‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 35 sur 94 · XLII.C LECTURE · texte numérisé non relu

XLII.C LECTURE

De la sanctification du Dimanche.

Mémento ut diem sabbati sanctifiées... S ex enim diebiis fecit Domimis cœtum et terram... et requievit die septimo : idcircà benedixit Dominus dici sabbati , et sanctifieavit iilum.

Souvenez - vous de sanctifier le jour du sabbat ; car le Seigneur a fait en six jours le ciel et la terre , et il s'est reposé le septième jour: c'est pourquoi Dieu a béni le jour du "sabbat , et il Ta sanctifié. Exod. 20.

Tous les jours appartiennent au Seigneur, et il n'y en a aucun que nous ne devions rapporter à sa gloire ; mais comme les besoins de la vie nous empêchent de vaquer continuellement à des exercices de religion , Dieu s'est réservé un jour de chaque semaine , qu'il nous ordonne d'employer à l'adorer et à le sesvkv Go précepte

Dêcàlogee. . ig5

est aussi ancien que le monde. Dieu , aussitôt après avoir créé l'Univers , a consacré ce jour, afin que les hommes célébrassent la mémoire de la création et du repos mystérieux où il est entré , après avoir commencé ce grand ouvrage. Cette raison est rapportée dans l'Ecriture. « Le » Seigneur s'est reposé le septième jour , c'est- » à-dire , qu'il a cessé de produire de nouvelles » créatures ; c'est pourquoi le Seigneur a bérii » le jour du sabbat , et il l'a sanctifié. » Ce jour du repos de Dieu étoit, dans l'ancienne loi , le septième jour ; et on l'appeloit sabbat , qui signifie repos. Il étoit destiné à honorer le Dieu tout-puissant , par qui toutes choses ont été laites ; mais dans la nouvelle loi , c'est le premier jour de la semaine , qu'on appelle dimanche, ou le jour du Seigneur. H a été substitué au samedi , dès le temps des apôtres et par autorité divine , en mémoire de la résurrection de Jésus-Christ, parce que c'est le jour auquel Notre-Seigneur , après les travaux de sa vie mortelle , est entré dans son repos éternel. Ce jour est destiné à honorer le Dieu vainqueur de la mort, par qui nous avons été rachelés.

Pour sanctifier le jour du Seigneur, il faut , premièrement , s'abstenir en ce saint jour de toute œuvre servile* c'est-à-dire , de tout travail qui nous détourneroit du service de Dieu , et qui seroit incompatible avec l'application qu'il demande. « Vous travaillerez pendant six jours , » dit le Seigneur; mais le septième jour est le » repos du Seigneur votre Dieu : vous ne travail» » lerez point en ce jour , ni vous, ni votre fils , » ni votre serviteur , ni l'étranger qui sera parmi » vous et dans l'enceinte de vos murs. » Dans

la loi judaïque , ce précepte étoit observé à la rigueur : on étoit obligé de préparer , dès la veille , la nourriture du lendemain ; et un homme fut condamné à mort , pour avoir ramassé un peu de bois le jour du sabbat. La loi de l'Evangile est moin<* rigoureuse ; elle permet les travaux que demande la nécessité ou la charité , mais elle interdit tout autre travail. C'est donc un grand mal de s'occuper en ce saint jour de travaux mercenaires , sans une nécessité indispensable. C'en seroit un plus grand encore de s'y livrer à une dissipation profane , de se permettre des divertissemens criminels , comme sont les bals , les spectacles ; ce ne seroit pas sanctifier , ce seroit profaner le dimanche. Quoi ! des actions qui sont défendues en tout temps , ne le sont-elles pas davantage dans le jour consacré au Seigneur? De toutes les œuvres servîtes , en est-il de plus contraires à la sanctification de ce jour , que les œuvres du péché, qui nous rendent les esclaves du^démon ? Le péché , qui est toujours un grand mal , même quand on le commet dans un jour ordinaire , ne paroît-il pas avoir un nouveau degré d'énormité , lorsqu'il est commis le dimanche ? Une telle conduite n'annonce-t-elle pas un plus grand ouhli de Dieu , un mépris plus marqué de sa loi sainte? Ce n'est point assez de s'abstenir des œuvres serviïes ou criminelles; il faut, secondement, employer le dimanche au service de Dieu , en s'appliquant à des œuvres de piété et de religion ; c'est la l'essentiel et la fin du précepte : si Dieu nous commande d'interrompre les travaux ordinaires , c'est afin que rien ne Bous détourne de l'application à son service.

Décalogue. 197

Dieu seroit-il donc honoré par un repos d'oisîveté? Sanctifieroit-on ce jour en le passant au jeu , à la table , ou en visites ? Non , sans doule : ce qui sanctifie véritablement le jour que le Seigneur s'est réservé , c'est l'assistance aux offices divins, aux instructions publiques; ce sont de saintes lectures , et généralement toutes les bonnes œuvres qui ont pour objet te culte de Dieu , notre sanctification et le soulagement du prochain. Il est vrai , mon cher Théophile , que Dieu ne vous défend pas un délassement honnête et modéré. Ce délassement vous est nécessaire , et vous pouvez vous l'accorder : mais cfc ne doit jamais être au préjudice de la piété ; et le temps de vous récréer ne doit pas être pris sur celui qui est destiné à la prière , au chant des louanges de Dieu , et à votre instruction. Ne croyez donc pas qu'après avoir entendu la messe , vous n'êtes plus obligé à rien : sanctifier une journée , ce n'est pas en donner à Dieu une aussi légère partie. L'Eglise nous prescrit, à la vérité, Fassistance à la messe comme la principale des œuvres qui doivent sanctifier ce jour; mais elle ne s'en tient pas à cette seule action : cette suite de prières et d'instructions qu'elle y ajoute à différentes heures , vous fait assez connoître son intention à cet égard.

Vous nous commandez , ô mon Dieu ! d'honorer le jour où vous êtes entré dans votre repos éternel. Vous voulez qu'en ce saint jour nous abandonnions nos travaux ordinaires , pour nous occuper uniquement des exercices de piété et de religion ; que nous n'ayons d'autre soin que celui de vous adorer et de chanter vos louanges. Peut-il y avoir une occupation plus

douce pour vos enfans que celle de tous glorifier , ô mon Dieu ! ce sera notre occupation éternelle dans le ciel , où vous nous appelez : le repos que vous nous prescrivez en ce jour , est l'image de ce repos qui ne sera jamais troublé , jamais interrompu. Nous y entrerons un jour , si nous sommes fidèles à observer votre sainte ]oi. Cette espérance fait toute ma consolation ; elle est comme un avant-goût de la félicité éternelle qui m'est réservée. Faites que je soupire sans cesse après cet heureux repos ; détachez mon cœur de la terre ; élevez mes pensées et mes affections vers le ciel, ou je me reposerai dans votre sein; où, débarrassé pour toujours des peines et des misères de cette vie , je ne serai plus occupé qu'à vous aimer, et à vous louer pendant toute l'éternité.

Pratique.

Être assidu aux offices de l'Eglise , tous les dimanches.

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