XCIV.C LECTURE
Du Sacrement de l'Ordre.
Dixit Spiritus Sanctus : segregate mihi Saulum et Barnabam in oj?us ad quod assumfsi cas: tune im<p orientes eis m anus dimiserunl iltos.
Le Saint-Esprit leur dit : séparez-moi Saul et Barnabe pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés..» Us leur imposèrent les mains , et les laissèrent aller. Act. i3.
JLes dnq premiers sacremens sont communs à tous les Chrétiens , et tous doivent les recevoir dans le temps et dans les circonstances où ces secours leur sont nécessaires : les deux suivans sont particuliers à deux élats , qui par leur importance et les grandes obligations qu'ils imposent ont besoin de grâces plus puissantes. Le sacrement de l'Ordre donne à l'Eglise des pasteurs qui la gouvernent ; c'est par l'imposition des mains , et par la prière dont elle est accompagnée , qu'ils sont séparés du reste des fidèles , et qu'ils reçoivent le pouvoir d'annoncer l'Evangile , d'administrer les sacremens, d'offrir le saint sacrifice ; en un mot , d'exercer le saint ministère. Jésus- Christ a institué ce sacrement lorsqu'il appela ses apôtres, et qu'il leur dit : « je vous envoie comme mon Père » m'a envoyé ; allez , instruisez les nations , » baptisez-les , recevez le Saint-Esprit ; les » péchés seront remis à ceux à qui vous les » remettrez , etc. ; » et lorsqu'après avoir établi le sacrifice de son corps et de son sang, il ajouta : Faites ceci en mémoire de moi.
Sacremens. 4°5
L'ordre est donc un sacrement qui donne le pouvoir de faire les fonctions ecclésiastiques , et la grâce pour les exercer saintement : les apôtres n'ont pas reçu ce pouvoir pour eux seuls , mais pour le communiquer à d'autres* Nous voyons dans l'Ecriture qu'ils ont ordonné des Evêques , des prêtres et des diacres par l'imposition des mains; et nous lisons dans l'Histoire Ecclésiastique , que les premiers évoques établis par les apôtres , en ont ordonné d'autres pour leur succéder; et cette succession, qui n'a jamais été interrompue , continuera dans l'Eglise jusqu'à la fin des siècles. Quoique l'on distingue plusieurs Ordres , il n'y a cependant qu'un sacrement d'Ordre , c'est le sacerdoce , auquel on participe plus ou moins, selon que chaque ministère est plus ou moins élevé. La tonsure par laquelle on entre dans l'état ecclésiastique , n'est point un Ordre, mais une cérémonie qui précède les Ordres , et qui y prépare : celui qui la reçoit , déclare qu'il prend Dieu pour son partage , et qu'il se consacre à son service et à celui de l'Eglise. Un état si saint demande de grandes dispositions dans ceux qui veulent l'embrasser ; la première est d'y être appelé , et de ne pas s'y ingérer de soi-même. S'il n'y a aucun état où il soit permis d'entrer sans avoir consulté Dieu pour savoir s'il nous y appelle; cette précaution est bien plus nécessaire encore , quand il s'agit d'un état dont les fonctions sont si saintes et si sublimes. « Que personne , dit saint Paul , ne » soit assez téméraire pour usurper cet hon- » neur; il ne convient qu'à celui qui est appelé » de Dieu. » C'est Jésus-Christ quia choisi ses
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apôtres ; ils ne se sont pas présentés d'euxmêmes. « Ce n'est pas vous , leur disoit Notre- » Seigneur , ce n'est pas vous qui m'avez choisi , » mais c'est moi qui vous ai établis , afin que » vous alliez et que vous portiez du fruit. » Les apôtres étoient si persuadés de la nécessité de cette vocation divine, qu'ils s^adressèrent à Dieu pour connoître celui qui devoit remplacer le perfide Judas. Vous, Seigneur, qui con- » noissez le cœur de tous, montrez lequel des » deux vous avez choisi pour entrer dans ce » ministère et dans l'apostolat. » Mais , me direz- vous peut-être , mon cher Théophile , comment puis-je connoître si Dieu m'appelle à l'état ecclésiastique ? Vous le connoîtrez, si vous demandez souvent au Seigneur qu'il vous montre la voie que vous devez suivre , si vous vous adressez à un homme sage et éclairé , à qui vous ouvrirez votre cœur , et dont vous receviez les avis avec une entière docilité et une parfaite soumission. La seconde disposition pour entrer dans l'état ecclésiastique , c'est d'être animé du zèle de la gloire de Dieu et du salut du prochain : malheur à ceux qui n'ont , en y entrant, que des vues humaines , qui ne consultent que l'intérêt ou l'ambiîion , qui ne se proposent que *de s'y enrichir , et d'y vivre plus commodément et plus honorablement. La troisième disposition est d'être irréprochable dans ses mœurs : il seroit bien à souhaiter que l'on eût conservé la grâce de son Baptême; du moins faut-il l'avoir recouvrée depuis longtemps , et mener une vie édifiante et exemple de reproche. Enfin , la quatrième disposition est d'être en état de grâce ; ce seroit un horrible
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sacrilège de recevoir un sacrement si saint avec une conscience souillée par le péché mortel.
Heureux , ô mon Dieu ! celui que vous avez choisi pour le service des autels ! il habitera dans votre sainte maison ; a l'ombre de vos ailes , il sera préservé de l'air contagieux que. Ion respire dans le monde ; vous répandrez sur ui l'abondance de vos bénédictions ; mais ces avantages ne sont que pour ceux que vous appelez vous-même à ces augustes fonctions : malheur à celui qui s'y ingérera de lui-même et sans vous avoir consulté ; malheur à celui qui embrassera un état si saint par des vues toutes profanes , et avec des intentions purement humaines ; il ne trouvera point les grâces et les secours si nécessaires pour exercer ce redoutable ministère ; il n'y trouvera que des pièges et des dangers , qui le conduiront à sa perte éternelle,
Mon Dieu , faites-moi connoître ce que vous voulez de moi ; mon sort est entre vos mains ; il n'appartient qu'à vous de disposer de moi , et de marquer la place où je dois être ; mon cœur est prêt à vous obéir : si vous voulez que j'entre dans l'état ecclésiastique , donnez-moi les vertus que ce saint état exige ; rendez- moi digne de votre choix ; mais si vous ne m'y destinez pas , ah ! Seigneur , ne permettez pas que j'aie la témérité d'y entrer contre votre volonté* Faites , ô mon Dieu ! qu'aucune considération humaine ne me détermine à une démarche que vous me défendez ; je dois vous obéir plutôt qu'aux hommes,
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Pratique.
Consulter un sage directeur sur le choix d'un état.
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