‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 82 sur 94 · XCVI.e LECTURE · texte numérisé non relu

XCVI.e LECTURE

De la Prière. Nécessité de la Prière»

Oraticni instate > vigilantes in eâ.

Persévérez et veillez dans la prière. Coioss, 4»

JLa prière est le second moyen pour obtenir la grâce ; c'est une élévation de noire esprit et de noire cœur vers Dieu , pour lui demander les choses qui nous sont nécessaires ; c'est le gémissement d'une âme touchée de son indigence , qui s'adresse à l'Auteur de tous les biens , pour solliciter sa miséricorde , et en attirer les secours dont elle a besoin. La prière est un devoir indispensable que l'on ne peut omettre sans péché ; Jésus Christ nous en a fait un commandement exprès , et ce précepte est souvent répété dans l'JSvangile: Veillez , nous dit-il , et priez , il faut toujours prier et ne point se lasser do le faire. De là , ce reproche qu'il fait à ses disciples : « Jusqués ici vous n'avez rien demandé » en mon nom ; demandez et vous recevrez. » Il a pratiqué lui-même ce qu'il nous commande ; il passoit souvent les nuits à prier , ou pour mieux dire , toute sa vie a été une prière continuelle. Jésus-Christ n'avoit certainement pas foesoin de prier pour lui-même , mais il vouloit nous donner l'exemple , et nous engager par là à nous livrer à ce saint exercice : nous avions besoin qu'il priât pour nous , et qu'il nous montrât l'obligation où nous sommes de

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prier. « Voyez, dit saint Ambroise , ce que » vous devez faire pour votre salut , puisquç » notre divin Sauveur a passé les nuits à prier , » pour vous obtenir les grâces qui vous sont » nécessaires. » Le salut n'est promis qu'à la prière; le salut n'est possible que par la prière ; le salut n'est accordé que par la persévérance dans la prière: ce saint exercice est donc d'une nécessité indispensable ; et quand même l'Evangile ne nous feroit pas une loi positive de prier et de prier sans cesse, le sentiment de notre misère suffirait seul pour en prouver la nécessité. Rentrez un moment en vous-même, mon cher Théophile; les besoins toujours renaissans de votre âme-et de votre corps , ne vous avertissent-ils pas continuellement de recourir à ce-

Jiti qui seul peut y remédier ? N'est-ce pas le partage des misérables , de gémir et de solliciter du secours ? Un pauvre cesserait -il de demander , si cela suffisoit pour obtenir ce qu'il souhaite ? Notre indigence est extrême ; les biens qui nous manquent sont d'un prix infini ; Dieu est prêt à nous les accorder ; nonseulement il nous permet , mais il nous commande de les lui demander : ce n'est pas qu'il ignore nos besoins , il les connoît mieux que nous ne les connoissons nous-mêmes ; il exige cependant que nous les lui exposions , pour nous faire désirer avec plus d'ardeur les biens qu'il nous prépare , et pour nous rendre , par ce

I désir , plus capables de les recevoir. Le désir des biens spirituels s'enflamme par l'exercice de la prière ; et plus ce désir est ardent , plus on reçoit de Dieu ; il remplit ceux qui sont affames , et il renvoie vides ceux qui se croient

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riches , et qui s'imaginent n'avoir besoin de rien : il veut par là nous tenir dans l'humilité , et nous faire sentir notre dépendance. Si Dieu nous accordoit ces biens sans attendre nos

Ïrières , nous serions portés à nous les attriuer ; mais , quand après avoir senti notre misère et notre impuissance nous recourons à lui , nous ne pouvons alors nous dissimuler à nousmêmes notre dépendance ; nous sommes obligés de reconnoître que nous ne pouvons rien sans lui , et que tout ce que nous en recevons est un don de sa pure libéralité : cet humble aveu de notre indigence nous dispose à recevoir ses bienfaits avec abondance. Vous connoissez maintenant , mon cher Théophile , les Taisons pleines de sagesse pour lesquelles Dieu vous fait une loi de prier , et de prier sans cesse. Appliquez-vous donc à ce saint exercice ; ne croyez pas que , pour remplir ce devoir essentiel , il suffise d'y employer quelques momens rapides , et de passer le reste du temps sans penser à Dieu ; il faut avoir souvent recours à la prière , et y persévérer longtemps. Dieu veut être sollicité , pressé , importuné ; il ne se lasse pas de nous écouter; le trésor de ses grâces ett infini , et on ne peut rien faire qui lui soit plus agréable , que de demander sans cesse à y puiser. Les rois de la terre ne permettent pas à toutes sortes de personnes de leur parler ; c'est une faveur qu'ils n'accordent qu'à leurs favoris , et dans certains momens ; mais il n'en est pas ainsi de notre Dieu ; il nous permet de lui parler à toute heure , de lui représenter nos besoins , et de réclamer son secours ; il nous ordonne même de le faire

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en toute liberté , et si l'on ne se présente devant lui , il s'en offense. Quel honneur pour une vile créature de s'approcher ainsi de Dieu , de lui communiquer ses pensées , ses inquiétudes , ses désirs avec une sainte liberté , avec . une douce confiance ! Ne stroit-ce pas mépriser sa bonté que de ne pas profiter de la faveur qu'il nous accorde de nous écouter , et de s'intéresser h tout ce que nous désirons ?

À qui m'adresserai-je dans mes besoins , sinon à vous , ô mon Dieu ! qui êtes l'auteur et la sourcede tout bien? Quel autre que vous peut me consoler dans mes peines , me fortifier dans mes combats ? Environné de dangers , agité par des passions violentes ., je sens que je ne suis rien , et que je ne puis rien de moi-même; mais vous m'ordonnez , ô mon Dieu ! de recourir à vousl, de vous représenter souvent ma foiblesse , d'implorer votre secours. Je puis donc , quoique je ne sois que cendre et poussière , je puis , je dois même vous parler avec confiance , m'entretenir avec vous ; vous exposer mes misères , déposer toutes mes inquiétudes dans votre sein paternel. Donnez-moi 9 ô mon Dieu ! la grâce de la prière , qui attire toutes les autres grâces ; formez vous-même dans mon cœur ces désirs ardens qui s'élèvent toujours jusqu'au trône de votre miséricorde ; que ce saint exercice devienne ma plus douce consolation. Oui , Seigneur , quand je vous parle avec la confiance d'un enfant , votre oreille est attentive aux cris que je pousse vers vous ; vous écoutez toutes mes paroles ; vos feux sont ouverts pour moi ; vous voyez les armes que je répalids en votre présence ; votre

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cœur paternel s'attendrit, et vous me répondez intérieurement : Rassurez-vous , je serai votre force , avec moi vous pouvez tout. Alors la paix et la joie renaissent clans mon âme , et je m'écrie : Soyez à jamais béni , ô mon Dieu ! de m'a voir commandé un exercice qui est le remède assuré de tous mes maux.

Pratique.

S'accoutumer à élever de temps en temps son esprit el son cœur à Dieu.

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