DIALOGUE. 57I
seule Communion par an suffise pour entretenir et conserver la vie spirituelle de la grâce : il est même à craindre qu'on ne satisfasse point au précepte , parce qu'on s'expose à communier indignement , et une mauvaise Communion , loin d'être l'accomplissement du précepte , est un outrage fait à l'Eglise , et un sacrilège horrible. Elle nous commande de communier avec respect , et ce respect consiste principalement à y apporter une conscience purifiée de tout poché mortel ; c'est pour nous marquer cette intention , qu'elle veut qu'on diffère pendant quelque temps la Communion pascale , quand on a une cause juste et raisonnable. Il n'y a point de cause plus juste de la différer , que le besoin de se purifier*: mais remarquez bien , mon cher Théophile , que ce délai doit être employé à se préparer , et qu'on doit faire tous ses efforts pour en abréger ie temps ; car, quoique la quinzaine soit passée, l'obligation de communier subsiste toujours , jusqu'à ce qu'on l'ait remplie ; c'est une dette dont on n'est pas libre , pour ne l'avoir pas acquittée dans le temps marqué , mais qui dure jusqu'à ce qu'on y ait satisfait.
Elle est trop douce à mon cœur cette loi de votre Eglise , ô mon Dieu ! pour que j'y manque jamais. Quel bonheur n'est-ce pas pour moi de m'asseoir à votre table sainte , de recevoir votre Corps adorable , et de m'unir à vous de la manière la plus étroite ! Serois-je assez ennemi de moi-même pour me priver volontairement d'un avantage si précieux! Non : j'y courrai avec le plus vif empressement; je ne m'en tiendrai pas h. la lettre du précepte. Vous désirez , ô mon
Dieu ! et votre Eglise , toujours animée de votre esprit, souhaite que je reçoive souvent la divine Eucharistie : je ferai mes efforts pour y être admis à toutes les fêtes solennelles. Plus je mangerai souvent ce pain des Anges , plus je serai heureux : si j'avois le malheur de m'en rendre indigne , et de forcer votre ministre à m'en éloigner pour un temps, je me soumettrai humblement à ses avis; et j'emploîrai ee délai à gémir de mon indignité , à me purifier de mes péchés , et à me mettre au plutôt en état d'en approcher.
Pratique*
Se mettre en état de communier aux fêtes solennelles.