‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 54 sur 94 · LXI.« LECTURE · texte numérisé non relu

LXI.« LECTURE

Ton Créateur tu recevras , au moins à Pâques humblement.

J-je quatrième commandement de l'Eglise est contenu dans les paroles qui suivent celles que j'ai déjà rapportées du quatrième concile de ÎLatran; les voici : « Que tout fidèle... reçoive » avec respeet , au moins à la fête de Pâques , » le sacrement de l'Eucharistie , si ce n'est que , » de l'avis de son propre prêtre , et pour quelque » cause juste et raisonnable , il jugeât devoir » s'abstenir , pendant quelque temps , de la » Communion ; s'il y manque , qu'on lui in- » terdise l'entrée de l'Eglise pendant sa vie , » et qu'après sa mort , il soit privé de la sé- » pulture chrétienne. » Jugez ,mon cher Théophile, de l'importance de ce précepte , par la sévérité de l'Eglise à en punir la transgression. Si cette tendre mère décerne la peine la plus terrible contre ses enfans , qui ne satisfont pas au devoir pascal , c'est qu'elle connoît la nécessité de recevoir cette nourriture céleste ; elle a appris de Jésus-Christ même, que si nous

ne mangeons sa chair , et si nous ne buvons soft sang * nous n'aurons point la vie en nous. Elle commande donc à tous les fidèles qui ont atteint l'âge de discrétion , de communier au moins une fois l'année , dans la quinzaine de Pâques , avec le respect qui est dû au très-saint sacrement de l'Eucharistie ; et elle veut que chacun remplisse ce devoir dans sa propre paroisse. Ce qui l'a engagée à faire ce commandement, c'est l'indifférence d'un grand nombre de Chrétiens pour cet auguste sacrement, qui est la source de la vie spirituelle. Les premiers fidèles communioient très-souvent : ils regardoient l'Eucharistie comme le pain quotidien des enfans de Dieu ; ils ne connoissoient point de douleur plus sensible que celle d'en être privés. Dans la suite ,,la charité se refroidissant , on s'est éloigné de la sainte Communion ; et beaucoup de Chrétiens en étoient venus au point de passer plusieurs années sans approcher de la table sainte. C'est pour arrêter un si grand mal , qu'elle a exigé de tous ses enfans , sous îes peines les plus sévères , qu'ils reçussent , au moins à Pâques , la divine Eucharistie. Quoiqu'elle ne les oblige qu'à une seule Communion par an, elle désire cependant qu'ils s'en approchent plus souvent , par exemple , aux fêtes solennelles. Elle a même déclaré dans le concile de Trente , qu'elle souhaitoit qu'à chaque messe , tous les fidèles qui y assistent , communiassent réellement , afin de retirer plus de fruit du sacrifice. Ainsi, en ne communiant qu'à Pâques , on accomplit à la rigueur le précepte de l'Eglise , mais on ne remplit pas l'étendue de son désir. En effet , il est difficile qu'une

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