‹ Docimasie. Traité d'analyse des substances minérales à l'usage des ingénieurs des mines et des directeurs de mines et d'usinesChapitre 4 sur 38 · OXYGÈNE · texte numérisé non relu

OXYGÈNE

L'oxygène est un des corps les plus répandus dans la nature ; il se trouve dans Taîr, dans l'eau, dans un grand nombre de composés minéraux, dans la plupart des substances organiques. Presque tous les réactifs employés dans les laboratoires, le plus grand nombre des matières soumises à l'examen des chimistes, en contiennent une proportion notable. C'est cependant, de tous les corps connus, celui qui présente en général les plus grandes difficultés pour le dosage, à ce point qu'on le détermine fré* quemment par différence, c'est-à-dire qu'on renonce à l'évaluer directement. Il n'est possible de le doser exactement que dans un petit nombre de cas particuliers.

Ainsi, dans l'air atmosphérique, dans quelques mélanges de gaz qui contiennent l'oxygène à l'état libre, on peut le déterminer, soit en l'absorbant par des' corps facilement oxydables, soit par des procédés eudiométriques. Ainsi encore, pour certains oxydes métalliques, on évalue exactement Toxygène en faisant la réduction par l'hydrogène. Mais, dans la plupart des cas, le chimiste doit se déclarer impuissant.

Les cas particuUers, dans lesquels le dosage direct de l'oxygène est possible, seront étudiés dans les chapitres suivants. Dans celui-ci, nous dirons seulement quelques mots de l'oxygène employé comme réactif oxydant : on s'en sert seulement dans des recherches scientifiques, c'est-à-dire quand on a besoin d'avoir le gaz parfaitement pur : dans les opérations ordinaires des laboratoires, comme dans l'industrie, on emploie presque toujours de l'air atiposphérique comme oxydant ou comme comburant.

Nous présenterons quelques observations sur la préparation de l'oxygène pur en prenant, pour fixer les idées, un exemple

spécial, remploi de ce gaz pour le dosage du carbone dans les fontes. La fonte, réduite en poussière très-fine, est placée dans une nacelle en platine, et ceUe-ci dans un tube de porcelaine, disposé horizontalement dans un four à réverbère. Par lune des extrémités du tube on fait arriver un courant un peu rapide d'oxygène parfaitement pur ; à l'autre extrémité sont adaptés les appareils nécessaires pour recueillir l'acide carbonique produit, et le flacon aspirateur destiné à produire le passage régulier du gaz.

Les détails de l'expérience seront exposés dans le chapitre consacré au fer ; il suffit d'indiquer ici la disposition générale et le but qu'on veut atteindre, afin de faire bien comprendre combien il est nécessaire que le gazoxygène arrive dans le tube de porcelaine, parfaitement pur, et surtout complètement privé d'acide carbonique.

L'oxygène est préparé d'avancQ et renfermé dans un gazomètre h cuve supérieure ; il est déplacé par l'eau qui tombe ré^ gulièrement de la cuve dans le corps du gazomètre, et dont on règle l'écoulement à l'aide d'un robinet. Le gaz est nécessairement saturé de vapeur d'eau ; on la lui enlève en le faisant passer à travers plusieurs tubes, droits ou recourbés, contenant du chlorure de calcium desséché, ou de la pierre ponce imprégnée d'acide sulfurique. En sortant de ces tubes, l'oxygène ne peut plus contenir que les gaz mélangés avec lui dans le gazomètre, et qui varient avec le mode de préparation adopté.

On peut obtenir l'oxygène pur, soit en décomposant le chlorate de potasse par la chaleur, soit en faisant arriver du chlore dans une dissolution concentrée de potasse, chautfée jusque vers 100 degrés , et contenue dans un vase où l'on a mis du sable quartzeux en petits grains. Ces deux procédés ont l'inconvénient de coûter très-cher, et par suite ne sont pas applicables au cas spécial de l'analyse des fontes ; car il faut employer un volume considérable d'oxygène pour brûler certainement tout le carbone, même en n'opérant que sur 2 grammes de fonte. On doit préparer Toxygène par le procédé le plus économique, par la décomposition du bioxydë de manganèse à la température du rouge vif. Les manganèses du commerce contiennent fréquemment des carbonates décomposables par la chaleur, et l'oxygène recueilli dans le gazomètre est mélangé avec une certaine proportion d'acide carbonique ; il est de plus toujours accompagné d'une petite quantité d'azote, qui provient en partie de l'air contenu

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