‹ Doctrine chretienne en forme de lectures de pietéChapitre 22 sur 87 · XXVII.* LECTURE · texte numérisé non relu

XXVII.* LECTURE

Je crois au Saint-Esprit.

ftitttam xobis à Pâtre Spiritum verilatis , qui à JPalrt proccclU.

Je vous enverrai , de la part de mon Père , l'esprit de Vérité, qui procède du Père. Joan. i5.

J 1. ne suffît pas , mon cher Théophile , de croire au Père tout puissant qui nous a créés , et en Jésus-Christ son Fils unique qui nous a rachetés,

si nous ne croyons en même temps au Saint- Esprit qui nous sanctifie. C'est pour cette raison que les apôtres après nous avoir proposé , dans le Symbole, la puissance du Père et les mystères du Fils, nous proposent aussitôt les merveilles du Saint-Esprit. Il n'est donc pas moins nécessaire que vous soyez bien instruit de ce qui regarde le Saint-Esprit , que de ce qui regarde le Père et le Fils : vous devez croire d'une ferme foi , qu'en Dieu il y a une troisième personne qui est le Saint-Esprit : celte troisième personne procède du Père et du Fils , elle a la même nature et la même divinité que les deux autres personnes : ainsi le Saint-Esprit est égal au Père et au Fils : il est comme eux , éternel , tout puissant , infini ; il a les mêmes perfections; en un mot , il est un même Dieu avec le Père et le Fils. C'est en son nom , comme au nom du Père et duF^ls , que nous avons été baptisés : comme il est le même Dieu que le Père et le Fils , nous lui devons les mêmes adorations et les mêmes hommages. De là vient que le Saint-Esprit est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils, et que nous terminons toutes nosprières par ces mots : « Gloire soit au Père , au Fils et au » Saint-Esprit. » On attribue particulièrement au Saint-Esprit , la sanctification des hommes, parce que c'est un esprit d'amour , et que c'est lui qui répand dans nos âmes cette charité qui les sanctifie. La charité , dit saint Paul , est répandue en nous par le Saint-Esprit qui nous a été donné : c'est donc le Saint-Esprit qui nous communique la vie spirituelle , ou plutôt il est la vie de notre ame , comme Famé est la vie du corps; l'aine n'a de vie qu'autant qu'elle est imio

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! l'Esprit-Saint , qu'autant qu'il hab'tc en elle , cl qu il l'anime : notre aine n'a de mouvement vers Dieuquepar le Sainl-Esprit , et elle ne peut rien taire dans l'ordre du salut que par son inspiration et son impulsion. Il est cet esprit d'adoption qui nous fait enfansde Dieu , et le sceau sacré qui e6t le gage de notre héritage éternel. 11 est appelé dans l'écriture , l'Esprit de vérité , c'est-à-dire qu'il est la source de toute vérité , et le maître qui l'enseigne. « Lorsque l'esprit » de vérité sera venu , dit Noire-Seigneur , il » vous enseignera toute vérité. » En effet , il descendit sur les apôtres , et en un moment il lt ■«• remplit de lumières , et leur communiqua (es connoissances les plus sublimes. C'est lui qui a parlé par les prophètes et les évangélistes. 1 C'est par le mouvement du Saint-Esprit , dit » le prince des apôtres , que les saints hommes p de Dieu ont parlé. » Nous apprenons par là que le* écrivains sacrés n'ont été que les organes du Saint-Esprit , et que toutes les paroles de l'Ecriture sont les propres paroles de Dieu. Avec quel respect ne devons-nous pas les entendre ! et quel crime seroil-ce de les profaner ! C'est lui qui nous instruit encore, et qui dissipe, par sa lumière , les ténèbres de notre ignorance ; il iiiui> montre la voie du Ciel , et nous donne la force d'y marcher. Votre esprit , dit le prophète, me conduira dans une voie droite , dont le terme est l<- salut. 11 nous parle intérieurement pour noii> détourner du mal , et pour nous inspirer le bien que nous devons faire. ^Iille fois vous avez compris , mon cher Théophile , qu'il n'y a de véritable bonheur que dans la vertu ; mille fois vous avez senti nailrc dans votre cœur le désir

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<le la pratiquer. Celle lumière , ce pieux sentiment, c'est la voie de votre Dieu. C'est donc au Saint-Esprit que nous résistons , quand nous rejetons une bonne pensée , un bon mouvement. Songeons que l'on n'est point enfans de Dieu quand on ne se laisse pas conduire par l'esprit de Dieu. Il est encore appelé dans l'écriture , l'esprit consolateur. « Lorsque l'esprit conso- » lateur sera venu , il rendra témoignage de » moi. » Il nous est donné pour nous consoler dans nos peines. Que celte consolation est préférable à toutes les joies profanes et criminelles! Elle rend douces et légères toutes les peines de cette vie , elle met dans le cœur une paix délicieuse. Adorez donc , mon cher Théophile , ce divin esprit , qui est la source de toute grâce et de toute lumière ; priez-le de se communiquer à voire ame , de la sanctifier , et d'y répandre r cite onction céleste et celte joie pure qui rend la vertu douce et aimable.

Oui , mon Dieu , heureux et mille fois heureux celui que vous animez , que vous éclairez , que vous consolez î son entendement est rempli de lumières ; son cœur est embrasé du feu sacré de la charité ; il goûte , même au milieu des plus grandes afflictions , il goûte une paix délicieuse , cette paix de Dieu qui surpasse tout sentiment, et que rien ne peut lui ravir. Venez en moi , ô Esprit Saint ! vous qui êtes le lien ineffable du Père et du Fils. Venez , ô Esprit de vérité ! éclairezmon ame de vos divines lumières; dissipez-en les ténèbres par votre présence; soyez mm guide , conduisez mes pas ; enseignez-moi à faire en toutes choses votre sainte volonté. Venez , ô Esprit de charité , Esprit sanctifica-

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leur! vous qui en descendant sur les apôtres , et parlant par leur bouche , avez reuouvelé la face ée la terre , donnez-moi un cœur nouveau , échauffez-le de votre saint amour; consumez-en toutes les souillures par l'ardeur de ce feu sacré. Venez , ô Esprit consolateur ! daignez adoucir mes peines , calmer mes inquiétudes , et me remplir de cette joie pure , qui est un avantj:oùl du bonheur ineffable que vous me destinez dans le ciel.

Pratique.

Réciter avec attention la prière Veni Sanctc, avant le travail.

XXVIIIe LECTURE.

Je crois la sainte Eglise. Formation de l'Eglise chrétienne.

Ecclsla œdiflcabatur ambulant: m timoré Domlni , «( eontilaùone SpirHûs Sancti re/ilcbatur.

L'Eglise j'établissoit , marchant dans la crainte du Soigneur , ei elle étoit remplie de la consolation du Saint- Esprit. Act. 9.

JLes apôtres , après avoir reçu le Saint-Esprit, .«01 tirent de la maison où ilss'étoient tenus renfermés ; et ils annoncèrent la résurrection de Jésus-Christ au milieu de la ville de Jérusalem, qu'ils étonnèrent par les miracles qu'ils opéroient. Trois mille Juifs se convertirent a la première prédication de saint Pierre , et cinq mille h la seconde. Le nombre des Fidèles <iugmentoit tous les jours, et ces hommes, régénéré!

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parle baptême, et renouvelés par le Saint-Esprit, donnoient au monde le spectacle de la vertu la plus pure et la plus parfaite. Les apôtres prêchèrent ensuite la parole de Dieu avec le menu; succès dans toute la Judée , la Galilée et la Samarie ; de là ils passèrent dans la Syrie et dans les provinces de l'Asie mineure , dans la Macédoine et dans la Grèce, annonçant partout l'Evangile , c'est-à-dire la bonne nouvelle de la rédemption des hommes par Jésus-Christ. Saint Pierre porta la foi à Rome, alors la capitale du Monde. De cette multitude de peuples , si différens de génie et de mœurs , s'est formé en trèspeu de temps un peuple nouveau , un corps et une société d'hommes unis tous ensemble par la profession d'une même foi , par la participation des mêmes sacremens , par la communication des mêmes biens spirituels , ayant tous un même chef invisible , qui est Jésus-Christ , et un même chef visible tpii est le Pape , ou l'évêque de Rome. Ce corps , et cette société s'appelle l'Eglise chrétienne. Elle s'établit sans aucuns moyens humains , et malgré les plus grands obstacles. Les Juifs résistoient opiniâtrement à l'Evangile , et persécutoient avec fureur les disciples de Jésus-Christ. D'un autre côté , les Païens s'opposèrent de toutes leurs forces à son établissement. Tout ce qui! y avoitde grands et de puissans parmi eux, se déclara d'abord ennemi de cette religion ; mais malgré la fureur des Juifs et l'opposition des empereurs , malgré la corruption générale des peuples, attachés depuis long-temps à une religion toute sensuelle , 1rs apôtres établirent l'Eglise de Jésus-Christ dans toutes les contrées de l'Univers , cl scellèrent de

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leur sang la vérité de leur témoignage. Ceux qu'ils choisirent pour leur succéder dans le ministère apostolique , imitèrent leur zèle, et transmirent pareillement à leurs successeurs le dépôt de la loi , qui est ainsi parvenue , d'âge en âge , dans toute sa pureté jusqu'à nous.

Faites avec moi , mon cher Théophile , quelques réflexions sur cet établissement de la religion , qui est évidemment l'ouvrage de Dieu. Représentez-vous douze hommes de la lie du peuple i sans ïjicns, sans science , sans appui, îi qui leur moitié ne promet dans ce monde que des persécutions, deslourmenset la mort: voilà ce-qu'étoient les apôtres. Peut-on s'imaginer que douze hommes de ce caractère , s'ils n'eussent été animés de l'esprit de Dieu, aient osé entreprendre de changer la face de l'Univers , de convertir tous les peuples , Grecs et Romains, Juifs et Païens ; et cela , en leur proposant à tous également les mystères les plus difficiles à croire,, et les règles les plus difficiles à pratiquer ? Cependant ces douze hommes , ainsi dénués de tout secours humain , n'ayant d'autres armes que la parole , ni d'autres défenses qu'une patience à toute épreuve , non-seulement ont osé former un dessein si extraordinaire , mais ils 1 ont exécuté , ils ont prêché une doctrine qui captive l'esprit , et qui gène le cœur ; ils l'ont prêchée au milieu de l'empire romain , dans les plus grandes villes , dans les villes les plus riches, les plus savantes, les plus voluptueuses , à Antioene , Alexandrie , à Ephèse , à Cerinthe , à Athènes , h Rome enfin. Tout s'est soulevé contre celte nouvelle doctrine ; tout a été mis en œuvre pour étouffer le christianisme dans son berceau .

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et pour en arrêter les progrès : perte de Liens , éxu , prisons , supplices; et cependant le christianisme, la chose du monde la plus diflicile à persuader, s'est établi partout par la seule voie de la persuasion , malgré tout ce qu'ont pu lui opposer les puissances, la sagesse humaine , les passions , l'intérêt , la politique , et la violence la plus outrée. Vous conviendrez avec moi , mon cher Théophile , qu'il n'y a la rien de naturel, et qu'on ne peut s'empêcher d'y reconnoitre le doigt de Dieu. Car enfin , ou les apôtres ont fait des miracles pour convaincre les peuples de la vérité de ce qu'ils leur annonçoient , ou ils les ont convaincus sans miracles : s'ils ont fait des miracles , c'étoit donc Dieu lui-même qui présidoit a cette œuvre ; s'ils ont persuadé le monde sans miracles, la preuve n'en est que plus forte: il n'y a qu'une vertu divine qui puisse opérer cette persuasion dans tous les esprits , malgré tous les obstacles qui s'y opposoient. Une telle persuasion , produite sans miracle , seroit ellemême le plus grand miracle que l'on puisse concevoir.

Vous aviez prédit , Seigneur , qu'après que vous auriez été élevé de terre , c'est-à-dire , après que vous auriez été attaché à la croix , vous attireriez tout à vous. Nous voyons celte prédiction exactement accomplie. La converbion de l'Univers n'a pu être que l'ouvrage de votre toute puissance , et nous ne pouvons le voir sans être frappés d'admiration : il est évident , ô mon Dieu ! que l'exécution d'un tel dessein étoit impossible à toute la sagesse et à toute la puissance humaine : les moyens que vous avez employés y étoient devrais ob/acles.

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Vous avec choisi îles hommes obscure , pauvres, foibles el ignorans ,pour montrer que vous n'avez pas besoin du secours humain, ni des puisunces de la terre ; vous avez choisi les moins } selon le monde , pour confondre les sages; Tous sve« choisi les foibles selon le monde , pont confondre les puissans ; vous avez choisi I, s plus vils et les plus méprisables selon le monde , et ce qui n'étoit rien , pour détruire ce qu'il V nvoitdeplus grand , afin que nul homme ne se glorifie devant vous. C'est donc vous qui avez tout fait ; vous avez voulu paroitre seul dans rétablissement de la religion chrétienne , afin que l'on ne pût ^'empêcher de reconnoitre que cette religion est vraiment divine. Oui , Seigneur , c'est là votre ouvrage : à vous seul appartient la gloire d'un succès si merveilleux, et qui porte visiblement le caractère de votre puissance infinie. Je vous bénis de ce qu'il vous a plu de rendre la foi si facile et si raisonnable , qu'il faut faire violence aux sentimens naturels de son esprit , pour résister aux preuves qui la démontrent.

Pratique.

Admirer la puissance de Dieu dans la conversion de l'Univers.

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ne.

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