorure, en évitant d'employer un excès d'acide chlorhydrique. On fait chauffer entre 60 et 80 degrés^ jusqu'à ce que le chlorure d'argent soit nettement rassemblé : on laisse refroidir, et on examine attentivement la surface de la liqueur acide.

On voit fréquemment de petites pellicules de chlorure d'argent nager à la surface du liquide ; il faut alors décanter en faisant

passer la liqueur sur un filtre pesé d'avance, et laver le filtre à Fcau bouillante dès que la décantation est terminée. On lave le chlorure à deux reprises au moins par décantations avec de l'eau, en faisant chauffer chaque fois jusqu'à l'ébuUition et en lajssant refroidir avant de décanter. On cherche à enlever au chlorure d'argent les acides dont il est imprégné. Lorsqu'on pense avoir atteint ce résultat, on fait passer le chlorure sur le filtre ; on lave encore pendant quelque temps avec de l'eau bouillante ; on fait sécher à 100 degrés, et on pèse.

Le chlorure d'argent étant fort hygrométrique, on ne doit pas se contenter d'une seule pesée ; il faut faire chauffer le filtre avec le précipité à la température de 100 degrés et peser de nouveau. On continue ainsi jusqu'à ce que deux pesées successives accusent le même poids . En retranchant le poids du filtre, on obtient le poids du chlorure d'argent; on calcule ensuite la proportion de l'argent. Le nombre obtenu est ordinairement fort exact ; cependant il est prudent de vérifier l'exactitude des pesées en procédant de la manière suivante :

On sépare le précipité du papier; on fait de nouveau sécher le filtre à 100 degrés, et on le pèse. On détermine ainsi, par différence, le poids du chlorure d'argent qu'on est patvenu à détacher du papier. On met le chlorure dans une capsule do porcelaine pesée ou tarée avec exactitude ; on fait chauffer lentement jusqu'à fusion ; on pèse après refroidissement.

L'augmentation de poids de la capsule donne le poids du chlorure d'argent fondu, et, par conséquent, débarrassé de l'eau hygrométrique et des traces d'acides libres, que le précipité produit par l'acide chlorhydrique avait pu retenir après les lavages et après la dessiccation à 100 degrés. En tenant compte de la fraction du précipité qui est restée adhérente au filtre, on calcule la proportion de l'argent.

Observations. — Ainsi que nous l'avons dit précédemment, le chlorure d'argent est notablement volatil ; il donne des vapeurs très-appréciables à un degré de chaleur très-peu supérieur à celui auquel il entre en fusion. On doit toujours craindre de perdre un peu de chlorure par volatilisation pendant la fusion dans la capsule de porcelaine; il en résulte que la pesée du chlorure fondu ne donne pas toujours un résultat plus exact que la pesée du chlorure desséché seulement à 100 degrés.

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Il faut comparer les aouibres obtenus dans les deux pesées, et ne les considérer comme suffisamment exacts que dans le oas où il y a une différence très-faible entre les poids du chlorure desséché à 100 degrés et du chlorure fondu. Le poids du chlorure desséché est probablement un peu trop fort; celui du chlorure fondu est peut-être un peu trop faible. En prenant la moyenne des deux nombres (lorsque la différence est faible), on obtient pour le poids du chlorure d'argent un résultat probablement très-exact.

Le mode de dosage que nous venons de décrire fait porter sur l'évaluation de l'argent les erreurs qui peuvent être commises dans les pesées du filtre seul et du filtre contenant le chlorure d'argent. Il est très-difficile d'amener le filtre au même état de dessiccation pour les deux pesées. L'erreur qui provient de la différence d'état hygrométrique du papier est faible : négligeable lorsque la quantité d'argent à doser est un peu grande, elle a de l'importance lorsqu'il s'agit d'évaluer exactement un poids assez faible d'argent.

On ne peut l'éviter que dans les cas où le chlorure d'argent, précipité par l'acide ohlorhydrique, se rassemble nettement, sans qu'aucune pellicule vienne nager à la surface du liquide, après la précipitation et pendant les décantations successives. On peut alors faire passer dans une capsule de porcelaine, exactement tarée ou pesée, la totaUté du chlorure d'argent convenablement lavé ; on chauffe lentement jusqu'à fusion du chlorure, et on pèse ce composé dans la capsule : le poids obtenu permet de calculer très-exactement l'argent.

Il est malheureusement très-rare qu'on puisse opérer ainsi ; on voit presque toujours de faible» pelUcules de chlorure d'argent nager à là surface de la liqueur acide et des Uqueurs obtenues dans les lavages par décantations.

Dans le but d'éviter l'erreur qui peut résulter des pesées du filtre seul et du filtre avee le précipité, quelques chimistes conseillent d'opérer de la manière suivante :

On lave le chlorure par décantations, en faisant passer toutes les liqueurs décantées sur un filtre ; oa fait passer le chlorure bien lavé dans une capsule de porcelaine exactement pesée. On fait sécher le filtre et on le brûle à part dans une capsule de porcelaine, en cherchant à ne pas dépasser le degré de chaleur

strictement nécessaire à la combustion du papier. On réunit les cendres au chlorure, et on fait chauffer jusqu'à fusion ; on pèse après refroidissement.

En opérant ainsi, on arrive à un nombre un peu trop faible pour le poids du chlorure d'argent ; il y a toujours volatilisation partielle du chlorure pendant la combustion du filtre.

Nous ferons encore observer que dans la précipitation, pendant les lavages et la dessiccation, il est essentiel de préserver le chlorure d'argent de la lumière solaire, et qu'il faut même éviter la lumière diffuse un peu vive.

Il n'y a pas lieu de tenir compte de l'altération du chlorure par la lumière toutes les fois que le précipité a pris seulement une teinte violacée : si, au contraire, le chlorure est devenu d'un brun olivâtre, il est essentiel de lui rendre sa coloration blanche et sa composition normale avant de procéder à la pesée.

On ne peut opérer que sur le chlorure séparé du filtre, ou bien sur le chlorure qui n'a pas encore été filtré. On le met en contact avec de l'eau de chlore ; on expulse le chlore en excès par une douce chaleur lorsque le chlorure est devenu blanc.

Remarque. — Les erreurs qui peuvent être commises dans les pesées du chlorure d'argent sont, en général, moins grandes que celles auxquelles on est exposé dans la détermination de la plupart des métaux; on dose presque toujours l'argent avec une exactitude suffisante pour qu'on puisse établir la formule minéralogique des espèces minérales de l'argent.

Au contraire, lorsqu'il s'agit de déterminer l'argent dans les monnaies, dans les bijoux, dans l'argent brut ou dans l'argent raffiné, la pesée de l'argent à l'état de chlorure ne donne pas des résultats assez rigoureux : il faut se servir des liqueurs titrées, comme on le fait actuellement dans tous les laboratoires spécialement destinés aux essais des monnaies. Ce mode d'évaluation de l'argent est décrit dans tous les traités de chimie, et nous nous bornerons à un exposé très-succinct.

ÉwMaation par liqueurs titrëes. — On emploie trois liqueurs titrées : l'une, la dissolution normale^ contient du chlorure de sodium en proportion telle, que 100 centimètres cubes de la dissolution précipitent à l'état de chlorure exactement 1 gramme d'argent dissous dans l'acide azotique; une seconde liqueur

titrée, désignée sous le nom de dissolution décime^ renferme une proportion de chlorure alcalin telle, que 1 centimètre cube de la dissolution précipite exactement l milligramme d'argent; la troisième liqueur titrée, dite dissolution décime d argent^ contient 1 milligramme de métal fin par centimètre cube.

Opération. — On dissout dans l'acide azotique 1 gramme de l'argent brut ou raffiné, ou bien le poids p de l'alliage proposé qui doit contenir 1 gramme d'argent si l'alliage est au titre légal. On fait la dissolution dans un flacon d'environ 200 centimètres cubes de capacité ; on emploie toujours la même quantité d'acide, 10 centimètres cubes d'acide azotique, à la densité de 1,29. Lorsque les métaux sont dissous, on expulse les vapeurs rutilantes du flacon à l'aide d'un soufflet.

On verse dans le flacon 100 centimètres cubes de la dissolution normale, c'est-à-dire le volume de liqueur qui produirait la précipitation totale de 1 gramme d'argent fin. On bouche le flacon et on agite vivement jusqu'à ce que le chlorure d'argent soit nettement rassemblé, et la liqueur acide parfaitement limpide. On verse dans cette liqueur 1 centimètre cube de la dissolution décime. Il se produit quelquefois un précipité de chlorure d'argent, et ce précipité démontre que l'alliage^ est à une teneur plus élevée que le titre légal.

Considérons d'abord ce cas particulier : on agite de nouveau le flacon ; lorsque la liqueur est devenue claire, on verse encore 1 centimètre cube de la dissolution dëcime, et on continue ainsi jusqu'à ce que l'addition de 1 centimètre cube de la dissolution décime ne produise aucun trouble.

Soit m le nombre de centimètres cubes de cette dissolution qui ont produit un précipité ; il est impossible de savoir si la totalité ou seulement une partie du chlorure de sodium contenu dans le m"' centimètre cube a été utilisée pour compléter la précipitation de l'argent à l'état de chlorure. Dans le doute, on admet que la moitié seulement de ce centimètre cube a été employée utile*

ment : (m — ^j milligrammes d'argent ont été précipités par la dissolution décime. Le poids p de l'alliage contient, par conséquent, 1 gramme + (m — ^j milligrammes d'argent fin. Considérons maintenant un alliage dont la teneur en argent

est un peu inférieure au titre légal (on bien an titre présumé). L'addition du premier centimètre cube de la dissolution décime dans la liqueur azotique ne produit aucun trouble ; on ajonte à la liqueur 1 centimètre cube de la dissolution décime d'argent ; on agite vivement ; la liqueur devenue claire est dans le même état, relativement au chlorure de sodium, qu'avant Taddition des volumes égaux des deux dissolutions décimes.

On verse dans la liqueur 1 centimètre cube de la dissolution décime d'argent ; on agite lorsqu'il se produit un trouble, et on procède par additions successives de 1 centimètre cube de cette liqueur titrée, jusqu'à ce qu'on n'obtienne plus un léger trouble en ajoutant un nouveau centimètre cube. Soit n le nombre des

centimètres cubes qui ont produit un précipité In — ç] milligrammes d'argent ont du être ajoutés pour précipiter le chlore du chlorure de sodium encore contenu dans la liqueur acide ; le poids d'argent que renferme l'alliage mis en expérience est

p— (^—9) naîllîgrammes.

Lorsqu'on opère sur de l'argent brut ou sur de l'argent raffiné, on sait d'avance que les 100 centimètres cubes de la dissolution normale ont été plus que suffisants pour précipiter tout l'argent ; on peut verser directement les centimètres cubes de la dissolution décime d'argent, sans commencer, comme pour les alliages, par constater l'état de la liqueur acide en versant \ centimètre cube de la dissolution décime de chlorure de sodium.

Observations. — Dans tous les laboratoires d'essais des monnaies et des alliages de cuivre et d'argent, on dispose d'appareils très-commodes, qui permettent d'op^^ à la fois sur dix échantillons : on peut donc arriver en très^peu de temps à déterminer avec une grande exactitude la teneur en argent d'un grand nombre d'alliages. Les liqueurs titrées sont préparées d'avance ; mais il est indispensable de vérifier tous les jours le titre de la disse- « lution normale.

On dissout 1 gramme d'argent fin dans 10 centimètres cubes d'acide azotique ; on verse 100 centimëttes cubes de la dissolution normale ; on opère ensuite comme nous venons de l'exposer pour l'essai d'un alliage ; on tient note du nombre de centimètres cubes de la disaolution décime de chlorure de sodium, ou de la disso-

lution décime d'argent, qu'il faut ajouter pour arriver à la précipitation oomplète de i gramme d'argent, ou du chlore contenu dans les 100 centimètres cubes de la dissolution normale.

Cette détermination sert à corriger tous les résultats qui sont obtenus dans la môme journée, dans les essais des divers alliages, essais qui sont toujours faits comme nous l'avons dit, et en admettant que 100 centimètres cubes de la dissolution normale précipitent exactement 1 gramme d'argent fin.

On ne cherche à ramener la dissolution normale à son titre rigoureux que lorsque l'écart est devenu très-notable. Les déterminations dont nous venons de parler font connattre combien de chlorure de sodium, ou quelle quantité d'eau il faut ajouter à un volume de la dissolution normale, pour la ramener rigoureusement à son titre, c'est-à-dire pour que 100 centimètres cubes de cette dissolution précipitent exactement 1 gramme d'argent fin.

Lorsqu'on a modifié la dissolution normale par addition de chlorure de sodium ou par addition d'eau, il faut encore vérifier, avant de l'employer pour les essais des alliages, que son titre est rigoureusement exact.

On procède à cette vérification par deux séries d'opérations : dans chacune d'elles, on fait agir 100 centimètres cubes de la dissolution normale sur 1 gramme d'argent fin dissous dans 10 centimètres cubes d'acide azotique. On verse ensuite dans une des liqueurs acides, rendues claires par l'agitation, 1 centimètre cube de la dissolution décime de chlorure de sodium, et dans l'autre liqueur 1 centimètre cube de la dissolution décime d'argent; il ne doit se produire aucun trouble.

S'il se forme un trouble appréciable dans l'une de ces deux expériences, on détermine le nombre de centimètres cubes de la dissolution décime qu'on doit ajouter pour que la précipitation de l'argent ou du chlore soit complète ; on déduit de ces résultats la nouvelle modification qu'il faut faire subir à la dissolution normale, et on vérifie encore une fois son titre.

Ces tâtonnements exigent ordinairement très-peu de temps, et on parvient très-aisément à obtenir une dissolution telle que 100 centimètres cubes précipitent exactement 1 gramme d'argent fin dissous dans l'acide azotique.

Dans les laboratoires des usines on n'a généralement à essayer que l'argent brut et l'argent raffiné ; on ne doit opérer que sur

un très -petit nombre d'échantillons à des intervalles souvent assez longs; il est inutile d'avoir un appareil spécial, mais on doit suivre la même marche ; l'agitation est produite à la main ; la dissolution normale et les dissolutions décimes doivent être préparées pour chaque série d'expériences, ce qui allonge beaucoup les opérations.

Pour ce motif, le procédé d'évaluation de l'argent par liqueurs titrées^est rarement employé dans les usines et dans les laboratoires des ingénieurs ; c'est cependant le seul procédé qui puisse donner la teneur en métal fin de l'argent brut ou de l'argent raffiné, à moins de 1 millième. Lacoupellation, la détermination de l'argent par la pesée du chlorure, ne permettent pas d'atteindre une approximation aussi grande.

Remarque, — Le procédé d'évaluation dont nous venons de parler ne s'applique pas aux alliages qui renferment de l'étain, de l'antimoine, du mercure et du plomb.

Pour les alliages qui contiennent de l'étain et de l'antimoine. Faction de l'acide azotique produit des acides stannique et antimonique, insolubles dans l'acide azotique, se déposant avec une grande lenteur, et entraînant toujours une proportion très-appréciable d'oxyde d'argent.

Pour les alliages qui contiennent du plomb et du mercure, l'acide azotique dissout tous les métaux ; mais la liqueur acide renferme des azotates de plomb et d'oxydule de mercure. Le précipité produit dans cette liqueur par la dissolution de chlorure de sodium contient une proportion appréciable de chlorures de plomb et de mercure. Dans les deux cas il est impossible d'évaluer exactement l'argent en se servant des liqueurs titrées.

Prëcipitation de l*ari|;eiit à l'ëtai «le sulfure. — Les

procédés de dosage et d'évaluation de l'argent que nous avons décrits peuvent être appliqués à un certain nombre de minéraux ou de produits d'art, en général à tous ceux qui sont facilement solubles dans l'acide azotique, et qui ne contiennent pas de métaux formant des chlorures insolubles ou peu solubles dans l'acide azotique. La précipitation de l'argent à l'état de chlorure, par l'acide chlorhydrique ou par le chlorure de sodium, se fait avec netteté. Lorsqu'il faut peser le chlorure d'argent, son lavage peut être fait par décantations, sans difficultés spéciales; le poids

du chlorure d'argent, desséché ou fondu, donne pour le métal une approximation très-grande.

Au contraire, ces procédés ne sont pas applicables lorsque les minéraux contiennent du tellure, de l'antimoine, de Fétain, etc. Pour doser l'argent dans ces minéraux, on est obligé de suivre une marche toute différente.

Prenons pour exemple un alliage d'antimoine et d'argent.

ANTIMOINE ET ARGENT. — Ou attaquo par l'eau régale ; on ajoute un peu d'acide tartrique, et on étend de beaucoup d'eau ; on verse de l'ammoniaque en excès assez grand pour redissoudre le chlorure d'argent ; l'acide organique doit avoir été employé en quantité suffisante pour retenir la totalité de l'antimoine dans la liqueur ammoniacale. On verse du sulfhydrate en excès, et on laisse en repos pendant au moins un jour.

L'argent est entièrement précipité à l'état de sulfure, l'antimoine reste dissous à l'état de sulfosel. On lave longtemps le sulfure d'argent, par décantations, d'abord avec de l'eau chargée de sulfhydrate, et en dernier lieu avec de l'eau pure.

On procède à la détermination de l'antimoine contenu dans la dissolution, en suivant la marche que nous avons tracée précédemment. Nous nous occuperons seulement du dosage de l'argent. On peut peser ce métal : l"" à l'état de sulfure ; 2"" à l'état de sulfate; 3"" à l'état de chlorure.

Dosage à F état de sulfure. — On reçoit sur un filtre le sulfure d'argent lavé par décantations ; on le fait sécher à 100 degrés, on sépare le plus possible le sulfure du papier; on brûle ce dernier dans une capsule de porcelaine ; on mélange avec do la fleur de soufre les cendres du filtre, qui contiennent une petite quantité d'argent ; on réunit ce mélange au sulfure ; on place le tout dans un petit creuset de porcelaine, exactement taré ou pesé.

On fait chauffer très-lentement jusqu'au rouge sombre, h l'abri du contact de l'air. On doit prendre pour cette calcination les précautions que nous avons fait connaître pour le dosage du cuivre à l'état de sulfure.

On pèse le creuset de porcelaine après refroidissement : l'augmentation de poids est considérée comme représentant le sulfure d'argent A^S. On obtient ainsi un dosage assez exact ; la petite quantité d'argent qui a été amenée à l'état métallique, pendant la

combustion du filtre, passe à très-peu près entièremeat à l'état de sulfure pendant la calcination* La matière contenue dans le creuset répond presque rigoureusement à la formule A^S, et ce sulfure n'est pas sensiblement volatil au rouge sombre.

Doiage à tétat de stUfate. — ^ Le sulfure d'argent étant reça sur un filtre, desséché à 100 degrés, et séparé autant que possible du papier ; le filtre est brûlé seul dans une capsule de porcelaine préalablement pesée. On traite, dans la même capsule, les cendres et le sulfure par l'acide azotique un peu étendu : lorsque le sulfure est complètement attaqué, on ajoute un peu d'acide sulfurique, on chauffe très-lentement jusqu'au rouge sombre, afin d'obtenir l'argent à l'état de sulfate neutre. On pèse le sulfote dans la capsule, après refroidissement. Le sulfate neutre contient 69,i9pour 100 d'argent.

Ce mode de dosage est d'une application délicate : on doit toujours craindre des projections pendant l'évaporation à sec et pendant la calcînation au rouge sombre. Les projections étant évitées, on obtient pour l'argent une détermination fort exacte.

Dosage à F état de chlorure. — Le sulfure d'argent doit être lavé exclusivement par décantations; lorsqu'on lui a enlevé par des lavages prolongés tous les sels solubles dont il est imprégné, on le met en suspension dans l'eau ; on verse peu à peu de Facido azotique faible, et on fait chauffer à 80 degrés environ, jusqu'à ce que tout l'argent soit dissous ; on sépare par filtration le soufre imittaqué. On précipite ensuite l'argent à Tétat de chlorure^ en employant l'acide chlorhydrique faible ; on pèse le chlorure d'argent desséché à 400 degrés, ou fondu.

On obtient ainsi avec une grande exactitude la détermination de l'argent contenu dans la liqueur auotique. Les erreurs qui peuvent être commises proviennent principalement des opérations qui sont communes aux trois modes de dosage, et qui ont pour résultat la séparation de ^antimoine et de l'argent,

AifTiMOiNB, ARGENT ET PLOMB. — Pour aualyser un alliage contenant l'antimoine, le plomb et l'argent, on doit encore séparer l'antimoine parle sulfhydirate, comme dans l'exemple précédent. On obtient à l'état de sulfures le plomb et l'argent. On lave les sulfures par décantations^ d'abord avec de l'eau chargée de suifhydrate, ensuite aveo de Teau pure.

Ces lavages sont très-longs; on peut chercher à les abréger en faisant passer sur un filtre toutes les liqueurs décantées ; il faut alors laver le filtre après chaque décantation, le faire sécher à 100 degrés lorsque les lavages sont terminés, le brûler dans une capsule de porcelaine, et réunir les cendres aux sulfures qui sont restés dans la fiole. Nous ne nous occuperons pas de la dé« termination de Tantimoine; nous insisterons seulement sur la séparation du plomb et de l'argent.

On met les deux sulfures en suspension dans Teau ; on ajoute à de longs intervalles de petites quantités d'acide azotique faible ; on laisse Tacide agir à froid jusqu'à dissolution totale des métaux*

En opérant ainsi, on cherche à éviter la production d'une quantité notable d'acide sulfurique, et à obtenir la dissolution du plomb et de l'argent dans l'acide azotique.

Lorsque l'attaque des sulfures paratt être complète, on sépare par filtration le soufre indissous ; on verse peu à peu de l'acide chlorhydrique très-étendu, en agitant vivement après chaque addition d'acide, et en cherchant à n'employer que la quantité d'acide strictement nécessaire pour la précipitation de l'argent.

On lave le précipité par décantations avec de l'eau faiblement acidulée par l'acide azotique «, on le fait passer sur un filtre, et on achève le lavage avec de l'esu bouillante. L'argent est alors en totalité sur le filtre, mais il peut retenir encore un peu do chlorure de plomb; on ne doit pas considérer la séparation des deux métaux comme étant bien nette.

On porte sur une fiole propre Tentonnoir qui contient le chlorure d'argent bien lavé, on dissout le chlorure par l'ammoniaque faible ; on lave le filtre avec de l'eau ammoniacale. On laisse la liqueur en repos pendant vingt-quatre heures ; s'il se forme un nouveau dépôt, on le sépare par filtration, en employant le filtre qui a déjà servi. On lave de nouveau le filtre avec de l'eau faiblement ammoniacale; on termine le lavage avec de l'eau pure.

La dissolution ammoniacale contient tout l'argent ; on précipite ce métal à l'état de chlorure, en saturant l'ammoniaque par l'acide azotique ; on pèse le chlorure d'argent avec les précautions précédemment indiquées. Bon poids donne pour l'argent une détermination assez approchée. Le nombre obtenu ne peut cependant pas être très-exact; il est impossible de ne pas perdre

une fraction appréciable du métal dans les opérations si nombreuses qui précèdent la pesée du chlorure d'argent.

Le plomb se trouve en grande partie dans la liqueur acide, de laquelle on a séparé le chlorure d'argent; une portion, généralement très-faible du plomb a été recueillie sur le filtre sur lequel on a traité le chlorure d'argent par Tammoniaque. On dissout cette portion du plomb en lavant le filtre avec de Teau faiblement acidulée par l'acide azotique. On réunit la liqueur acide à la première ; on ajoute un peu d'acide sulfurique ; on évapore à sec, en terminant l'évaporation dans une capsule de porcelaine exactement pesée ; on fait chaufier au rouge sombre, et on pèse après refroidissement. On dose ainsi le plomb à l'état de sulfate. On obtient pour ce métal une approximation bien suffisante.

Argent et mercure. — L'examen des amalgames d'argent se présente dans deux conditions différentes. Certains amalgames contiennent seulement de l'argent et du mercure ; on détermine l'argent, on évalue le mercure par différence ; d'autres amalgames, par exemple ceux qui sont obtenus dans le traitement des minerais d'argent, contiennent de faibles quantités de métaux étrangers, de cuivre, de plomb, etc. ; l'argent est le seul métal dont le dosage offre de l'importance.

On doit procéder différemment dans les deux cas.

Amalgame pur. — On opère sur un certain poids d'amalgame, variable suivant sa richesse en argent de 1 à 5 grammes. On place l'amalgame dans un petit creuset de porcelaine exactement taré ; on fait chauffer avec la plus grande lenteur jusqu'à fusion de l'argent ; on pèse après refroidissement : l'augmentation de poids du creuset donne le poids de l'argent ; on calcule le mercure par différence.

La vaporisation lente du mercure est une opération très-délicate : si le feu n'est pas conduit avec les plus grands ménagements, les vapeurs de mercure entraînent une portion très-appréciable de l'argent ; il se produit même quelquefois des explosions qui projettent la totalité de la matière métallique en dehors du creuset. Lorsqu'on prend les précautions convenables, on obtient pour l'argent, et par conséquent pour le mercure, des déterminations très-exactes.

Amalgame impur. — Lorsqu'il s'agit de doser l'argent dans m

amalgame contenant un peu de cuivre et de plomb, il faut opérer la distillation lente du mercure dans une coupelle en os, sous le moufle. Lorsque tout le mercure est expulsé, on ajoute de 1 à 2 grammes de plomb pauvre et piu*, et on achève la coupellation comme nous l'expliquerons bientôt.

Tous les métaux étrangers s* oxydent ; les oxydes sont absorbés par la coupelle; l'argent reste sous forme d'un bouton, qu'on pèse après refroidissement.

Il y a toujours une perte appréciable d'argent dans ces opérations: le métal est partiellement entraîné par les vapeurs de mercure et par les vapeurs de plomb ; il se forme un peu d'oxyde d'argent, qui se combine avec la litharge, et pénètre dans la coupelle. La perte par volatilisation est notablement plus forte quand ou met le plomb pauvre dans la coupelle avant l'expulsion totale du mercure ; on évite plus difficilement les explosions qui se produisent lorsque la température est élevée trop rapidement.

En opérant avec les précautions convenables sur un amalgame contenant environ 1 gramme d'argent, de 3 à 4 grammes de mercure, et moins de 0^,10 de plomb et de cuivre, on ne parvient pas à éviter une perte de 0*^,003 à 0«',005 d'argent.

On n'arriverait pas à un dosage plus rigoureux en cherchant à peser l'argent à l'état de chlorure, et les opérations seraient beaucoup plus longues.

État cHlinliiae de l'arn^eiit. — Il est presque toujours impossible de reconnaître à quel état chimique se trouve l'argent dans les minerais un peu complexes, tels que les blendes, les galènes, les cuivres gris, etc. La proportion d'argent est trop faible pour qu'on puisse la déterminer rigoureusement, et l'analyse des minerais ne donne elle-même aucune indication nette sur l'état chimique du métal.

On peut résoudre la question dans quelques cas particuUers : nous citerons un seul exemple.

Étant donné un échantillon de la classe des minerais qu'on désigne en Amérique sous le nom de minerais rouges^ contenant du quartz, de l'argile, du calcaire, de la calamine, de l'oxyde de fer, mais ne renfermant pas une quantité appréciable de sulfures métalliques, on parvient à reconnaître si le minerai contient l'argent à l'état métallique, & l'état de carbonate, de sulfure, de

chlorure, de bromure ou d'iodure^ par la série d'opérations que Dous allons décrire. Nous ferons tout d'abord Tobservation quo les recherches qualitatives ne peuvent donner des résultats un peu nets, que si le minerai est à une teneur un peu élevée.

l"" On traite le minerai par Tacide acétique faible ; on laisse Tacide agir seulement pendant quelques heures à la température de 40 à 50 degrés, et, autant que possible, à l'abri du contact de Fair ; on filtre ; on verse quelques gouttes d'acide chlorhydrique dans la liqueur filtrée. La formation d'un trouble, ou d'un précipité de chlorure d'argent, démontre que le minerai proposé renferme du carbonate d'argent. Ce composé, est en effet le seul qui puisse être dissous par l'acide acétique étendu, agissant, pendant un temps très-court, à une température modérée.

2*" La partie du minerai qui n'a pas été dissoute par Facide acétique est lavée avec de l'eau, séchée à 100 degrés, et séparée du filtre. On la met en suspension dans une fiole contenant de l'ammoniaque étendue. On laisse l'ammoniaque agir pendant douze heures ; on décante, et on lave la partie indissoute par décantations , d'abord avec de l'eau faiblement ammoniacale , ensuite avec de l'eau pure. On sature l'ammoniaque des liqueurs décantées par l'acide azotique ; a*il se produit un précipité, on est assuré que le minerai contient de l'argent à l'état de chlorore ou de bromure.

Lorsqu'il ne se produit aucun trouble, on n'est pas toujours en droit de conclure que le minerai ne contient pas de chlorure ou de bromure d'argent. En effet, ces deux composés perdent assea promptement à la lumière leur solubilité dans l'ammoniaque; le résultat négatif de l'expérience ne peut avoir de signification que si le minerai a été soustrait à l'action de la lumière jusqu'au moment où on a fait agir l'ammoniaque.

Lorsqu'on obtient un précipité appréciable en saturant Tam^ moniaque par Facide azotique, on doit chercher à reconnaître s'il contient du chlore et du brome ou seulement l'un de ces deux métalloïdes.

On fait passer dans une petite capsule de porcelaine le pré« cipité produit par Facide azotique dans la liqueur ammonia* cale; après Favoir lavé par décantations, on Fexpose à une lumière diffuse un peu vive : le précipité devient assez promptement gris ou violacé. S'il prend la teinte gint^ f^ons passer par le

rose, on peut affirmer qu'il contient du brome ; s'il devient d'abord rose et ensuite violet, l'absence du brome ert démontrée. Cette expérience très-simple ne permet pas de constater si un minerai renfermant du bromure d'argent contient en même temps du chlorure.

On ne doit pas, en général, pousser plus loin les recbercbes, car on serait obligé d'entreprendre les opérations longues et délicates qu'exige la séparation du brome et du chlore ; ces opérations faites sur un poids très-faible de chlorure et de bromure d'argent, donneraient difficilement des résultats certains.

3* Pour constater la présence ou l'absence do l'iodure d'argent, on opère sur la matière indissoute par l'ammoniaque , après l'avoir convenablement lavée. On la met en suspension dans uqe dissolution un peu étendue d'iodure de potassium ; on laisse le réactif agir à l'abri du contact de l'air pendant environ douze heures ; on filtre , et on lave le résidu h l'eau bouillante. Oa constate la présence de l'argent dans la dissolution, en y faisant arriver un courant d'hygrogène sulfuré. La formation d'un précipité noir est, on général, une preuve suffisante de la présence de l'iodure d'argent dans le minerai proposé.

4' n reste à chercher si le résidu contient encore de l'argent à l'état métallique, ou bien en combinaison avec le soufre, l'arsenic, l'antimoine, etc. Il est possible de constater la présence de l'argent, en traitant le résidu, séparé du filtre, par l'acide aioti** que trèa-étendu, et en versant un peu diacide chlorhydrique dans la liqueur acide; mais la formation d'un précipité, en démon** trant la présence de l'argent, ne fournit aucune indication sur son état chimique. L'argent métallique, l'argent du sulfure, l'argent du sulfoarséniure, etc. , sont également dissous par l'acide azotique faible.

Quelques chimistes conseillent d'employer la trituration avec du mercure métallique, au lieu du traitement par l'acide azotique faible; mais l'emploi du mercure présente plusieurs inconvénients.

Le mercure dissout l'argent métallique, il attaque en totalité ou partiellement le sulfure d'argent ; on n'a donc pas dans l'amalgame seulement l'argent qui est à l'état métallique dans le minerai. Dans la distillation du mercure on perd facilement une petite quantité d'argent, en sorte que si on n'obtient aucun résidu

880 xMÉTAUX PROPREMENT DITS.

appréciable à la distillation, on ne peut pas affiimer que le minerai ne contient pas un peu d'argent natif ou de sulfure d'argent.

Le traitement par le mercure n'offre qu'un seul avantage : le mercure n'attaque pas sensiblement les sulfures complexes, les tellurures, etc. Ces composés doivent se trouver dans la matière qui a été séparée du mercure. En traitant cette matière par l'acide azotique faible, en essayant la liqueur acide par l'acide chlorhydrique, on peut constater la présence ou rd)sence do ces composés dans le minerai.

Observations, — En opérant sur un poids un peu fort du minerai, et en prenant, dans toutes les opérations, les précautions ordinaires des analyses, on peut obtenir des indications précieuses sur les proportions relatives des divers composés de l'argent. On peut rarement peser les précipités successifs , mais il est souvent possible d'estimer leurs volumes, et de reconnaître l'espèce minérale de l'argent qui domine dans le minerai proposé.

S. — Minéraux et minerais.

L'argent forme un assez grand nombre d'espèces minérales ; nous décrirons les caractères de celles qui ont le plus d'importance et nous citerons quelques exemples d'analyse. Nous donnerons quelques détails sur la composition et sur la richesse des principaux minerais.

Parmi les minerais, nous examinerons : Y argent natif; le sulfure; le sulfoarséniure ; le sulfoantimoniure ; le séléniure; le tellurure; le chlorwe ; le bromure et Viodure; Yantimoniure et Yamalgame (forgent.

AR«BIIT HATIF.

L'argent natif existe en petite quantité dans un grand nombre de localités, irrégulièrement disséminé dans divers minerais de cuivre, de cobalt, de nickel, etc. 11 accompagne presque toujours le chlorure d'argent. Il se présente moins fréquemment dans des filons ne renfermant pas d'autres minéraux métalliques, engagé dans une gangue de calcaire spathique. Les filons les plus

riches ^ contenant seulement de l'argent natif et du carbonate do chaux, sont exploités à Kongsberg (Norwége), à Minnesota (lao Supérieur)^ et dans plusieurs localités de T Amérique du Sud.

L'argent natif forme des ramifications de toute forme et de toute dimension dans la gangue calcaire. En séparant la gangue par des moyens mécaniques, on obtient l'argent à trèspou près pur, en masses pesant quelquefois plusieurs centaines de kilogrammes.

L'argent natif a généralement la texture compacte ou faiblement cristalline ; il est rarement en cristaux très-nets ; leur forme primitive est le cube ; les clivages sont parallèles aux faces de l'octaèdre ; sa densité est variable de 10,10 à 11,10.

L'argent natif contient assez ordinairement une proportion appréciable de mercure, de cuivre, d'or, et même d'antimoine et d'arsenic.

Analyse. — Nous prendrons un seul exemple d'analyse, celle d'un échantillon d'argent natif, dans lequel des recherches qualitatives ont fait reconnaître la présence du cuivre et de l'antimoine. Ces deux métaux sont presque toujours en proportion très-faible, ce qui oblige d'opérer sur un poids assez fort, de 4à 5 grammes, de l'argent proposé.

On attaque le métal par l'eau régale chlorhydrique ; on étend d'eau, on ajoute de l'ammoniaque et du sulfhydrate; on lave par décantations les sulfures précipités, en employant de l'eau chargée de sulfhydrate.

L'antimoine seul est dissous à l'état de sulfosel; l'argent et le cuivre restent insolubles à l'état de sulfures.

Antimoine. — L'évaluation de l'antimoine offi*e une difficulté spéciale : la dissolution contient une quantité de sulfhydrate énorme, relativement à celle de Tantiinoine. On décompose le sulfhydrate par l'acide chlorhydrique étendu ; on lave par décantations le précipité de soufre et do sulfure d'antimoine. Lorsqu'on estparvenuà dissoudre la totalité des sels ammoniacaux dont le précipité est imprégné, on traite ce précipité par l'acide chlor-

^ Les filons d^argent natif traversent des terrains de gneiss, de micaschistes, de trapp, de serpentine. Les filons du lac Supérieur sont au contact du trapp et du conglomérat: ainsi que nous l'avons déjà dit, Targent natif accompagne le cuivre natif dans presque toutes les mines du lac Supérieur.

hydriquo un peu concentré, à une douce chaleur» L'anlimoineeat promptement dissous ; on lave par décantations le soufre insoluble, en employant de Teau faiblement acidulée par l'acide chlorhy* drique et par Tacide tartrique. On précipite Tantimoine par l'hydrogène sulfuré.

Le précipité est accompagné d'une quantité de soufre libre extrêmement faible ; on le reçoit sur un filtre pesé d'avance, on lave le sulfure sur le filtre avec de l'eau froide, tant que le liquide présente la réaction acide, on fait sécher à 100 degrés, et on pèse. Ayant ainsi obtenu la somme des poids des soufres et de l'antimoinC) on procède au dosage du soufre.

Le précipité est trop peu abondant pour qu'on puisse le séparer du papier ; on met le filtre avec le précipité dans une dissolution de potasse; on fait chauffer à iOO degrés pendant plusieurs heures, et on fait arriver un courant de chlore. Lorsque le papier est entièrement dissous, on acidifie la liqueur par l'acide chlorhydrique, on expulse le chlore par la chaleur, on verso du chlorure de barium, on pèse le sulfate de baryte, après l'avoir lavé^ purifié et calciné. L'antimoine est évalué par différence.

Argent et cuivre, — Les sulfures d'argent et de cuivre, lavés par décantations, sont mis eia susponsion dans l'eau; on verse à de longs intervalles quelques gouttes d'acide azotique, jusqu'à ce que les deux métaux soient entièrement dissous. On sépare par filtration le soufre resté insoluble, on le brûle à très-basse température dans une petite capsule de porcelaine, afin de vérifier qu'on a bien la totalité des métaux dans la liqueur azotique. Lorsqu'on obtient un résidu appréciable, il faut le traiter par l'acide azotique concentré, et réunir la liqueur à la première.

Ces liqueurs acides contiennent seulement l'argent et le cuivre. On précipite l'argent par l'acide chlorhydrique, et on pèse le chlorure d'argent.

Après séparation du précipité, on verse de l'ammoniaque dans la liqueur acide : l'intensité de la coloration bleue donne une indication trèa-nette sur le procédé qu'il convient d'adopter pour la détermination du cuivre.

Lorsque la dissolution ammoniacale est faiblement colorée, on fait l'évaluation du cuivre d'après l'intensité de la coloration bleue ; quand, au contraire, la proportion du cuivre est un peu forte, on précipite le métal à l'état de sulfure ; on calcule la pro*

portion du cuivre d'après le poids du sulfure Cu'S, calciné au rouge sombre à Tabri du contact de l'air.

Ob$€rvations. — Ces opérations donnent des nombres suffisam-* ment approchés pour Tantimoine et pour le cuivre ; le nombre obtenu pour l'argent n'est pas très-rigoureux : il est difficile do ne pas perdre une petite quantité d'argent dans les lavages des sulfures.

SULFUBE D'ABOEHT.

On peut désigner en général sous le nom de sulfure ctarffini plusieurs espèces minérales qui contiennent l'argent à l'état de sulfure, isolé ou bien combiné, ou peut-être seulement mélangé d'une manière intime, avec d'autres sulfures métalliques, notam-* ment avec les sulfures de cuivre, de fer et de plombé Les variétés qui contiennent du plomb renferment aussi de l'antimoine, et il n'est pas possible de reconnaître par l'analyse si l'argent se trouve à l'état de sulfure.

Nous examinerons ici : le sulfure d'argent; le sulfure cF argent et de cuivre; le sulfure d argent et de fer^

Sulfure d'argent. — Le sulfure d'argent, seul ou mélangé avec divers sulfures métalliques, se présente en veines et en veinules dans un grand nombre de filons, dans le Washoe^ au Mexique^ au Chili^ en Saxe^ en Bohème^ etc.

Le minéral, exempt de tout mélange de sulfures métalliques, est quelquefois en cristaux assez nets; il se présente plus fréquemment avec la texture cristalline ou compacte. La forme primitive des cristaux est le cube ; les clivages sont très-peu nets, et parallèles aux faces du dodécaèdre.

L'argent sulfuré est d'un gris de plomb ; les échantillons sont souvent ternes et presque noirs à la surface ; ils ont un faible éclat à la cassure fraîche. Le minéral est très-tendre, il se laisse couper au couteau ; il est fusible à la flamme d'une bougie ; sa densité varie de 6,90 à 7,20.

Ses propriétés chimiques et sa composition sont celles que nous avons déjà décrites (page 882). Plusieurs échantillons nettement cristallisés ont donné à l'analyse de 86,39 à 86, 6S pour 100 d'argent, tandis que la formule Â^S répond à 87,0S d'argent pour 100 de sulfure.

Sulfure d'aroint et de cuivre* — Ce minéral a été trouvé

dans quelques mines de Sibérie et du GhiU, associé avec du cuivre pyriteux. Il forme des veinules peu puissantes et se présente dans des géodes en cristaux assez nets. La forme primitive des cristaux est le prisme rhomboïdal ; la forme la plus fréquente est le prisme à six faces ; l'angle des deux faces est de 119^,35'. Les clivages sont assez distincts. Le minéral est d'un gris d'acier; il a un peu d'éclat à la cassure fraîche; il est terne et presque noir à la surface; il est mou, et se laisse couper au couteau ; sa densité est de 6,20 à 6,30.

L'acide chlorfaydrique l'attaque difficilement ; l'acide azotique dissout promptement les métaux en séparant une partie du soufre à l'état libre.

Nous citerons quelques exemples numériques. Les échantillons analysés ont pu être séparés mécaniquement des gangues terreuses, et du cuivre pjrriteux, qui accompagnent le sulfure d'argent et de cuivre :

Sibérie. Siléiie. ChUi. Chili.

Arffeiit 52,«7 52,71 12,08 28,79

Cuivre 30,48 30,95 63,98 53,38

Fer 0,33 0,24 2,53 »

Soufre 15,79 15,92 21,41 17,83

D'après les analyses qui ont été publiées , l'espèce minérale pure doit être représentée par la formule Aj'S-t-Cw'S, qui répond aux nombres suivants :

Argent 53,10

Cuivre 31 ,10

Soufre 15,80

Dans un grand nombre d'échantillons, le sulfure double de cuivre et d'argent est intimement mélangé avec une proportion variable de sulfure de cuivre, Cm*S.

Sulfure d'argent et dk fer. — Le sulfure double d'argent et de fer, désigné sous le nom d'argent sulfuré flexible^ n'a été constaté que dans les mines d'argent de la Bohème et de la Saxe, n se présente en lamelles hexagonales groupées de diverses manières. La forme primitive est le prisme rhomboïdal droit. La

couleur est variable du bleu violacé au noir ; l'éclat est faiblement métallique à la cassure fratcbe. Les lamelles sont flexibles ; le minéral est très-tendre : il se laisse aisément couper avec le couteau ; il tache le papier comme la plombagine. Sa densité est de 4,21S.

U est partiellement attaqué par l'acide chlorhydrique un peu étendu; l'acide azotique, même très-faible, dissout les métaux avec rapidité.

L'analyse d'un échantillon provenant de Joachimsthal a doimé :

Argent 35,80

Fer 36,00

Soufre 30,00

Ces nombres conduisent à représenter la composition du minéral par la formule AffS+Fe''S^. On a cependant admis la formule A^S+SFe'S*. Elle exige des nombres un peu différents de ceux qui ont été fournis par l'analyse précitée, et les divergences sont trop grandes pour qu'on puisse les expliquer par des erreurs commises dans les dosages. La formule répond à :

Fer 33,75

Soufre 33,75

n nous paraîtrait plus rationnel d'admettre le mélange intime du sulfure double, A^S-+-2F^S, avec une proportion variable de pyrite de fer, répondant à la formule F^*S'. Nous n'avons pas, du reste, à discuter ici cette question théorique.

Ai«ALTSE. — Nous prendrons pour exemple l'analyse d'un échantillon cristallisé contenant, à l'état de sulfures, l'argent, le cuivre et le fer. On a l'obligation de faire tous les dosages dans la même série d'opérations. De plus, on ne peut consacrer à l'analyse qu'un poids assez faible du minéral.

On traite le minéral porphyrisé par l'eau régale bouillante, car il est essentiel de produire la dissolution totale du soufre. On fait chauffer pendant quelques heures à 100 degrés; on étend de

beaucoup d'eau, et on laisse le chlorure d'argent se déposer par un repos prolongé.

On le lave par décantations avec de l'eau faiblement acidulée par de l'acide azotique. On le reçoit ensuite sur un filtre pesé ; on achève le lavage avec de l'eau bouillante; on fait sécher à 100 degrés, et on pèse de nouveau. L'augmentation de poids du filtre donne pour le chlorure d'argent une détermination suffisamment exacte.

Nous devons cependant faire observer que la liqueur acide dans laquelle le chlorure d'argent a été précipité, contenant des chlorures de cuivre et de fer et de l'acide chlorhydrique libre, l'insolubilité du chlorure d'argent n'est pas rigoureusement nette. L'erreur qui en résulte pour le dosage de l'argent est trop faible pour avoir une influence appréciable dans le calcul de la formule minéraiogique.

Les liqueurs acides très^étendues coatiennent l'acide sulftirique, les oxydes de fer et de cuivre, avec une proportion aases forte d'acides azotique et chlorhydrique. On prédpite l'acide sulfurique par le chlorure de barium, en n'employant que la quantité de réactif strictement suffisante pour la précipitation; on pèse le sulfate de baryte après l'avoir lavé, purifié et calciné.

Le poids obtenu est un peu faible, car le sulfate de baryte est un peu soluble dans l'acide azotique ; l'erreur qui est commise sur le soufre est , du reste , très-faible : elle peut être considérée comme négUgeable, en raison de la petitesse du coefficient par lequel on doit multipUer le poids du sulfate de baryte pour obtenir le soufre.

Pour doser le fer et le cuivre, on fait arriver de l'hydrogène sulfuré dans la liqueur acide très-étendue ; on sature progressivement par l'ammoniaque les acides Ubres et l'hydrogène sulfuré; on bouche la fiole, et on attend que les sulfures soient nettement rassemblés. On les lave par décantations avec de l'eau presque saturée d'hydrogène sulfuré, jusqu'à ce qu'on leur ait enlevé la totalité des acides dont ils sont imprégnés. Ces lavages suffisent pour dissoudre la totalité de la baryte, qui se trouve en proportion très-faible dans la liqueur acide.

On traite les sulfures par l'acide chlorhydrique, on ajoute quelques gouttes d'acide azotique pour faciliter la dissolution du cuivre ; on sépare par filtration le soufre indissous. On précipite

le cuivre par Thydrogène sulfuré ; on pèse le sulfure de cuivre calciné au rouge sombre à l'abri du contact de l'air.

Pour déterminer le fer, on expulse l'hydrogène sulfuré, on sépare le soufre, en ajoutant de l'acide azotique, et on fait chauffer à 100 degrés pendant plusieurs heures. On précipite enfin le peroxyde de fer par l'ammoniaque, et on le pèse après calcination au rouge.

ANTlMomime l>'ABGBltT.

L'antimoniure d'argent existe en veinules dans des filons contenant d'autres minéraux de l'argent, divers sulfures métalliques, de l'arsenic natif, etc., à Wittichen (Souabe), à Andreasberg (Harz), à Casalla (Espagne) et dans quelques localités de l'Amérique du Sud.

Il est quelquefois en cristaux prismatiques accolés, et plus ordinairement en petites masses à texture cristalline ou compacte. La forme primitive est le prisme rhomboïdal droit, dont l'angle est de 119%30^ Les cristaux et les échantillons à texture cristalline présentent deux clivages; le plus facile est parallèle à la base du prisme.

La couleur est le blanc d'argent; l'éclat est métallique, mais il se ternit promptement au contact de l'air humide. Le minéral est assez dur et fragile : sa densité varie de 9,44 à 9,80.

L'antimoniure d'argent est incomplètement attaqué par l'acide chlorhydrique ; il l'est, au contraire, très-facilement par l'acide azotique et par l'eau régale.

On n'a signalé, dans les échantillons analysés, que de l'argent et de l'antimoine*

Nous citerons quelques exemples d'analyses :

Altwoirach (Bade). ADdreaiberg (Hari).

Argent 76.00 84,00 75,25 78,00

Antimoiae,... 24,00 16,00 24,25 22,00

Arseniure d'argent. — Cette espèce minérale n'est pas encore bien définie. On donne le nom di argent arsenical à des minéraux, qui existent dans un assez grand nombre de filons, et qui renferment principalement de l'arsenic, de l'argent et du fer. On a

constaté la présence du soufre dans presque tous les échantillons qui ont été analysés.

Ces minéraux se présentent en veinules à texture lamellaire ou grenue, d'une couleur variable du blanc d'argent au gris d*aoier; ils sont durs et fragiles; leur densité varie de 8,00 à 8,15. Us sont inattaquables par Tacide chlorhydrique.

Nous citerons quelques exemples numériques. Les échantillons analysés proviennent à! Andreasberg (Harz) :

Argent 14,06 6,56 14,06

Fer 17,80..... 58,25 80,25

Arsenic 62,90 38,29 59,94

Soufre 5,00 16,87 5,75

Ces résultats paraissent démontrer que les échantillons analysés contiennent à l'état de mélange intime de Tarseniure d'argent, de l'arseniure de fer, du mispickel, et même des pyrites de fer.

ABSÊmOtULrDBB BT AlITIIIOinOSULrDmE vhMAwan.

On distingue plusieurs espèces minérales contenant du soufre, de l'argent, de Tarsenic ou de l'antimoine. Deux seulement sont bien caractérisées, ce sont Yantimomosulfure^ et Yarséniosul/itre^ dans lesquelles le sulfure acide contient autant de soufre que le sulfure d'argent. Pour les autres, il est difficile de poser des formules certaines ; les analyses des échantillons provenant de diverses localités donnent des proportions un peu variables pour le soufre, pour Tarsenic et l'antimoine, et pour Targent^ Ces minéraux renferment des proportions également peu constantes de fer, de plomb et de cuivre.

Nous les désignerons sous le nom de sulfiires complexes, et nous citerons quelques exemples de leur composition.

Antimoniosulfure. — Argent rouge. — Ce minéral, presque toujours accompagné de calcaire spathique, se présente en veinules, en géodes, en rognons isolés, dans un grand nombre de filons, au Harz, en Hongrie, en Saxe, en Norwége, en Espagne, au Mexique, dans l'Amérique du Sud.

On le connaît en cristaux très-nets, en petites masses à texture cristalline, granulaire ou compacte. Les cristaux les plus fré*

quents sont des rhomboèdres, des prismes à six faces, des dodécaèdres, portant des modifications nombreuses. La forme primitive est le rhomboèdre, dont l'angle est de 108*',42^ ; les clivages, peu nets, sont parallèles aux faces du rhomboèdre.

L'argent rouge est d'une couleur un peu variable, du noir faiblement rouge&tre au rouge cochenille ; la poussière est toujours d'un brun rouge; l'éclat est presque métallique. Le minéral est peu dur, il se laisse aisément réduire en poussière très-fine ; sa densité varie de 5,70 à 5,90,

n est inattaquable par l'acide chlorhydrique un peu étendu ; l'adde azotique et l'eau régale l'attaquent avec facilité.

Nous donnerons dans le tableau suivant la composition de quelques échantillons :

Andreafberg. Meilque. Chili.

Argent 5S,95 60,20 58,00

▲ntiiiioiiie... S2,85 31,80 33.15

Soufre 16,60 18,00 18.85

Ces nombres conduisent à la formule 3A^S+S6'S', qui donne :

Argent 59,00

Antimoine 33,50

Sonfre 17,50

Arséniosulfdre. — Proustite. — Ce minéral a été trouvé dans un grand nombre de localités, en Saxe, en Bohème, en Espagne, au Mexique, au Pérou, au Chili, etc., formant dans les filons des veinules peu puissantes, ou tapissant les géodes en cristaux assez nets. 11 est presque toujours en cristaux ou en masses à texture cristalline; il a rarement la texture compacte. La forme primitive des cristaux est le rhomboèdre, dont l'angle est de 107'*,48'.

Il est translucide ; sa couleur est le rouge cochenille ; son éclat est adamantin ; sa densité est de 5,422 à 5,860. Il est tendre et fragile. L'acide chlorhydrique étendu ne l'attaque pas ; l'acide azotique et l'eau régale exercent une action très-vive sur l'arséniosulfure d'argent.

Ce minéral est accompagné très-fréquemment d'argent rouge : d'après les analyses qui ont été publiées, la présence presque

constante de Fantimoîne semble démontrer le mélange d*une proportion variable d'antîmoniosulfiire avec l'arséniosulfare. Nous citerons seulement deux exemples numériques :

JoMbhMttiil. Péroa.

Argeit 64,67 63,25

Arsenic f5,09 13,15

AnUmoiM 0,69 3,80

Soufre 19,31..... 19,35

99,96 'Sq^

Ces nombres conduisent à une formule analogue à celle de l'argent rouge.

Sulfures complexes. — Nous parlerons seulement des deux es* pëces minérales, auxquelles on a donné les noms de Fretslebeniie et de Polybasite.

Freislebenite, — Ce minéral a été signalé dans un petit nombre de localités, notamment & la mine de Himmelsfurst (Saxe), et dans les mines de Kapnik (Transylvanie). Il est accompagné de galène, de sulfure d'argent, de bournonite. U se présente en cristaux assez nets, et en petites masses à texture cristalline, possédant un éclat presque métallique, d'une couleur un peu variable, du gris d'acier au blanc légèrement gris. Il est d'une faible dureté ; sa densité varie de 6,00 à 6,40.

La forme primitive.des cristaux est le prisme rhomboîdal droit; les clivages sont parallèles aux faces du prisme.

La composition de la Freislebenite ne peut ôtre représentée par une formule suffisamment simple ; les échantillons analysés jusqu'à présent contiennent du soufre, de l'antimoinei de l'argent, du plomb, du fer et du cuivre. Peut-être est-îl permis de les considérer comme contenant, à l'état de mélange intime, un antimoniosulfure défini de plomb et d'argent avec une proportion un peu variable de bournonite.

Nous citerons deux exemples numériques : les échantillons proviennent de la mine Himmelsfurst, près de Freyberg (Saxe).

Argent 22,18 23.78

Plomb 30,00 30,08

Cuivre 1,62 »

Fer 0,11 >

▲ntliiolie. .. 27,72 27,06

Soufre 18,77..... 18,72

Polybasite. — Ce minéral a été trouvé dans les mines du Mexique, de Saxe, de Hongrie, etc., accompagné de pyrites de fer et de calcaire spatbique. Use présente en cristaux, enmouches, en veinules à texture cristalline ou compacte. Les cristaux ont la forme de tables hexagonales, portant sur la base des stries trësnettes, qui se coupent sous l'angle de 60 degrés; les clivages sont indistincts. La couleur est le gris presque noir; l'éclat est métallique ; la densité est de 6,211.

La Polybasite n'est pas attaquée par l'acide chlorhydriquo faible. Sa composition ne peut être représentée par une formule simple î on a trouvé dans les échantillons analysés des proportions très-variables de fer, de cuivre, d'argent, d'antimoine, d'arsenic et de soufre.

Nous citerons quelques exemples :

Meiiqyo. SehMBDilc Freyborg. Coreottiill^*

Argent 64,29 72,43 69,99 72,01

CuiYTe 9.95 8,04 4,11 3,36

Per..« 0,06... .« 0^ 0,99 0,34

Zinc 9 0,50 > ..... »

Antimoine.... 5,09 0,25 S,39 5.46

Arsenic 5,74 6,23 1,17 3,41

Unîn i7,04 16,85 16,36 15,87

Aniii|r»«. *- Nous décrirons comme exemple l'analyse d'ua échantillon de sulfure complexe, contenant du soufre, de l'arsenic, de l'antimoine, de l'argent, du plomb, du fer et du cuivre. Cet exemple suffira pour faire comprendre de quelle manière on doit conduire l'analyse des diverses espèces minérales qui contiennent de l'argent, de l'arsenic, de l'antimoine et du soufre.

Il faut faire deux séries d'opérations, l'une pour la détermination du soufre, l'autre pour les dosages des métaux et do l'arsenic.

Détermination du sotifre. — On attaque par l'acide azotique 1 gramme du minéral porpbyrisé ; on étend d'eau ; on ajoute de la potasse en excès, et on fait arriver un courant de chlore presque jusqu'à la saturation de l'alcali. Lorsque la partie insoluble est nettement rassemblée, on la lave longtemps par décantations. Dans les liqueurs décantées on cherche seulement à doser l'acide sulfurique.

On acidifie faiblement par Tacide chlorhydrique, on fait chauffer pour expulser le chlore ; on ajoute un peu d'acide tartrique; on étend de beaucoup d*eau, et on précipite Facide sulfurique par le chlorure de barium. On purifie le précipité avec les précautions que nous avons recommandées dans notre premier volume ; on pèse le sulfate de baryte. Son poids permet d'obtenir pour le soufre une approximation bien suffisante.

Nous ferons observer que dans cette série d'opérations il est possible d'effectuer les dosages de l'arsenic, de l'antimoine et des métaux; mais il vaut mieux diviser l'analyse en deux parties, toutes les fois qu'on peut disposer d'un poids assez grand du minéral.

Dosages de l'ârsenic et des métaux. — On opère sur 1 gramme, et lorsque cela est possible sur 2 grammes du minéral porphyrisé. On l'attaque par l'acide chlorhydrique concentré, auquel on ajoute de temps en temps quelques gouttes d'acide azotique. Lorsque le minéral est complètement attaqué, on ajoute de l'acide tartrique, on étend de beaucoup d'eau, et on laisse le chlorure d'argent se rassembler. On lave le chlorure par décantations avec de l'eau faiblement acidulée par l'acide azotique et par l'adde tartrique.

Le chlorure d'argent, bien lavé, est mélangé de soufre libre; il retient peut-être une certaine proportion de chlorure de plomb. On le traite par Tammoniaque faible ; le chlorure d'argent se dissolvant presque immédiatement , on n'a pas à se préoccuper de Faction lente que Fammoniaque peut exercer sur le soufre. Dès que le chlorure d'argent est dissous, on lave le soufre insoluble, d'abord avec de l'eau faiblement ammoniacale, ensuite avec de Feau pure.

En examinant le soufre indissous, ou bien en le traitant par le sulfhydrate, on reconnaît aisément s'il est mélangé d'oxyde de plomb hydraté. Dans ce cas on doit traiter le soufre (ou le sulfure de plomb produit par le sulfhydrate) par l'acide chlorhydrique un peu concentré, et réunir la liqueur à celle qui contient les autres métaux.

Argent. Pour doser l'argent, on acidulé par Facide azotique la liqueur ammoniacale qui contient seulement le chlorure d'argent; on pèse le chlorure avec les précautions précédemment indiquées.

Lo traitement de la liqueur acide ne présente pas de difficultés spéciales : cette liqueur contient Tarsenic, l'antimoine, le plomb, le fer et le cuivre. Onfait arriver un courant très-rapide d'hydrogène sulfuré ; on sature progressivement par Tammoniaque les acides et l'hydrogène sulfuré ; on lave les sulfures insolubles par décantations avec de l'eau chargée de sulfhydrate.

L'arsenic et l'antimoine sont dissous à l'état de sulfosels ; le cuivre, le plomb et le fer sont précipités à l'état de sulfures.

On détermine l'arsenic et l'antimoine en suivant la marche que Arsenic nous avons tracée plusieurs fois : on décompose le sulfhydrate i^umoine. par l'acide chlorhydrique étendu ; on pèse sur un filtre préalablement taré le précipité de soufre, de sulfure d'arsenic et de sulfure d'antimoine. En opérant sur 1 gramme de ce précipité, on détermine le soufre. On calcule la somme des poids de l'arsenic et de l'antimoine.

On traite une autre partie du précipité par l'acide chlorhydrique un peu concentré, afin de dissoudre l'antimoine ; on précipite le métal à l'état de sulfure par l'hydrogène sulfuré, et on procède à l'évaluation de l'antimoine. L'arsenic est calculé par différence.

Le mode de traitement des sulfures insolubles dans le sulfhy- piomb, drate dépend principalement des proportions relatives du plomi), ^^^® du cuivre et du fer. Nous admettrons que le fer est en très-petite quantité.

On dissout les métaux en traitant les sulfures par l'acide chlorhydrique et en ajoutant quelques gouttes d'acide azotique; on fait arriver de l'hydrogène sulfuré, et on étend d'eau.

On précipite ainsi le cuivre et le plomb à Tétat de sulfures : le fer reste seul dans la liqueur acide.

On expulse rhydrogène sulfuré; on sépare le soufre; on fait passer le fer à l'état de peroxyde^ et on précipite cet oxyde par l'ammoniaque ; on pèse le peroxyde de fer calciné.

On fait passer les sulfures de cuivre et de plomb dans une capsule de porcelaine ; on les traite par l'acide azotique et par l'acide sulfurique ; on évapore à sec et on fait chauffer progressivement au rouge sombre.

On traite le résidu par l'eau. La liqueur contient le sulfate de cuivre et un peu de sulfate de plomb ; on achève la séparation des deux métaux en traitant la liqueur par l'ammoniaque et par le carbonate d'ammoniaque. On sépare le précipité, on le lave

assez longtemps pour lui enlever les sels ammoniacaux dont il est imprégné.

On fait passer dans une capsule pesée d'avance^ le sulfate de plomb qui est resté insoluble dans Teau et le prédpité produit par l'ammoniaque ; on imprègne la matière d'acide sulfurique ; on fait de nouveau chauffer au rouge sombre^ et on pèse le sulfaite de plomb dans la capsule : d'après le poids du sulfate^ on calcule avec assez d'exactitude la proportion du plomb.

On fait enfin, soit l'évaluation du cuivre d'après Finteiisité de la coloration bleue de la liqueur ammoniacale, soit le dosage du métal à Tétat de sulfure.

SÈLÉNIUaCS ET TELLUBUEE D^AESEKT.

Séléniures. — On admet deux séléniures d'argent : le sélénîure AySe, et le biséléniure A^Sc*. Ces deux espèces minérales sont extrêmement rares ; on n'a même publié aucune analyse exacte du biséléniure. Le séléniure cuivreux, Eukairite^ a été mieux étudié. Ces minéraux sont tous inattaquables par les acides non oxydants, et facilement attaqués par l'acide azotique et par l'eau régale. On les distingue aisément des autres espèces minérales de l'argent par l'odeur de raifort qu'ils dégagent au chalumeau.

Séléniure AgSe. — Le protoséléniure n'a été rencontré que dans la mine de Tilkerode (Harz), en petits cubes parfaitement nets, en lamelles très^minces, en veinules à texture compacte ou grenue. Il est d'un gris très-foncé ; son éclat est métallique ; il est mou et se laisse couper au couteau ; sa densité est de 8,00.

L'analyse d'un échantillon a donné :

ArgMit 6C»»86

Plomb 4,91

Séléainm 59,55

Biséléniure A^Se*. — Le biséléniure n'a été trouvé qu'au Mexique, en petites tables hexagonales, dont les angles sont arrondis. Les recherches qualitatives auxquelles on a soumis quelques échantillons semblent prouver qu'il contient une proportion de sélénium plus grande que celle du protoséléniure ; mais l'existence des composés A^&e* n'est pas encore bien dé« montrée.

Eukairùe. — Le séiéniure double d'argent et de cuivre a été trouvé en petites masses à texture compacte, à Skritherum (Suède) ; le minéral est en veinules dans le calcaire spathique, et en fibres très-déliées, pénétrant dans toutes les fissures de la gangue calcaire.

n est d'un blanc gris&tre, mou, facile à couper au couteau. L'analyse d'un échantillon a donné les nombres suivants :

Argent 38,«(

Cuivre. 23.05

Séléniam 26,00

Gangue 8,90

Ces nombres conduisent à la formule Â^S«+Cti*S«.

Tellurure d'argent. — On n'a rencontré le tellurure d'argent que dans la mine de Savodinsky (Sibérie), et dans celles de Nagyag et Retzbanya (Transylvanie), dans des filons traversant les schistes talqueux, et contenant divers sulfures métalliques, notamment les pyrites de fer et de cuivre, et la blende noire.

n se présente en masses à texture grenue ou cristalline, dans lesquelles on ne constate aucun clivage un peu net. Sa couleur est variable du gris de plomb au gris d'acier ; il a un certain éclat à la cassure fraîche. Il est mou, mais il se laisse couper an cou* teau plus difficilement que le sulfure d'argent; sa densité varie de 8,30 à 8,90.

Nous citerons quelques-unes des analyses qui ont été publiées :

SiTodiniky. Mgres* ftelibeûji.

Argent 68,42 61,55 60,35

Or » 0,69 1,60

Fer 0,24 t 0,1S

TeUure W,96 37,76 W/»

D'après ces nombres, on doit représenter la composition du tellurure d'argent par la formule A^Te, qui répond à 62,80 pour 100 d'argent.

Nous ne décrirons pas l'analyse des séléniures et du tellurure; nous avons donné dans notre premier volume des détails suffi-

sants sur la marche qu'il convient de suivre pour séparer des métaux, et pour doser le sélénium et le tellure.

GHLORUmC. — BIOMUBE. — lODURE D'AEaBHT.

Chlorure d'argent. — Le chlorure existe en faible proportion dans un très-grand nombre de filons ; on ne Ta rencontré en masses un peu considérables que dans les mines de l'Amérique du Sud, du Mexique, de Sibérie, de Norwége, etc. Cette espèce minérale a fourni la plus grande partie de l'argent qui a été retiré des anciennes mines de Guadal-canal (Espagne).

n se présente sous les aspects les plus divers : en petits cristaux cubiques ou octaédriques, disséminés avec la plus grande irrégularité dans des terres colorées en rouge par du peroxyde de fer, en noir ou en gris par des argiles bitumineuses; en petites masses concrétionnées ou cristallines, tapissant les géodes des filons; en veines ou en veinules nettement séparées des gangues terreuses et des matières métalliques qui accompagnent le chlorure d'argent dans les filons ; en veines assez puissantes, à texture terreuse, contenant diverses matières intimement mélangées avec le chlorure d'argent.

Certains échantillons contiennent du peroxyde de fer hydraté à l'état de mélange presque régulier, et présentant la couleur et l'aspect du peroxyde de fer ; on ne peut reconnaître la présence du chlorure d'argent que par la pesanteur, ou par des recherches qualitatives.

La couleur du chlorure d'argent exempt de tout mélange de matières étrangères et conservé à l'abri de la lumière, varie du gris perlé au vert pâle ; elle passe rapidement au bleu violacé, au gris^ au brun plus ou moins foncé, lorsque l^s échantillons ont été exposés à une lumière plus ou moins vive. L'éclat est résineux ; la densité varie de S,31 à S,43.

Le minéral est très-tendre ; il se laisse très-aisément couper au couteau. La composition et les propriétés chimiques sont celles du chlorure artificiel AgCL

Bromure d'argent. — Le bromure accompagne assez fréquemment le chlorure ; mais il est beaucoup moins abondant. Il se présente en petits cristaux isolés, dont la forme est le cube ou

Toctaèdro, ou on petites masses concrétionnées. La couleur varie (lu jaune verdâtrc au vert d'herbe et au vert olive ; les échantillons deviennent promptement noirs à la lumière.

L'éclat est plus vif que celui du chlorure; la densité varie de 5,80 à 6,00. La composition est celle que représente la formule AgBr. Les propriétés sont celles du bromure artificiel. Lorsque le minéral n'a pas été altéré parla lumière, on le dissout entièrement et facilement par Fammoniaque.

Chlorobromuke d'argent. — Dans les mines qui contiennent les deux espèces minérales dont nous venons de parler, on a rencontré de petites veinules à texture cristalline ou compacte, des cristaux cubiques ou octaédriques, contenant le chlorure et le bromure d'argent intimement mélangés ou combinés. Les analyses qui ont été faites ont constaté des rapports très-simples entre les proportions des deux composés de l'argent, ce qui a permis de représenter par des formules la composition de quelques cristaux. Les échantillons à texture compacte ne paraissent pas contenir de combinaisons définies du chlorure et du bromure.

Le chlorobromure est d'un vert plus ou moins foncé; il a l'éclat résineux ; la densité varie de S,3l à 5,81 ; il est facilement soluble dans l'ammoniaque lorsqu'il n'a pas été soumis à l'action de la lumière.

La proportion du chlorure d'argent, dans les cristaux les plus nets, est comprise entre 51 et 52^pour 100 ; dans les échantillons à texture compacte, elle varie entre des Umites très-étendues.

loDURE d'argent. — L'ioduTC d'argent, dont la composition est représentée par la formule Aylo, existe en veinules dans plusieurs filous du Mexique, du Chili, etc. Il se présente en cristaux, en lamelles hexagonales, ou bien avec la texture compacte. Sa couleur varie du jaune au jaune verdâtre, et ne change que trèslentement à la lumière ; son éclat est résineux ; sa densité est de 5,504. Il est insoluble dans Tammoniaque.

On a trouvé dans les mêmes filons le chlorure et Tiodure d'argent, mais on n'a pas encore signalé le mélange intime des deux espèces minérales.

T. ir. 57

AMALGAIIE D'AmaCHT.

On connaît deux espèces minérales distinctes composées de mercure et d'argent ; on leur attribue les formules H^Ay, HyA/; la première est généralement désignée sous le nom à*amalgame et argent , la seconde est nommée Arquerite.

Amalgame d'argent. — Ce minéral a été signalé dans plusieurs localités, notamment à Moscliellandsberg (Palatinat), à Rosemu (Hongrie), à Sala (Suède), à Almaden (Espagne), etc. Il se présente en cristaux dérivant du cube, portant presque toujours de très-nombreuses modifications; les clivages imparfaits sont parallèles aux faces du dodécaèdre. Les cristaux sont d'un blanc d'argent ; ils ont l'éclat métallique ; leur densité est de 13,755; ils sont assez durs et s'écrasent sous le pilon.

Les analyses qui ont été faites n'ont pas donné des nombres constants pour les proportions des deux métaux ; ainsi, on a trouvé dans trois échantillons provenant du Palatinat :

Argent 36,50 29.65 25,00

Mercarc. . . 65,50 70,36 75,00

La formule Eg^Ag répond à 34.80 pour 100 d'argent.

L'aspect des cristaux qui renferment une proportion plus faible d'argent démontre nettement la présence du mercure libre : les arêtes sont arrondies ; on peut même quelquefois en eiqprimer un peu de mercure par une forte compression,

Arquerite. — Cet amalgame se présente en abondance dans les mines d* Arqueras (Chili) en cristaux, en lamelles ou en plaques remplissant les fissures d'une gangue bary tique.

La forme des cristaux est l'octaèdre réguUer. Le minéral a l'aspect de l'argent natif; il est assez tendre et se laisse couper au couteau; sa densité est de 10,8S ; il contient :

Argent. 86,50

Mercure 15,50

La composition et la richesse des minerais argentifères présentent la plus grande diversité : la galène, les minerais de plomb carbonate, le sulfure de cuivre^ le cuivre gris, les minerais de cobalt et de nickel, la blende, le sulfure d'antimoine, contiennent fréquemment une proportion d'argent assez forte pour qu'il y ait lieu à extraire ce métal.

La limite inférieure de richesse, au-dessous de laquelle l'extraction de Fargent ne peut plus être faite avec économie, est variable avec la nature des minerais, avec les conditions locales des exploitations et des usines.

La galène, la blende, le sulfure de cuivre, le sulfure d'anti- iiinenit moine contiennent probablement l'argent à l'état de sulfure ; il *f««»^'^''«* est impossible de constater par des réactions chimiques l'état de combinaison de l'argent.

Dans plusieurs filous qui renferment en même temps de la blende et de la galène, la teneur en argent de la blende est plus élevée que celle de la galène. En étudiant ces gisements, on peut reconnaître assez facilement que les deux espèces minérales ne sont pas arrivées à la même époque. Il n'est pas encore possible de déduire des faits peu nombreux, observés jusqu'ici, des conclusions sur les affinités relatives du sulfure d'argent pour les sulfures do zinc et do plomb.

Les pyrites de fer contiennent rarement de l'argent; elles contiennent plutôi de l'or. Les galènes argentifères accompagnées de pyrites et de sulfure d'antimoine donnent assez souvent de l'argent sensiblement aurifère.

Dans l'exploitation d'un certain nombre de filons contenant de la galène, de la blende et de la pyrite, on a constaté que la roche encaissante et les gangues terreuses sont notablement argentifères. La proportion de l'argent contenu dans les gangues et dans les roches est toujours trop faible pour qu'on puisse reconnaître à quel état chimique s'y trouve le métal précieux.

Le carbonate de plomb est ordinairement peu argentifère ; ces minerais contiennent probablement l'argent à l'état de carbonate, mais on n'a pas fait à cet égard des recherches suffisantes.

Les minerais de nickel et de cobalt contiennent quelquefois de l'argent natif^ dont la présence peut être constatée par l'examen

900 MÉTAUX PROPREBIENT DITS.

minéralogique ; en général, il est impossible de constater Tétai chimique de l'argent. Il en est de même pour les cuivres gris.

Dans quelques cas particuliers, par exemple lorsqu'on trouve dans les mêmes filons des espèces minérales de l'argent, telles que le sulfure, le sulfo-arséniure ou le sulfo-antimoniure, il est permis d'admettre que les minerais de cobalt, de nickel et do cuivre contiennent l'argent au même état chimique. Les pyrites arsenicales sont plus fréquemment aurifères qu'argentifères. Miaerito Nous désignerons sous le nom de minerais (forgent proprement dits les matières minérales qui contiennent l'argent sous différents états chimiques, et qui ne contiennent pas d'autre métal utilisable. Parmi les nombreux gisements exploités, les uns contiennent l'argent natif engagé dans du calcaire spathique, les autres renferment soit du sulfure d'argent, soit des composés plus complexes, tels que le sulfo-antimoniure, le séléniure, le tellurure, soit du chlorure, du bromure et de l'iodure d'argent.

Plusieurs filons contiennent, mais dans des parties différentes, presque toutes les espèces minérales de l'argent. La description complète des principaux gisements exploités ne peut pas trouver place dans un traité de docimasie ; nous pouvons seulement citer quelques exemples de la richesse de divers minerais.

Minerais de sulfure (Forgent. — Les plus beaux gisements de sulfure d'argent sont en Amérique. Au Mexique, aux mines de la compagnie de Real del Monte^ le sulfure d'airgent se présente en veines de plusieurs centimètres de puissance, séparées de la gangue quartzeuse ou feldspathique par des couches très-minces de pyrite de fer et de blende, ou bien en mouches et en veinules irrégulièrement disséminées dans les gangues. Le sulfure d'argent est mélangé de blende, de galène, de cuivre pyTiteux, en proportion très-variable.

Le minerai est d'un gris foncé, presque noir; il n'a pas beaucoup d'éclat, même à la cassure fraîche ; sa texture est grenue plutôt que cristalline. Le rendement, à l'essai, des échantillons choisis, préparés par cassage et triage, varie de 22 à 100 kilogrammes d'argent par tonne de minerai. L'argent extrait de ces minerais est très-peu aurifère.

En Californie, aux mines àePelhottacup (Colorado River), le sulfure d'argent mélangé de blende, de galène, de pyrite et d'or natif, forme des veinules dans la gangue quartzeuse et calcaire d'un filon

puissant. Ce minerai est presque noir; sa texture est grenue; il n'a qu'un faible éclat. Les échantillons provenant du cassage et du triage rendent à l'essai de 7 à 8 kilogrammes d'argent et de 1^,40 à l^jBO d'or par tonne de minerai.

A la mine de Buming Mascow (Virginia), le sulfure d'argent est accompagné de cuivre pyriteux, de blende et de galène ; les sulfures forment des veinules dans la gangue quartzeuse d'un filon puissant. Les minerais préparés par cassage et triage rendent à l'essai de 34 à 36 kilogrammes d'ai*gent, et de S à 6 kilogrammes d'or par tonne.

A la mine Mexican^ le sulfure d'argent est également accompagné de blende, de galène, de pyrites et d'or natif. Les minerais les plus riches, produits par le cassage et le triage, donnent à l'essai de 220 à 240 kilogrammes' d'argent et de 0^,500 à l'',300 d'or par tonne. La mine produit une quantité assez forte de minerais à la teneur de 60 kilogrammes d'argent et de 1 kilo* gramme d'or par tonne.

Après séparation des morceaux riches , la partie quartzeuse du gisement ne renferme que des mouches ou des veinules trèsminces de sulfure d'argent ; elle ne rend pas à l'essai phis de 0%S00 d'argent et 0\400 d'or par tonne.

Minerais contenant des sulfures compkxes, des sulfo-antimoniures^ etc. — Les divers composés de l'argent contenant du soufre, de l'arsenic, de l'antimoine, du plomb, etc., sont répartis dans les filons de la même manière que le sulfure, en veines et en veinules renfermant divers minerais métalliques, mélangés irrégulièrement ou intimement avec les minéraux de l'argent. Ces derniers ne se présentent ordinairement à l'état de pureté que dans des géodes ou dans des veinules à texture cristalline.

La gangue terreuse des filons, séparée mécaniquement des minerais, ne contient que des mouches, et sa teneur en argent est toujours très-faible .

Les mines à' Andreasberg (Harz), de Schemnitz (Hongrie), d'i4nnaberg (Saxe), etc. ; plusieurs mines du Mexique, du Pérou, du Chili, etc., ont fourni ou donnent encore des minerais préparés par cassage et triage, rendant à l'essai jusqu'à plus de 300 kilogrammes d'argent par tonne, tandis que les résidus du cassage, qui constituent la portion la plus considérable des minerais, rendent rarement à l'essai plus de 1 kilogramme d'argent par tonne.

L'argent retiré de ces minerais est assez fréquemment aurifère.

Minerais chlorurés. — Les minerais contenant du chlorure, du bromure et de Tiodure d'argent, sont souvent d'une très-grande richesse.

Dans les mines de l'Amérique du Sud et du Mexique, le chlorure, accompagné d'argent natif, se présente en veines et en veinules, engagées dans des gangues teiyeuses et ferrugineuses; les exploitations fournissent, par cassage et triage, des minerais rendant à l'essai jusqu'à 450 kilogrammes d'argent par tonne.

Mais la masse des minerais exploités est bien loin d'avoir une pareille richesse : le chlorure, le bromure, l'iodure d'argent, accompagnés souvent d'argent natif, de sulfure d'argent, d'argent rouge, etc., sont disséminés en grains irréguliers ou en veinules très-minces, dans des gangues terreuses, quartz, calcaire, argile, etc., plus ou moins colorées par de l'oxyde de fer, renfermant quelquefois de la calamine, du carbonate de plomb, des phosphates divers, de la galène, de la blende, delà pyrite de fer ou de cuivre.

La teneur de ces minerais est très-variable ; ils rendent à l'essai jusqu'à 4 ou 5 kilogrammes d'argent par tonne.

Dans certaines parties de la mine de Buelgoet (Bretagne), les terres rouges contiennent moins de 20 grammes d'argent aux 100 kilogrammes. La teneur moyenne des minerais de cette nature exploités au Mexique ne dépasse pas 200 grammes d'argent aux 100 kilogrammes.

n n'est presque jamais utile de faire l'analyse des minerais d'argent : on constate aisément par l'examen minéralogique ou par des recherches quahtatives, la nature des gangues terreuses, et des sulfures métalliques ; on détermine le rendement en argent par la voie sèche. Ces renseignements suffisent ordinairement aux métallurgistes.

PRODUrrS D*ikET.

Nous dirons seulement quelques mots sur les produits d'art de Targent. Les méthodes de traitement des minerais argentifères et des minerais d'argent sont trop compliquées pour que nous puissions entreprendre leur description ; d'ailleurs, la composition des divers produits qui sont obtenus dans la métaihurgie de l'argettt peut toujours se déduire avec facilité de la nature des

minerais et du mode de traitement, et la teneur en argent est toujours déterminée par la voie sèche.

Les analyses de ces produits ne présentent d'intérêt que dans les études spéciales des divers procédés de traitement. Les ingénieurs qui entreprendront ces études trouveront dans les chapitres précédents tous les renseignements qui peuvent leur être nécessaires pour effectuer les analyses.

Nous ne parlerons que de l'argent métallique et des alliages d'argent et de cuivre.

Argent métallique. — Les principaux procédés de production de l'argent sont :

1" La coupellation des plombs argentifères, suivie du raffinage;

2* L'amalgamation , qui sépare l'argent ordinairement trèsimpur, combiné avec le mercure ; ce dernier métal est expulsé par calcination ; l'argent obtenu doit être purifié par coupellation et par raffinage ;

3" La précipitation de l'argent par le cuivre métallique. On emploie ce procédé dans les ateliers dans lesquels on traite les alliages d'or et d'argent par l'acide sulfuriquo, qui dissout seulement l'argent ; on fait alors agir le cuivre sur une liqueur sulfurique assez fortement acide. On l'emploie également dans les procédés de traitement des minerais et des mattes argentifères, par chloruration et par sulfatisation (procédés Augustin et Ziervogel) : le cuivre très-dîvisé, produit ordinairement par cémentation, agit alors sur des dissolutions neutres ou presque neutres, contenant le chlorure d'argent dissous dans du chlorure alcalin, ou du sulfate d'argent accompagné dans la dissolution de sulfate de cuivre et d'autres sulfates métalliques.

l"* Argent produit par la coupellation des plombs d^œuvre. — Les plombs d'oeuvre soumis à la coupellation sont tantôt très-purs, tantôt plus ou moins impurs.

Ainsi les plombs qui sont produits par le pattinsonage ne contiennent ordinairement que du plomb et de l'argent : ils donnent à la coupellation de l'argent brut, qui renferme seulement une faible proportion de plomb combiné ou de litharges interposées. Le raffinage (fusion lente et prolongée dans une atmosphère oxydante, avec ou sans addition de réactifs oxydants) produit aisément de l'argent presque rigoureusement pur.

904 BiÉTAUX PROPREMENT DITS.

Les plombs d'œuvre qui n*ont pas passé à la cristallisation contiennent fréquemment de Tantimoine et du cuivre ; une partie de ces métaux se retrouve dans l'argent brut. Le raffinage enlève assez bien l'antimoine, mais laisse presque toujours un peu do cuivre dans l'argent.

On ne fait jamais l'analyse de l'argent brut ou de l'argent raffiné ; on constate par des recherches qualitatives très-simples la nature des métaux étrangers , et on détermine exactement la teneur en argent.

Recherches ^^ ^^^^ chercher si l'échantillon proposé contient du plomb, qaaliutivet. (Ju cuivre, de l'arsenic et de l'antimoine. On attaque par l'eau régale chlorhydrique environ 3 grammes de l'argent réduit en limaille ; on ajoute un peu d'acide tartrique ; on étend de beaucoup d'eau ; on sépare le chlorure d'argent par filtralion.

On sature les acides par l'anmioniaque, et on ajoute un peu de sulfhydrate ; dans le précipité de sulfures, lavé avec de l'eau chargée de sulfhydrate, on cherche le plomb et le cuivre ; l'arsenic et l'antimoine se trouvent dans la dissolution.

On dissout le plomb et le cuivre en traitant les sulfures par l'acide chlorhydrique, avec addition de quelques gouttes d'acide azotique ; on sépare le soufre ; on traite la liqueur par l'ammoniaque et par le carbonate d'ammoniaque. La présence du plomb est démontrée par la formation d'un précipité blanc ; celle du cuivre est mise en évidence par la coloration bleue de la liqueur ammoniacale.

Pour chercher l'antimoine et l'arsenic qui |sont en dissolution dans le sulfhydrate , on décompose le sulfhydrate par l'acide chlorhydrique étendu. Le précipité contient ordinairement trop de soufre pour qu'on puisse reconnaître, à son aspect, la présence des sulfures d'arsenic et d'antimoine. Il faut laver le précipité par décantations, le traiter par un peu d'acide chlorhydrique concentré, séparer la liqueur acide par décantation, y ajouter un peu d'acide tartrique. En faisant arriver de l'hydrogène sulfuré dans la liqueur acide, préalablement étendue d'eau, on distingue très-aisément la précipitation d'une quantité très-faible de sulfure d'antimoine.

La recherche de l'arsenic est un peu plus longue, et on se dispense presque toujours de la faire, parce que l'argent contient très-rarement une proportion appréciable d'arsenic.

On doit d'abord laver par décantations, avec de l'eau faiblement acidulée par l'acide tartrique, le soufre qui n'a pas été attaqué par l'acide chlorhydrique, et achever ensuite le lavage avec de l'eau pure. On attaque le soufre par un peu d'eau régale, on étend d'eau, et on filtre ; on ajoute dans la liqueur acide environ 0*' ,25 de peroxyde de fer dissous dans l'acide chlorhydrique ; on précipite le peroxyde de fer par l'ammoniaque ; le précipité bien lavé est traité par l'acide sulfurique, et le liquide acide est enfin essayé dans l'appareil de Marsh.

Lorsque cette expérience donne des taches sensibles sur la porcelaine, il ne faut jamais négliger de s'assurer que ces taches sont produites par l'arsenic, et qu'elles ne sont pas dues à une petite quantité d'antimoine, qui n'aurait pas été dissoute par l'acide chlorhydrique.

On détermine assez fréquemment la proportion de l'argent par Déterminavoie sèche, en passant à la coupelle 1 gramme de l'argent pro- ji^i^'ïîç^i posé avec une quantité de plomb variable, suivant le degré probable d'impureté du métal, de 0'',25 à 1 gramme.

Le poids du bouton ne donne pas un résultat très-exact, car on perd uix peu d'argent dans la coupellation ; les pertes dépendent de la quantité de plomb ajoutée et delà température plus ou moins élevée à laquelle la coupellation est faite. Chaque opérateur doit dresser, par de longues séries d'expériences, des tables de correction qui lui permettent de fixer avec quelque certitude la teneur réelle de l'argent proposé d'après le poids du bouton donné par la coupellation.

On détermine avec plus d'exactitude la teneur en argent, en procédant par voie humide.

Lorsque l'échantillon proposé ne renferme pas d'antimoine, on en dissout 1 gramme dans l'acide azotique, et on emploie la mé* thode des Uqueurs titrées, que nous avons décrite précédemment. Lorsque l'argent contient de l'antimoine il faut procéder d'une manière différente, et peser le chlorure d'argent. On attaque par l'eau régale 1 gramme de l'argent réduit eu Umaille ; on ajoute un peu d'acide tartrique ; on étend de beaucoup d'eau. L'argent seul est insoluble à l'état de chlorure ; on pèse ce composé avec les précautions indiquées dans le paragraphe précédent.

Le poids du chlorure ne permet pas de calculer très-rigoureusement la proportion de l'argent ; d'un côté, le chlorure n'est

pas rigoureusement insoluble dans une liqueur contenant de facîde chlorhydrîque et divers chlorures, bien que cette Kqueur soit très-étendue ; d'un autre côté, la pesée du chlorure d'argent présente toujours un peu d'incertitude.

La méthode par liqueurs titrées donne la teneur à moins de 1 milligramme ; la pesée du chlorure d'argent permet de fixer la teneur à peine à 2 milligrammes près. Par la voie sèche, l'erreur peut s'élever à 3 et mémo à 4 milligrammes.

. 2* Argent produit par amalgamation. — L'argent, brut obtenu par distillation de l'amalgame est généralement assez impur; la nature et la proportion des corps étrangers qu'il renferme dépendent de la composition des minerais et du mode de traitement

Nous citerons comme exemples les analyses de trois échantillons : le premier est l'argent brut obtenu à Freyberg par les anciens procédés de traitement ; les deux autres proviennent de l'usine de Huelgoet (Bretagne).

Frejberg. Huelgoet.

Argent 79^ 94,50 93,66

Colvrc 17,10 4,10 6,10

Plomb 0,80 0,15 0,15

Nickel 0,50 » »

▲■timoine 0^ » »

Arsenic 0,50 % »

Soufre 0,10 0,25 »

Dans d'autres échantillons provenant de différentes usines on a trouvé, en outre, du fer, du zinc et du mercure.

On voit d'après cela que l'analyse de ce produit d'art doit être conduite comme celle des sulfures complexes. Le dosage le plus important est celui de l'argent ; mais la détermination approchée des métaux étrangers offre un intérêt assez grand, car les difficultés de l'affinage et du raffinage dépendent beaucoup de la nature et de la proportion de ces métaux.

L'affinage et le raffinage sont faits par des méthodes que nous ne pouvons pas décrire -ici ; ces opérations donnent de l'aident presque pur, au titre de 997 à 998 millièmes, contenant encore un peu de cuivre et de plomb, et plus rarement de l'antimoine.

L'examen au laboratoire de l'argent raffiné doit être condnift comme nous l'avons indiqué pour l'argent produit par ooupella-

tion : on détermine aussi exactement que possible la proportion de Targent; on constate la présence des autres métaux sans chercher à les évaluer.

3* Argent obtenu par précipitation, — L'argent précipité par le cuivre, lavé avec les soins convenables, contient toujours une proportion très-notable de cuivre^ très-irrégulièrement réparti dans le précipité métallique. On se rend aisément compte do cette irrégularité en remarquant que l'argent retient seulement à l'état de mélange les grains ou fragments de cuivre qui n'ont pas été utilisés pour la précipitation.

L'argent brut produit dans les méthodes Augustin et Ziervogel contient en outre du plomb, de l'antimoine et de l'arsenic. Ces corps étrangers sont répartis dans l'argent avec beaucoup d'irrégularité; il est, par suite, très-difficile de prélever un échantillon moyen ; aussi fait-on bien rarement l'analyse complète de l'argent brut produit par précipitation.

Ce produit est affiné par coupellation ; l'opération donne de l'argent dont le degré de pureté est analogue à celui de l'argent provenant de la coupellation des plombs, d'oeuvre; le raffinage produit ensuite de l'argent à très-peu près pur.

Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit précédemment pour l'examen au laboratoire de l'argent affiné, et de l'argent raffiné.

Alliages d'argent et de cuivre. •— Les alliages les plus importants sont ceux qui sont employés pour les monnaies, pour les couverts, pour la vaisselle, pour les bijoux, et pour la soudure.

En France les titres de ces divers alliages sont les suivants :

Monnaies Argent. 900 Goivre 160

Byonx ..800 — aoo

VaisseUe 050 — 50

Soudure de 880 4 070 — de.. 120 à 330

Ces alliages sont presque toujours préparés avec des métaux très-purs ; ils ne contiennent que des traces de métaux étrangers. Os sont entièrement solubles dans l'acide azotique.

Ils ne sont jamais d'une homogénéité parfaite, ce qui oblige à prendre des précautions spéciales pour prélever les prises d'essai qui doivent être soumises aux opérations analytiques.

908 MÉTADX PROPREMENT DITS.

L'examen d'un alliage au laboratoire peut être fait par divers procédés :

1° On évalue l'argent en se servant de liqueurs titrées, et en suivant la marche que nous avons tracée dans le paragraphe précédent ; le cuivre est alors déterminé par différence ;

2** On attaque par l'acide azotique ; on précipite l'argent par l'acide chlorhydrique ; on pèse le chlorure d'argent ; on évalue le cuivre par différence, ou bien on pèse ce métal à l'état de sulfure Cw*S;

3*" On passe l'alliage à la coupelle avec une proportion convenable de plomb ; on pèse l'argent métallique, qui reste seul dans la coupelle ; le cuivre est déterminé par différence.

Le premier de ces trois procédés est le plus simple, et en même temps le seul qui donne rigoureusement la proportion de l'argent ; les deux autres procédés ne permettent pas de fixer le titre avec une certitude suffisante.

On emploie très-fréquemment des objets en cuivre rouge ou en laiton, recouvert d'une couche très-mince d'argent par des procédés divers. Ces objets ne peuvent pas être examinés utilement au laboratoire. Il est impossible d'apprécier par l'analyse l'épaisseur et l'adhérence de la couche d'argent; on pourrait seulement déterminer la composition du métal ou de l'alliage qui a été recouvert d'argent; cette détermination ne présente généralement aucun intérêt.

§ 4. — Hfigtiis par la vale aèche.

On essaye par la voie sèche les minerais et les produits d'art les plus divers ; on parvient presque toujours à obtenir pour l'argent une détermination suffisamment exacte. Cependant les pertes qui sont faites dans les essais sont plus grandes que celles du traitement métallurgique, et, dans toute usine bien dirigée, le rendement des minerais est plus élevé que la teneur calculée d'après les essais.

Les pertes d'argent sont variables dans bien des circonstances différentes; mais elles n'augmentent pas, en valeur absolue, proportionnellement à la teneur des matières essayées : les résultats

sont relativement bien plus exacts pour les matières riches que pour les matières pauvres.

Pour les alliages, pour les minerais très-riches, on détermine fréquemment l'argent parla voie humide, qui donne des résultats plus rigoureux ; pour les minerais et produits d'art pauvres en argent, la voie sèche est seule applicable ; elle permet de peser, sous forme de bouton, l'argent contenu dans des matières trèspauvres, dans lesquelles on ne pourrait même pas constater, par voie humide, la présence du métal.

Considérons d'abord les divers minerais et produits d'usines qui renferment une faible proportion d'argent. L'essai est divisé en deux parties :

Dans la première, on cherche à concentrer la totalité de l'argent dans un culot de plomb presque pur et d'un poids convenable.

Dans la seconde, on isole l'argent du plomb par coupellation.

Après avoir pesé le bouton d'argent on doit toujours chercher s'il renferme une quantité d'or appréciable.

PRODUOTIOV DU CULOT UE PLOHB.

On emploie des procédés différents pour concentrer l'argent dans un culot do plomb; nous décrirons les principaux procédés, en prenant pour exemples les minerais qui se présentent le plus fréquemment, et nous indiquerons les raisons pour lesquelles on doit modifier les opérations suivant la nature et suivant la pauvreté des minerais.

Pour faire comprendre l'utilité de ces modifications, nous présenterons d'abord quelques observations sur la coupellation.

Le plomb ne passe bien à la coupelle que s'il est à peu près pur; la perte d'argent faite dans la coupellation augmente beaucoup avec le poids du culot de plomb. On doit donc chercher à obtenir un culot de plomb, qui ne contienne pas une proportion notable de corps étrangers^ notamment de fer, de zinc, d'étain, d'antimoine, d'arsenic, de cuivre, de nickel et de cobalt. Le poids du culot ne doit pas dépasser 25 grammes, excepté dans des cas exceptionnels que nous signalerons. On cherche même à obtenir, pour la plupart des minerais, un culot dont le poids soit de 10 à 15 grammes. Il n^ a du reste aucune règle fixe à poser en géné-

910 MÉTAUX PROPREMENT Dn>5.

rai; lorsqu'on a Thabitude de faire des essais on reconnaît aisément quel poids de plomb il faut chercher à obtenir pour un minerai donné.

Minerais de plomb. — Nous distinguerons :

1*" Les minerais assez riches et purs ;

2* Les minerais plus ou moins riches, contenant de la blende, du sulfure d* antimoine, du cuivre gris, du cuivre pyriteux,etc.;

3"" Les minerais très-pauvres, et les matières presque stériles telles que les produits de la préparation mécanique des minerais;

4*" La lithargc.

l"" Minerais riches et purs. — Nous désignons sous ce nom toos les minerais et tous les produits d'usines, oxydés, carbonates, sulfurés, etc. , qui peuvent donner à l'essai, fait sur 20 ou 25 grammes, un culot pesant plus de S grammes, ne contenant qu'une proportion très-faible d'arsenic, d'antimoine, de cuivre, de nickel

On traite ces minerais et produits comme nous l'avons exposé daos le chapitre précédent ; on conduit l'opération de manière i obtenir le plus fort rendement en plomb, et en même temps de telle manière que la scorie ne renferme pas de sulfures métalliques ou de sulfures alcalins.

Ces deux conditions n'ont pas la même importance.

On cherche à obtenir le plus fort rendement en plomb seulement afin de pouvoir calculer la teneur en argent du plomb aussi bien que celle du minerai. Il est essentiel de ne pas obtenir des scories contenant des sulfures, parce que ces composés retenant une fraction de l'argent, le culot de plomb ne renfenne pas la totalité de l'argent.

Ainsi que nous l'avons d^à dit, lorsque, d'après la nature des minerais ou produits d'usines, le mode d'essai qui donne leoiaximum de rendement en plomb oblige à laisser des sulfm*es dans les scories, il faut faire deux essais, l'un pour plomb, l'autre pour argent ; dans ce dernier, on s'attache principalement à obtenir des scories exemptes de sulfures ; le plomb obtenu dansce second essai doit être seul coupelle. La comparaison des résultats obtenus dans les deux essais permet de calculer la teneur en argent de la matière proposée et celle du plomb.

2^ Minerais riches et impurs, — Les minerais tels que la galène mélangée d'une forte proportion de blende, do sulfure d'anti-

moine, de cuivre gris, de cuivre pyriteuz, etc., les minerais oxydés qui contiennent beaucoup d'acide antimonique, d'oxyde d'antimoine et d'acide arsénique, ne rendent que très-difficilement, à l'essai, du plomb assez pur pour être coupelle, ou bien le culot de plomb obtenu à l'essai ne contient qu'une partie du plomb et de l'argent que renferment les minerais.

Pour déterminer l'argent, on doit traiter ces minerais comme nous l'indiquerons pour la blende, pour le sulfure d'antimoine, etc., qui ne contiennent pas de plomb.

3° Minerais trèS'-pauvres. — En faisant l'essai pour plomb d'un minerai très-pauvre, suivant les indications données dans le chapitre précédent, on perd une proportion très-grande du plomb ; le culot obtenu ne donne pas^ même approximativement, le rendement en plomb du minerai ; la majeure partie, mais non pas la totalité de l'argent, se concentre dans le cuiot ; en coupellant le plomb, on n'arrive, par la p^ée du bouton d'argent, à aucun résultat oer^ tain pour la teneur du minerai; le poids du bouton d'argent est toujours trop faible.

La perte d'argent est en général beaucoup moins grande que celle de plomb, en sorte que, si on compare le poids de l'argent à celui du plomb, on trouve une teneur beaucoup trop grande pour le plomb d'oeuvre. On ne doit chercher à déterminer que la teneur en argent du minerai lui-même.

On opère de la manière suivante :

On mélange intimement 100 grammes du minerai proposé avec 100 grammes de litharge très-pauvre en argent (ou de litharge dont le rendement en argent a été préalablement déterminé), avec 60 grammes de carbonate de soude, ou de borax, suivant la nature des gangues.

On fait chauffer jusqu'à fusion tranquille dans un creuset de terre un peu grand. On laissé refroidir le creuset jusqu'au moment oîi les matières ne sont plus qu'en fusion pâteuse ; on étend à leur surface une couche de litharge mélangée de charbon, 18 grammes de litharge et0«',60 de charbon pulvérisé.

On fait chauffer au rouge, et on remue les matières avec une lame de fer. On répète au moins une fois ces opérations, refroidissement, addition d'un mélange de litharge et de charbon , réchauffement. On relire la lame de fer ; on donne un coup de

feu pendant quatre ou cinq minutes, afin de rendre les scories» parfaitement fluides ; on laisse refroidir.

On casse le creuset lorsqu'il est froid. Le culot de plomb, qu'on obtient ainsi, pèse ordinairement de 20 à 2S grammes, et il contient à très-peu près tout l'argent du minerai ; il est assez pur pour passer aisément à la coupelle.

Dans la première partie de l'opération, fusion du minerai avec de lalitharge et des réactifs alcalins, les gangues passent dans une scorie plombeuse très-fluide; il ne se sépare du plomb métallique que par des réactions secondaires, par exemple, par Taction de la galène^ sur la litharge. Cette quantité de plomb est généralement trop faible pour réunir la totalité de l'argent.

Dans la seconde partie de l'opération, le plomb métallique qui est produit par l'action du charbon sur la litharge traverse en gouttelettes toute la masse de la scorie et à deux reprises au moins ; la scorie ne contenant que des matières oxydées, le contact intime du plomb amène tout l'argent à l'état métallique, et le culot de plomb se trouve contenir tout l'argent.

Il est utile de laisser refroidir le creuset avant chacune des additions de litharge et de charbon, d'abord, pour ralentir le passage des gouttelettes de plomb dans la scorie, ensuite pour éviter le boursouflement qui a lieu lorsque le méknge de la litharge et du charbon est introduit dans le creuset trop chaud.

Nous avons conseillé d'employer 15 grammes de litharge et 0^,60 de charbon pour chacune des additions ; on doit quelquefois employer un poids moins fort soit de l'oxyde métallique soit du réductif. Par exemple, lorsqu'on essaye un minerai contenant de 4 à S pour 100 de galène, la réaction de la litharge sur le sulfure produit déjà, dans la première partie de l'opération, plusieurs grammes de plomb, et la scorie ne retient qu'une très-faible quantité d'argent ; il suffit de produire dans la seconde partie de l'essai de 8 à 10 grammes de plomb en deux fois ; on doit employer pour chacune des additions de litharge et de charbon, seulement de 10 à 12 grammes de litharge et 0»',30 de charbon.

Dans quelques laboratoires on remplace le mélange de litharge et de charbon par une feuille de plomb, pesant de B à 10 gram-

^ Ceci s'applique seulement aax minerais pauvres contenant de la galène, et aux pro* dttiu presque stériles de la préparation mécanique de la galène.

mes, à laquelle on donne à peu près la forme de la section intérieure du creuset. L'effet produit est analogue, mais moins certain : il arrive presque toujours que la feuille de plomb, en fondant presque instantanément, donne une seule veine de métal qui traverse rapidement la scorie ; il n'y a pas contact intime du plomb avec la scorie.

On peut modifier un peu le procédé d'essai que nous venons de décrire.

On mélange intimement 100 grammes de minerai, 100 grammes de litharge^ SO grammes de borax ou de carbonate de soude, et de 0^,50 à 1 gramme de charbon. On fait chauffer le mélange jusqu'à fusion tranquille ; on laisse ensuite le creuset se refroidir lentement; on le casse, et on nettoie le culot de plomb. Le métal obtenu est à peu près pur, et contient tout l'argent du minerai.

On peut faire varier presque à volonté le poids du culot de plomb, on augmentant ou en diminuant la quantité de charbon dans le mélange, suivant la proportion des sulfures contenus dans le minerai.

En couduisaut ainsi l'opération, on est exposé à un boursouflement un peu vif lorsque le feu n'est pas réglé avec la lenteur convenable : c'est là une difficulté qu'il est facile de surmonter, car le boursouflement n'est pas plus vif que dans la plupart des essais par la voie sèche ; on parvient aisément à l'apaiser en remuant les matières avec une lame de fer.

4* Litharges. — L'essai pour argent des litharges offre une difficulté spéciale : on n'obtient la totalité de l'argent dans le culot de plomb qu'en opérant la réduction complète de la litharge ; le culot de plomb est alors d'un poids considérable, et les pertes d'argent dans la coupellation sont très-fortes.

Des expériences précises ont démonb^é qu'on obtient un bouton d'argent plus fort en ne réduisant qu'une fraction de l'oxyde de plomb, bien que le culot de plomb ne contienne certainement pas la totalité de l'argent.

On opère sur 100 grammes de litharge porphyrisée. On la mélange avec 1 gramme de charbon réduit en poussière très-fine, et avec 25 grammes de borax préalablement fondu. On fait chauffer dans un creuset de terre jusqu'à fusion tranquille ; il ne se produit pas de vif boursouflement, et on peut conduire le feu avec plus de rapidité que dans les essais des minerais.

En moins de vingt minutes la réduction partielle de la lithorge est terminée^ln scorie est parfaitement fluide. On retire le creuset du feu ; lorsqu'il est refroidi on le casse, et on nettoie comme à Tordinaire le culot de plomb. Son poids varie entre 24 et 28 grammes : le plomb contient environ les trois quarts de l'argent de la litharge proposée.

On constate la proportion d'argent qui est ainsi perdue dans Fessai, en traitant la scorie qui contient la majeure partie de Toxyde de plomb. On la pulvérise, on la mélange avec O',60 de charbon, et on fond de nouveau au creuset de terJre ; le second culot de plomb, passé à la coupelle^ donne un bouton d* argent qui pèse à peu près le quart du poids du bouton donné par le pre^ mier culot.

La scorie du second essai retient même encore un peu d'argent; en la fondant avec un peu de charbon^ et en coUpellant le plomb, on obtient encore un bouton d*argtot très-petit, mais visible»

Si on fond la litharge avec du borax et avec la quantité de charbon capable de produire la réduction totale de Toxyde de plomb, on obtient un culot dont le poids dépasse 80 grammes, et qui contient tout l'argent de la litharge^ La coupellation de ce culot donne un bouton d'argent qui pkse moins que celui qu'on obtient en coupellant le plomb provenant de la réduction partielle « Ces observations ont été faites par plusieurs opérateurs trës-h»« biles, pour des litharges de teneurs très-différentes.

Il en résulte que pour obtenir une détermination à peu près exacte pour l'argent, il faudrait procéder par réductions partielles successives de la litharge elle-même et des scories, et coupeller séparément les culots de plomb. Ces opérations sont très-longues ; on ne fait qu'une seule fusion, en employant la quantité de charbon qui peut donner de 28 à 30 pour 100 dé plomb ; on sait d'avance que le poids du bouton d'argent sera trop faible^ et qu'il faudra l'augmenter d'environ un tiers pour obtenir approximativement la teneur de la litharge proposée.

Observations. — Dans les essais d'un assez grand nombre de matières argentifères, on emploie un poids considérable de litharge, soit comme fondant, soit comme réactif; la plus grande quantité de l'argent de la litharge passe dans le culot de plomb» en même temps que l'argent provenant de la matière proposéei

Il est quelquefois importfliit de teùîf éoiflpte de la fraction dû bouton d'argent qui doit ôlte attribuée à la litharge.

Le seul moyen d'arriver à faire à peu près exactement la dorrèclion est le suivant : on a employé, polir Tcssai de la matière proposée, un poids A de litharge ; Tessaî a produit un culot de plomb pesant P ; la ooupelltftion a donné un bouton d'argent pesant p. On fond séparément au creuset de terre un poids A de la même litharge, aved une proportion convenable de borax et avec une quantité de charbon telle^ qu'on obtienne un culot de plomb dont le poids diffère très-peu de P - on coupelle le ctilot * soit p' le poids du bouton d'argent.

On peut admettre que dans les deux opéralioils le^ tnêmès

fractions de l'argent contenu dans la litharge ont passé dans le

plomb, et ont été perdues dans la coupellation ; la différence

(p— />') représente doue assez approximàtitement l'argent de la

matière proposée.

On se dispense presque toujours de ce second essai i on détermine une fois pour toutes l'argent de la litharge, en opérant sur 100 grammes, en produisant un culot de plomb pesant de 25 h 30 grammes ; on pèse le bouton d'argent. On calcule d'après le nombre ainsi obtenu le poids/?' d'argent qrte doftnerâit le poids A de litharge, employé dans l'essai de la matière proposée.

De quelque manière qu'on s'y prenne, la correction laisse toti* jours beaucoup à désirer ; la litharge contietit fréquemment de petites grenailles de plomb plus argentifère que la litharge ellemême ; deux poids égaux de la même litharge ne donnent pas la même quantité d'argent.

Nous ferons observer en outre que les pertes inévitables dans les essais dépassent ordinairement de beatlcoup la faible quantité d'argent qni est introduite par le réactif, et qtf'il convient assez souvent de ne pas faire de correction au poids du bouton d'argent obtenu^

Nous ne poserons aucune règle à cet égard : on rec<nma!t aisément, d'après la nature et la richesse des matières essayées, les caa où il faut tenir compte de l'atgentdela litharge, et ceux dans lesquels la correetion ne doit pàa être faites

^ Bleuve — PmTB m WEMé -^ Pour réumr dans nn culot de plomb Targent contenu dans les blendes et dans les pyrites de

fer, accompagnées d'une proportion plus ou moins forte de gangues terreuses, on peut suivre plusieurs procédés :

l"" Griller de manière à expulser à peu près la totalité du sou&o ; fondre le minerai grillé avec du carbonate de soude, du borax, de la litbarge, et avec une quantité de charbon capable de produire un culot de plomb pesant de 15 à 20 grammes ;

2^ Fondre le minerai non grillé avec du carbonate de soude, du borax, du nitre et de la litharge, en faisant varier la proportion du nitre de telle sorte que la réaction de la litharge sur les sulfures donne environ 20 grammes de plomb ;

3* Fondre le minerai avec du carbonate de soude, du borax, de la Utharge, et du nitre en faible excès ; ajouter ensuite un mélange de litharge et de charbon ;

4* Séparer par voie humide Targent à Tétat de chlorure ; fondre ensuite ce chlorure avec de la litharge, du carbonate de soude et du charbon. Nous décrirons cette dernière méthode sous le nom de procédé mixte.

V Grillage et fusion avec de la litharge et du charbon. — Les blendes et sui*tout les pyrites étant rarement riches en argent, on doit, en général, opérer sur un poids un peu fort, sur 23 et même sur 50 grammes.

On place le minerai pulvérisé dans un têt en terre réfractaire, peu profond, et d'un diamètre assez grand pour que l'épaisseur du minerai n'atteigne pas O'^jOl ; la face intérieure du tét est enduite de sanguine, dans le but de prévenir l'adbérence du minerai à la terre réfractaire.

On fait chauffer très -lentement au rouge sombre, dans une atmosphère oxydante, sur un feu de charbon ou sous le moufle ; on remue presque continuellement avec une tige de fer recourbée, dans le but d'amener toutes les parties du minerai au contact des gaz oxydants.

11 faut conduire le grillage do manières différentes pour la blende et pour la pyrite.

Blende. Pour la blende, on n'a pas k craindre Taggloniération ; on doit prévenir, autant que possible^ la formation du sulfate de zinc. On obtient ce résultat en limitant l'action oxydante pendant les premières heures du grillage. On réussit très-bien dans un four de calcination; car en tassant un peu le charbon, on env^ loppe le têt d'une atmosphère très-peu oxydante; l'accès de

Tair est déterminé principalement par le mouvement de la tige de fer ; on peut le régler à pou près à volonté. Le soufre est presque entièrement expulsé après trois heures de grillage au rouge sombre, et il ne se produit qu une très-faible proportion de sulfates.

On s'assure que le minerai ne donne plus d'odeur appréciable d'acide sulfureux ; on porte le têt sous un moufle, chaufl'é au rouge vif, on met la porte en place, et on fait chauffer aussi fortement que possible pendant une heure : le grillage est alors terminé.

Lorsqu'on est obligé d'effectuer toute l'opération sous le moufle, il faut chauffer au rouge sombre seulement pendant trois heures, en recouvrant partiellement le têt d'un couvercle en terre, et en plaçant à Tentrée du moufle quelques charbons. De temps en temps on enlève le couvercle et on écarte les charbons pour remuer le minerai avec la tige de fer.

Lorsque le minerai n'émet plus d'acide sulfureux,'ce qui a lieu généralement après trois heures d'oxydation ménagée, on retire le couvercle et les charbons, on ferme le moufle, et on pousse le feu au rouge vif pendant une heure.

Le grillage de la pyrite offre une difficulté spéciale : ce minerai Pyrite, a une grande tendance à s'agglomérer dans les premiers moments de l'oxydation. On prévient l'agglomération en ne faisant chauffer le têt qu'avec une extrême lenteur, en limitant l'action oxydante, et en remuant constamment avec la tige de fer.

On réussit mieux à graduer l'élévation de la température en opérant sous le moufle ; mais il est plus facile de limiter l'accès de Tair et de remuer la matière en plaçant le têt sur un feu de charbons bien tassés. Dans tous les cas, lorsque le minerai s'est aggloméré, il faut le retirer du feu, le laisser refroidir, et écraser les grumeaux avec un pilon ; on recommence ensuite le grillage avec les mêmes précautions.

Après une heure de feu, la majeure partie du soufre étant brûlée, on n'a plus autant à craindre l'agglomération ; on porte le têt au rouge sombre, sous le moufle , en laissant l'air arriver en excès sur le minerai. L'oxydation fait alors des progrès très-rapides, et en moins d'une heure tout dégagement d'acide sulfureux a cessé. La matière contient une certaine proportion de sulfate de peroxyde de fer; on cherche à décomposer ce sulfate

e^ faisant chauffer au rouge vif pendant una heure t le grillage est terminé ainsi en trois heures au plus^

Cette première partie des opérations est longue et pénible, et oe n'est p^ le seul reproche qu'on ait à lui faire : le grillage fait toujours perdre une proportion très-notable de Targent. Le traitement du minerai grillé présente d'assex grandes difficultés qui occasionnent presque toujours de nouvelles pertes d^ argent.

On mélange le minerai grillé avec les fondants alcalins qui sont nécessaires pour la scorification des oxydes métalliques et des gangues. Il s'agit d'amener à l'état de fusion parfaite une scorie contenant un poids considérable d'oi^ydes de zine et de fer ; il faut employer ^u moins deux parties de carbonate de soude et deux parties de borax.

On ajoute IQÛ grammes dci litharga et une quantité de charbon vnriable avec la nature du minerai i pour la blende, 1 gramne de charbon suffit ordinairement ; pour la pyrite^ il faut employer jusqu'à 4 gr^unmQS de charbon.

On introduit le mélange dans un grand creuset, qui doit ètrf rempli seulement jusqu'à la moitié de sa hauteur ) on met à la surface une couche mince de carbonate de soude.

On ffiit chftuiTer très-lentement jusqu'à fusion tranquille. Lorsqu'il 99 pi'oduit un boursouflement un peu vif, on cherche à Vf^paiaer en remuant les matières avec une lame de fer, qu'on liasse alors dans le ereuaet jusqu'à la fin de l'opération. Il faut au moins une demi-heure pour amener les matières en pleine fusion* Lorsque ce résultat est atteint, on donne un coup de feu de quelques minutes seulement ; on retire la lame de fer, et on laisse refroidir lentemeut.

On casse le creuset lorsqu'il est froid ; on examine la scorie, et on nettoie le culot.

L'essai est manqué lorsque la scorie renferme des grenatUes, ce qui arrive assez fréquemment, ou bien lorsque le culot de plomb a un poids très->faible. On ne s^astreint pas à reeommeneer l'essai lorsque la poids du culot est trop fort (plus de 30 grammes), bien qu'on soit certain de perdre une proportion appréciable de l'argent pendant la coupellation; les opérations sont tellement longues qu'on hésite à les recommencer toutes les fois que cela n'est pas c^baqlument nécessaire.

Lorsqu'il s'agit d'une blende renfermant peu ^ sotfufe de fer,

on arrive assez régulièrement à produire un culot de plomb pesant de 20 à 9S grammes, en employant 1 gramme de charbon pour la fusiou du minerai grillé. Lorsqu'on opère sur une blende pyriteuse, ou contenant une forte proportion de sulfure de fer, le minerai grillé renferme beaucoup de peroxyde de fer ; cet oxyde e#t amené partiellement h Tétat de protoxyde par le charbon ; il faut employer plus de 1 gramme de réductif , et il est difficile d'apprécier sûrement, alors mémo qu'on a une grande habitude des essais^ quelle quantité de charbon il convient de faire agir pour obtenir un culot de plomb d'un poids convenable. Avec la pyrite, la difficulté est encore plus grande, puisque la proportion du peroxyde de fer est plus forte.

Dans cette opération, le plomb est amené à l'état métallique dans toutes les parties des matières par l'action du charbon sur Foxyde do plomb. Le plomb réunit aisément l'argent contenu dans le minerai grillé ; la scorie, lorsqu'elle ne renferme pas do grenailles, ne retient qu'une proportion à peine appréciable d'argent. Cependant, si le réductif est en quantité insuffisante, si le poids du culot de plomb est très-petit, par exemple de 4 à S grammes, il est possible que la scorie retienne une fraction notable de l'argent, soit à l'état d'oxyde combiné avec les autres oxydes métalliques, soit à l'état d'alliage dans de petites grenailles de plomb qui ne se réunissent pas en oulot : il est alors indispensable de recommencer l'essai.

L'emploi d'un excès de charbon doit être évité, principalement dans l'essai d'un minerai blendoux. Le réductif n'est jamais en mélange parfaitement intime avec les oxydes ; lorsqu'il est en proportion un peu trop grande, il agit partiellement sur Foxyde de zino; les vapeurs de ce métal entraînent toujours de l'argent; de plus, on obtient un culot de plomb d'un poids considérable, et la coupellation occasionne des pertes importantes.

On voit^ d'après ces observations, combien il est difficile de réussir les deux opérations, et d'obtenir un culot dont le poids ne soit ni trop fort ni trop faible ; on voit de plus que dans les conditions les plus favorables, la coupellation du culot de plomb donne un bouton d'argent trop faible, puisqu'il est impossible de ne pas perdre par le grillstge une fraction appréciable do l'argent.

Ce mode d'essai ne doit être employé que dans le cas spécial des minerais contenant de For; il n'y a pas perte notable d'or

pendant le grillage ; ce métal se trouve en totalité dans le plomb : on ne doit pas craindre de produire un culot de plomb un peu fort, car la coupellation ne fait perdre qu'une proportion insignifiante du métal précieux. Les résultats obtenus par Fessai sont trop faibles pour l'argent, à très-peu près exacts pour l'or.

2** Fusion avec du nitre et de la litharge. — On parvient aisément à réunir dans un culot de plomb la totalité de l'argent d'un minerai blendoux ou pyriteux , en le fondant avec les réactifs alcalins nécessaires à la scorification des gangues et des oxydes métalliques, et avec un très-grand excès de litharge. Lorsque la fusion est conduite avec la lenteur convenable, il n'y a pas un trop vif boursouflement, les scories acquièrent une grande fluidité, et ne retiennent pas de grenailles.

L'oxydation des sulfures métalliques par l'oxygène de la litharge est bien complète seulement lorsque la litharge est en grand excès ; pour la pyrite exempte de gangues il faut employer jusqu'à 50 parties de litharge ; il faut de 35 à 40 parties de litharge pour la blende à peu près pure. Il y a déjà un inconvénient assez grave à introduire dans l'essai une quantité aussi grande d'un réactif qui contient un peu d'argent, et qui, de plus, est presque toujours assez irrégulièrement argentifère. Cet inconvénient n'est pas le seul : on obtient, pour passer à la coupelle, un culot de plomb d'un poids considérable ; la coupellation occasionne une perte très-forte.

Citons deux exemples numériques :

Premier On doit essayer pour argent une pyrite de fer, renfermant cn- «»«»p!e. yjj.^,j moitié de son poids de gangues terreuses. On mélange 25 grammes du minerai avec 35 grammes de carbonate de soude, 35 grammes de borax , et 600 grammes de litharge. La litharge, même très-pauvre, donnant à l'essai de 2 à 3 milligrammes d'argent pour 100 grammes, on introduit dans le mélange plus de 15 à 20 milligrammes d'argent, quantité souvent plus grande que celle contenue dans le minerai.

La. fusion donne un culot dé plomb qui pèse de 130 à 140 grammes. La coupellation d'un pareil culot fait perdre certainement plus de 1 centigramme d'argent. Il est difficile de savoir quelle fraction du bouton d'argent doit être attribuée au minerai lui-même ; souvent même il est impossible d'affirmer que la pyrite est argentifère.

Considérons une blende h peu près exempte de gangues terreu- Second ses, mais renfermant environ le quart de son poids de sulfure de fev combiné ou de pyrite. On mélange 28 grammes du minerai avec 48 grammes de carbonate de soude, 88 grammes de borax, et 700 grammes de litbarge. On ajoute ainsi au minerai plus de 20 milligrammes d'argent.

On obtient par la fusion un culot de plomb qui pèse beaucoup plus de 100 grammes. La coupellation, faite avec les précautions les plus grandes, occasionne une perte d'argent qui ne peut pas être évaluée à moins de 10 milligrammes.

n en résulte pour la teneur en argent de la blende une incertitude plus ou moins grande suivant la richesse du minerai. Pour une blende contenant de 800 à 600 grammes d'argent aux 100 kilogrammes, on obtient une évaluation presque suffisante ; pour les blendes pauvres, tenant de 30 à 60 grammes aux 100 kilogrammes, les erreurs qui peuvent être commises sont du même ordre que la quantité d'argent qu'il s'agit de déterminer.

On peut écarter en grande partie les causes d'incertitude et de perte, et produire dans la fusion un culot de plomb d'un poids convenable, de 28 à 30 grammes, en remplaçant partiellement la litbarge par du nitre.

n a été démontré par de nombreuses expériences que, dans la fusion des minerais pyriteux et blendeux avec des réactifs alcalins et avec de la litbarge, l'action oxydante du nitre équivaut à celle d'un poids de litbarge trois ou quatre fois plus grand.

Il n'y a pas de rapport constant entre les quantités de nitre et de litbarge qui produisent le même effet d'oxydation; car l'action du nitre varie avec un grand nombre de circonstances, notamment avec la grosseur des grains^ avec la rapidité avec laquelle le creuset est porté au dessus du rouge sombre. Chaque opérateur doit faire un assez grand nombre d'expériences, dans le but de fixer ce rapport dans les conditions qu'il adopte ordinairement par la conduite des essais.

Nous admettrons, pour les explications suivantes, que 1 partie de nitre remplace pour l'oxydation des sulfures métalliques 4 parties de litbarge.

L'essai d'un minerai blendeux ou pyriteux exige deux opérations : dans Tune on cherche seulement à déterminer la proportion de nitre qu'il convient d'ajouter à la litbarge ; dans la

9M MÉTAUX PROWIEMENT DITS.

seconde on fond 35 grammes de minerai avee les quantités codvenablea de nitre, de iitharge, de carbonate de soude et de borax: cette seconde opération doit donner le culot de plomb, pesant de 38 à 36 grammes, qui sera passé à la coupelle. Opération ^^ ^^^^ ^^ creuset de terre i gramme du minerai avec B grampréliminaire, ^j^g j^ borax et 50 grammes de litharge ; en pèse le culot de plomb : soit/) son poids. On déduit de cette première opération qu'en fondant 25 grammes de minerai avec du carbonate de soude et do la litharge, on arriverait à un culot de plomb pesant 25 p. Il s'agit de fixer la quantité « de nître qu'il conyieot d'ajouter pour obtenir un culot de plomb dont le poid soit d'environ 25 grammes. Cette quantité x doit remplacer le poids de litharge qui produirait ÈH p-^M de plomb. En admettant que i partie de nitre soit équivalente à 4 parties de litharge, on peut

j 1 1 j fl5o — 25

preadro pour la valeqr de x\ pc= — grammes.

Fntion. ^^ ^^^^ ^^ mélange de 25 grammes du minerai avec 30 on 40 grammes de carbonate de soude, 30 on 40 grammes de borax, 100 grammes de litharge, et avec le poids x de nitre calculé comme nous venons de Vindiquer.

On fait chauffer au creuset de terre avec une lenteur asseï grande pour que la décomposition du nitre ait lieu progressivement et sans boursouflement. Lorsque les matières sont en fusion tranquille on donne un coup de feu de quelques minutes, et on retire le creuset du fourneau.

L'opération donne ordinairement un culot de plomb dwit le poids ne s'écarte pas beaucoup de 25 grammes. On peut alors admettre que l'essai est bien réussi , pourvu toutefois que la scorie ne renferme pas de grenailles. Si au contraire le poids du culot est trop petit ou trop fort, par exemple de 4 à 5 grammes seulement, ou bien de 50 à 60 grammes, il est prudent de recommencer la fusion en employant une quantité plus petite ou plus grande de nitre.

Observaêionê. — Ce procédé est d'une application très-simple ; il permet presque toujours d'obtenir avec une assez grande approximation la teneur en argent des minerais blendeux et pyriteux. Le culot de plomb contient à très-peu près tout l'argent du minerai ; la perte à la coupellation n'est pas très-grande ; elle est compensée presque exactement par Targent oontmiu dans les

100 grammes de litharge employée ; il n'y a pas lieu de fdiro de eofFection au poids du bouton d'argent que donne la ooupeU lation.

Lorsque le minerai proposé est aurifère, tout Tor passe dans le culot de plomb et se trouve ensuite dans le bouton d'argent.

3* Fusion avec de la litharge ^t avee un excès de nitre. -^ On peut modifier un peu le procédé que nous venons do décrire, et se dispenser de l'opération préliminaire.

On estime, d'après l'examen minéralogique du minerai, la pro* portion de nitre qu'il oonvient d'en^ployer pour oxyder tous les sulfures métalliques i oetle proportion est un peu variable pour les différents opérateurs ; elle est en général de 3 à 4 parties pour 1 partie de pyrite pure, et de 2 à 3 parties pour i partie de blende exempte de gangues terreuses.

On fait un mélange intime de SS grammes de minerai, de 40 grammes de borax, de 100 grammes de litharge, et de la quantité de nitre déterminée par estimation. On introduit le mélange dans un très^^and creuset de terre ; on le recouvre d'une couche de carbonate de soude ; on fait chauflier très-4ente^ mept jusqu'à fusion tranquille.

L'opération est un peu difficile à conduire : il s'agit d'obtf nir aaps boursouflement trop vif, et dans un temps assez conrt, (d'une daini-htture à trois quarts d'heure) la décomposition totale du nitre. Lorsque oe résultat est obtenu, on laisse tomber le feu} on met à la surface des matières, en fusion pâteuse, un mélange de 20 grammes de litharge avec 0*^,60 de charbon i on fait chauffer de nouveau de manière à rendre la scorie bien fluide.

On répète une seconde fois le refroidissement, l'addition de 20 grammes de lithai^e mélangée aveo 0^,80 de charbon. On termine par un coup de feu, durant à peine cinq minutes, asses fort pour donner à la scorie une fluidité parfaite.

En cassant le creuset refroidi on en retire un culot de plomb, dont le poids est ordinairement compris entre 20 et 30 grammes ; et qui ûontient à très-ppeu près la totalité de l'argent du minerai. U faut recommencer la fusion lorsque le culot de plomb est trop faible on trop fort.

Le poids du culot est trop faible lorsque la scorie renferme enoore du nitre au moment oti on ajoute le mélange de litharge et de charbon ; on obtient up culot trop fort lorsqu'on n*a pas

employé une proportion de nitre suffisante , ou bien lorsqu'on a conduit la fusion avec trop de rapidité. Le nitre est presque toujours employé en excès ; c'est donc à un défaut d'attention dans la conduite du feu qu'il faut attribuer ordinairement Tinsuccès de l'opération.

Dans ce procédé l'or Raccompagne l'argent dans le culot de plomb.

4*" Procédé mixte. — Dans les méthodes que nous venons d'exposer , il est presque impossible d'opérer sur plus de 25 grammes de minerai, et ce poids est insuffisant quand il s'agit d'une blende ou d'une pyrite très -faiblement argentifères. Le procédé que nous allons décrire permet d'opérer sur 100 grammes, et même sur un poids beaucoup plus fort lorsque cela est nécessaire.

On introduit le minerai porphyrisé , ou du moins réduit en poussière très -fine, avec 20 grammes de litharge, dans une fiole d'au moins 3 litres de capacité ; on attaque par l'eau régale un peu concentrée, en évitant d'employer un trop grand excès des deux acides.

Lorsque tous les métaux sont transformés en chlorures, on emplit la fiole d'eau bouillante, et on laisse en repos pendant un jour. On lave par décantations, avec de l'eau froide, le dépôt qui s'est produit. Ce dépôt contient : les gangues inattaquées ; un peu de soufre non acidifié par l'eau régale ; tout l'argent à l'état de chlorure ; du chlorure de plomb et une proportion variable de litharge que les acides n'ont pas attaquée.

La formation d'une quantité assez grande de chlorure de plomb est indispensable à la réussite de l'opération ; ce chlorure, en se cristallisant par le refroidissement de la liqueur bouillante, étendue et faiblement acide, entraine la totalité du chlorure d'argent, qui, sans cela, resterait partiellement dissous dans la liqueur contenant des chlorures métalliques.

On reçoit le dépôt sur un filtre ; on achève de le laver avec de Veau froide, afin de lui enlever les chlorures solubles dont il est encore imprégné. On fait sécher à peu près à 100 degrés ; on sépare le dépôt du filtre; on mouille le papier et on le saupoudre d'un mélange de carbonate de soude et de litharge ; on le met au fond d'un creuset de terre, dans lequel on introduit ensuite le mélange intime du dépôt avec trois parties de carbonate de soude.

15 grammes de litharge et 0^,50 de charbon. On recouvre le tout de carbonate de soude.

On fait chauffer lentement jusqu*à fusion tranquille, et on retire le creuset du feu.

Le culot de plomb qu'on obtient ainsi pèse ordinairement de 15 à 20 grammes; il contient la totalité de l'argent du minerai. La quantité de litharge employée étant peu considérable, il n'y a pas lieu, au moins dans la plupart des cas, de tenir compte de l'argent du réactif.

Ce procédé exige plus de temps qu'on n'en consacre habituellement aux essais par la voie sèche. Il a le grand avantage de donner des résultats exacts et certains pour des minerais trèspauvres ; mais il ne permet pas de constater la présence de l'or dans le bouton d'argent.

Minerais antimoniaux. — Nous désignons sous ce titre tous les minerais et produits d'usines qui renferment une forte proportion d'antimoine, tels que l'antimoniate de plomb, le sulfure d'antimoine, les galènes antimoniales, les blendes accompagnées de sulfure d'antimoine. Ces minerais sont quelquefois très-riches en argent; ils contiennent assez fréquemment de l'or. Il convient donc en général de les traiter par des procédés qui peitnettent do réunir dans le culot de plomb l'or aussi bien que l'argent.

On applique ordinairement les deux procédés (2% 3") que nous avons décrits pour les blendes et pour les pyrites. Le second (fusion avec de la litharge et du nitre en excès) est celui qui donne les meilleurs résultats; c'est le seul dont nous parlerons ici, en prenant pour exemple un minerai contenant do la blende et du sulfure d'antimoine et ne renfermant que très-peu de gangues terreuses.

On mélange intimement 2S grammes de minerai avec 50 grammes de carbonate de soude, 80 grammes de borax, 75 grammes de nitre et iOO grammes de litharge. On introduit le mélange dans un très-grand creuset, qui doit être rempli tout au plus jusqu'à la moitié de sa hauteur ; on recouvre la matière de carbonate de soude.

On fait chauffer très-lentement jusqu'à fusion tranquille. Il se produit presque toujours un boursouflement assez vif au moment où les matières commencent à fondre ; on doit chercher

à l'apaiser en diminuant l'activité du feu et eu enleraut quelques charbons; il ne faut pas agiter les matières avec une lame de fer.

Lorsque tout est bien fondu, et le nitré enti6tement décomposé, on met dans le creuset, en deux fois, 40 gratntiies dé litharge mélangée avec 0*^60 de charbon.

On a soin de laisser refroidir le creuset avant chacune des deui additions de litharge et de charbon. On termine par un coup de feu de quelques minutes.

L'opération dure environ trois quarts d'heure. Le culot de plomb pèse de 2S à 30 grammes \ il contient bien la totalité des métaux précieux^ or et argent, du minerai ; mais il renferme une proportion notable d'antimoine, de fer et même de zinc. Il eon-* tiendrait beaucoup plus d'antimoine et quelques centième9 de fer, si on avait employé une lame de fer pour apaiser le boursouflement pendant la fusion.

L'impureté du plomb rend la coupellation difficile et augmente beaucoup la perte de l'argent dans cette opération.

Il est impossible d'obtenir du plomb pur; les précautions quel nous avons signalées sont les seules qu'on puisse prendre pouf limiter les proportions des métaux étrangers qui passent dans le culot de plomb.

Observations* -^ Lorsque le minerai proposé est de Tautimo* niate de plomb, ou bien un mélange d'antimoniate et d'aotÎBMH nite de plomb, on doit opérer k peu près de la même manière, mais en supprimant le nitre dans le mélange, ou bien en em-» ployant seulement quelques grammes de ce réactif.

La partie essentielle du procédé est toujours la même i on fait d'abord passer la totalité de l'antimoine dans la scorie à l'état d'antimoniate alcalin ; on cherche ensuite à réunir tout l'argent en combinaison avec du plomb, en faisant passer à travers la scorie du plomb métallique en gouttelettes* Le culot de plomb est toujours antimonial.

Dans quelques cas particuliers^ on ne cherche pas k constater la présence de l'or dans le minerai : on doit alors employer de préférence le procédé mixte, décrit précédemment «

On attaque par l'eau régale chlorhydrique un poids plus 00 moins fort de minerai^ et IB grammes de litharge ; on ajoute un peu d'acide tartrique avant de remplir la fiole avec de l'eatf bouillante; on lave le dépdt) par décantations et sur le fiHre,

avec de l'eau faiblement acidulée pat Tacide chlorhydrique. L'antimoine se trouve dissous en totalité ; Ift matière qui est re* çue sur le filtre n'eu retient pas une quantité appréciable lorsque le lavage a été fait avec les soins convenables.

Cette matière est traitée comme nous l'avons déjà dit t on la fond au creuset de terre avec 3 parties de earbonate de soude, 20 granunes de litharge et 0^,80 de charbon^

Le culot obtenu contient tout l'argent du minerai } il est près* que rigoureusement put, et il passe aisément à la coupelle i

MiNBRAis DE curvRS. — > Les minerais de enivre qui contiennent lé plus fréquemment de l'argent sont le sulfure et le cuivre gris. On procède pour ces minerais comme pour le sulfuré d'antimoine. Lorsqu'on cherche à déterminer la teneur en argent, et en même temps à constater la présence de l'or, on fond le mine** rai avec 2 parties de carbonate de soude, 2 parties de borax, 100 grammes de lithi^ge^ et avec une proportion de nitre suffisante pour faire passer à l'état d'acides et d'oxydes le soufre^ l'arsenic et tous les métaux» On évite de se servir d'une lame de fer pour apaiser le boursouflement. Lorsqu'on est arrivé à la fusion tranquille et à la décomposition totale du nitre, on ajoute en deux fois 40 grammes de litharge mélangée avec 0^,80 de charbon.

Le culot de plomb est presque toujours asses impur : il ùon-^ tient un peu de cuivroi et quelquefois de l'antimoine, de l'arsenic et du fer. Ainsi que nous le dirons en décrivant Ih coupellation, on est obligé d'ajouter du plomb pour arriver à un bouton d'argent exempt de cuivre : il ne faut donc pas attacher une grande importance à produire, dans la fusion du minerai, un culot de plomb pesant moins de 30 grammes» Il est même con^ venable de produire un oiilot un peu fort lorsqu'on opère sur un minerai riche en argent ; le point essentiel est de limiter autant que possible la proportion de cuivre et d'antimoine qui passé dans le plomb»

Quand on cherche seulement h déterminer la teneur en ar-* gent, sans s'occuper de l'or, il faut toujours employer le procédé mixte, qui permet de se débarrasser du cuivre, de l'arsenic, de l'antimoine, etc., et qui donne un culot de plomb très-^pur cohtenant tout l'argent du minerai.

Minerais de nickel et de cobalt. — On doit traiter les minenis do nickel et de cobalt comme le cuivre gris. Lorsque les minerais sont à la fois aurifères et argentifères, il faut adopter le procédé que nous avons décrit sous le nom de fusion avec de la litharge et du nitre en excès^ et chercher à obtenir un culot de plomh dont le poids ne dépasse pas 30 grammes.

Le plomb obtenu contient à très-peu près tout Tor et tout l'argent du minerai ; il n'est jamais très-pur ; il renferme presque toujours quelques centièmes d'arsenic, de nickel ou de cobalt ; la proportion de l'arsenic et des métaux étrangers est cependant beaucoup moindre que celle contenue dans le culot qui provient de la fusion d'un cuivre gris antimonial ; le plomb passe facilement à la coupelle, sans qu'il y ait perte importante d'argent.

Lorsque le minerai proposé n'est pas aurifère, on doit suivre de préférence le procédé mixte.

Minerais contenant des tellurures. — On essaie très-rarement par la voie sèche les tellurures. Ces minéraux peuvent être séparés mécaniquement de la plus grande partie des gangues terreuses qui les accompagnent dans les filons. Les minerais préparés ont une valeur trop grande pour qu'on puisse se contenter des résultats qui sont donnés par les essais : il faut doser par voie humide l'or et l'argent qu'ils contiennent. Les essais par la voie sèche sont appliqués principalement pour les matières pauvres obtenues par le cassage et le triage.

Prenons pour exemple un minerai contenant à peine 5 pour iOO de tellurures disséminés dans des gangues terreuses.

On mélange intimement 30 grammes de minerai avec 10 grammes de nitre, 50 grammes de carbonate de soude, 50 grammes de borax, iOO grammes de lithai*ge. On fait chauffer très-lentement jusqu'à fusion tranquille, en évitant d'employer une lame de fer pour apaiser le boursouflement, presque toujours assez vif, qui se produit dans les premiers moments de la fusion.

Lorsque le nitre est entièrement décomposé et les matières parfaitement fondues, on ajoute en trois fois, 80 grammes de litharge mélangée avec i gramme do charbon. On termine par un faible coup de feu.

Le culot de plomb pèse de 30 à 40 grammes ; il contient la totalité de l'argent et de l'or du minerai ; il renferme im peu do

tellure et d'antimoine ; il passe assez bien à la coupelle. Il y a seulement une faible perte d'argent à cause de l'antimoine ; on n'est que rarement obligé d'ajouter du plomb vers la fin de la coupeUation pour faire passer dans la coupelle la totalité du tellure et de l'antimoine.

Il n'en est pas ainsi lorsqu'on opère sur un tellurure associé avec une proportion relativement faible de gangues terreuses : bien qu'on emploie dans ce cas un excès assez grand de nitre, le culot do plomb contient beaucoup de tellure et d'antimoine ; on doit ajouter dans la coupeUation beaucoup de plomb, ce qui occasionne une perte très-forte sur l'argent et même sur l'or.

BiiNBBAis d'argent. — Nous comprouons sous ce titre tous les minerais qui ne contiennent pas une proportion un peu forte de sulfures métalliques, et dans lesquels l'argent natif, le chlorure, le bromure, l'iodure, le sulfure, le sulfoarséniure d'argent (en général toutes les espèces minérales de l'argent) sont disséminées dans des gangues terreuses ou ferrugineuses.

Ces minerais doivent être traités de la même manière.

On opère sur un poids variable, de 10 à 100 grammes, suivant la teneur probable du minerai. On mélange intimement avec la proportion de carbonate de soude et de borax capable de produire la scorification des gangues, avec 100 grammes de litharge et avec 1 gramme de charbon.

On fait fondre lentement jusqu'à fusion tranquille dans un creuset de terre ; s'il y a boursouflement des matières, on l'apaise en agitant avec une lame de fer. On retire le creuset du feu dès que, toutes les matières étant parfaitement fondues, il n'y a plus qu'un faible dégagement de gaz.

Le culot de plomb obtenu est ordinairement très-pur : son poids varie entre 30 et 48 grammes ; le plomb contient tout l'argent du minerai.

La nature des espèces minérales d'argent, et la richesse présumée des minerais, obligent à modifier un peu ce mode général d'opération pour chaque minerai particulier.

Citons quelques exemples :

Lorsqu'il s'agit d'un minerai contenant de 1 à 2 pour 100 de chlorure d'argent, on doit employer une très-forte proportion de carbonate de soude. On fond 10 grammes du minerai, mélangé

T. IT. w

avec iO grammes de carbonate de soude, 15 grammes de borax, 100 grammes de litharge et 1 gramme de charbon; rexcès de carbonate alcalin est nécessaire pour produire la décomposition rapide du chlorure d'argent, et pour éviter la volatilisation partielle de ce composé. On cherche à obtenir un culot de plomb pesant environ 30 grammes, afin de diminuer, autant que possible, la perte qui peut résulter des fines grenailles de plomb, retenues par la scorie.

Pour un minerai contenant quelques centièmes de sulfures métalliques, renfermant l'argent à l'état de sulfure, de sulfoarseniure, et dont la richesse est inconnue, on opère sur 28 grammes ; on mélange le minerai avec 40 grammes de carbonate de soude, 40 grammes de borax, 100 grammes de litharge, 2 grammes de nitre ; on fait fondre jusqu'à fusion tranquille ; on ajoute en deux fois 50 grammes de litharge mélangée avec 1 gramme de chari)on.

L'addition de nitre a pour but d'éviter l'oxydation des composés sulfurés par la litharge ; elle permet d'obtenir un culot de plomb d'un poids convenable, de 30 à 40 grammes, d'une pureté suffisante, et contenant bien tout l'argent du minerai.

S'il s'agit d'une roche quartzeuse contenant à peine quelques mouches de sulfure d'argent, de pjrrite de fer, d'or natif, ou opère sur 100 grammes. On fait fondre, avec lapins grande lenteur, le mélange du minerai avec 100 grammes de carbonate de soude, 200 grammes de litharge, et 1 gramme de charbon.

On cherche h éviter l'emploi de la lame de fer pour apaiser le boursouflement ; le culot de plomb obtenu ne pèse pas plus de 30 grammes.

S'il est nécessaire d'agiter les matières avec la lame de fer, on obtient presque toujours un culot de plomb d'un poids trop fort, dont la coupellation occasionne une perte notable d'argent.

Seorlfieiitloii. — On emploie encore dans quelques usines un procédé différent de ceux que nous venons de décrire, pour obtenir un culot do plomb à peu près pur, contenant tout l'argent et tout l'or des minerais. Ce procédé donne des résultats assez satisfaisants lorsqu'il est appliqué avec les soins convenables; il a pour principal avantage de permettre d'opérer à la fois sur un grand nombre d'échantillons.

On tie réussit bien la scorificAtion ({ue «ous un moufle \ sur uu feu de charbon l'action oxydante de Tair n'est pas assez énergique. Les vases employés^ nommés scori/icatoires^ sont en terre rèfrac^ taire^ très-compactes. Leur forme intérieure est à peu près celle des têts à griller ; ils sont un peu plus évasés. Il est bon d'en enduire la surface avec de la sanguine, afin de les rendre tout à fait imperméables aux matières fondues qu'ils doivent contenir.

On place dans le scorifieatoire 40 grammes de minerai, mélangé aussi bien que cela est possible avec du plomb granulé et du borax. Le plomb doit être tout à fait pauvre^ ou bien il faut déterminer son rendement en argent, afin de pouvoir corriger le poids du bouton d'argent qui sera obtenu.

Les quantités de plomb et de borax dépendent de la nature du minerai. Pour les cuivres gris, les minerais de nickel et de co* balt, les pyrites, les blendes> etc^^ contenant une faible propor^ tion de gangues terreuses, il faut prendre 160 grammes de plomb, et de 15 à 20 grammes de borax. Les mêmes minerais, renfermant beaucoup de gangues terreuses, exigent un poids moins fort de plomb ; ils peuvent passer à la scoriflcation sans addition de borax lorsque leurs gangues sont quartteuses; il faut, au contraire, augmenter la proportion de borax pour les minerais à gangue calcaire ou barytique.

La galène, le carbonate, le sulfate, le phosphate de plomb, les minerais d'argent à gangues terreuses, n'exigent pas plus de 80 grammes de plomb ; on fait varier le poids du borax suivant la nature des gangues.

Lorsqu'on a l'habitude de l'opération, on reconnaît immédiattement quelles quantités de plomb et de borax il convient d'employer.

Opération. — On introduit le scorifieatoire avec le minerai, le plomb et le borax, sous le moufle préalablement obaufié au rouge sombre; on ferme la porte, on laisse le vase et les matières s'é*chaufier, et prendre la température du moufle ) ce résultat est at« teint en huit ou dix minutes.

Pendant ee temps^ l'action oxydante est relativement faible, l'aetiou chimique principale est oelle que le plomb en eioèt énorme exerce sur tous les composés argentifères ; le plomb leur enlève la majeure partie de l'argent, souvent même la totalité de ce métal* Lorsque les matières et le scorifieatoire ont prie la

93i MÉTAUX PROHŒaiENT DITS.

température du moufle , on enlève la porte ; l'oxydation dn plomb et des sulfures (ou autres composés tels que les sulfoarseniures) contenus dans le minerai fait des progrès très-rapides; l'oxyde de plomb produit et le borax font entrer en fusion les matières terreuses et les oxydes métalliques.

On pousse le feu de manière à élever la température au ronge en un quart d'heure ou vingt minutes. L'oxydation et la fusion sont alors généralement terminées. Le scorificatoire contient du plomb en fusion recouvert presque entièrement par les scories parfaitement liquides ; on ne voit plus le métal qu'au centre du vase, en raison de la forme convexe qu'affecte la surface du plomb. On laisse encore l'oxydation se continuer pendant quelques minutes, jusqu'à ce que le plomb soit entièrement recouvert par la scorie. On retire le scorificatoire; on coule les matières dans une lingotière de fer. On sépare, à l'aide d'un marteau, le culot de plomb des écailles de scories qui lui sont adhérentes.

On peut considérer l'opération comme bien réussie lorsque la scorie, bien fondue, ne contient pas de grenailles, et lorsque le culot de plomb^ d'un poids inférieur à 40 grammes, est trèsmalléable. Le plomb passe alors très-aisément à la coupelle, il contient à très-peu près tout Targent du minerai.

Dans cette opération l'or passe également dans le plomb, en aorte que la scorification est applicable aux minerais aurifères.

Observation. — Il est utile de faire remarquer que la scorification ne fait pas perdre une fraction appréciable de l'argent, tandis que le grillage dans un têt de minerais sulfurés occasionne toujours une perte très-forte.

Dès les premiers moments de l'opération , le plomb enlève au minerai presque tout l'argent qu'il contient, de sorte que l'action oxydante de l'air s'exerce sur une matière déjà presque entièrement privée d'argent. Les scories qui se produisent contiennent une proportion d'oxyde de plomb constamment croissante ; elles ne peuvent renfermer à la fin de l'opération que des composés oxydés ; elles ne retiennent pas du tout d'argent.

Le plomb étant en énonne excès reste pauvre en argent, alors même que par une oxydation prolongée, son poids est réduit à 35 ou 40 grammes ; les vapeurs de plomb n'entraînent que peu d'argent.

Lorsque le minerai proposé contient du cuivre et de l'antimoine

le plomb obtenu contient toujours une proportion appréciable de ces deux métaux. On ne peut limiter cette proportion qu'en employant un très-grand excès de plomb, et en poussant très-loin Foxydation ; l'opération dure plus longtemps, et la perte d'argent est un peu plus forte, principalement lorsqu'il s'agit d'un minerai antimonial.

Cependant, même dans ce cas le plus défavorable, il y a intérêt à pousser très-loin la purification du plomb, la perte d'argent pendant la scorification est moins grande que celle qui aurait lieu dans la coupellation d'un culot de plomb contenant beaucoup d'antimoine.

Le fer, le zinc, le nickel, le cobalt, l'arsenic et même l'étain passent facilement dans la scorie ; le plomb n'en contient pas en quantité appréciable lorsque l'opération a été bien conduite.

GOUPBLLATIOV DU PLOMB.

Lorsqu'on a obtenu, par l'un des procédés que nous venons de décrire, le culot de plomb contenant l'argent du minerai, on sépare l'argent par coupellation, c'est-à-dire par oxydation du plomb par l'oxygène de l'air. On opère à une température assez élevée pour que l'oxyde de plomb soit parfaitement fluide, et dans des vases assez poreux pour absorber l'oxyde de plomb à mesure qu'il est produit.

Ces vases, nommés coupelles^ sont faits avec des os calcinés» tassés plus ou moins fortement dans des moules; ils sont trèsfriables et ils absorbent facilement l'humidité ; ils doivent être maniés avec beaucoup de précautions. Lorsqu'ils ont été conservés dans un endroit humide, il faut les faire sécher avant de les employer; sans cette précaution ils éclatent ou se fendent quand on les introduit sous le moufle préalablement chauffé.

La coupellation étant décrite dans tous les traités de chimie, nous ne présenterons qu'un petit nombre d'observations sur l'opération elle-même ; nous insisterons principalement sur les pertes d'argent qui résultent soit de la conduite du feu, soit de la présence de certains métaux dans le plomb. Nous dirons quelques mots sur la coupellation directe des alliages de cuivre et d'argent, de la galène , du sulfure d'argent et du sulfure de cuivre et d'argent.

934 MÉTAUX mOPREMENT DITS.

CoumLiTiOK DU PLOMB PUB. — SupposOûs d*abord que 1© calot da plomb, pesant de IS àSS grammes, ne renferme aucun métal étranger. On 6tend sur la sole du moufle une couche d*os calcinés pulvérisés ; on introduit la coupelle, dont le poids doit être un peu supérieur à celui du culot de plomb ^ On met la porte du moufle en place; on allume le feu, et on porte le moufle au rouge; la coupelle s'échau&e lentement; elle est portée presque en même temps que le moufle à la température convenable.

Si le moufle a déjà servi à d'autres coupellations, il est inutile de le laisser se refroidir avant d'introduire la coupelle froide, mais il faut prendre quelques précautions. On place la coupelle sur le devant du moufle, et on l'avance progressivement vers le fond; elle ne doit être au rouge qu'au bout d'une demi-heure.

On l'examine alors avec attention pour constater qu*il ne s'est pas produit de fentes. La coupelle étant au rouge, on introduit le. culot de plomb avec des pinces un peu longues ; on place devant la coupelle quelques gros charbons qui doivent empêcher complètement l'arrivée de l'air sur le métal.

Le plomb entre promptement en fusion ; la surface du bain, d'abord terue et presque noire, devient brillante lorsque le métal a pris la température de la coupelle ; on dit que le bain est dicaur f)êrt. On retire les charbons ; la Utharge commence de suite à se former; il se produit en même temps des vapeurs blanches d'oxyde de plomb, qui s'élèvent vers la voûte du moufle.

Ces fumées font connaître si la température est convenable; quand la coupelle est trop chaude, les vapeurs sont très-claires et s'élèvent très-vite; lorsque la coupelle est trop froide, les fumées sont lourdes, s^élèvent lentement et n'atteignent pas la voâte. dans le premier cas, on rapproche la coupelle de l'entrée, ou bien en diminue le tirage du four; dans le second cas, on pousse la coupelle plus vers le fond du moufle, et on active le feu. Qaand l'opératicm marche bien^la famée doit s'élever en serpentant, et atteindre la voftte auprès de l'entrée du moufle.

Lali&arge est absorbée parla coupelle sur tout le pourtonr du bain ; il en résulte à la surface un mouvement très-visible de la couche teès-mince de l'oxyde en fusion. A mesure que l'oxyda-

< Oq admt ^oéraltmeqt (|»'tt^ «oapmA pant ab«9rber ^tk pf^a U ifticft éfA >■ Bien; il faut mieux employer des coupeUes assez grandes pour qWellM m aoici^ f^ entiërement imprégnées de Utkarge quand Topération est terminée.

tîon fait des progrès, le volume du bain diminue, la surface devient plus convexe, et le mouvement de la litharge plus apparent. Le bain devient de plus en plus brillant; comme l'oxydation produit de la chaleur, le bain est à une température de plus en plus élevée.

Vers la fin de l'opération, le mouvement de la litharge est très-rapide, et on distingue presque toujours à la surface des irisations très-vives ; lorsque les dernières parties du plomb sont oxydées, la surface du bouton d'argent cesse d'être couverte de litharge ; le bouton apparaît avec un vif éclat, mais il reprend presque immédiatement la température de la coupelle, et il semble disparaître.

On dit alors que X éclair a passé; la coupellation est terminée. On avance avec lenteur la coupelle vers le devant du moufle, et on la sort seulement quand le bouton d'argent est entièrement solidifié. Cette précaution est indispensable pour empêcher l'argent de rocher. Le rochage n'est pas à craindre pour les boutons qui pèsent seulement quelques milligrammes, parce que leur solidification est immédiate ; mais pour ceux qui pèsent plus do 0«',010 milUgrammes, on s'exposerait à une perte très-appréciable si on retirait trop promptement la coupelle du moufle.

Le bouton d'argent adhère peu à la coupelle lorsque le plomb a été o^ydé en totalité; sa surface est régulièrement arrondie et très-brillante, quand le bouton n'est pas resté exposé aux gaz que renferme souvent l'atmosphère des laboratoires.

On doit frotter avec une brosse la base du bouton avant de le porter sur lo plateau de la balance. Il faut se servir, pour Içi pesée, de balances spéciales accusant le quart du milligramme.

La coupellation du plomb pur se termine sans difficulté lorsqu'on prend les précautions que nous avons indiquées ; mais le poids du bouton d'argent ne donne pas tïès-exactement la teneur du plomb. H y a toujours perte appréciable d'argent, et le bouton retient quelquefois un peu de plomb.

On évite aisément cette dernière cause d'inexactitude en laissant la coupelle sous le moufle pendant quelques minutes après l'éclair ; le plomb est alors oxydé en totalité, le bouton est de l'argent parfaitement pur.

On fait rarement ce raffinage^ car il augmente encore la perte d'argent ; on cherche à arrêter l'oxydation de suite après l'éclair.

Volatilisation.

Cames de perte. — Les causes de perte sont nombreuses. Indépendamment du rochage, les principales causes de perte sont les suivantes ; la volatilisation; l'oxydation; Tcntraînement de l'argent métallique dans les pores de la coupelle.

La perte par volatilisation est faible lorsque le poids du culot ne dépasse pas 20 grammes, et quand la température est convenablement réglée ; elle s'élève au plus à 4 ou 5 millièmes du poids de l'argent ; elle augmente dans une proportion très-rapide avec le poids du culot et avec la température. C'est principalement vers la fin de l'opératiou qu'il faut éviter de chauffer au delà du point de fusion de l'argent, car à ce moment le bain métallique est assez riche, et l'argent est plus facilement entraîné par les vapeurs de plomb.

Oxydation. L'argent est partiellement oxydé pendant l'opération; cette oxydation n'a lieu que par suite de la combinaison de l'oxyde d'argent avec l'oxyde de plomb ; le composé est absorbé par la coupelle. La perte d'argent qui en résulte dépend surtout des proportions relatives des deux métaux et de la durée de l'opération ; pour un même poids d'argent la perte augmente avec le poids du culot de plomb. On n'a pas encore démontré que cette perte devienne plus forte quand la coupellation est faite à une température très-élevée.

On a constaté que les coupelles imprégnées de litharge contiennent de l'argent métallique ; il paraît même certain que cette cause de perte, l'entraînement de l'argent dans les pores de la coupelle, est la plus importante ; elle dépend du degré de porosité du vase, de la température, et de la quantité de litharge qui doit être absorbée dans l'opération.

On connaît depuis longtemps le degré de porosité qu'il faut donner aux coupelles pour que la litharge soit absorbée avec facilité ; on ne peut pas leur donner une compacité plus grande que celle qui a été adoptée à la suite d'une expérience de plusieurs siècles ; on serait obligé de conduire beaucoup plus lentement l'oxydation, ce qui augmenterait certainement les pertes par volatilisation et par oxydation. Il faut donc, pour hmiter le plus possible la perte par entraînement, s'attacher principalement à diminuer le poids du culot de plomb et à ne chauffer qu'au degré strictement nécessaire .

En résumé) on rend les pertes d'argent aussi faibles que pos-

Entrainement.

sible en passant à la coupelle des culots de plomb d'un poids très-faible, et en conduisant l'opération dans les conditions qui permettent de la terminer promptement sans chauffer fortement.

Nous citerons un exemple numérique pour montrer c|uelle influence peuvent avoir sur les résultats le poids du plomb soumis à la coupellation et la conduite de l'opération elle-même.

On a préparé une longue baguette do plomb argentifère avec les précautions nécessaires pour obtenir une teneur en argent constante dans toutes les parties de la baguette. On a passé à la coupelle trois quantités différentes pesant 27 grammes, 1S5 grammes, 260 grammes. La première (27 grammes) a été coupellée à une température peut-être un peu trop basse ; pour la seconde (iSS grammes) on a poussé l'opération un peu rapidement ; pour la troisième (260 grammes) pn a cherché à gagner du temps en chauffant très-fortement.

Les poids des trois boutons ont donné pour la teneur du plomb : 205 grammes, 179 grammes, 168 grammes d'argent aux 100 kilogrammes.

En coupellant 10 grammes seulement du même plomb, et en répétant plusieurs fois la coupellation dans le but d'arriver plus sûrement à la teneur moyenne, on a obtenu 211 grammes d'argent aux 100 kilogrammes de plomb.

La perte d'argent, dans l'opération faite sur 260 grammes à température élevée, a donc dépassé 20 pour 100.

Pour des plombs plus riches, on perd relativement moins d'argent en opérant sur des poids de plomb très-forts, et en conduisant rapidement l'opération, tandis que pour des plombs plus pauvresles pertes d'argent sont proportionnellement plus grandes. Deux opérateurs, auxquels on soumet le même plomb, arrivent bien rarement à des teneurs concordantes, alors même qu'on a pris toutes les précautions nécessaires pour rendre les deux parties d'essai parfaitement homogènes.

Nous ajouterons que ces précautions ne sont pas toujours prises, et qu'on n'accorde pas en général assez d'attention à l'irrégularité avec laquelle l'argent est réparti dans les plombs d'œuvre.

Accidents. — Essais noyés. — La coupellation est quelquefois interrompue ou retardée par quelques accidents ; ceux qui arrivent le plus fréquemment quand on opère sur du plomb pur sont les suivants :

La coupelle se fend aa moment où elle a déjà absorbé une certaine quantité de litharge.

L'oxyde de plomb, produit en trop grande quantité s'accamule à la surface du bain et devient pâteux ; on dit alors que l'essai est noyé.

Coapeiies ^^ coupelle Se fend lorsqu'elle a été mal fabriquée, ou bien rendues, lorsqu'on ne prend pas toutes les précautions nécessaires pendant la coupellation. H est rare qu'un défaut de fabrication soit la seule cause de l'accident, surtout lorsqu'on opère sur un culot de plomb pesant de 23 à 30 grammes seulement. C'est principalement pour les grandes coupelles, de 200 grammes et au-dessns, que les fabricants éprouvent quelque difficulté à comprimer également les os calcinés dans les moules.

Une coupelle do petites dimensions se fend ordinairement lorsqu'elle n'a pas été convenablement séchée avant d'être introduite sous le moufle, lorsqu*on y met le plomb avant que la chaleur ait pénétré jusqu'au centre, ou bien lorsqu'elle est exposée pendant l'opération à un courant trop rapide d'air extérieur, par exemple, lorsqu'elle est placée trop près de l'entrée du moufle. 11 est donc presque toujours facile d'éviter l'accident.

Lorsqu'il s'est produit, on retire la coupelle et on la laisse se refroidir ; on la casse avec précautions, et on examine la fente: en général le plomb argentifère n'a pénétré qu'à une faible profondeur. On peut le détacher en totalité de la matière de la conpellc, et en séparer, à l'aide du marteau, les écailles de lilharge adhérente. Dans ce cas on achève l'opération dans une antre coupelle, préalablement chauffée au rouge ; la coupellation est ainsi divisée en deux parties , et dure im peu plus longtemps que si on avait pu l'achever dans la première coupelle ; il 6n résulte une augmentation , généralement faible, de la perte en argent.

Lorsqu'on s'aperçoit trop tard de l'accident , une partie dn plomb a traversé la fente , l'essai est manqué, il faut recommencer la production du culot de plomb et la coupellation. Essais On est exposé à voirTioy^r Fessai lorsqu'on introduit le plomb

"**^^* dans la coupelle trop froide, ou biett lorsque le moufle et la coupelle étant à la température convenable le courant d'air est trop rapide. Dans le premier cas, la coupelle refroidit la litharge, et celle-ci ne peut prendre la fluidité convenable ; dans le second

cas la litharge se produit aveo rapidité, elle est refroidie par le courant d'air froid, et devient p&teuse.

On peut remédier à Taccident en mettant une pincée de char** bon pulvérisé sur la litharge, et en plaçant devant la coupelle deux ou trois gros charbons bien allumés. Une partie de Toxyde de plomb est réduite, la coupeUe et les matières contenues sont bientôt portées à la température à laquelle la litharge est parfaitement fluide ; le bain se découvre dès que la litharge est absorbée par la coupelle. On retire alors les charbons, et on continue la coupellation, en plaçant devant la coupelle, ou k l'entrée du moufle, un fragment de brique, ou un gros charbon, qui empêche l'air froid d'arriver trop abondamment sur la coupelle.

Lorsque l'essai noyé revient trop difficilement, il faut accorder peu de confiance au poids du bouton d'argent ; on a certainement perdu une forte portion de l'argent , par volatilisation et par entraînement dans la coupelle ; mais quand l'essai revient promptement on peut admettre que l'accident n'a produit qu'une faible augmentation de la perte ! le poids du bouton donne eU'* core une approximation suffisante pour la teneur du minerai.

GouPitLLATiOM DU PLOMB IMPUR. **** Les culots de plomb obtenus dans lea easais, on les plombs d'oeuvre produits dans les usines, contiennent assez fréquemment du fer, du zinc, du cuivre, du nickel, de l'arsenic, de l'antimoine ; quelquefois même ils renferment un peu d'étain.

Le plomb impur passe plus difficilement à la coupelle que le plomb ne oontenant aucun métal étranger, et presque toiyours la perte d'argent est plus grande.

Nous indiquerons brièvement l'influeiKe qu'exercent sur l'o^ pération les divers corps que nous venons de citer.

Fer. — Le fer s'oxyde en totalité dans les premiers moments de la coupellation ) son oxyde ne forme pas avec la lithai^fe de composé suffisamment fusible; il produit sur la coupelle, autour du bain métallique, un anneau de matière scoriacée, d'un brun foncé. Dès que le fer est entièrement oxydé, la coupellation se termine sans difficulté.

Lorsque le métal est en faible proportion, l'anneau de scories ne retient auoune grenaille de pliHub ; la présence du Iw est donc sans influence appréciable sur l'opération. Il n'en est pas ttnsi

lorsque le plomb contient beaucoup de fer, l'épaisseur de Tanneau scoriacé est assez granàe, et cette matière non fondue retient quelquefois une partie du plomb ^ ; l'argent contenu dans ces grenailles est perdu.

n est presque impossible de constater la séparation de ces grenailles pendant l'opération : chacime d'elles laisse un bouton d'argent trop petit pour qu'on puisse le distinguer dans la scorie. On n'est donc pas averti de la perte qui a pu être faite ; le poids du bouton d'argent est peut-être trop faible. On ne peut lever l'incertitude qu'en répétant plusieurs fois l'essai.

Zinc. — La présence du zinc dans le plomb est beaucoup plus nuisible que celle du fer.

Le zinc se volatilise en partie dans les premiers moments de l'opération ; sa vapeur brûle au dessus de la coupelle avec une flamme blanche très-brillante ; elle entraine une quantité appréciable d'argent. Le reste du zinc, très-rapidement oxydé, forme sur la coupelle un anneau de scorie d'un jaune clair ; cet anneau est quelquefois une cause de perte d'argent, par les grenailles de plomb qu'il peut retenir.

Pour le plomb contenant du zinc ou du fer, on évite presque certainement cette dernière cause de perte en n'agitant pas le bain jusqu'au moment où ses bords sont nettement séparés de l'anneau scoriacé.

Cuivre. — Le cuivre s'oxyde à peu près comme le plomb ; l'oxyde de cuivre se combine avec l'oxyde de plomb, et le composé pénètre dans la coupelle aussi facilement que la litbarge ; la coupellation du plomb cuivreux se fait donc aussi rapidement que celle du plomb pur. Lorsque la proportion du cuivre est très-faible, le bouton d'argent ne retient qu'une trace à peine appréciable de ce métal. Lorsque, au contraire, le culot de plomb contient plusieurs centièmes de cuivre, ce métal n'est pas entièrement oxydé au moment de l'éclair : il en reste une quantité très-notable dans le bouton d'argent.

On reconnaît de suite, à l'aspect du bouton,^ s'il renferme du cuivre : il est très-aplati, et n'adhère pas à la coupelle.

Pour obtenir l'argent exempt de cuivre il faut mettre dans une

^ Notamment lorsqa'on agite un pea le bain, en avançant la conpelle ters le fond oo vert l'entrée do moufle.

nouvelle coupelle le bouton cuivreux avec 10 fois environ son poids de plomb, et recommencer la coupellation. On est quelquefois obligé de passer encore une fois à la coupelle, avec addition de plomb, le second bouton obtenu.

Chacune de ces opérations occasionne une perte d'argent : on obtient donc un nombre trop faible pour la teneur du minerai proposé, en calculant cette teneur d'après le poids du bouton d'argent suffisamment pur. Il est par conséquent d'une grande importance de diriger la première partie de l'essai (production du culot de plomb) de telle manière, que le culot ne contienne pas de cuivre, ou qu'il n'en renferme qu'une proportion très-faible.

On reconnaît aisément à la coloration de la coupelle, la présence d'une quantité très-faible de cuivre dans le plomb : l'oxyde de cuivre donne à la coupelle une coloration grise, violacée, ou brune. La coloration est sensible seulement à la surface, ou bien elle s'étend à une certaine distance, suivant la quantité de cuivre contenue dans le plomb.

Nickel et cobalt. — Le plomb ne renferme ordinairement qu'une faible proportion de nickel et de cobalt ; ces deux métaux s'oxydent moins rapidement que le fer et le zinc ; leurs oxydes sont facilement entraînés par la litharge ; le bouton d'argent ne retient pas la plus faible trace des deux métaux. Us n'exercent aucune influence appréciable sur la coupellation. Leurs oxydes colorent la coupelle en violet plus ou moins foncé.

La présence du cuivre, du cobalt, et du nickel, dans le plomb paraît faciliter l'oxydation de l'argent ; mais on n'a pas encore constaté si cette cause de perte a une importance appréciable. On doit cependant cherchera produire^ dans les essais, du plomb qui ne contienne qu'une proportion très-faible de nickel et de cobalt.

Antimoine. — L'antimoine s'oxyde pendant la coupellation avec un peu plus de rapidité que le plomb : l'antimoniate de plomb qui se produit est entraîné dans la coupelle par la litharge lorsque celle-ci est en excès suffisant. Le plomb qui ne contient que très-peu d'antimoine passe à la coupelle avec autant de facilité que le plomb pur. Au contraire, lorsque le plomb contient une proportion un peu forte d'antimoine, par exemple de 8 à 10 pour 100, l'antimoniate n'est pas complètement absorbé par la coupelle , il se forme un bourrelet do scorie antimoniale ,

d'un jaune pâle, et de plus, la coupelle se fend presque toujours.

Une partie de Tautimoine se volatilise dès le commencement de l'opération ; ses vapeurs entraînent une proportion fort appréciable d'argent.

Il est donc très*-important de ne passer à la coupelle que du plomb très-faiblement antimonial : dans l'essai' d'un minerai contenant de l'antimoine, il faut prendre les procédés qui peuvent donner un culot de plomb renfermant à peine 1 pour 100 d'antimoine.

Arsenic. --^ L'arsenic se comporte à très-peu près comme Tan^^ timoine : il occasionne une perte appréciable d'argent par volatt* lisation ; il fait fendre la coupelle, et produit un bourrelet scoriacé dès qu'il est en proportion un peu grande.

COUPELLATION DES ALLIAGES DE CUIVRE ET D* ARGENT. — On a déterminé pendant longtemps par coupellation le titre des monnaies et des autres alliages de cuivre et d'argent ; ce procédé est remplacé maintenant presque partout par l'emploi des liqueurs titrées, ce qui permet d'obtenir pour la teneur en argent des résultats beaucoup plus exacts et plus certains.

Opération. — Dans la coupelle, préalablement chauffée au rouge, on introduit un poids P de plomb tout à fait pauvre ; quand le bain est découvert on ajoute un poids/) de l'aUiage proposé ; on conduit l'opération comme nous l'avons exposé pour le plomb pur. Si les deux nombres P, /), présentent entre eux le rapport convenable, tout le cuivre est oxydé, et son oxyde est entraîné par la litharge dans la coupelle ; le bouton d'argent est à trèspeu près exempt de cuivre et de plomb ; son poids donne approximativement la teneur de l'alKage.

L'aspect du bouton permet de reconnaître s'il contient encore une quantité appréciable de cuivre : dan» ce cas, on le passe de nouveau à la coupelle avec du plomb.

Dans la coupellation de l'alliage il y a toujours perte très-nota» ble d'argent ; la perte augmente avec la longueur de l'opération, et avec le poids de plomb employé : il est donc très-important de prendre le poids P de plomb aussi peu considérable que cela est possible, et d'éviter d'avoir à repasser à la coupelle, avec une nouvelle quantité de plomb, le bouton d'argent obtenu.

On a fait de nombreuses expériences dans le but de constater

quelle proportion de cuivre le plomb peut faire pénétrer dans la coupelle ; oette proportion est variable, entre des limites fort écartées, avec la température, avec les quantités relatives d'argent et de cuivre, avec la conduite de l'opération.

On peut diminuer beaucoup la quantité de plomb nécessaire pour faire pénétrer dans la coupelle un poids déterminé de cuivre, en chauffant très-fortement ; mais la perte d'argent étant toujours très-grande quand on coupelle à température élevée, nous ne devons considérer que les résultats obtenus dans les expériences faites à la température la plus convenable pour la coupellation du plomb argentifère.

Bémiiats obtenus avec du cuivre pur, — Les expériences ont été faites dans les conditions suivantes : on a passé à la coupelle 100 parties de cuivre pur, successivement avec 100 parties , 200 parties, etc., de plomb ; chaque fois on s'est arrêté à l'éclair, et on a pesé le bouton de cuivre et l'oxyde de cuivre non ab^ sorbe : on en a déduit la quantité de cuivre qui avait été absorbée par la coupelle.

On a calculé, d'après ces nombres, la quantité de plomb consommée pour faire pénétrer 1 partie de cuivre dans la coupelle #

Pour 100 p. de cuÏTre ûvanlilé de plomb cooiommé OD a emplojè. pour entratuer i de cuivre.

Plomb iOO p 4,70

En coupellant le cuivre pur, il faut employer dix fois et demie son poids de plomb pour obtenir l'oxydation totale du cuivre, et l'entraînement dans la coupelle de la totalité de l'oxyde de cuivre. Lorsqu'on emploie moins de plomb, il reste une portion du cuivre sur la coupelle, et on voit, d'après le tableau précédent, que plus la proportion du plomb est forte, plus l'oxydation du cuivre est ralentie, plus il faut consommer de plomb pour faire passer dans la coupelle une quantité déterminée de cuivre.

Ces observations conduisent à faire une autre série d'expériences, à coupeller un certain poids de cuivre, en ajoutant le plomb par parties, et en cherchant à obtenir comme résultat final la pénétration totale de l'oxyde de cuivre dans la coupelle.

On met d'abord dans la coupelle 1 pai*tie de plomb pour i partie de cuivre ; on ajoute 1 partie de plomb lorsque le bain métallique est réduit à peu près à la moitié de son volume primitif^ on continue l'opération en ajoutant ainsi à plusieurs reprises 1 partie de plomb. Après l'addition de m parties de plomb, où pousse la coupellation jusqu'à l'éclair du cuivre.

En répétant l'opération, en prenant m=3, m=4..., on voit le bouton de cuivre diminuer très-rapidement de volume, à mesure que m est plus grand.

Le cuivre est entièrement absorbé par la coupelle lorsqu'cm emploie ainsi de 7 à 8 parties de plomb, quelquefois même pour 6 parties d^ plomb, lorsque le moufle est un peu chaud.

En résumé, le résultat des diverses séries d'expériences faites sur le cuivre pur, est le suivant :

Lorsqu'on met de suite dans la coupelle la totalité du pl<Hnb, il faut près de 11 parties de plomb pour faire pénétrer dans la coupelle 1 partie de cuivre ; on atteint le même résultat avec une quantité moindre, de 6 à 8 parties, lorsqu'on ajoute le plomb par fractions pendant l'opération.

Expériences faites sur les alliages de cuivre et d argent. — En coupellant des poids égaux d'alliages d'argent et de cuivre avec dos quantités déterminées de plomb, on est parvenu à fixer la proportion du minimum de plomb qu'il faut employer pour bire passer tout le cuivre dans la coupelle, le plomb étant mis en une seule fois dans la coupelle.

Les résultats sont consignés dans le tableau suivant :

Compof ilioB de l'alliage. Doee de plomb Rapport du plonb

Argent. Cuivre. pour i d'alliage. au cuirre.

950 50 3.00 eO,i

800 SOO 10.00 60,00

ARGEiNT. 945

Ces résultats démontrent que l'affinité de l'argent pour le cuivre retarde beaucoup l'oxydation de ce dernier métal ; la proportion de plomb nécessaire pour faire passer le cuivre à l'état d'oxyde et dans la coupelle, est d'autant plus grande que l'alliage est à un titre plus élevé.

Nous ferons une observation relativement au résultat indiqué dans la première ligne du tableau, pour la coupellatipn de l'argent pur. Les expériences ont été faites sur de l'argent en limaille ; on ne parvient à le réunir en un bouton bien formé qu'en ajoutant une petite quantité de plomb ; on prend ordinairement de 1/3 à 1/2 du poids de l'argent; la perte dans la coupellation est alors tout à fait négligeable.

On peut employer des quantités de plomb moins fortes que celles indiquées dans le tableau précédent pour la coupellation des alliages de cuivre et d'argent. Au lieu de mettre d'abord dans la coupelle la totalité du plomb, on commence l'opération avec le cinquième seulement de la quantité qui serait nécessaire d'après le titre de l'alliage ; on ajoute à deux reprises un nouveau cinquième, et on continue l'opération jusqu'à l'éclair; le bouton d'argent est ordinairement exempt de cuivre.

En opérant ainsi, on emploie moins de plomb, mais on n'obtient pas un résultat plus favorable; la coupellation dure tout aussi longtemps et la perte d'argent n'est pas notablement plus faible. On s'expose, en outre, à obtenir un bouton d'argent un peu cuivreux ; il faut alors le passer de nouveau à la coupelle avec du plomb, et cette seconde opération augmente sensiblement la perte.

Les nombres cités dans le tableau précédent sont très-utiles à consulter ; mais ils donnent seulement une indication sur les quantités de plomb qu'il convient d'employer pour un alliage dont le titre est approximativement connu ,

Les résultats obtenus varient avec la température, avec l'activité du courant d'air qui passe dans le moufle, avec la disposition du four. Deux opérateurs différents n'emploient pas la même quantité de plomb pour le même alliage, et généralement ils n'arrivent pas au même nombre pour le titre ; l'écart est souvent de plusieurs millièmes. On ne doit pas s'en étonner : les causes d'inexactitude sont nombreuses.

D'un côté, on perd une fraction variable de l'argent; d'un

autre côté, le bouton d'argent retient une quantité presque toajours appréciable do plomb et de cuivre. Il n'y a pas compensation exacte entre ces causes d'erreur , et dans une coupellation bien conduite^ les causes de perte sont dominantes; le poids du bouton conduit à un titre trop faible.

Désignant par le nom de perte la différence entre le titre réel et lo titre calculé d'après le poids du bouton d'argent, la perte est rarement inférieure à 4 millièmes pour les monnaies, pour les bijoux, pour l'argenterie, en général pour les alliages dont le titre est compris entre 400 et 950 millièmes. Elle est moindre pour les alliages plus pauvres que 400 millièmes et pour Targent presque pur.

Elle n'est pas constante, c'est-à-dire que le même opérateur, ayant une longue habitude de la coupellation, n'obtient pas, i coup sûr, deux boutons d'argent rigoureusement égaux, en répétant la coupellation du même alliage à quelques jours d'intervalle. Ce sont ces incertitudes dans les résultats qui ont fait abandonner la voie sèche, et adopter la voie humide^ pour la détermination du titre des monnaies, et des autres alliages riches en argent.

Coupellation directe de la galène et du sulfure d'aegekt. — On peut déterminer avec une assez grande approximation la teneur en argent de la galène et du sulfure d'argent, en les pas* sant à la coupelle avec deux fois leur poids de plomb pauvre.

Pour que la coupellation directe soit possible, il faut que les minéraux renferment une très-faible proportion (au plus 5 pour 100) de gangues terreuses ou métalliques.

11 suffira de décrire l'opération pour la galène.

On opère sur 10 grammes de minerai porphyrisé. La porphyrisation est indispensable, car la galène, réduite seulement en sable très-fin, décrépite vivement lorsqu'elle est exposée brusquement au rouge.

On place le minerai dans une feuille de plomb, pesant de 20 à 2S grammes ; on plie la feuille de manière à lui donner la forme d'une boule presque sphérique ; les plis doivent être disposés de telle sorte qu'on ne risque pas de perdre une partie da minerai en saisissant la boule avec des pinces, et en la transportant dans la coupelle préalablement chauffée au rouge*

On place dovant la coupelle qiielquea grog charbom», afin d'em^ pécher l'arrivée de Tair jusqu'au moment où les matières chargées ont pris la température du moufle, ce qui a lieu en cinq ou six minutes. On écarte alors un peu les charbons de manière à no laisser arriver Tair qu'en faible quantité sur la coupelle.

Dans cette première phase de l'opération, le plomb métallique absorbe une partie de l'argent du minerai ; l'effet est analogue à celui qui a lieu dans la scorification ; mais l'absorption de l'argent est moins complète, parce que le plomb est en proportion moins considérable, et surtout parce qu'il n'est pas aussi intimement mélangé avec le minerai.

Dès que l'air peut arriver sur la coupelle, le grillage commence ; une partie du soufre se dégage à l'état d'acide sulfiireux, une autre partie passe à l'état de sulfate de plomb. Il parait y avoir réaction entre le sulfate de plomb formé et le sulfure qui n'est pas encore oxydé. On voit, au bout de très-peu de temps, le volume du bain métallique augmenter notablement, et le bain se recouvrir presque entièrement d'une croûte solide de sulfate de plomb. On peut alors enlever tous les charbons, et on active le feu.

Le sulfate de plomb est promptement dissous par la litharge produite, et le bain se découvre complètement moins de vingt minutes après le commencement de l'opération. A partir de ce moment, on continue la coupellation comme celle du plomb pur.

Les gangues terreuses et les sulfures métalliques, tels que la blende et la pyrite, lorsqu'ils sont en faible proportion, ne rendent pas l'opération plus difficile. Le quartz et toutes les gangues siliceuses sont aisément dissous par la litharge et entraînés dans la coupelle ; la chaux et les oxydes métalliques produits par le grillage des sulfures, restent sur la coupelle en formant un anneau scoriacé très-peu épais. La scorie se produit dès le commencement de l'opération, avant même que le sulfate de plomb soit entièrement absorbé par la coupelle ; il n'en résulte ordinairement aucun inconvénient.

Observations. — Les parties difficiles de l'opération sont le grillage très-lent du sulfure de plomb, et la dissolution progressive du sulfate par la litharge.

Si l'oxydation a lieu trop rapidement, l'action chimique est tellement vive qu'il y a volatilisation partielle du sulfure de plomb, et même perte de matières par projections; il se produit

beaucoup de sulfate de plomb. Il importe d^expulser le plus possible de soufre à Fétat d'acide sulfureux et d'éviter les pertes par volatilisation et par projections ; il est donc essentiel de commencer l'opération comme nous l'avons recommandé, de ne laisser arriver l'air qu'en proportion limitée et de chercher à produire la réaction du sulfate sur le sulfure : ce sont les conditions qui, seules, peuvent donner de la tranquillité au grillage et réduire au mininum la quantité de sulfate de plomb qu'il faudra faire absorber.

Le sulfate de plomb doit être dissous très -progressivement par la litharge, ou bien l'oxyde doit être en très-grand excès relativement au sulfate de plomb. On cherche ordinairement à réaliser cette dernière condition en chauffant un peu fortement et en lais^ sant l'air arriver en grand excès sur le bain ; on y trouve Tavantage de rendre la coupellation moins longue et de diminuer ainsi la perte d'argent. Dans tous les cas, si le sulfate de plomb est entraîné par une proportion trop faible de litharge, la coupelle se fend, et il faut recommencer l'opération.

On passe rarement à la coupelle les galènes qui contiennent une forte proportion de gangues terreuses, de blende ou de pyrite ; on réussirait cependant assez bien en ajoutant plus de plomb ; mais l'opération durerait très-longtemps, la perte d'argent serait très-forte.

On évite également de coupeller directement les galènes qui renferment quelques centièmes de sulfure d'antimoine oa de cuivre gris, parce que l'antimoniate et l'arséniate de plomb qni se produisent font presque toujours fendre les coupelles.

Pour les galènes à peu près pures, on obtient, par coupellation directe, des teneurs égales, et même plus élevées que celles auxquelles on est conduit par les essais divisés en deux opérations (production du culot de plomb, coupellation du culot). En général, on préfère passer par les deux opérations, parce qu'on peut calculer lerendement en plomb des minerais, et les teneurs en argent des minerais et des plombs d'œuvre.

Coupellation directe du sulfure de cuivre. — La coupellation directe du sulfure de cuivre argentifère réussit plus facilement encore que celle de la galène presque pure. On obtient un bouton d'argent exempt de cuivre en employant une proportion de

plomb relativement très-faible, de beaucoup inférieure à celle qui serait nécessaire pour la coupellation d'un alliage de cuivre et d'argent.

On enveloppe 10 grammes du minerai porphyrisé dans une feuille de plomb pauvre, pesant de 2S à 30 grammes. On porte la boule dans une coupelle préalablement chaufTée au rouge, et on conduit l'opération comme nous venons de l'indiquer pour une galène pure. Il se forme très-peu de sulfate de plomb ; la plus grande partie du soufre est expulsée à l'état d'acide sulfureux ; tout le cuivre passe dans la coupelle.

On ne peut expliquer que d'une seule manière la différence que présentent la coupellation des alliages de cuivre et d'argent et celle du sulfure du cuivre argentifère.

Lorsqu'on opère sur un alliage, le plomb n'enlève au cuivre qu'une partie de l'argent; les deux métaux, argent et plomb, retardent l'oxydation du cuivre, l'un par son affinité chimique, et tous les deux par action mécanique, c'est-à-dire en s'opposant, par leur présence, à l'intimité du contact de l'oxygène de l'air avec le cuivre.

Au contraire, quand on coupelle le sulfure de cuivre avec addition de 2 à 3 parties de plomb, le sulfure de cuivre n'est pas décomposé par le plomb, et ce métal absorbe à peu près la totalité de l'argent dès le commencement de l'opération ; le cuivre passe de l'état de sulfure à l'état d'oxyde par l'action de l'air ; il ne se forme pas d'alliage de cuivre et d'argent.

En essayant le même minerai de sulfure de cuivre successivement par coupellation directe^ et par production d'un culot de plomb, on arrive à une teneur plus élevée par le premier de ces deux modes d'essai.

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