XIX.* LECTURE
Doctrine de Jésus-Christ.
Stuf étant in doctrina ejus.,*. omnes mirabantur in verdis gratiœy quœ procede'bani de ore ipsius.
Sa doctrine les remplissent d'étonnement , et ils admiroîent les paroles pleines de grâce qui sortoient de sa bouche. Luc, 4«
La doctrine que Jésus- Christ nous a enseignée , c'est celle qui est contenue dans l'Evangile , et dans les autres livres du nouveau Testament ; c'est celle que vous apprenez , mon cher Théophile , dans les catéchismes , dans les instructions publiques. Qu'elle est belle cette doctrine ! qu'elle est digne de Dieu ! qu'elle est proportionnée aux besoins de l'homme ! Toutes les
§S DoCTBINE CnRÉTIENNE.
sciences humaines ne sont rien au prix de celle-là. Elle nous fait connoître Dieu , et nos devoirs envers cet Etre suprême : elle nous apprend ce que nous sommes, et quelles sont nos obligations à l'égard des autres hommes. Quelle sublimité dans les mystères qui sont l'objet de notre foi ! Jamais , non jamais l'esprit humain n'auroit pu rien imaginer de semblable. C'est Notre-Seigneurqui nous les a révélés , ces mystères ; c'est lui qui nous a appris qu'il y a trois personnes en Dieu , le Père, le Fils et le Saint- Esprit, et que ces trois personnes ne sont qu'un seul Dieu ; c'est lui qui nous a enseigné qu'il est lui-même tout à la fois fils de Dieu et fils de l'homme ; d'où il s'en suit qu'il est Dieu et homme tout ensemble. Nous comprenons parlà que Dieu nous a aimés jusqu'à nous donner son Fils unique pour nous sauver. Quelle pureté , quelle sainteté dans sa morale , c'est-àdire, dans les règles de conduite qu'il nous prescrit ! Je dois mon cher Théophile , vous en tracer le tableau en raccourci. Nous devons craindre Dieu uniquement. « Ne craignez point, » nous dit Jésus-Christ , ceux qui tuent le corps , » et qui ne peuvent tuer l'âme ; mais' craignez » celui qui peut perdre l'âme et le corps dans » l'enfer. » Nous devons aimer Dieu par-dessus toutes choses. « Vous aimerez le Seigneur votre » Dieu de Jout votre cœur , de toute votre âme , » de tout votre esprit , de-toutes vos Torées. » Nous devons mettre toute notre confiance en Dieu. « Ne vous inquiétez point où vous trou- » verez de quoi manger pour le soutien de » votre vie , ni d'où vous aurez des vêtemens » pour couvrir votre corps : votre Père qui est
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» dans les cîeux , sait que vous avez besoin ds » toutes ces choses. N'est-ce pas lui qui nour- » rit les oiseaux? n'est-ce pas l»i qui donne » une si riche parure à l'herbe des champs ? » Combien aara-t-il plus soin de vous , qui » valez beaucoup mieux ! » Nous devons servir Dieu , et n'avoir que lui en vue dans toutes nos
■ actions. « Nul ne peut servir deux maîtres : prenez » garde de ne pas faire vos bonnes œuvres de- » vant les hommes , pour en être regardés ;- » autrement vous n'en recevrez point la récomn pense de votre Père qui est dans les cieux. » Jésus-Christ nous ordonne d'aimer notre prochain comme nous-mêmes ; et par le prochain , il entend tous les hommes , même nos ennemis. « Aimez , dit-il , vos ennemis ; faites du bien à » ceux qui vous haïssent ; priez pour ceux qui » vous persécutent et qui vous calomnient , afin » que vous soyez les enfans de votre Père cé- » leste , qui fait luire son soleil sur les bons et » sur les méchans. » Il nous commande de pardonner à notre prochain toutes les offenses qu'il aura commises contre nous* « Pardonnez aux autres , et l'on vous pardonnera. » Il nous défend de nous mettre en colère contre le prochain, et il menace du feu de l'enfer ceux qui lui disent
N des injures ; il défend de le juger et de le condamner sur de simples apparences. « Ne jugez » point , et vous ne serez point jugés ; ne con- » damnez point , et vous ne serez point con- » damnés : car on se servira envers vous de la » même mesure dont vous vous serez servis en- » vers les autres. » Il nous commande de résister à nos passions ; et il en condamne nonseulement les actions extérieures , mais encore
le désir et la pensée du mal. Un législateur qui porte de telles lois , ne peut être que l'envoyé de Dieu. Vous voyez , mon cher Théophile , que la doctrine de Jésus-Christ réprime tous les vices , et commande toutes les vertus ; elle feroit le bonheur de l'homme, si l'homme étoit fidèle à la suivre et à la pratiquer. A cette doctrine si belle par elle-même , Notre-Seigneur joint les motifs les plus puissansetles plus propres à faire sur nous une vive impression ; il nous annonce que cette vie courte et fragile que nous passons sur la terre , sera suivie d'une vie éternelle , où Dieu récompensera magnifiquement ceux qui auront accompli ses commandemens , et où il punira d'un supplice affreux ceux qui les auront violés. C'est pour cela qu'il appelle heureux ceux qui renoncent aux avantages de la vie présente , pour s'assurer un bonheur éternel dans l'autre. C'est pour cela qu'il appelle malheureux ceux qui établissent leur félicité dans ce monde ; car que sert-il à un homme de gagner tout l'Univers , s'il vient à perdre son âme pour l'éternité ?
Qu'elle est admirable , ô mon Dieu , la loi sainte que vous avez enseignée aux hommes ! que les dogmes en sont sublimes ! que la morale en est pure et élevée au-dessus des sens ! Non , ce n'est point la doctrine de l'homme , elle ne peut venir que de vous , ô mon Dieu ! plus on l'approfondit , plus on y découvre de raison , d'équité et de sagesse. Elle remédie à tous nos maux, elle guérit toutes nos misères , elle nous apprend en quoi consiste notre bonheur , et elle nous montre la route qui y conduit. Qu'on est heureux , ô mon Dieu , quand on y conforme
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sa conduite ! toutes les passions sont réprimées , toutes les vertus sont pratiquées ; une paix délicieuse règne dans le cœur d'un véritable Chrétien ; l'espérance d'une vie éternelle le remplit d'une joie vive et pure ; les plaisirs qu'il goûte ne laissent point de remords après eux ; les maux qu'il éprouve cessent d'être des maux, parce que l'onction de votre grâce en adoucit l'amertume, en affoiblit le sentiment. Il n'en est pas ainsi , ô mon Dieu ! il n'en est pas ainsi de la doctrine des méchans : ce sont des maîtres d'erreur et de mensonge ; ils ne parlent que le langage du vice et des passions ; leurs maximes n'enfantent que \c trouble et le désordre : mais votre parole est la vérité même; elle répand la lumière dans l'esprit , et la consolation dans le cœur. La doctrine des impies passera avec eux , mais votre loi durera éternellement. Faites , ô mon Dieu ! que je la médite sans cesse , que je la goûte, et surtout que je la pratique avec fidélité.
Pratique.
Préférer la fconnoissançe de la religion à toute autre science,