‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 44 sur 94 · D&CAL0GUE · texte numérisé non relu

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ouvrages abominables , où , à des intrigues passionnées , à des anecdotes lascives , à des peintures obscènes , se trouvent jointes des maximes impies, des principes d'irréligion capables de détruire la crainte de Dieu et d'ébranler la foi. Cette barrière une fois rompue , à quels excès ne se porteront pas ceux qui auront avalé le poison ! dans quels désordres ne tomberont-ils pas ! et qui pourra les retenir dans leur chute ! La religion est la meilleure sauvegarde des mœurs ; c'est la plus forte digue que l'on puisse opposer aux passions. Si on lève cette digue , le torrent se débordera, et ravagera tout. La Foi , tant qu'elle reste dans le cœur , est un principe de retour à la vertu ; si on fait le mal , du moins on se condamne soi-même , on se le reproche ; mais quand on a perdu la Foi , il n'y a plus moyen de se relever de ses chutes ; le mal est sans remède , etla dépravation sans ressource» Hélas ! mon cher Théophile , notre malheureux siècle qui a été inondé de ces productions impies , ne nous a fourni que trop d'exemples des maux affreux qu'elles causent. Une funeste expérience nous en a appris à ce sujet plus que n'en ont jamais su nos pères. Déjà les plaintes retentissent de toutes parts , que la jeunesse ne connoît plus dérègles; que l'autorité paternelle elle-même est impuissante pour la réprimer ; que ce qui n'étoit autrefois que dissipation et légèreté, est devenu libertinage et corruption* Voulez-vous savoir quelle est la cause d'un si grand mal? les mauvais livres , qui se sont multipliés à l'infini % en sont une des principales causes. Ecoutez donc , ô vous que cettecontagion n'a pas encore gagnés , écoutez le conseil salutaire d'un ami ; ne lisez

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jamais des livrés pernicieux ; rejetez avec horreur ceux que Ton vous présenteroit. S'il vous en tombe quelqu'un entre les mains, ne le regardez pas même , vous succomberiez à la tentatioa de le lire ; et vous qui avez eu le malheur de vous livrer à cette curiosité criminelle , renoncez-y au plutôt; imitez la conduite de sainte Thérèse : elle avoit d'abord été formée à la piété 9 mais elle tomba ensuite dans un relâchement qui pensa la perdre. Elle rapporte elle-même qu'un changement si déplorable vint surtout de la liberté qu'elle se donna de lire des romans ; mais Dieu lui fit la grâce de reconnoître sa faute , et elle trouva dans de bonnes lectures , le contrepoison dont elle avoit besoin. Ne dites pas que vous ne lisez ces sortes de livres que dans la vue de vous instruire, d'orner votre esprit et de former votre style ; vous pouvez puiser ces avantages dans de meilleures sources. Nous ne manquons pas d'ouvrages excellens en tout genre , qu'on peut lire sans aucun danger pour les mœurs : consultez un homme instruit , il vous en indiquera plus que vous ne pourriez en lire dans le cours d'une longue vie , qui réunissent aux grâces du style l'utilité des connoissances. Si vous donnez la préférence à ceux qui peuvent vous corrompre , ce sera donc la passion qui présidera à votre choix. J'ajoute que tous les avantages du inonde ne méritent pas d'être achetés au prix de votre innocence.

C'est vous , ô mon Dieu ! qui nous parlez dans les bons livres : les lire , c'est vous écouter; vous êtes la source de toute lumière , le principe de toute vérité. C'est le démon , au contraire , qui jqous parle dans les mauvais livres ; c'est lui

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qu'on écoute quand on les lit : ceux qui les ont écrits sont les organes du démon. Serois-je donc assez malheureux , assez ennemi de moi-même, pour me livrer à un tel maître , pour recevoir ses leçons ? qu'apprendrois-je à son école ? il est le père de l'erreur, du mensonge et du vice ; il répandroit les ténèbres dans mon esprit et la corruption dans mon cœur ; il y exciteroit des passions funestes , qui feroient mon malheur dès cette vie même, et qui me perdroient éternellement dans Fautre. Je renonce de bon cœur à toute curiosité que je ne pourrois satisfaire que parla perte de votre grâce, de mon innocence et de mon bonheur éternel.

Pratique.

Prendre la résolution de ne jamais lire aucun livre dangereux.

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