‹ Doctrine chretienne en forme de lectures de pietéChapitre 23 sur 87 · XXIX.C LECTURE · texte numérisé non relu

XXIX.C LECTURE

Suite de l'établissement de l'Eglise chrétienne. Constance des Martyrs.

Ibant gaudenles quonlam digni hablii sunt Pro

nomme Jem contumeliam pati. p

Ils étoient remplis de joie de ce qu'ils aroient été iuffés dignes de souflnr pour le nom de Jésus. Act. 5. ' B

La persécution contre l'Eglise de Jésus-Christ neimitpasavec la vie des apôtres; toutes les puissances continuèrent pendanttrois cents ans, de lui laire la guerre. On compte pendant cet intervalle de temps , dix persécutions suscitées par les ed.fsdes empereurs; et il y a eu une multitude innombrable de Chrétiens de toutes conditions de tout sexe et de tout âge , qui ont souffert les tourmens et la mort pour rendre témoignage a Jésus-Christ. Vous ne pourrez entendre sans frémir , mon cher Théophile , les cruautés que on exerça contre eux; les divers supplices que 1 on inventa pour les tourmenter : on les étendent sur un chevalet, avec des cordes attachées aux p,eds et aux mains; on les suspendoit par les mains , après leur avoir attaché des poids aux pieds et en cet état , on les hattoit de verges et de fouets garnis de pointes de fer • on les déchmrit avec des peignes de fer , jusqu à découvrir les côtes et les entrailles. Quand us n exp.roient pas dans ces tourmens , pour rendre leurs plaies plus sensibles , on y jetoit au sel el du vinaigre , et on les rouvrait, lors-

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qu'elles commenrnient à se fermer : puis on renvoyoit les martyrs dans la prison , poui éprouver plus long-temps , et pour les tourmenter à diverses reprises. Les prisons mêmes étoient une autre espèce de supplice: C'étoient les cachots les plus infects et les plus noirs : on leur mettoit les fers aux pieds et aux mains; on leur attachoit au cou de grandes pièces de bois . ou des entraves aux jambes , pour les tenir élevées ou écartées, pendant qu'ils étoient couchés sur le dos. Quelquefois on semoit leurs cachots de petits morceaux de verre casse , et on les y mettoit tout nus et tout déchirés de coups; souvent on laissoit pourrir leurs plaies, 1 1 oji les faisoit mourir de faim ; quelquefois on les nourrissoit et on pansoit leurs plaies ; mais c'étoit aiin de les tourmenter de nouveau. On défendoit ordinairement de les laisser parler à personne , parce qu'on savoit qu'en cet état ils convertissoient beaucoup d'infidèles , même les geôliers et les soldats qui les gardoient. Le supplice qui terminoit toutes ces tortures étort d'avoir la tète tranchée , ou d'être brûlé vif , ou d'être précipité dans la mer , et du haut des rochers, ou d'être dévoré parles bêtes. Les martyrs demeuroient fermes et inébranlables au milieu des plus longues et des pi us vives douleurs; les tourmens mêmes paroissoient augmenter leur courage. Ce n'étoient pas seulement des hommes qui montroient une constance si admirable , c'étoienl des femmes délicates , de foiblesenfans; tant étoit puissante la grâce de Jésus-Christ , qui les fortifioit intérieurement ! Ouvrez l'histoire ecclésiastique , mon cher Théophile , vous y verrez

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