PALLADIUM. J
Le cyanure de mercure produit un précipité floconneux, d'un blanc jaunâtre, de cyanure de palladium, soluble dans Tacide chlorhydrique et dans le cyanure de potassium. Le précipité se forme immédiatement dans les liqueurs neutres ; il ne se forme que très-lentement dans les liqueurs faiblement acides.
Dans les dissolutions qui renferment une proportion un peu forte d'acide azotique libre, le cyanure de mercure ne produit pas de précipité.
L'azotate d'oxydule de mercure ne parait exercer aucune action sur l'azotate de palladium; au contraire, il produit un précipité noir, de palladium métallique, dans la dissolution de chlorure de palladium. Si la dissolution contient de l'acide chlorhydrique libre, le précipité de palladium est accompagné de protochlorure de mercure.
Le sulfate de protoxyde de fer n'agit pas sur la dissolution du chlorure de palladium; il exerce, au contraire, une action assez énergique sur l'azotate. Lorsqu'il est employé en excès suffisant, il précipite une partie du palladium à l'état métallique. La précipitation n'a pas lieu lorsque la dissolution d'azotate renferme de l'acide azotique libre. Dans une liqueur neutre, le palladium se dépose lentement sous forme d'une poudre grise, adhérente aux parois du vase, et s'en détachant par l'agitation en écailles douées d'un certain éclat sur l'une de leurs faces.
Le protochlorure d'étain précipite partiellement le palladium à l'état métallique; la liqueur reste colorée en brun verdàtre.
L'iodure de potassium, agissant sur une dissolution à peu près neutre, produit un précipité presque noir, d'iodure de palladium, soluble dans un grand excès de réactif; la dissolution est colorée en brun très-foncé.
L'hydrogène sulfuré produit un précipité noir de sulfure de palladium. On obtient plus facilement la précipitation complète dans une dissolution chlorhydrique, neutre ou faiblement acide, que dans une liqueur azotique ou régale. Dans le cas d'une dissolution contenant de l'acide azotique, il faut étendre de beaucoup d'eau à mesure que l'hydrogène sulfuré est en plus grand excès; il faut, de plus, laver le précipité avec de l'eau saturée d'hydrogène sulfuré. Cette précaution est inutile lorsqu'on a fait la précipitation dans une liqueur qui ne renferme que de l'acide chlorhydrique.
mi MÉTAUX PROPREMENT DITS.
Le sulffijrfltaté a'amiô0rtia(|ti6 précipite oomplétement le pallëfliurti à l'état dé sulfure, insoluble dans un excès ie réactif. I* pt^édîpitô se rassemble avec lenteur ) au bout de quelques héniéii là liqueur est jaune et parfaitement limpide i Le précipité peet être lavé pftr décantation» avec de Teau pare.
Matièrts organiques.— Lapré^nce des substanees organiqaès, et ftotatnmeflt èelle de Tacide tartrique^ ëmpôehe la précipitaliofl de Toxyde de palladium par les carbonates alcalins^ par les i^alû caustiques, èt(^.; elle ne parait pas avoir d'influence Btir les ac- Ûtfné dix cyanure de mercure, de Tiodare de pofaasiuui^ de Tbyd^ogënë sulfuré et du suif hydrate t
BIOXTDC DE PÀLLAÔÎtili, PdOK *
Le bioxyde de palladium n a pas encore été préparé à l'état de pureté ; on l'obtient en dééomposant le bichlorure par là potaàse ou par le carbonate de potasse. Le précipité brun qui se produit^ kvé longtemps par décantations^ est du bioxyde hydri^é retenaDi une notable proportion d'àloaii ; il devient nOir à k température de l'ébullition ; mais 6n ne lui enlève entièrement l'eaU qu'en Je chauffabt au rouge sombre.* A ce degré de chaleur l'oxyde perd déjà une partie de son oxygène.
L'olydé deftséebé àil-deësus de (00 degrés se dissont trèsdifficilement dans l'acide aèotîque ; l'aeîde chlorhydrique le dissout avec dégagement de chlore ; la liqueur renfermé le pftlladiàm à l'état de protochlorure ^
L'bydr^e encore humide ne se disseufc pas très-ftoiletbèDt dans l'acide azotique ni dans l'acide stilfurique; il èat aisémeat soluble dans Fadide ehlorhydrique : les dissolutî^na sdnt d'an brun jaune.
Le bioxydë de palladimn doit pentemr :
Mâdiutt I*,*
Ox^gëUè. . . . j i,n,i,Ué» g|<al
iOOfiO
§ 9. — DMiiffe 4m ^lladlui.
La détermination du palladium se fait avec assez de facilité lorsqu'il s'agit d'une liqueur azotique ou chlorhydrique qui ne renferme aucun autre métal : elle présente, au contraire, de
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grandes difficultés lorsqu'il faut sépare*' le pdladiiiiîi du cÙiVre, de Yctt, du platine.
Considéroué d'abord lé caé le pltts didlplë.
LiQUEtft A^oTKfDB OU ctitx)RUtirRiQUE. — ^ Lor«(|uë la Hqticur proposée est un peu fortement acide, on saturé H Irfes-pdti |)rèâ exactement l'acide libre par le carbonate de solide ; ott ieràe ensuite du cyanure de mercure, et ou laissé en tepdà pendant virigtquatre heures. Le précipité est alorà parfdllëment rassemblé; du le lave par décantations ; On le fait pàsiter sur tin filtte ; o^ le (udeine au rouge après Fatoir fait ftéchel' à 100 degré^;
On pèse le palladium liiétallique, seul produit flitcl de la déoonlpositian du cyanure par la obaleur.
Ce procédé de dosage est très-simple^ d une appHeaiîon faoile J il donne des résultats suffisàmctaenl eitacto;
Palladium et cuitrb.— - Dans Tanalyso de9 minerais dé platine,' on obtient le palladium et le cuirre précipités èusemblë à l'état de sulfares ; pour déterminer les deui tuétaui dans le précipité de sulfures^ on peut suivre deui procédés différents.
Premier procédé. — On grille les sulfures dans une capsule de poroelaiuej sous le moufle, et eu ne dé][iassant pas le rouge sèmbre; on dissout la matière par l'acide ehlorhydrique un peu concentré; on ajoute à la liqueur acide du chlorure de potassium ef de Tasotate de potasse.
On évapore à sec à une très-douee chaleur ; l'aoide ehlorhydrique doit être en excès assez grand, relativement à l'azotate de potasse j pour que l'acide azotique soit entièrement décomposé. En ajoutant de l'azotate de potasse et en évaporant lentement à tme basse température, on cherche à faire passer le palladium à l'état de bichlorure, et à prévenir la transformation en protochlorure pendant l'évaporation. Il est essentiel que le réôidù contienne le chlorure double (PdCP+KCl). Ili-enfctme, eu outre, du chlorure alcalin en excès et le chlorure de cuivre combiné avec le chlorure de potassium.
On Iflte longtemps ce résidu avec de l'alcool à la deàsité de 0,84; le chlorure double de palladium et de potassium reste indissous, tandis que lé chlorure dé cuivre et lé chloruré alcalin se dissolvent avec lenteur.
i(M MÉTAUX PROPREMENT DITS.
Lorsque le lavage est terminé, on reçoit le chlorure double sur un filtre pesé d'avance ; on fait sécher à 100 degrés et on pèse de nouveau. L'augmentation de poids du filtre permet de calculer approximativement la proportion du palladium, en admettant qae la matière reçue sur le filtre a la composition que représente la formule {PdCP + KCl).
Cependant le dosage est incertain.
Le chlorure double est probablement mélangé d'un peu de chlorure de potassium et même de sulfate de potasse^, car ces composés sont peu solubles dans l'alcool.
Pour déterminer le palladium avec plus de certitude, on dissout le chlorure double dans l'eau bouillante et on précipite le palladium par le cyanure de mercure ; on calcine le cyanure et on pèse le palladium à l'état métallique.
Pour doser le cuivre, on ajoute beaucoup d'eau à la liqueur alcoolique ; on expulse l'alcool par la chaleur ; on précipite le cuivre par l'hydrogène sulfuré, et on le pèse à l'état de sulfure.
Second procédé. — Après avoir grillé les sulfures au rouge sombre, on dissout la matière par l'acide chlorhydrique ; on ajoute à la liqueur un assez grand excès de formiate de soude ; ou fait chauffer doucement, tant qu'il se dégage de l'acide carbonique. Le palladium est entièrement précipité à l'état métallique ; le cuivre reste en dissolution. On lave par décantations le précipité de palladium ; on pèse le métal après calcination.
Quant au cuivre, on le précipite à l'état de sulfure par l'hydrogène sulfuré, et on pèse le sulfure Cu*S, calciné au rouge sombre à l'abri du contact de l'air.
Ces deux procédés ne permettent pas d'obtenir une séparation très-nette des deux métaux : un peu de palladium reste toujours avec le cuivre.
Palladium et or. — Le procédé le plus convenable pour séparer l'or du palladium est le suivant.
On passe à la coupelle l'alliage des deux métaux, avec 4 parties d'argent et de 5 à 6 parties de plomb. On pèse le bouton qui contient l'or, l'argent et le palladium ; on le lamine en un ruban très-
1 Le grillage des solfores donne des sous -sulfates ; la liqueur chlorhydrique renfenae par suite un peu d'acide suKurique, qui se retrouve k l'état de sulfate alcalin dans le Té»àt de l'évaporation k sec.
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mince ; on Fattaque par l'acide azotique, en faisant agir successivement l'acide de plus en plus concentré. L'or seul reste insoluble ; on le pèse après calcination ; l'argent et le palladium se dissolvent en totalité.
On étend d'eau la liqueur azotique ; on précipite l'argent par l'acide chlorhydrîque ; on pèse le chlorure d'argent. On calcule, d'après son poids, la proportion de l'argent métallique, et par différence celle du palladium.
On peut, du reste, peser directement ce dernier métal ; il se trouve seul dans la liqueur azotique, de laquelle on a séparé le chlorure d'argent. On sature presque exactement l'acide par le carbonate de soude ; on précipite le palladium par le cyanure de mercure ; on calcine le précipité et on pèse le palladium métallique.
Palladium et platine. — On doit faire la séparation et les dosages des deux métaux dans l'analyse des minerais de platine. Les minerais renferment du rhodium et de l'iridium avec le palladium et le platine. Nous indiquerons bientôt de quelle manière il faut procéder à l'analyse; nous n'envisagerons maintenant qu'un cas particulier, l'examen d'une dissolution régale contenant seulement du platine et du palladium.
On fait chauffer la liqueur à peu près à 100 degrés, en y ajoutant de temps en temps de l'acide chlorhydrique ; on concentre par évaporation lente, jusqu'à ce que les vapeurs rutilantes aient cessé de se produire. La liqueur contient alors le platine à l'état de bichlorure et le palladium à l'état de protochlorure. On ajoute du chlorure de potassium et de l'alcool ; on laisse en repos pendant vingt-quatre heures ; on lave avec de l'alcool le précipité de chlorure double de platine et de potassium ; on reçoit le précipité sur un filtre préalablement pesé ; on fait sécher à 100 degrés, ei on pèse de nouveau.
On calcule la proportion du platine d'après l'augmentation do poids du filtre, et d'après la composition du chlorure double ; ou bien on calcine fortement le chlorure double, on dissout le chlorure de potassium par l'eau, et on pèse le platine métallique.
Pour doser le palladium, on ajoute do l'eau à la liqueur alcoolique ; on expulse l'alcool par la chaleur; on précipite le palladium parle cyanure de mercure, et on le pèse à l'état métallique.
im MÉTAUX PBOPAHIHiiNT DITS.
Cei opérations donnent une assez grande approrâiation pour le palladium, et, au contraire, un nombre trop faible pour le platine ; il est impossible de ne pas perdre une portion appréciable de ce métal dans la précipitation, dans les lavages du précipité, et dans la palcination.
l?l|n^r*u». — Le palladium existe en grains séparés, et à l'état de combinaison avec d'autres métaux, dans les minerais de platine. On le trouve en grains irréguliers dans les sables aurifères du Brésil, et en combinaison avec l'or et l'argent dans le même pays ; on a même signalé le séléniure de palladium daps le Harz.
Nous exposerons dans un autre chapitre la composition et les procédés d'analyse des minerais de platine ; nous n'avons à prér senter maintenant que de courtes observations sur les grains (le palladium, sur l'alliage de palladium et d'or, et sur le séléniure.
Palladium natif. — Les grains de palladium, séparés par triage des minerais de platine de la Sibérie et du Brésil, ou des sables aurifères du Brésil, sont d'un blanc un peu grisâtre ; ils ont l'éclat métallique. Leur forme est ordinairement irréguliëre : on n'a trouvé qu'un petit nombre de grains octaédriques. Leur densité est de 11,10, un peu inférieure à celle du palladium travaillé. Ils contiennent, avec le palladium, une faible proportion d'iridium et de platine.
Alliagv d'or vt dk PAM^AmuM. — Cet filliage a été trouvé à Porpez (Brésil). Il est en grains irréguliers, d'une cQuleur jaune un peu pâle. Sa composition est indiquée par une seule analyse :
Pr 85,98
PalUdlum. ........! !.. 9,58
Argent 4,1?
Sélêsîiu^v de palladium* — Ce minéral n'a ét^ rencontré qu'à Tilkerode (Harz) ; il es|^ eï\ petites j^elles hexagonales, d'un gris d'hier, douées de l'écl^^ métallique. Qi) q'^n a publié aucifne analyse ; il ^ été seulement cpnç^^t^ oue )es j^pq^lles contiennent principalement du palladium et du sélénium.