CHAPITRE XXIX
Les minerais du platine sont connus ou exploités dans un certain nombre de localités : en Sibérie, au Brésil, en Colombie, en Californie, en Australie, à fiornéo, etc. Ils sont extraits par le lavage d'alluvions' anciennes , qui renferment généralement de l'or natif. On n'a signalé jusqu'à présent qu'un seul gisement en filons, auprès de Santa Rosa (Colombie).
Les minerais donnés par le lavage contiennent des grains et des paillettes métalliques de platine, d'iridium, d'osmiure d'iridium et d'or, et des minéraux très-divers, tels que le fer chromé, le fer titane, les zircons, le quartz.
On enlève ordinairement l'or natif en traitant les minerais par le mercure ; il reste cependant une proportion appréciable d'or dans les minerais livrés aux ateliers.
On a trouvé dans les alluvions des grains très-gros et des pépites de platine ; ils sont réservés pour les collections de minéralogie.
En soumettant les minerais lavés à un triage attentif, on sépare assez aisément des grains de natures différentes : les grains de platine, les grains d'iridium, les grains d'osmiure d'iridium.
Les grains de platine sont de forme très-irrégulière, arrondis ou aplatis. Leur couleur est le gris clair ; ils ont généralement peu d'éclat; leur texture n'est pas cristalline ; leur densité varie de 16,00 à 17,86.
Quelques grains, provenant du Brésil et de la Sibérie, renferment une forte proportion d'iridium, ce qui les fait désigner sous le nom de grains d'iridium; leur densité varie de 22,60 à 23,00. Ces grains contiennent du platine, de l'iridium, du palladium, du rhodium, un peu d'osmium, de l'or, du fer, du cuivre, solubles dans l'eau régale concentrée; ils renferment, en outre, de l'osmiure d'iridium inattaquable par l'eau régale.
Dans les analyses et dans le traitement dans les ateliers, l'os-
MJH MÉTAUX PHOPREMEXT DITS.
miure d'iridium, séparé par l'action de Tean régale, se présente en paillettes micacées, oa bien en grains aplatis, dont les sorfKes ont été rendues irrégulières par Faction des acides.
En général, les graîos d'iri(Ûiim sont moins facilement attaqués par l'eau régale que les grains de platme.
Les grains d'osmiure d'iridium sont un peu plus blancs que les grains de platine, et présentent, en général^ un éclat métaUique un peu plus vif; leur forme est irrégulière, quelquefois arrondie, quelquefois aplatie ; leur densité est variable do 1 5,78 à 30,3A. Les grains dont la soiface est criblée de petites cavités sont fréquemment mélangés do fer cbromé, de fer ozydnlé, de fer titane, également inattaquables par reau régale.
Les grains d'osmiure d'iridium, séparés par des moyens méetniques de ces minéraux du fer, contiennent de l'osmium, de l'iridium, du rhodium, du platine, du ruttiénium^ et quelquefm do fer et du cuivre. Chauffés au contact de l'air, ou dans l'oxygène, ils sont presque complètement attaqués, notamment lorsqu'ils sont en paillettes très-minces ; l'osmium passe en totalité^ ou da moins en grande partie, à Tétat d'acide osmique, qiri se volatilise. L'action de l'air et de l'oxygène est plus facile lorsque l'osmiure est très-divisé *.
Le chlore esta peu près sans action sur l'osmiure en grains; il attaque promptement le minéral réduit en poudre très-fine; tous les métaux sont transformés rapidement en chlorures lorsque Tosmiure trèsnlivisé est mélangé avec un chlorure alcalin.
L'osmiure d'iridium, amené à l'état de poudre très-fine, est complètement oxydé, au rouge, par un certain nombre de réactife : par un mélange de potasse et d'azotate de potasse ; par le bioxyde de barium seul, ou mieux encore par le mélange de bioxyde de barium et d'azotate de baryte. U est presque complètement attaqué par les persulfures alcalins.
Nous donnons dans les tableaux suivants les résultats de quel-
1 On ftrriYe k obteuif Tosmlure èû poudre presqfte tmpa1piJ>lé par divers procédés; le plat slniple est oelui qiM tioii avonâ déjl décrit dans im dès eliapitres préeéd«iu.Oa fait fondre l'oiBiiure ftveo 5 ou 0 parUea de zine métalliqoe dans an creoact de charbon; on luainUenl le creuset au rouge pendant une heure; on porte ensuite au rouge bliac; on continue à chanfler juqu'li ee que le rinc soit entièrement tolatilisé, ce qui exige environ deni heures. L'otmiare eA tranaTofiié M «lié wpëoe d'é^nge nètaUÎqot, (It*B est (acUê de rédtire tn poudro trèt^fao.
quos analyMft des grains de platine» des grains d*iridium et des grains d'osmiure d'iridium.
ftAAms Di: VLkttm.
Colombie.
Galiforaîo.
Australie.
PlatiM. 86,20...
Iridium 0,85...
Rhodium 1,40...
Palladium 0,50...
Or 1,00...
Gidvre... 0,60. .«
Fer 7,80...
Osmlure d'Iridium. . . 0,95 . . .
F«r ataBé, qtarbi, elo. 0,96. . .
Orégoo.
Platine 51,46...
Iridium i 0,40...
Rhodium 0,65. . .
Palladium 0,15...
Or 0,85...
Cuivre 2,15...
Fer 4,60...
Oamiure d'iridium. . . . 37,50* . .
F«r titane, quartz, etc. 6,00. . .
l!iO...
ifiO...
iUHS DE PLATINS.
ORâtKâ
D^iftiaiim.
Sibérie.
Sibérie.
Brésil.
Observations. — Dan» les analyses dont nous venons de donnet les résultats, on n'a pas cherché à doser Vosmium qui est attaqué par l'eau régale, et qui se volatilise à l'état d'acide osmîquo avec les vapeurs acides.
Dans les échantillons provenant de TOrégon et de rAustralie, Tosmiure d^iridium n'a pas été séparé mécaniquement des grains de platine ; cette séparation a été faite pour les autres échantillons.
eBAUlS D'OSmUlE D'IBIDIUlf.
Colombie. Californie. «Aualralie. Boroéo.
Iridius..».
Rhodium...
Platine
Ruthénium..
Osmium....
Ciiivrc
Fer
liOO
Sibérie.
Iridium....
Rhodiam...
PlaUie
i.iO
Rothéniam..
Osmium....
Cuivre
Fer
Observation. — Dans ces analyses, Vosmiam a été évalué par différence , excepté pour le second échantillon provenant de la Colombie. Ainsi que nous l'avons déjà dit, le dosage de l'osmium ne peut donner qu'une approximation un peu douteuse ; on obtient certainement une plus grande exactitude en évaluant ce métal par différence.
Résidus de platine. — On obtient des résidus de natures différentes dans le traitement en grand des minerais du platine. On doit distinguer principalement les résidus insolubles et les résidus précipités.
Les premiers sont la partie qui demeure inattaquée par l'eau régale ; ils sont co Aposés presque exclusivement d'osmiure d'iridium, de quartz, de fer chromé, de fer titane, de zircons.
Les seconds proviennent du traitement par le fer des liqueurs acides dont on a séparé le platine : ils renferment de l'oxyde de fer, du cuivre, de l'iridium, du rhodium, un peu de palladium et de platine.
Dans quelques ateliers, les deux espèces de résidus sont mélangées : c'est à ce mélange qu'il faut attribuer la présence d'un peu d'osmiure d'iridium dans quelques résidus qui sont soumis à l'analyse avec la désignation de résidus précipités.
Nous citerons quelques exemples numériques de la composition des résidus.
RfSIDUS nSOLUBLBS.
Traitement des miDeraii de Sibérie.
Osmiure d'iridium
Palladium
Platine et iridium
Rhodium
Quartz, fer chromé, etc. .
oO|7V « • t
ibérie.
Id. de Colombie.
traces....
MINERArS DU PLATINE. HOl
BiflDUS PRfciPITiS.
lloniMie de Russie. Alelien de M. Ifaihey i Londres.
Ptlladium 0,80 1,20
PlaHne 0,80 0,50
Iridiam » 23.30
Rhodium 2,40 6,40
Osmiare d'iridium 21,80 2,20
Oxyde de fer, cuifre. , 74,20 66,40
Observation. — Dans l'analyse du premier échantillon, on a pesé ensemble rirîdîum et Tosmiure d*iridium : il est à présumer que la proportion de Tiridium est trop forte.
AKALTSE.
Nous citerons comme exemples l'analyse des grains de platine et des grains d'iridium^ l'analyse des grains d'osmiure d'iridium et enfin celle des résidus.
CSrAins de platine. — On doit déterminer :
1* La proportion du quartz, du fer chromé, du fer titane, etc. ;
2* La proportion de l'osmiure d'iridium ;
3** Les proportions des métaux solubles dans l'eau régale, platine, iridium, palladium, rhodium, or, fer, cuivre.
La quantité d'osmium attaquable par les acides est tellement faible qu'on la néglige presque toujours ; nous indiquerons cependant de quelle manière il convient d'opérer pour constater la présence de l'osmium attaquable par les acides.
Nous admettons, pour toutes les opérations que nous allons décrire, que r^cAan/îY/onmoye;*, représentant un lot un peu important d'un minerai de platine, a été prélevé avec des précautions telles, qu'en prenant de 2 à 3 grammes du minerai on puisse obtenir des résultats applicables au lot tout entier.
Les difficultés que présente l'analyse deviennent presque insurmontables lorsqu'on opère sur 4 ou S grammes de minerai : de là vient la nécessité d'effectuer les diverses séries d'opérations sur des poids très-faibles. C'est là une condition très-fâcheuse, car le minerai est composé de grains irréguliers de forme et de composition ; il est à peu près impossible d'espérer que les résul-
nOÎ MÉTAUX PROPREMENT DITS.
fats o]>tciius sur 2 on 3 grammei de matière représentent la composition moyenne du minerai.
Four les déterminations du quartz, du fer chromé, du fer titane, etc., et deTosmiure d'iridium, il est possible d*opérer sur des poids assez forts ; mais oes déterminations sont celles qui offrent le moins d'intérêt ; la partie la plus importante de Texamen analytique d'un minerai de platine est le dosage des métaux solubles dans l'eau régale.
Quartz, fks chromé, fer htahé, etc. — On fait fondre du borax dans un creuset de terre, de manière à recouvrir les parns d'un vernis ; on introduit dans le creuset de i à 5 grammes du minerai, 20 grammes d'argent fin et 15 grammes environ de horax fondu.
On fait chauffer lentement, dans une atmosphère non oxydante, un peu au-dessus du point de fusion deTargent ; on tient le creuset exposé à ce degré de chaleur pendant une demi-heure ; on laisse refroidir.
En cassant le creuset, on y trouve un culot métallique et une scorie^ qu'il est facile de séparer mécaniquement. Le culot contient l'argent ajouté, tous les métaux du minerai, platine, iridium, etc., ainsi que l'osmiure d'iridium. La scorie contient le quartz, le fer chromé, le fer titane, etc., dissous par le borax.
En comparant le poids du culot métallique k la somme des poids du minerai mis en expérience et de l'argent fin ajouté, on obtient, par différence, la proportion des minéraux qu'on peut désigner sous le nom de gangues du minerai de platine, le quartz, le fer chromé, le fer titane, les zircons, etc.
On n'obtient ainsi qu'une approximation un peu douteuse. Le minerai renferme une proportion plus ou moins forte de fer et de cuivre combinés avec le platine, l'iridium; etc. Bien qu'on ait l'attention de faire fondre dans une atmosphère non oxydante, le fer et le cuivre combinés, c'esl>-à-dire faisant partie du minerai lui-même, sont oxydés pendant la fusion avec le borax, et passent dans la scorie.
La pesée du culot métallique conduit donc à un nombre trop fort pour les gangues du minerai.
OsMuiRE d'iriduim. — Daus la fusion rapide dont nous venons
MINERAIS bU PLATINE. H03
do parler, l'osmiuro d'iridium n'est pas attaqué notablement par l'argent; il est disséminé dans le culot métallique. On aplatit le culot sous le marteau, on le lamine en un ruban trës-mince. On fait chauffer d'abord dans Tacide azotique un peu concentré, qui dissout l'argent, le platine, le palladium, et ensuite dans l'eau régale, qui achève de dissoudre tous les métaux du minerai, et laisse insoluble seulement Tosmiure d'iridium. Après avoir lavé la partie insoluble à l'eau bouillante, on la reçoit sur un filtre pesé; on fait sécher à 100 degrés, et on pèse de nouveau.
L'augmentation de poids du filtre donne, avec une approximation suffisante, le poids de l'osmiure d'iridium.
Platrie, iridium, etc. — On opère sur 2 grammes, bu tout au plus sur 3 grammes de minerai : les opérations deviennent pénibles, les séparations des divers métaux sont moins nettes, les dosages sont plus incertains, lorsqu'on attaque S grammes de minerai.
On introduit le minerai dans une cornue de verre un peu grande ; on verse dans la cornue, à l'aide d'un entonnoir, de l'eau régale composée de 2 parties d'acide chlorhydrique et de 1 partie d'acide azotique ; on engage le col de la cornue dans une fiole refroidie à l'extérieur ; on fait chauffer à 70 ou 73 degrés jusqu'à ce qu'il ne reste plus que très-peu de liqueur dans la cornue.
On introduit une nouvelle quantité d'eau régale, et on recommeuce à chauffer à 75 degrés. On continue ainsi tant que le minerai paraît être encore attaqué par les acides.
Il faut ordinairement de douze à quinze heures pour attaquer 2 grammes de minorai. On traite par l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique les matières que contient la cornue ; on lave par décantations, avec de l'eau pm*e, la partie insoluble.
Ces opérations donnent :
l"* Le liquide acide condensé dans la fiole ;
2*" La dissolution plus ou moins acide qui renferme à l'état de chlorures les métaux attaqués par l'eau régale ;
3*" Le résidu inattaqué par l'eau régale.
Résidu. — Le résidu contient l'osmiure d'iridium, le quartz, le fer chromé, les zircons, le fer titane, etc. On le reçoit sur un filtre pesé d'avance ; on fait sécher àlOO degrés, et on pèse de nouveau.
1 lOi iMÉTAUX PROPREMENT WTS.
L'augmentation de poids da filtre donne la somme des poids de Tosmiure d'iridium et des gangues.
Ces deux matières ont été déterminées dans les deux premières séries d'opérations : il y a bien rarement concordance parbite entre les nombres ainsi obtenus.
La discordance s'explique très-aisément : dans l'attaque par l'eau régale, quelques-uns des minéraux, tels que le feroxydolé, le fer titane, sont partiellement dissous ; le poids du résidu comprend le poids de l'osmiure d'iridium, et seulement le poids dune partie des gangues.
Dans la détermination des gangues par la fusion avec de Targent et du borax, on obtient au contraire un nombre un peu trop fort pour les gangues. Enfin, le minerai n'étant pas homogène, les trois fractions qui sont employées pour les opérations ne contiennent probablement pas la même proportion d'osmiure d'iridium, de quartz, de fer chromé^ de fer titane, etc.
Liqueur acide condensée. — Le liquide condensé dans la fiole contient un peu d'acide osmique, du chlorure de fer et même du chlorure de cuivre, car ces chlorures sont toujours entraînés en partie par les vapeurs acides. On doit seulement chercher à reconnaître si la liqueur contient une quantité appréciable d'osmium.
On étend de beaucoup d^eau ; on sature presque complètement les acides par l'ammoniaque ; on fait agir l'hydrogène sulfuré en grand excès pendant plusieurs jours.
Le fer reste dissous, à l'état de protochlorure ; l'osmium et le cuivre sont précipités à l'état de sulfures ; les sulfures sont mélangés avec une certaine quantité de soufre provenant de la décomposition de l'hydrogène sulfuré. On lave le précipité par décantations, on le fait passer sur un filtre très-petit; on fait sécher à 100 degrés, on sépare le mieux possible le précipité du papier, et on néglige la fraction du précipité qui reste adhérente au filtre.
On introduit la matière dans \m creuset de charbon, et on fait chauffer progressivement au rouge blanc. On pèse, s'il y a lieu, la matière métallique qui reste dans le creuset.
Le poids obtenu ne peut donner qu'une indication très^vague sur la proportion d'osmium, attaquable par l'eau régale, que renferme le minerai proposé.
Aux causes d'incertitude que nous avons fait connaître dans le chapitre précédent, il faut ajouter dans le cas actuel la présence probable d'un peu de cuivre.
En raison de cette incertitude inévitable, on se dispense assez fréquemment de l'examen des liqueurs condensées; on constate l'osmium attaquable par les acides par l'odeur d'acide osmique que répandent les vapeurs d*eau régale pendant l'attaque.
En renonçant à faire les opérations dont nous venons de parler, on se dispense de la nécessité d'employer une cornue pour l'attaque du minerai ; on fait agir l'eau régale dans une fiole, en prenant les précautions nécessaires pour ne pas être atteint par les vapeurs acides.
DissohUion chlor hydrique. — Cette dissolution contient un peu d'acide azotique, de l'acide chlorhydrique en certain excès, et des chlorures de platine, d'iridium, de rhodium, de palladium, d'or, de cuivre et de fer.
On concentre la liqueur par évaporation lente. Lorsqu'elle émet encore quelques vapeurs rutilantes après avoir été amenée à la consistance sirupeuse, on ajoute un peu d'acide chlorhydrique; on évapore ensuite à siccité à la température la plus basse possible. On traite le résidu par l'eau faiblement acidulée par l'acide chlorhydrique.
On obtient ainsi une dissolution chlorhydrique très-concentrée faiblement acide, dans laquelle le palladium est certainement à l'état de protochlorure ; on ajoute une dissolution également trèsconcentrée de sel ammom'ac , et de l'alcool rectifié en quantité telle, que la liqueur contienne environ les deux tiers de son volume d'alcool. On laisse en repos pendant vingt-quatre heures ; on reçoit ensuite le précipité sur un filtre, et on le lave avec de l'alcool peu étendu d'eau.
Le précipité est cristallin, d'une couleur variable du jaune au rouge cinabre; il contient, à l'état de chlorures combinés avec le chlorure d'ammonium , presque tout le platine , la majeure partie de l'iridium, un peu de rhodium et des traces de palladium.
Dans les liqueurs alcooliques se trouvent à l'état de chlorures, avec le sel ammoniac en excès, un peu de platine et d'iridium, la majeure partie du rhodium et du palladium, l'or, le fer et le cuivre. On concentre les liqueurs alcooliques jusqu'au moment
où le sol ammoniac commence à cristalliser; on laisse en repos pendant quelques heures.
Il se forme un précipité cristallin, de couleur violette; on le lave avec de Teau chargée de sel ammoniac, et enfin avec de TalcooL Ce second précipité est reçu sur un filtre séparé; il contient, à l'état de chlorures doubles, les dernières parties du platine et de Firidium, avec une certaine quantité de rhodium et des traces de palladium.
On doit traiter de la même manière et en même temps les deux précipités successifs; ils contiennent tout le platine et tout l'iridium, une fraction seulement du rhodium, et une quantité presque négligeable de palladium.
Traiteneni ^^ '^^^ sécher les deux filtres dans un creuset de platine ; on récMiés '^^ chaufiTer au rouge sombre, en ayant l'attention d'élever trèslentement la température, et de tenir le creuset fermé jusqu'à ce que le papier soit entièrement carbonisé ; on découvre ensuite le creuset, et on fait chauffer pendant le temps strictement nécessaire à la combustion du charbon.
On fait passer la matière dans une nacelle de platine préalablement tarée, on l'introduit dans un tube de porcelaine; on fait arriver un courant d'hydrogène pur et sec ; on chauffe au rouge; on pèse après refroidissement dans l'hydrogène.
L'augmentation de poids de la nacelle donne la somme des poids des métaux, platine, iridium, rhodium, palladium'.
On traite les métaux par l'eau régale, formée de 2 parties d'acide chlorhydrique, et de 1 partie d'acide azotique, étendue de quatre à cinq fois son volume d'eau. On fait chauffer entre 40 et SO degrés pendant quelques heures ; on décante la liqueur, on la remplace par de l'eau régale étendue; on fait chauffer de nouveau à 50 degrés.
On continue ainsi tant que la liqueur acide agit d'une manière sensible sur les métaux. Le platine et le palladium sont alors en* tièrement dissous ; l'iridium et le rhodium ne sont pas notablement attaqués.
On reçoit les deux métaux sur un filtre; on fait sécher; on calcine au rouge sombre ; on brûle le charbon provenant de la décomposition du papier; on fait chauffer au rouge sombre dans la nacelle de platine et dans un courant d'hydrogène ; on pèse après
refroidissement. On obtient ainsi le poids de Tiridium et du rhodium, et par différence celui du platine et du palladium.
Platine et palladium. — La quantité de palladium qui se ti'ouvo avec le platine dans la dissolution régale est tellement faible, qu'on peut la négliger lorsque les opérations précédemment indiquées ont été faites avec les soins convenables. On peut considérer comme se rapportant au platine seul le nombre qui est obtenu par diflérence pour les deux métaux.
Il est cependant toujours utile de vérifier que la dissolution régale ne contient qu'une trace de palladium. On procède de la manière suivante à cette vérification.
On sature les acides par le carbonate de soude ; on ajoute un excès de réactif; on évapore à sec, en terminant Tévaporation dans une capsule de platine ; on fait chauffer la matière jusqu'au rouge.
Après refroidissement, on traite par l'eau bouillante; on lave longtemps la matière métallique insoluble, d'abord par décantations, ensuite sur un filtre ; on la calcine et on la soumet à l'action de l'hydrogène au rouge sombre ; on pèse après refroidissement.
On obtient ainsi directement le poids du palladium et du platine ; mais on doit considérer comme plus exact le nombre qui a été précédemment obtenu par différence. La pesée directe donne une vérification du premier nombre, en ce sens que, si les opé^ rations ont été faites avec soin, la différence entre les deux nombres est très-&ible ; la pesée des deux métaux ensemble est d'ailleurs indispensable pour l'évaluation du palladium.
On traite les métaux par l'acide azotique, qui dissout seulement le palladium ; on pèse le platine insoluble ; on évalue le palladium par différence .
Le nombre obtenu est toujours très-faible; souvent même il est si petit qu'on n'est nullement certain de l'existence d'une trace de palladium dans le platine ; la diminution de poids du platine peut être due seulement à une perte &ite dans les opérations. n faut alors, pour constater la présence du palladium, évaporera sec la liqueur azotique, et, de plus, examiner qualitativement le résidu, s'il est en quantité appréciable*
Iridium et rhodium, — On fait chauffer les deux métaux avec 6 p«rtie6 do bisulfate de potasse ; on opère dans un creuset de
ii08 MÉTAUX PROPREMENT DITS.
platine, et on tient les matières en fusion pendant une heure. On traite par Peau après refroidissement.
On répète la fusion avec le bisulfate jusqu'à ce qne, en reprenant par Teau, le liquide soit tout à fait incolore. La partie insoluble est alors Foxyde d'iridium ; le rhodium se trouve en dissolution dans les liqueurs, qui renferment une proportion très-forte de sulfate alcalin.
L'oxyde d'iridium, reçu sur un filtre, lavé avec de l'eau faiblement acidulée et avec de l'eau pure, est séché, calciné et réduit par l'hydrogène. On pèse l'iridium à l'état métallique.
Pour le rhodium, on ajoute du carbonate de soude à la dissolution ; on évapore à sec, on fait chaufferie résidu jusqu'au rouge, on reprend par l'eau pour dissoudre les sels alcalins. L'oxyde de rhodium, bien lavé, séché et calciné, est réduit par l'hydrogène ; le rhodium est pesé à l'état métallique. On n'a, par cette pesée, qu'une fraction du rhodium; une autre partie du métal est restée dans la liqueur alcoolique.
Traiument La liqueur alcoolique, presque saturée de sel ammoniac, alcoolique!^ contient, à l'état de chlorures, le palladium, une partie du rhodium, l'or, le fer et le cuivre.
On i* étend d'eau, on y fait arriver de l'hydrogène sulfuré jusqu'à saturation ; on bouche la fiole, et on laisse en repos pendant plusieurs jours ; on vérifie de temps en temps que la liqueur émet une odeur très-forte d'hydrogène sulfuré ; lorsque l'odeur devient faible, on fait arriver de nouveau du gaz.
En prolongeant ainsi l'action de l'hydrogène sulfuré, on parvient à précipiter presque complètement, à l'état de sulfures, le palladium, le rhodium, l'or, le cuivre. Le fer seul n'est pas précipité.
On lave les sulfures par décantations, d'abord avec de l'eau chargée d'un peu d'hydrogène sulfuré, ensuite avec de l'eau pure. Les Uqueurs décantées contiennent le fer avec un peu d'or et de rhodium.
Liqueurs décantées. — On fait chauffer ces liqueurs de manière à expulser l'alcool et l'hydrogène sulfuré ; on sépare par filtration le dépôt de soufre ; comme ce dépôt peut contenir une petite quantité de sulfures d'or et de rhodium, on le conserve pour le traiter avec les sulfures précipités par l'hydrogène sulfuré. On ajoute de l'acide azotique à la liqueur filtrée ; on évapwe
MINERAIS DU PLATINE. Ii09
lentoment à sec, en terminant Tévaporation dans une petite capsule de porcelaine ; on imprègne le résida d'acide azotique, et on le fait chauffer très-progressivement jusqu'au rouge.
L'évaporation à sec et la calcination font perdre un peu de fer ; cette perte est relativement peu importante, car, de tous les métaux contenus dans le minerai, le fer est celui dont la détermination exacte offre le moins d'intérêt.
Le résidu calciné est traité par l'acide chlorhydrique concentré, qui dissout seulement le peroxyde de fer et peut-être un peu de rhodium, et laisse insolubles l'or métalUque et la majeure partie, sinon la tolaUté, de l'oxyde de rhodium.
On précipite le fer par l'ammoniaque^ et on pèse le peroxyde calciné. U convient de vérifier que le peroxyde de fer ne contient pas un peu d'oxyde de rhodium. A cet effet, on réduit l'oxyde par l'hydrogène ; on dissout le fer métallique par l'acide chlorhydrique. Lorsque cet acide laisse un résidu métallique appréciable, on peut le considérer comme du rhodium, et le conserver pour le réunir aux autres fractions du même métal qui se trouvent^ l'une avec l'or, l'autre avec les sulfures précipités par l'hydrogène sulfuré.
11 est inutile de corriger le poids du peroxyde de fer du poids du rhodium dissous par l'acide chlorhydrique, car ce dernier poids est toujours très-faible, et ne peut certainement pas compenser les pertes qui ont été faites sur le fer pendant les diverses opérations.
L'or et l'oxyde de rhodium, indissous par l'acide chlorhydrique, sont traités pur l'eau régale très-faible, qui dissout seulement l'or.
On conserve la dissolution régale et le résidu d'oxyde de rhodium, jusqu'à ce qu'on ait achevé le traitement des sulfures qui ont été précipités par l'hydrogène sulfuré.
Traitement des sulfures. — Les sulfures et le dépôt de soufre produit pendant la concentration de la liqueur sont reçus sur un filtre, et grillés ensuite avec le filtre dans une capsule de porcelaine.
On prend pour le grillage les précautions nécessaires pour expulser à peu près la totalité du soufre à l'état d'acide sulfureux. La matière grillée ne renferme qu'une quantité très-faible d'acide sulfurique ; elle contient l'or métallique, et les oxydes de palladium, de rhodium et de cuivre.
Le grillage doit avoir été terminé au rouge, c'est-à-dire à une température assez élevée pour enlever à l'oxyde de rbodiam sa solubilité dans les acides.
On traite la matière par Tacide chlorhydrique concentré, qui dissout le cuivre et le palladium, et laisse insolubles l'or métal-» lique et l'oxyde de rhodium.
La partie insoluble dans l'acide chlorhydrique est ensuite traitée par l'eau régale faible ; l'oxyde de rhodium reste indissous ; l'or passe en dissolution dans l'eau régale.
Pour déterminer l'or, on réunit les deux liqueurs régales qui renferment les fractions de ce métal ; on évapore lentement à sec, en terminant Tévaporation dans une capsule de porcelaine préalablement pesée ; on chauffe lentement le résidu jusqu'au rouge ; on pèse après refroidissement. L'augmentation de poids de la capsule est le poids de l'or métallique.
Pour le dosage du rhodium, on réunit la petite quantité de rhodium qui a été précipitée avec le peroxyde de fer aux deux fractions de l'oxyde de rhodium qu'on a séparées de l'or parTeau régale faible. On réduit l'oxyde par l'hydrogène; on pèse le rhodium métallique.
On ajoute le poids obtenu à celui du rhodium qui a été séparé de l'iridium, dans le traitement du précipité produit par le sel ammoniac et par l'alcool.
D'après la marche que nous avons tracée pour l'analyse, la liqueur alcoolique ne renferme pas d'iridium, ou du moins n'en contient qu'une quantité négligeable. Il est cependant prudent de rechercher si la fraction du rhodium qu'on retire de la dissolution alcoolique ne contient pas un peu d'iridium. A cet effet, on traite le rhodium obtenu par fusions successives avec le bisulfate de potasse, en reprenant chaque fois par l'eau.
Si, à la suite de ces opérations, on obtient un peu d'oxyde d'iridium, on fait la réduction de l'oxyde par l'hydrogène ; on pèse l'iridium métallique, et on ajoute son poids à celui de l'iridium qui a été obtenu dans le traitement du précipité produit par le sel ammoniac et l'alcool.
Il ne reste plus à examiner que la liqueur chlorhydrique contenant le palladium et le cuivre. On ajoute à la liqueur acide du chlorure de potassium en faible excès, c'est-à-dire en quantité un peu plus que suffisante pour que tout le palladium puisse passer
à Fétaf de chlorure double ; on cherche de plus à transformer le protochlorure en tichlorure.
On verse un peu d'acide azotique, et on évapore trës*lentement à sec. On traite le résidu par l'alcool à la densité de 0,84. Le chlorure de cuivre et le chlorure de potassium en excès se dissolvent. Le chlorure double de palladium et de potassium reste in dissous.
On le reçoit sur un filtre pesé ; on le lave avec de l'alcool, do manière à dissoudre tout le chlorure alcalin non combiné ; on fait sécher à 100 degrés et on pèse. On peut admettre que le chlorure double contient 29 pour iOO de palladium.
En opérant ainsi, on peut craindre de laisser un peu de chlorure de potassium avec le chlorure double, et d'obtenir pour le palladium im poids trop fort.
On peut vérifier le dosage de deux manières : on dissout le chlorure double dans l'eau bouillante, et on précipite le palladium par le cyanure de mercure (chapitre xxiv) ; ou bien on calcine le chlorure double au rouge dans une atmosphère d'hydrogène; on dissout le chlorure alcalin par l'eau bouillante, et on pèse le palladium métallique.
Ces deux modes de dosage du palladium ne donnent cependant pas des résultats beaucoup plus certains que la pesée du chlorure double, desséché à 100 degrés.
Nous ferons observer, d'aiDeurs, que dans la plupart des mine* rais la proportion du palladium est tellement faible, qu'en opérant sur 2 ou sur 3 grammes de matière il faut se contenter d'une simple approximation.
La détermination du cuivre ne présente aucune difficulté : on acidifie la liqueur par l'acide chlorhydrique ; on étend d'eau, et on fait arriver de l'hydrogène sulfuré ; on lave le sulfure do cuivre par décantations.
Lorsque le précipité est en quantité un peu notable, on pèse le cuivre à l'état de sulfure Cu*S, calciné au rouge sombre, et à l'abri du contact de l'air, dans un creuset de porcelaine préalablement taré.
Lorsque le précipité est faible, ce qui est le cas le plus ordinaire, on le traite par l'acide azotique faible ; on sépare le soufre indissous ; on ajoute de l'ammoniaque en excès, et on évalue le cuivre d'après l'intensité de la coloration bleue de la liqueur.
drains d*MiMiare dl^Iridiani. — Les grains d'osmiure d'iridium sont extrêmement durs; leur pulvérisation présente de sérieuses difficultés.
En se servant d'un mortier d'acier, on n'arrive pas à obtenir une poudre impalpable ; do plus, il faut traiter par l'acide chlorhydrique la poudre plus ou moins fine qui est obtenue, afin d'enlever l'acier qui a été détaché du mortier.
On réussit à réduire l'osmiure en poudre plus une en suivant la marche que nous avons tracée précédemment.
On fait fondre l'osmiure avec six fois soo poids de zinc pur, en opérant dans un creuset do charbon ; on fait chauffer pendant une heure un peu au-dessous du rouge; on porte ensuite le creuset au rouge blanc, on le maintient à ce degré de chaleur jusqu'à ce que tout le zinc soit volatilisé.
L'osmiure se trouve dans le creuset sous forme d'une éponge brillante, qui se laisse réduire avec une certaine facilité eu poudre impalpable. Les grains les plus gros ont seuls résisté en partie à l'action du zinc ; on les sépare par tamisage.
Ce procédé n'expose pas à des pertes appréciables des métaux contenus dans l'osmiure d'iridium ; il est relativement simple, et n'offre qu'un seul inconvénient: il est possible que le zinc ne soit pas rigoureusement expulsé en totalité ; il en résulte une faible incertitude sur le poids du minéral qui est soumis à l'analyse. De plus, lorsque l'osmium est évalué par différence, ce qui est le procédé le plus simple et le moins inexact de détermination pour ce métal, on porte au compte de l'osmium le zinc qui n'a pas été expulsé.
Dans l'analyse de l'osmiure d'iridium, on doit évaluer ou doser : l'osmium, l'iridium, le rhodium, le ruthénium, et même le platine et le palladium. Il y a lieu de rechercher, en outre, le cuivre et le fer.
On opère sur 2 ou 3 grammes d'osmiure réduit en poudre impalpable ; on le mélange aussi intimement que possible avec cinq ou six fois son poids de bioxyde de bariuro, ou d'un mélange de bîoxyde de barium et d'azotate de baryte.
On fait chauffer la matière dans un creuset d'argent fermé par son couvercle, pendant deux heures, à la température la plus élevée que puisse supporter l'argent.
L'osmiure est ordinairement attaqué bien complètement; la
MINERAIS DU PLATINE. lii3
matière contenue [dans le creuset est plus ou moins agglomérée, suivant qu'on a employé le mélange d'azotate de baryte ou le bioxydeseul.
On sépare la matière du creuset, et on nettoie ce dernier en frottant les parois avec un pinceau très-dur et mouillé. On traite cette matière par Teau d'abord, par l'eau régale ensuite, en opérant dans une cornue ou dans une capsule.
On se sert d'une cornue lorsqu'on a l'intention de doser directement l'osmium, et d'une capsule quand on se décide à évaluer l'osmium par différence.
Nous avons exposé précédemment (chapitre xxvin) les difficultés que présente le dosage de l'osmium, nous décrirons l'analyse en admettant que l'osmium est évalué par difTérence.
La matière est mise dans une capsule de porcelaine^ contenant un peu d'eau ; on recouvre la capsule d'un entonnoir ; on introduit peu à peu l'eau régale, composée de 2 parties d'acide chlorhydrique et de 1 partie d'acide azotique ; on porte à l'ébuUition jusqu'à ce que les vapeurs acides n'aient plus la plus faible odeur d'acide osmique. Ouest obligé d'ajouter de temps en temps de nouvelle eau régale; l'expulsion totale do l'osmium à l'état d'acide osmique n'est pas toujours obtenue après quinze ou seize heures d'ébuUition.
Lorsque toute odeur d'acide osmique a disparu, on cesse de chauffer à 100 degrés ; on enlève l'entonnoir, et on fait tomber dans la capsule les matières qui ont été projetées sur les parois. On évapore à sec à température très-basse ; on traite le résidu par de l'eau faiblement acidulée par l'acide chlorhydriquc.
Il reste quelquefois un peu d'osmiure d'iridium non attaqué lorsqu'on n'a pas pris les soins nécessaires pour la porphyrisation et pour le mélange de l'osmiure d'iridium avec les réactifs. On reçoit cette matière sur un filtre ; on la pèse, et on retranche son poids de celui de l'osmiure soumis à l'analyse.
On verse dans la liqueur étendue la quantité d'acide sulfurique nécessaire pour précipiter complètement la baryte. On peut procéder de deux manières différentes :
1** Calculer d'avance le volume d'un acide sulfurique titré qui correspond exactement à la baryte du bioxyde de barium et de l'azotate de baryte ;
2* Verser l'acide sulfurique très-étendu d'eau jusqu'à ce qu'A ne se produise pi as de trouble appréciable.
On fait chauffer pendant plusieurs heures ; on décante lorsque le précipité est nettement rassemblé ; on lave le sulfate de baryte par décantations, avec de l'eau faiblement acidulée par l'acide chlorhydrique.
On ajoute à la liqueur acide 8 grammes environ de sel ammoniac ; on évapore à sec à une très*douce chaleur ; on traite le résida par une dissolution un peu concentrée de sel ammoniac ; on décante ; on lave la partie insoluble avec de l'alcool, d'abord par décantations, ensuite sur un filtre.
Cette partie insoluble contient, à l'état de chlorures combinés avec le chlorure d'ammonium, le platine, l'iridium, le ruthénium, et un peu de rhodium. Dans la liqueur alcolique se trouvent la majeure partie du rhodium, le fer et le cuivre.
Les chlorures doubles, insolubles dans le sel ammoniac et dans iûwhibîes '^^^^^^^j renferment une proportion très-faible de rhodium * : on est obligé de négliger ce métal, et d'opérer comme si les seuls métaux contenus dans les chlorures étaient l'iridium^ le ruthénium et le platine.
On fait sécher le filtre ; on l'introduit dans un creuset de platine, et on fait chauffer très-lentement au rouge sombre. 11 est essentiel que la calcination soit conduite avec une lenteur trèsgrande et telle que la décomposition du papier et la volatilisation du sel ammoniac n'exposent à aucune perte appréciable des métaux.
On découvre le creuset pendant le temps nécessaire à la combustion du charbon ; on fait chauffer la matière métallique dans un courant d'hydrogène ; on pèse après refroidissement le platine, l'iridium et le ruthénium.
On traite les métaux par Veau régale faible, qui dissout seulement le platine. Après avoir bien lavé la partie insoluble, on la fait chauffer pendant quelques instants dans une atmosphère
^ Le chlorare double de rhodiam et d'ammonium est dissous presque en totalité dam la première partie des lavages, c'est-à-dire lorsqu'on traite par une dissoluUon un pen concentrée de sel ammoniac le résida obtenu par Tévaporation à aee de la liqueur eblorhydrique. H resterait, au contraire, une fraction notable du chlorure double de rhodium avec les chlorures doubles de platine, d'iridium et de ruthénium, si on traitait de suite par l'alcool le résidu de l'évaporation à sec de la liqueur cblorbydrique.
d'hydrogène ; od pèse après refroidissement. La perte de poids représente le platine.
Il convient de vérifier cette évaluation du platine, faite par différence. On ajoute du chlorure de potassium à la dissolution régale ; on évapore lentement jusqu'à siccité ; on traite le résidu par l'alcool.
La partie insoluble doit être du chlorure double de platine et de potassium, nettement caractérisé par sa couleur jaune. On reçoit le chlorure double sur un filtre pesé d'avance ; on lave à l'ai* cool assez longtemps pour que tout le chlorure de potassium non combiné soit dissous ; on fait sécher à 100 degrés, et on pèse.
D'après le poids du chlorure double, on calcule le platine ; on compare le nombre obtenu par ce dosage à celui qui a été évalué par différence : les deux nombres doivent être presque identiques lorsque les opérations ont été bien conduites.
Lorsque l'eau régale faible a dissous un peu d'iridium et do ruthénium, on en est averti par la coloration du chorure double de platine et de potassium. Il faut alors calciner ce chlorure jusqu'au rouge dans un courant d'hydrogène et traiter par l'eau bouillante, afin de dissoudre le chlorure alcalin. On pèse les métaux après calcination dans une atmosphère d'hydrogène ; on les traite de nouveau par l'eau régale très-faible.
On pèse, s'il y a lieu, la quantité très-faible d'iridium et de ruthénium, qui restent indissous. On calcule une seconde fois lo platine par différence ; on réunit l'iridium et le ruthénium à la première matière indissoute par l'eau régale faible.
Après avoir pesé l'iridium et le ruthénium, on fait chauffer les deux métaux avec un mélange de potasse et d'azotate do potasse (voir chapitre xxvn) ; on traite la matière par l'eau, qui dissout la totalité du ruthénium à l'état de ruthéniate de potasse, et laisse insoluble presque tout l'iridium à l'état d'oxyde.
Ainsi que nous l'avons déjà dit, la séparation de l'iridium et du ruthénium par ce procédé laisse beaucoup à désirer. La liqueur alcaline est presque toujours colorée en vert bleuâtre par une petite quantité d'iridiate alcaUn. Tant que cette coloration verte n'est pas trop prononcée, on peut admettre que la séparation est obtenue avec une netteté suffisante.
On précipite le ruthénium en saturant l'alcali de la liqueur par l'acide azotique ; après avoir bien lavé le précipité^ on le cal-
iH6 MÉTAUX PROPREMENT WTS.
cine; on réduit Toxyde de ruthénium par Thydrogène; on pèse le ruthénium à l'état métallique. On évalue Tiridium par différence.
Si, au contraire, la dissolution alcaline est fortement colorée en vert ou en bleu verdàtre, on est averti qu'il s'est formé une proportion notable d'iridiate alcalin ; il faut traiter encore le ruthénium impur, obtenu à la suite des opérations que nous venons de décrire (précipitation par l'acide azotique, lavage du précipité, calcination et réduction par l'hydrogène).
On le fait chauffer avec de la potasse et de l'azotate de potasse, en employant une proportion de réactifs moins forte que la première fois ; on reprend par l'eau après refroidissement. 11 faut continuer ces opérations jusqu'à ce qu'on obtienne une liqueur alcaline faiblement colorée en vert.
On en précipite l'oxyde de ruthénium par l'acide azotique, et on pèse le ruthénium métallique.
Dans ces opérations, on n'arrive à obtenir du ruthénium à peu près exempt d'iridium qu'en laissant une partie du ruthénium avec l'iridium.
Il est donc possible d'obtenir avec une exactitude suffisante la somme des poids des deux métaux ; mais on peut à peine espérer une approximation douteuse pour la proportion du ruthénium, et par suite pour celle de l'iridium, qui est évalué par différence. Liqueurs ^^^ liqueurs provenant du lavage des chlorures doubles formés aicooUques. paj. l'iridium, le ruthénium et le platine, contiennent beaucoup de sel ammoniac et d'alcool; elles renferment le rhodium, et quelquefois un peu do fer et de cuivre.
On les évapore à sec, en terminant l'évaporation dans une capsule de porcelaine ; on imprègne le résidu avec un peu de suifhydrate d'ammoniaque ; on ajoute un peu de soufre pulvérisé; on recouvre la capsule avec le couvercle d'un creuset de porcelaine ; on fait chauffer très-lentement jusqu'au rouge dans une atmosphère non oxydante.
On parvient ainsi à obtenir les métaux à l'état de sulfures. On les soumet à un grillage un peu lent, commencé dans une atmosphère peu oxydante, et terminé à une température assez élevée pour que l'oxyde de rhodium perde entièrement sa solubiUté dans les acides.
On traite les oxydes par l'acide chlorhydrique un peu concen-
MINERAIS DU PLATINE. ii\l
tré. Le fer et le cuivre se dissolvent ; l'oxyde de rhodium reste insoluble. On réduit l'oxyde de rhodium par l'hydrogène; on pèse le rhodium métallique.
On cherche enfin le fer et le cuivre dans la liqueur chlorhydrique ; on ajoute un peu d'acide azotique ; on concentre les liqueurs par évaporation ; on sature peu à peu les acides par l'ammoniaque étendue.
Sans chercher à obtenir une séparation plus nette du fer et du cuivre, on pèse, s'il y a lieu, le peroxyde de fer après calcination ; on évalue le cuivre d'après l'intensité de la coloration bleue de la liqueur ammoniacale.
Toutes les opérations étant terminées, on évalue l'osmium par différence.
Grains «l*irl«liuiu. — Nous avons donné dans les tableaux précédents la composition de deux échantillons de minerais de platine, provenant du Brésil et de la Sibérie, contenant une proportion très-forte d'iridium. Ces minerais diffèrent notablement des minerais ordinaires, pour la densité, qui est de 22,60 et 23,00, et pour la résistance qu'ils opposent à l'action de l'eau régale. Nous pouvons les caractériser en les désignant sous le nom de grains d iridium.
Leur analyse ne peut pas être faite comme celle des grains de platine, car l'eau régale ne les attaque que partiellement; il faut procéder comme pour les grains d'osmiure d'iridium, ou bien encore adopter le procédé suivant :
On fait chauffer, dans un creuset de charbon, 2 grammes du minerai avec 10 grammes de zinc pur ; on maintient le creuset au rouge pendant une heure, et au rouge blanc pendant deux heures. La matière métallique agglomérée qu'on retire du creuset retient une certaine quantité de zinc, mais elle est rendue attaquable par l'eau régale concentrée.
On ramène ainsi l'analyse aux conditions précédemment considérées, c'est-à-dire qu'on peut opérer de la même manière que pour les grains de platine. La présence du zinc n'apporte dans les diverses opérations que des difficultés faciles à surmonter.
Rësiélus. — Nous prendrons pour exemple l'examen des résidus insolubles et précipités, mélangés, contenant par consé-
quent du fer chromé, du fer titane, des zircons, de Toxyde de for, du cuivre, de Tosmiure d'iridium, des grains d'iridium, et de faibles quantités de platine, de palladium, d'iridium et do rhodium. Les résidus ne contiennent une proportion un peu forte de platine, d'iridium et de rhodium que dans quelques circonstances particulières, par exemple lorsque les minerais traités contiennent des grains d'iridium.
On n'a aucun intérêt à faire une analyse exacte de ces résidus; on doit s'attacher principalement à déterminer la proportion de l'osmiure d'iridium et celle du platine, à reconnaître si la matière proposée contient une quantité appréciable d'iridium, de palladium et de rhodium.
Nous conseillons de faire deux séries d'opérations :
Dans la première, on évalue avec une exactitude assez grande le poids de l'osmiure d'iridium, du platine^ de l'iridium, du palladium et du rhodium.
Dans la seconde, on pèse d'abord exactement Tosmiure d'iridium seul. En comparant son poids au poids obtenu dans la première série d'opérations, on a, par différence, la quantité des autres métaux^ platine, palladium, etc., et on voit s'il est réellement utile d'en faire les séparations et les dosages.
Premiêrb opération. — On fait fondre au creuset de terre 10 grammes des résidus avec 20 grammes dWgent fin et avec 30 grammes de borax ; on opère comme nous l'avons indiqué précédemment pour l'analyse des grains de platine ; on pèse le culot métallique ; en en retranchant le poids do l'argent employé, on a, par différence, la somme des poids, P, de l'osmiure d'iridium, du platine, du palladium, du rhodium et de l'iridium.
Seconde série d'opérations. — On doit opérer sur un poids très-fort, afin de pouvoir déterminer, si cela est nécessaire, des quantités très-faibles des divers métaux.
On mélange aussi intimement que possible 30 grammes des résidus avec 150 grammes de litharge et SO grammes de borax* On met au fond d'un creuset de terre de 80 à 100 grammes de plomb ; on place au-dessus le mélange des résidus avec la litharge ; on recouvre le tout d'une couche de litharge de quelques millimètres d'épaisseur. On fait chauffer lentement jusqu'à
MINERAIS DU PLATINE. Hi9
fusion parfaite de la scorie. On retire le creuset du feu, et on laisse refroidir.
En cassant le creuset, on obtient un culot métallique qui contient : Tosmiure d'iridium non combiné avec le plomb, et les au-* très métaux, platine, iridium, palladium, rhodium, combinés avec le plomb.
On aplatit le culot sous le marteau, en évitant toute perte de matière métallique ; on l'attaque par l'acide azotique peu concentré, en faisant chauffer à 100 degrés.
Lorsque l'action de l'acide parait épuisée, on ajoute de Feau bouillante ; on laisse la partie indissoute se rassembler ; on décante la liqueur claire ; on la remplace par de l'acide azotique, et on continue l'attaque.
On arrive un peu péniblement à dissoudre la totalité du plomb. Lorsque ce résultat est atteint, on lave la partie insoluble avec de l'eau bouillante. On a dans les liqueurs acides, avec le plomb , le palladium et im peu de platine. La partie insoluble renferme Tosmiure d'iridium, le reste du platine, l'iridium et le rhodium.
On attaque cette matière par l'eau régale concentrée ; on renouvelle les acides jusqu'à ce qu'on soit bien certain qu'ils n'exercent plus aucune action. On décante alors la liqueur acide ; on lave la partie insoluble par décantations, et on la pèse. Cette partie insoluble est l'osmiure d'iridium contenu dans les résidus : soitp son poids.
La différence, P — p, donne la somme des poids du platine, du palladium, du rhodium et de Tiridium.
Nous admettons que cette différence est assez grande pour qu'il y ait lieu de rechercher les métaux dans les liqueurs azotiques et dans la dissolution régale.
Liqueurs azotiques. — On verse dans ces liqueurs étendues un faible excès d'acide suUurique : il se forme un précipité très-volumineux de sulfate de plomb ; on attend qu'il soit nettement rassemblé, et on le lave par décantations. On évapore lentement la liqueur acide de manière à expulser complètement l'acide azo^ tique ; lorsque ce résultat est atteint, on étend d'un peu d'eau ; on ajoute du carbonate de soude en excès ; on évapore à sec, en terminant l'évaporation dans une capsule de platine.
On fait chauffer le résidu au rouge sombre, dans une atmo-
iiiO MÉTAUX PROPREMENT DITS.
sphère oxydante. Après refroidissement, on traite la matière par l'eau bouillante, afin de dissoudre les sels alcalins.
La matière insoluble contient un peu d'oxyde de plomb, l'oxyde de palladium , le platine métallique , peut-être même un peu d'oxyde de platine.
On ti*aite cette matière par l'acide azotique étendu, qui dissout le plomb et laisse insolubles le platine et le palladium.
Après avoir lavé la partie insoluble, on la calcine dans une atmosphère d'hydrogène. On pèse ensemble les deux métaux. On les sépare en traitant par l'acide azotique un peu concentré ; le palladium seul est dissous ; on pèse le platine insoluble et on évalue par différence le palladium.
On peut vérifier cette évaluation en précipitant le palladium par le cyanure de mercure, et en pesant le palladium métallique avec les précautions précédemment indiquées.
Ces opérations ne peuvent donner, pour le platine et le palladium, que des indications peu exactes : le sulfate de plomb doit entraîner une fraction notable des deux métaux. On perd encore un peu de palladium, peut-être même de platine, dans le traitement par l'acide azotique étendu, qui a pour but d'enlever les dernières parties de l'oxyde de plomb.
Dissolution régale. — On doit chercher dans cette dissolution le platine, l'iridium et le rhodium. On suit une marche analogue à celle que nous avons tracée pour l'analyse des grains de platine. On évapore lentement à sec ; on traite le résidu par Feau très-faiblement acidulée par l'acide chlorhydrique ; on ajoute du sel ammoniac et de l'alcool. On lave le précipité avec de l'eau presque saturée de sel ammoniac et avec de l'alcool.
On concentre les liqueurs par évaporation très-lente. Il se forme un nouveau précipité qu'on réunit au premier.
La liqueur ne renferme plus que du rhodium ; les deux précipités réunis contiennent le platine et l'iridium à l'état de chlorures combinés avec le chlorure d'ammonium; on néglige la petite quantité de chlorure double de rhodium que retiennent ces précipités.
On calcine les précipités ; on les fait chauffer pendant quelque temps dans un courant d'hydrogène; on pèse l'iridium et le platine métalliques. On traite les métaux par Feau régale faible, qui dissout seulement le platine ; on pèse Firidium après calci-
nation dans l'hydrogène ; on évalue le platine par différence, et on ajoute au poids obtenu celui du platine qui a été séparé du palladium.
Pour obtenir le rhodium, on évapore très-lentement à sec la liqueur alcoolique qui est presque saturée de sel ammoniac ; on fait chauffer le résidu jusqu'au rouge ; on termine la calcination dans une nacelle de platine et dans un courant d'hydrogène ; on pèse le rhodium métallique.