LXXXIV.* LECTURE
§)e ceux qui retiennent quelque péché à confesse.
Non aonfundaris confiterl peccala tua... qui abscondit ftcccata sua , non dirigeiur ; qui autem confessus fuerit et reliqucrit ta, misericordiam consequetur.
N'ayez point de honte de déclarer vo9 péchés. . . celui qui cache ses fautes ne réussira pas ; mais celui qui les confesse et qui s'en retire , obtiendra miséricorde. Prov*i» 28.
Vous le savez, mon cher Théophile, retenir volontairement un seul péché mortel , c'est nonseulement rendre l'absolution du prêtre nulle et sans effet , mais même c'est commettre un nouveau péché , un sacrilège , puisque c'est profaner *m sacrement. Alors ^ au lieu d'apaiser la colère
de'Dieu , on l'outrage , on foule aux pieds le sang adoraîde du Fils de Dieu , qui , tombant sur un sujet indigne, est profané d'une manière plus criminelle que lorsque les Juifs l'ont répandu sur la terre : on change en poison le remède qui avoit été préparé pour nous guérir. Cependant , combien n'y a-t-il pas de jeunes gens qui se rendent coupables de ce crime ! Quelles sont les causes d'un malheur si déplorable ? Dans les vins c'est la honte de déclarer certaines fautes. ! Le démon , cet esprit de malice et de mensonge, diminue à leurs yeux l'énormité du péché avant qu'ils le commettent ; et il leur en montre toute la laideur , lorsqu'il s'agit de se confesser. Rien n'est plus mal fondé que cette mauvaise honte : faites attention, mon cher Théophile, h la force des raisons qui doivent la faire surmonter. Le confesseur est obligé au secret le plus inviolable par toutes les lois divines et humaines : lui découvrir ses péchés, c'est comme si on ne les découvroit à personne. Hors du tribunal sacré , il ne peut faire aucun usage de ce qui; lui a été dit; il n'y a h craindre de sa part ni reproches amers, ni insultes ; c'est la charité , c'est la douceur qui lui dictera les avis qu'il vous donnera. Celui à qui vous déclarez "vos ' fautes n'est point un ange : c'est un homme i semblable h vous , environné comme vous di foiblesses, et par conséquent porté à avoir compassion des vôtres. C'est un ami fidèle , qui ne désire que votre guérison et votre retour à la vertu; c'est un père tendre xjui sera touché des marques de confiance que vous lui donnerez , et qui ne songera qu'à vous secourir dans un besoin si pressant. Dites-moi , la honte vous re-
SaCRIÏ'MENS. 365
tient-elle , quand il s'agit de découvrir à unjiiêdecin quelque mal secret, surtout lorsque la mort est h craindre en le tenant caché ? L'amour de la vie ne fait-il pas vaincre toutes les répugnances ? Comment donc cède-ton à la honte , quand l'âme est blessée d'une plaie mortelle ? Comment n'a-t-on pas la force de la découvrir à celui qui peut y appliquer de salutaires remèdes ? D'ailleurs , que gagne-t-on à dérober aujourd'hui au confesseur la connoissance de ses péchés ; Peut-on la dérober à Dieu ? Ne faudra-t-il pas les confesser tôt ou tard, ou périr éternellement ? Mon Dieu , faites sentir ces vérités à tous ceux qui entendront cette lecture , et ne permettez pas qu'aucun d'eux se laisse vaincre par une mauvaise honle. Il en est d'autres que la crainte de ne pas faire leur première communion ou leurs pâques /empêche dé se découvrir au confesseur; mais rien n'est plus insensé que de profaner deux sacremens pour ne pas manquer à la première communion ou au devoir pascal. Quelle disposition, ô mon Dieu, à une action aussi sainte qu'une horrible dissimulation ! Ne vaut-il pas mieux différer quelque temps à recevoir la divine Eucharistie , que de commettre un horrible sacrilège ? On se le reproche toute sa vie, ou l'on s'endurcit dans le mal, et l'on périt misérablement. Au contraire , celui qui a ouvert son cœur tout entier au confesseur, et qui a employé le temps convenable à s'éprouver , est bien dédommagé ensuite de la légère lépreuve à laquelle il est soumis : ce délai a été court , il est passé , il ne reste plus que le témoignage d'une bonne conscience ; il sait que sa communion a été bien faite ; la paix règne
dans son cœur ; pendant tout le cours de sa vie , il bénira l'heureux moment où il a remporté Sur lui-même une victoire qui lui assure une douce tranquillité sur la terre , et son salut éternel après la mort. Vous sentez , mon cher Théophile , qu'il n'y a point à hésiter ; et vous êtes sans doute bien résolu de déclarer avec une entière sincérité , à votre confesseur , tous les péchés dont vous sentirez votre conscience chargée , sans écouter ni la honte , ni la crainte que !e démon pourroit vous suggérer pour perdre votre âme.
Non , mon Dieu ! je n'écouterai jamais les répugnances que je pourrois avoir à découvrir mes péchés dans le saint tribunal. Chassez loin de moi ce démon muet , qui cnercheroit à me lier la langue, et à me faire commettre un sacrilège horrible. Que je ne sois sensible qu'à la crainte de votre jugement, et des peines éternelles dont vous menacez les pécheurs. Non , Seigneur , je ne cacherai rien au ministre qui tient votre place , et qui vous représente; je ne dissimulerai rien. Je sais que lui déclarer mes foiblesses , c'est les déclarer à vous-même ; et comment pourrois-je vous les cacher , à vous qui les conuoissez mieux que moi , à vous qui pénétrez dans le fond des cœurs ? S'il y a dans cet aveu quelque confusion à essuyer , n'est-il pas bien juste que je la souffre pour expier mes péchés? Ne vaut-il pas mieux supporter un moment de honte , que de m'exposer à upe confusion éternelle ! Cette humiliation , vous l'avez bien adoucie , ô mon Dieu ! c'est à un seul homme que je dois en faire l'aveu ; c'est à un homme que toutes les lois obligent au secret le plus iu-*
Sacrement 56&
rîolable ; c'est à un pécheur comme moi , qui i lui-même ses propres foiblesses à pleurer , efe jui est disposé à compatir aux miennes. Cette )eine légère sera récompensée par le soulagement que mon âme éprouvera ; ma conscience sera déchargée d'un poids quiraccabloit, ît je sortirai du lieu saint, pénétré de la plus louce consolation.
Pratique.
Ne point écouter la tentation de cacher cerains péchés , mais commencer sa confession >ar ceux-là.
l\\\\V\\\\\\V\\».VVV\\VV\\\VV\t\W\V\\\\\\\\V\V\\\V\