PALLADIUM
n ost presque rigoureusement insoluble dans Teau ; mais il est notablement soluble dans les dissolutions des iodures alcalins. Son insolubilité peut être utilisée pour le dosage de l'iode beaucoup plus facilement que pour la détermination du palladium.
L'iodure de palladium contient :
Palladiam 99,58
Iode 70,42
L'iodure de palladium se combine avec les iodures alcalins et avec plusieurs iodures métalliques. Les iodures doubles sont tous assez facilement décomposés par la chaleur ; ceux qui sont formés par les iodures alcalins sont solubles dans l'eau.
Le cyanure de palladium, Pe/Cy, est obtenu par double dé- Paiitdium composition. Desséché un peu au-dessous de 100 degrés, il est «*^"<>«^'»®« d'un gris jaunâtre et pulvérulent; au moment de la précipitation il est un peu floconneux et d'un blanc jaunâtre.
Il est à peu près nettement insoluble dans l'eau et^il se laisse la* ver avec assez de facilité. Il est dissous, ou bien il est décomposé par les acides concentrés ; il est presque insoluble dans les liqueurs faiblement acidulées par l'acide azotique ou par Facide chlorhydrique.
Il se dissout aisément dans l'ammoniaque et dans les dissolutions des cyanures alcalins ; il est un peu soluble dans les disr solutions étendues des carbonates de potasse et de soude : les dissolutions alcalines concentrées le décomposent partiellement. Chauffé jusqu'au rouge, il donne du palladium métallique.
Le cyanure de palladium contient :
Palladiam 67,19
Cyanogène 88,81
On a réussi à préparer un percyanure ; mais il est peu stable : il se transforme très-rapidement en protocyanure, même à une température bien inférieure à 100 degrés.
Le palladium se combine avec presque tous les métaux à AlUages. l'aide de la chaleur; il peut même se combiner par voie humide avec quelques-uns des métaux qui le précipitent de ses disso-
lutions. Les alliages sont généralement plus durs que le palladiuiUy mais peu ductiles et peu malléables.
Le palladium a pour le mercure une affinité beaucoup plus grande que celle du platine ; le mercure dissout assez rapidement le métal en fils ou en feuilles ; les amalgames ne perdent la totalité du mercure qu*au rouge blanc.
Les alliages formés par le palladium avec Targent sont d'un beau blanc, et sont susceptibles de prendre un très-beau poli ; ils sont assez durs, ductiles, malléables et moins fusibles que Targent. Ils sont entièrement dissous par Tacide azotique et même par Tacide sulfurique ; Teau régale ne les attaque complètement que lorsque la proportion de l'argent n'est pas trop forte.
Les alliages de palladium et d'or sont d'un jaune pâle; ils sont durs, mais encore ductiles et malléables.
L'acide azotique dissout difficilement la totalité du palladium, alors même que la proportion de l'or est très-faible. Pour séparer complètement le palladium de l'or, par l'action de l'acide azotique, il faut introduire dans l'alliage une assez forte proportion d'argent : en traitant par l'acide azotique concentré le nouvel alliage, on dissout aisément le palladium et l'argent : l'or seul reste indissous.
L'acide sulfurique agit moins bien que l'acide azotique sur les alliages d'or, de palladium et d'argent : il dissout tout Targent et la majeure partie du palladium, mais il reste presque toujours un peu de ce dernier métal avec l'or indissous.
§!.•«- €?MnMiiaiMraiS din palladiwn mwee Vm%f§sème.
Les oxydes de palladium sont décomposés par la chaleur, mais il faut chauffer jusqu'au rouge très- vif pour enlever au métal les dernières parties de l'oxygène. L'hydrogène, l'oxyde de carbone, et tous les corps avides d'oxygène les réduisent avec facilité.
Le sous-oxyde, PcPO, ne se combine ni avec les bases ni avec les acides. Il est décomposé par les acides un peu concentrés, à l'aide d'une douce chaleur , en palladium métallique et en protoxyde qui se combine avec les acides.
On l'obtient par calcination ménagée du protoxyde. Nous insis^ terons seulement sur les deux autres oxydes.
PALUPIUM. 1039
On connaît le protoxyde anhydre et hydraté. On l'obtient anhydre en évaporant la dissolution d'azotate et en calcinant doucement le résidu. On prépare l'hydrate en décomposant un sel de protoxyde de palladium par un carbonate alcalin en excès.
Le protoxyde anhydre est pulvérulent, d'un brun presque noir; il a un certain éclat; il supporte sans se décomposer la chaleur du rouge sombre ; chauffé un peu plus fortement, il laisse dégager une partie de son oxygène, et se transforme en sous-oxyde ; au rouge très-vif, la décomposition est complète : on obtient le palladium métallique. Il est lentement dissous par les acides forts; il ne parait pas avoir d' affinité pour les alcalis.
L'hydrate est d'un brun foncé, volumineux et gélatineux ; il se contracte beaucoup par dessiccation : il perd toute son eau audessous du rouge sombre.
L'hydrate encore humide se dissout rapidement dans les acides forts ; l'hydrate desséché se combine déjà plus lentement avec les acides. Il est insoluble dans les alcalis fixes et dans l'ammoniaque.
Le protoxyde de palladium contient :
Palladium 86,92
Oxygène i3,08
100,00 8SJUI DS PBCnrOXTDK DB PAUAOIUll.
Le protoxyde de palladium est une base assez faible, et ne peut pas se combiner avec l'acide carbonique. Presque tous les sels ne sont stables en dissolution qu'en présence d'un excès d'acide; les liqueurs neutres laissent déposer avec plus ou moins de rapidité des sous-sels peu solubles, .
Les dissolutions sont d'un bnm rougeâtre lorsqu'elles sont concentrées et peu acides; elles sont d'ime couleur beaucoup plus claire, tirant sur le vert ou sur le jaune, lorsqu'elles sont étendues, et lorsqu'elles sont fortement acides. Les dissolutions qui se présentent le plus ordinairement dans les analyses sont celles qui contiennent l'acide azotique ou l'acide chlorhydrique ; leurs caractères principaux sont les suivants :
La potasse et la soude en dissolutions étendues, produisent des précipités d'un brun jaun&tre, qui paraissent être des sels basiques de palladium ; ils se dissolvent avec facilité dans un excès de réactifs.
Les carbonates alcalins, employés en dissolutions un peu concentrées, produisent des précipités analogues, entièrement soinblés dans un excès de réactifs. Lorsqu'on porte les liqueurs k l'ébullition, elles deviennent d'abord brunes et laissent ensuite déposer de l'hydrate de protoxyde de palladium; le précipité est difficile à laver et retient une proportion très-appréciable de ca^ bonate alcalin, même après des lavages prolongés.
Les bicarbonates alcalins se comportent comme les carbonates neutres.
L'ammoniaque ne produit pas de précipité dans l'azotate de palladium ; la liqueur se décolore assez promptement lorsque le réactif est en excès. Dans une dissolution de chlorure de palladiimi, l'ammoniaque donne un précipité rose, devenant jaune par dessiccation.
Lorsqu'on n'a employé qu'un faible excès d'ammoniaque, et qu'on chauffe modérément le précipité dans la liqueur faiblement ammoniacale, il se dissout lentement; la dissolution est colorée en brun. Si, au contraire, l'ammoniaque est employée en grand excès et à froid, le précipité ne se dissout qu'avec lenteur ; la dissolution est incolore.
Le carbonate d'ammoniaque se comporte comme l'ammoniaque.
Le phosphate de soude produit un précipité brun, volumineux et gélatineux, de phosphate hydraté, facilement soluble dans les acides.
L'acide oxalique ne trouble pas les dissolutions de palladium lorsqu'elles contiennent une faible proportion d'acide. Dans les dissolutions neutres, il donne un précipité, d'un brun jaunâtre, d'oxalate de palladium, entièrement soluble dans l'acide oxalique et dans l'acide chlorhydrique. La précipitation n'est jamais complète.
En faisant agir les oxalates alcalins sur les dissolutions neutres, on peut précipiter tout le palladium à l'état d'oxalate.
Les prussiates ne produisent d'abord aucun précipité : au bout d'un temps assez long, les liqueurs se prennent en une presque opaque.