IXXXIIL- LECTURE
De la Confession.
Dicci : confltebor adversùm me injustitiam meam Do~ mino, et tu remisisti impietatem peccati mei.
J'ai dit : je déclarerai au Seigneur, et je confesserai moi* même mon iniquité, et vous avez aussitôt remis l'impiété do mon péché. Psalm. 3i.
JLa seconde partie du sacrement de Pénitence, c'est la confession , ou l'accusation de ses péchés, il faut accuser au prêtre tous les péchés
mortels que Ton a commis , même ceux qui son restés cachésau fond du cœur, comme les mau vais désirs et les mauvaises pensées. Cette obligation estime suite du pouvoir que Jésus- Chris a donné à ses ministres de remettre ou de retenu les péchés en son nom ; car ils ne peuvent jugei de l'état des consciences , s'ils ne le connoissen pas ; et ils ne peuvent- le connoître que par h confession que les pécheurs en font eux-mêmes, Telle a été la pratique de l'Eglise dans tous le* siècles. C'est une vérité constante, que pour obtenir la rémission de ses péchés , il faut les déclarer tous, sans aucune réserve , sans aucun déguisement , et que si l'on retient volontairement un seul péché mortel , il n'y en a aucun de remis , et l'on commet un sacrilège. Il faut, de plus ; en déclarer le nombre , l'espèce et les circonstances considérables; le nombre, en disant, autant qu'il est possible , combien de fois on a commis chaque péché ; l'espèce , car ce n'est point assez de dire en général qu'on a beaucoup péché , mais on doit dire en particulier quelle sorte de péché l'on a commis , si c'est un vol , une médisance , un mensonge , etc. , sans cela le confesseur ne pourroit pas juger de l'état de notre conscience , ni prescrire les remèdes et les pénitences convenables. 11 faut encore déclarer les circonstances considérables. Il y en a de deux sortes ,* les unes changent l'espèce du péché ; par exemple , voler dans une église n'est pas un simple vol , mais un sacrilège qui est une espèce de péché plus considérable que le vol. Les autres font que le péché est plus grand sans changer l'espèce ; par exemple , dérober un écu à quel-
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qu'un, c'est un larcin ; mais prendre un écu \ un pauvre qui n'a rien autre chose pour vivre , c'est un péché bien plus considérable que de le prendre à un riche ; c'est là une circonstance qu'il faut déclarer. Vous sentez , mon cher Théophile , que pour faire une confession exacte de tous ses péchés, il faut s'êlre examiné avec soin : sans cet examen sérieux , vous ne vous rappelleriez pas plusieurs péchés que vous auriez commis , vous ne les confesseriez pas; et par une suite de votre négligence , vous n'en obtiendriez pas la remission. Au lieu de rentrer en grâce devant Dieu , vous en deviendriez plus coupable à «es yeux. Vous devez donc, avant de vous présenter au tribunal de la pénitence , vous retirer en particulier, bannir de votre esprit toutes les pensées qui pourraient vous distraire , et là , seul avec votre conscience , demander à Dieu les lumières dont vous avez besoin pour vous connoître vous-même ; parcourir les commandemens de Dieu et de l'Eglise, les dilférens devoirs de votre état , pour voir en quoi vous y avez manqué ; vous rappeler , enfin , les fautes que vous avez commises , et le nombre de ces fautes , et les circonstances qui les ont accompagnées ; Car votre examen doit s'étendre sur tous ces objets. Au reste , cette recherche doit se faire sans trouble et sans inquiétude : quand vous avez fait ce qui dépend de vous , quand vous y avez mis l'attention et le temps que demande une action si importante, vous devez être tranquille. Vous avez allaire à un bon Père , qui défend à la vérité la négligence , mais qui ne veut pas non plus
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que l'on se trouble , ni que l'on s'inquiète. Vous examinera vec attention , déclarer avec sincérité tous les péchés que vous connoîtrez , les détester, éviter les occasions qui pourroient tous- y faire retomber ; voilà tout ce qu'il vous commande. Quand même vous auriez oublié quelques péchés dans v,os confessions , ils sont remis avec ceux que vous avez déclarés , parce qu'il n'y a point eu de négligence de votre part. « Les péchés dit le concile de Trente , qui ne » se présentent point à l'esprit d'une personne » qui pense avec application , sont censés com- » pris en général dans la confession qu'elle » fait ; et c'est pour ces péchés que nous di- » sons avec confiance , après le prophète : Pu- » rifiez-moi , Seigneur , de mes crimes cachés. » Il suffit de déclarer dans la confession prochaine le péché qui a voit été oublié.
J'irai , ô mon Dieu ! j'irai me jeter aux pieds de votre ministre ; vous lui avez donné le pouvoir de me guérir ; mais pour faire usage de ce pouvoir , il faut qu'il connoisse les plaies de mon âme ; je les lui découvrirai , je confesserai mes iniquités : soyez dans ma bouche et dans mon cœur , pour que cette confession ait toutes les qualités qu'elle doit avoir; pour que je m'accuse de toutes mes fautes sans aucun détour, que je ne cherche point à en diminuer l'énormité , que je ne les raconte pas avec une indifférence et une insensibilité criminelles , mais que je les accuse en esprit de pénitence , dans l'amertume de mon cœur. Rendez-moi docile aux instructions que vous me donnerez par la bouche de votre ministre : ne permettez pas que je résiste aux vérités qu'il me fera
connoître ,
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connoître, et aux impressions salutaires qu'il cherchera à exciter dans mon cœur. Donnezlui à lui-même, Seigneur, la lumière dont il a besoin pour bien connoître l'état de mon ame , et pour me prescrire les remèdes convenables aux maladies dont elle est âtiaqùée. Donnez-lui ce zèle qui touche , qui pénètre , qui change les cœurs afin qu'il fixe une bonne fois le mien dans la haine du vice et dans la pratique de la vertu.
Pratique.
Accuser avec humilité et sincérité tous ses péchés , après un examen sérieux.
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