‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 2 sur 94 · PREMIÈRE LECTURE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LECTURE PRÉLIMINAIRE

Nécessité de s'instruire de la Religion*

Bcatus homo quem tu erudieris , Domine , et de Legé tua docueris eum.

Heureux celui que vous avez instruit vous-même , Seigneur , et à qui vous avee enseigné votre Loi. Ps. 93.

Le plus grand intérêt de l'homme est de connoître la religion , et son devoir le plus essentiel est de l'étudier. Vous en avez déjà appris les élémens , mon cher Théophile : ces premières leçons suffisoient à la foiblesse de l'enfance ; mais votre raison qui se développe , et votre jugement qui commence à se former , demandent une connoissance plus étendue et plus approfondie. Oa vous présente dans cet ouvrage la Doctrine Chrétienne sous une forme nouvelle , qui paroît plus assortie au goût de ceux de votre âge : on ne se contente plus de vous proposer les dogmes delà foi , mais on vous met sous les yeux les raisons solides , décisives , convaincantes pour lesquelles il faut croire ces dogmes. En vous exposant les règles que la religion prescrit , on vous en fait remarquer la sagesse et l'équité ; en vous mon-

trant les trésors de grâces qu'elle vous ouvre , on vous en fait sentir le prix inestimable. Ce n'est pas que votre foi , qui est un don de Dieu , ait besoin d'un nouvel appui : élevé dans le sein de l'Eglise , vous êtes docile à ses instructions : son autorité , la plus grande qu'il y ait dans l'Univers , est une voie abrégée et très-sûre pour croire toutes les vérités qu'elle enseigne de la part de Dieu ; mais ce développement est nécessaire , ou du moins très-utile , pour vous prémunir contre les dangers auxquels vous serez bientôt exposé. Vous trouverez dans le monde , où vous allefc entrer , des hommes impies qui blasphèment ce qu'ils ignorent , qui osent soumettre la parole de Dieu à l'examen de leur foible raison , qui traitent de préjugés populaires les vérités les plus certaines et les plus respectables. Vous devez sans doute éviter leur société ; mais si cela n'est pas possible , vous aurez du moins des principes à opposer à la séduction. Ce que je vous demande , c'est de ne pas vous laisser éblouir par les vaines subtilités de l'irréligion , c'est de ne point prendre des blasphèmes pour des raisons , ni des railleries pour des preuves. Vous devez alors vous rappeler les principes que vous aurez appris dans votre jeunesse , et vous y affermir, en lisant les excellens ouvrages qui démontrent la vérité de la religion , et où les sophismes qui l'attaquent sont réfutés avec autant de force que de lumière (1). Plus vous serez instruit , plus vous serez ferme dans la foi ; plus

(1) Existence de Dieu, par Fénéion. Discours sur FHis* toire Universelle. Abbadie , principes de la Foi. Fondemens de la Foi.

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VDus étudierez votre religion , plus vous y découvrirez des caractères de divinité. Cette précaution est encore plus nécessaire p.our vous garantir de l'illusion des passions; bientôt vous en sentirez les mouvemens tumultueux. Le cœur agité répand des nuages dansJ'esprit, et en obscurcit les lumières'. Nous jugeons mal de ce qui contrarie nos inclinations , et gêne nos penchans. La religion combat toutes les passions : ce que je vous demande /c'est que vous ne les consultiez point dans une affaire si importante , et où la méprise a des suites si terribles ; c'est que le désir de les satisfaire ne vous détermine jamais à abandonner la vérité. Seroit-il sage , seroit-il prudent de les établir juges dans une cause où elles ont un intérêt si vif et si pressant? Si vous êtes fidèle à suivre ces avis que je vous donne , vous conserverez le don précieux de la foi; car l'incrédulité vient toujours de ces deux sources, l'ignorance et la corruption du cœur. Il y auroit beaucoup moins d'impies > si la religion ëtoit mieux connue , et il n'y en auroit pas un seul , si lés hommes étoient sans passions. L'on a beau vanter dans quelques .incrédules l'étendue des connoissances , l'éclat des talens , et même la supériorité du génie : il n'en est pas moins vrai que ces hommes , si habiles dans les sciences humaines , ne sont pas instruits dans celle de la religion. La plupart n'en savent que ce qu'ils en ont appris dans ces premières leçons qu'on leur a données pendant leur enfance , dont ils ne conservent qu'un souvenir confus et superficiel. Dans la suite, ils ont dédaigné cette sorte d'instruction comme fort au-dessous d'eux, et ils n'ont jamais donné une heure d'attention

sérieuse à eelte étude. Quelques-uns ne coïtnoissent la religion que par des écrits aussi licencieux qu'impies , où elle est indignement outragée et calomniée ; ils ne savent que les blasphèmes que l'on a- vomis contre elle , et ils ont appris à être incrédules avant que d'apprendre à croire. Non , ils ne la connoissent point cette religion si belle et si digne de Dieu, si proportionnée aux besoins de l'homme , et si nécessaire à son bonheur ; ils ne connoissent pas ce plan admirable qui en lie toutes les parties , cette harmonie,; cet accord parfait entre l'ancien et le nouveau Testament, qui la rend aussi vénérable par son antiquité , qu'elle est auguste par la sublimité de ses dogmes, et respectable par la pureté de sa morale. Cette ignorance a ouvert en eux une voie libre et facile aux passions. La religion , qui n'étoit connue qu'imparfaitement, n'a opposé qu'une foible digue à leur impétuosité : ils ont commencé à douter d'une doctrine qui ne pouvoit s'allier avec les plaisirs qu'ils aimoient j et ils ont secoué le joug de la foi , pour s'affranchir de celui de la vertu, de l'innocence et des mœurs. Vous concevez , mon cher Théophile , que le remède à un si grand mal est de donner aux jeunes gens une instruction plus développée sur les principes de la religion , sur les fondemens inébranlables de la foi. Celte instruction écarteroit une des causes de l'incrédulité, et elle affoibliroit l'autre , en apprenant à connoître Dieu et à le craindre. Si, malgré ce secours, un jeune homme se laisse emporter par ses passions , il lui reste du moins , au milieu de ses égaremens ,, une ressource précieuse ; les lumières de soi*

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esprit , le trouble salutaire de sa conscience le rappellent sans cesse à la vertu , et il y a lieu d'espérer qu'il sortira un jour de cet état funeste. Appliquez-vous donc, mon cher Théophile , à connoître votre religion ; gravez-en profondément les principes dans votre esprit , et plus encore dans votre cœur. Vous étudiez avec soin les lettres et les sciences profanes. Je loue votre empressement à vous y rendre habile ; cette étude entre dans l'ordre de vos devoirs ; mais votre première , votre principale étude doit être celle de la religion „ d'où dépend votre destinée éternelle.

Donnez-nous , ô mon Dieu! le goût de cette science divine qui fait les Saints ; que nous aimions à en être instruits. Piépandez sur cette étude l'onction de votre grâce , qui la rend douce et aimable , et qui porte dans l'âme la joie , la consolation et la paix. Donnez-nous l'intelligence de votre sainte loi ; qu'elle dissipa les ténèbres de notre esprit , et qu'elle change notre cœur, en le délivrant de toute affection vicieuse , et en y faisant germer les vertus. Donnez-nous cette docilité qui soumetla raison aux vérités de la foi , et la volonté à l'amour de vos préceptes. Les sciences humaines ne sont pas h la portée de tous les esprits ; mais votre loi , ô mon Dieu ! est proportionnée h l'intelligence de tous les hommes. Vous l'offrez aux petits comme aux grands, parce que vous voulez les sauver tous ; elle donne la sagesse aux enfans : il faut même devenir humble et petit pour la bien connoître et pour être votre disciple^ Pratique.

Écouter attentivement les lectures de piétë.

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