SCÈNE VII Les mèmès, Isabelle
Madame Pierrot revient en toute hâte pour chercher son panier lugubre, oublié' dans le, premier mouvement de colère. L’intérêt de la science l’a décidée à violer sa promesse de ne plus revenir. Rentrée en possession de son bien, elle va pour sortir quand la vue de l’écriteau L’étonne . Sa surprise redouble quand son nez perçoit l’étrange odeur répandue dans l’appartement, et tourne au tragique quand elle découvre les deux corps étendus inanimés sur le. parquet.
Elle s’empresse d’ouvrir la fenêtre; puis l’instinct professionnel la guidant, elle prodigue à Colombine et à Pi errot les; soins les plus empressés. Le flaçon vide lui révèle à quelle formidable anesthésie ils soqt .en proie*, * qui sait même si lai dose n’a pas été trop fort^. y r ;
Cependant ses efforts demeurent infructueux : les deux corps sont plus inertes que .Jamais - eu dépit 'd 'énergiques frictions.. La. -Doctoresse s’avoue vâiùcue ; eh deux mots, elle fait de.
DOCTOHESSE
Pierrot, cette non-valeur, une courte bràîkôn funèbre. Quant
. Fausse ,soptierjuis.retQur..e.n 39®n^r-..
Avant de se rendr^jià^venir la police, Isabelle prend deux candélabres vides et dépareillés et en place unau pied de
nocroïVESsK
-chaque corps proportionnant la magnificence du chandëlier à l’importance du défunt. Puis elle se dispose à aller quérir les autorités.. ; J - aviùi
Elle est déjà sur le pas de la porte, quand une idée soudaine l’éclaire. Elle n’a pas tenté de:- réveiller par l’électricité ces corps qui semblent définitivement engourdis.
Sans hésiter, elle court à la machine électrique, en met les conducteurs en communication avec Pierrot et Colombine et tourne la roue qui pétille entre les tampons saupoudrés d’or mussif.
Èric, Fric.
Sous la secousse du fluide, Pierrot et Colombine se dressent •ensemble sur leur séant.
Ensemble ils éternuent.
Ensemble ils soufflent chacun le cierge absent de leur candélabre pendant que le plateau de verre tourne toujours, mû par les doigts crispés d’Isabelle.
Ensemble, ils se lèvent en automates, vont à pas comptés à la porte, saluent et, quittant alors leur gravité d’automates, se sauvent à toutes jambes en riant.