‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 16 sur 94 · XXI.* LECTURE · texte numérisé non relu

XXI.* LECTURE

Jésus-Christ a souffert sous Ponce Pilate s a été crucifié.

Pilatus tradidit Jesum flagellis cœsum , ut crucifige-* retur.

Pilate ayant fait fouetter Jésus, le livra pour être cru* cifié. Marc. i5.

La sainteté divine qui brilloiten Jésus-Christ, la pureté de sa doctrine , l'éclat de ses miracles, au lieu d'adoucir et de gagner les Pharisiens et les principaux d'entre les Juifs , ne firentqu'allumer leur, envie , et leur inspirer le cruel dessein de le mettre à mort ; ils corrompirent Judas , l'un de ses disciples , qui leur livra son Maître pour trente pièces d'argent. Vous avez lu , mon cher Théophile , l'histoire de la pas-

Symbole. ioi

sion de Jésus-Christ; mais il est à propos de vous en rappeler les principales circonstances, pour exciter votre piété. Notre-Seigneur a été chargé d'opprobres , accablé d'injures et de malédiction. On lui a craché au visage ; on lui a donné des soufflets ; on lui a préféré un insigne voleur: il a été condamné à une cruelle flagellation, et après avoir été déchiré de coups, il a été livré aux soldats , qui lui mirent sur la tête une couronne d'épines , et lui firent mille outrages. Le peuple à qui il n'avoit fait que du bien , demanda sa mort à grands cris , quoique le juge , tout païen qu'il étoit, le déclarât innocent. Enfin, il a été attaché à une croix entre deux scélérats : c'éloit le supplice le plus ignominieux qui fût alors en usage; on n'y condamîioît que les esclaves , et ceux qui avoient commis les plus grands crimes. Ne croyez pas , mon cher Théophile , que ce soit par foiblesse et par impuissance que Jésus-Christ a souffert tant d'indignités et tant de tourmens ; sa mort a été très-volontaire et très-libre : il avoit lui-même prédit plusieurs fois le lieu., le temps et le genre de son supplice. Il a été au-devant de ses ennemis , et il s'est livré lui-même entre leurs maîns. Dans la foiblesse apparente de sa mort , il a fait voir des traits éclatans de sa divinité ; il a montré qu'il étoit le maître absolu de sa vie, et le souverain de toute la nature. Il est mort en jetant un grand cri : à sa mort , le soleil s'obscurcit , la terre trembla , d'épaisses ténèbres couvrirent l'Univers , le voile du temple se déchira , les tombeaux s'ouvrirent ,et les morts ressuscitèrent Ceux qui étoient présens, revinrent à Jérusalem saisis de frayeur , se frappant la poi-

trine , et disant hautement : Celui-ci était véritablement te Fils de Dieu. Jésus-Christ na donc souffert la mort que par le mouvement libre de sa volonté , et par l'excès de son amour pour les hommes. C'est ce qui doit nous toucher davantage , lorsque nous pensons à ses souffrances. Jésus-Christ n'est mort que parce qu'il bous a aimés ; il a voulu se charger de nos péchés , et porter la peine que nous méritions : l'innocent s'est mis à la place des coupables , pour recevoir tous les coups qui dévoient tomber sur eux^ afin qu'ils fussent épargnés. Nous nous étions égarés , et Dieu l'a chargé de l'iniquité de tous. C'est donc pour tous les hommes que Jésus-Christ est mort , et il n'y en a aucun qui ne puisse dire avec saint Paul : « Jésus- Christ » m'a aimé , et il s'est livré lui-même pour moi.» Oui , mon cher Théophile , vous devez vous dire à vous-même : Ce sont mes péchés qui ont fait mourir mon Dieu : il pensoit à moi , il voyoit les fautes que je devois commettre un jour ; c'est pour les expier qu'il a souffert. Plus je commets de péchés, plus je contribue à ses souffrances et à sa mort. Sentez- vous quelle horreur vous devez en avoir ? Comprenez -vous combien vous devez à Jésus-Christ, et quelle reconnoissance il exige de vous ? Vous lui devez d'autant plus d'amour , de respect , d'adorations , qu'il a souffert plus d'indignités pour vous sauver. Si vous aviez été sauvé d'un incendie , et lire du milieu des flammes par la charité courageuse d'un ami , qui se seroit exposé au péril pour vous en délivrer , avec quels transports ne lut marqueriez-vous pas votre reconnoissance ! Ne vous prosterneriez-vou& pas aux pieds de cet

ami généreux ? Ne lui jureriez -vous pas de conserver toute votre vie le souvenir d'un tel bienfait ? Vous devez beaucoup plus à Jésus- Christ , mon cher Théophile , que vous ne devriez à celui qui vous auroit délivré d'un embrasement. Les maux dont vous auriez été garanti par cet ami , ne sont rien en comparaison des tourmens de l'enfer; cet ami ne seroit qu'un homme , Jésus-Christ est votre Dieu, et un Dieu que vous aviez offensé ; cet homme lïauroit fait qu'exposer sa vie, et Jésus-Christ a sacrifié la sienne pour vous sauver. 11 a versé son sang pour vous; il l'a versé jusqu'à la dernière goutte ; il l'a versé dans les douleurs les plus cruelles ; il Fa versé dans les dernières ignominies. Par quel amour devez-vous donc répondre à la charité de votre Dieu , à une charité si excessive et si touchante !

A quel prixm'avez-vous racheté , ô mon Sauveur ! Que mon salut vous a coûté cher ! Je vous vois chargé d'opprobres , couvert de plaies et de sang , couronné d'épines , expirant dans les douleurs les plus cruelles. N'étoit-ce pas assez de vous être fait homme pour nous ? Falloit-ii supporter tant d'outrages, et souffrir tant de tourmens ? Vous avez voulu nous apprendre ce que c'est que le péché , et nous faire juger de la grandeur du mal , par la force du remède qui nous est appliqué. Comment puis-je le commettre avec tant de facilité ? Je suis doi*c bien aveugle et bien insensé quand je m'y abandonne. Quoi ! le péché vous a donné la mort, et j'ose le commettre ! Ah ! Seigneur, cette pensée ne s'effacera plus de mon esprit. Dans toutes mes tentations, je regarderai la croix où vous avez;

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été attaché pour l'expier. Je tracerai sur moi* cœur ce signe sacré , pour me fortifier contre les assauts que me livrent mes passions. Par l'excès de vos souffrances 9 vous avez voulu encore , ô mon Dieu ! me faire connoître l'excès de votre amour; cet amour va jusqu'à naître pour nous dans une étable , jusqu'à vivre pour nous dans la pauvreté , jusqu'à mourir pour nous sur une croix. Que pouviez-vous faire de plus pour nous témoigner votre amour ? Pourrois-jc être insensible à une bonté si touchante ? Hélas ! Seigneur , quoique je fasse, mon amour pour vous sera toujours infiniment au-dessous de celui que vous m'avez témoigné. Quand je sacrifierais ma vie pour vous, je n'en ferois pas encore assez ; mais vous ne me demandez pas ce sacrifice. Tout ce que vous exigez , c'est que je vive pour vous , parce que vous êtes mort pour moi. Serai-je assez ingrat pour vous refuser cette foible marque de ma reconnoissance ? Non , mon Dieu , ma vie vous appartient; je !a consacre à vous aimer et à vous servir.

Pratique*

Se souvenir qu'en péchant , on crucifie d& nouveau Jésus-Christ

Symbole. îo5

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