SCENE V SUZANNE, MAURICE, COURBEZON
COURBEZON, terrifié.
Hein?... Cinquante degrés?... Ma fille?...
SUZANNE, riant.
Mais non, papa, il ne s'agit pas de moi!...
COURBEZON
A la bonne heure !..-.
SUZANNE
Je vais très bien, moi, maintenant !
C'est égall... Va te reposer un peu dans ta chambre. Tu trouveras ton verre d'eau sucrée sur la commode.
SUZANNE
Mais, toi, papa, pourquoi es-tu rentré si tôt de ton ministère ?
MAURICE, à part, soupirant.
Ah! Oui, pourquoi?
COURBEZON
J'ai été pris de ma migraine; impossible de rester au bureau I — Et, à ce propos, docteur, j'ai bien envie de vous demander une petite consultation.
SUZANNE, à part.
Mon Dieu !
MAURICE, à part.
Aïe!... (Haut.) Une consultation?... A moi?...
COURBEZON
Jusqu'à présent, aucun médecin n'a pu me soulager ; peut-être serez-vous plus habile!...
MAURICE, embarrassa.
C'est que... malheureusement... je...
SUZANNE
Monsieur est un peu pressé!...
Oui, c'est cela... un peu !...
SUZANNE
Il me disait tout à l'heure qu'il était attendu chez maître Leborgnard.
MAURICE
Parfaitement !
COURBEZON, furieux.
Leborgnard?... L'avocat Leborgnard?... Ah! Vous soignez ce gredin, ce gueux, cette fripouille de Leborgnard? (a Suzanne.) C'est lui qui a plaidé contre nous, à propos de la succession de ta tante!... Et il nous a fait perdre, le brigand!... Cent cinquante mille francs!... (a Maurice.) Et il est malade? Tant mieux!... Il vous attend? Parfait!... Il attendra!... Il peut bien claquer, l'animal, ça ne sera pas une grande perte!...
2ï DOCTEUK ! ..
SUZANNE
Oh!... Papa!.;.
COURBKZON.
Oui, le mot est vif... mais il est sincère!...
Anaïs entre du fond.