‹ Doctrine chretienne en forme de lectures de pietéChapitre 25 sur 87 · XXXI.e LECTURE · texte numérisé non relu

XXXI.e LECTURE

De l'autorité de l'Eglise.

Tpse dédit pastores.... ut non simus fluctuantes , et circumferamur omni vento doctrinœ.

Jésus-Christ a donné à son Eglise des pastenrs , afin que nous ne soyons pas comme des enfans , et comme des personnes flottantes , qui se laissent emporter a tout vent de doctrine. Eph. 4-

J ksus-Christ a donné aux pasteurs de l'Eglise le pouvoir d'enseigner et de gouverner les fidèles dans l'ordre du salut. Cette autorité est toute spirituelle , et elle ne réside que dans les pasteurs , c'est-à-dire, dans le Pape , qui est le «hefde l'Eglise universelle ,et dans les évêques, comme successeurs des apôtres. « Allez , dit » Jésus-Christ à ses apôtres , instruisez les na- » tions , leur apprenant à observer toutes les » choses que je vous ai commandées , et voilà a que je suis tous les jours avec vous , jusqu'à » la consommation des siècles. » (Mattli. 28.) Tous voyez , mon cher Théophile , que Notre- Seigneur a chargé ses apôtres et leurs successeurs jusqu'à la fin du Monde , d'enseigner à tous les peuples ce qu'il leur avoit lui-même appris , c'est-à-dire les vérités de la foi et les règles des mœurs : vous voyez qu'il leur a promis de les assister tous les jours , et par conséquent , sans aucune interruption , dans leur enseignement , jusqu'à la consommation des Siècles, En vertu de cette promesse, l'Eglise est

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infaillible dans la doctrine de la foi ot d.>s iiKiMirs , d»' quelque manière qu'elle prononce , soit assemblée , soit dispersée , ayant avec elle Jésus-Christ , qui est la vérité même ; étant toujours éclairée et dirigée par son esprit , qui es! l'espril de vérité, jamais elle n'engnera l'erreur; autrement elle cessèrent d'être l'Eglise de Jésus-Christ , et d'avoir le Saint- Espril pour maître. Aussi l'apôtre saint Paul 1 "appelle-t-il la colonne et l'appui inébranlable de la vérité. Concluez donc avec moi , mon cher Théophile , que le corps des pasteurs ne peut jamais se tromper dans ce qui intéresse la foi et les moeurs , et que les jugemens qu'ilprononce , soit pour proposer aux fidèles les vérités de ta foi , soit pour condamner les erreurs qui la combattent , sont des jugemens infaillibles , auxquels tout fidèle doit se soumettre. L'Eglise esl la chaire de vérité, la chaire de Dieu même; elle parle aux hommes au nom de Dieu par l'autorité et avec l'assistance de Dieu; et quand nous soumettons notre esprit à l'enseignement et aux décisions de l'Eglise, c'est à Dieu même que nous rendons l'hommage de notre foi. » Qui vous écoule m'écoule , a dil Motre-Sei- » gneur à ses apôtres , et qui vous méprise » me méprise ; si quelqu'un n'écoute pas l'E- » glise , regardez-le comme un païen et un puy> blicain. » La voix des pasteurs est donc la voi\ de Dieu même. Aussi les apôtres, instruits du privilège qu'ils avoient reçu de Jésus- Christ , mirent-ils à la tête du premier jugeni"iii qu'ils pr moncèrent , ces paroles remarquables : » 11 a semblé bon au Saint-Esprit et » à nous , » pour nous faire comprendre que

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leur jugement étoit le jugement de Dieu même. En effet , il étoit nécessaire que Jésus-Christ donnât à son Eglise cette autorité infaillible. S'il n'y avoit point de tribunal pour décider souverainement les questions qui s'élèvent sur ce que l'on doit croire , chaque fidèle s'égareroit dans ses propres pensées , il n'y auroit plus d'uniformité dans la croyance. Si ce tribunal n'étoit pas infaillible , on pourroit douter de la vérité de ses décisions , et les fidèles demeureroient incertains et flottans , exposés à être emportés à tout vent de doctrine. Il étoit donc de la sagesse de Jésus-Christ d'assurer à son Eglise le privilège d'être préservée de toute erreur dans son enseignement.

Secondement , Jésus-Christ adonné aux pasteurs le pouvoir de gouverner les fidèles, c'està-dire , de faire des lois pour régler leur conduite en ce qui concerne le culte de Dieu et les bonnes mœurs , et de punir , par des peines spirituelles , les esprits indociles et rebelles à ses lois. Le nouveau Testament est rempli de passages qui établissent cette vérité. Saint Paul parlant aux anciens de l'Eglise d'Ephèse , leur dit : « Prenez garde à vous-mêmes , et au troupeau » sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évê- » ques , pour gouverner l'Eglise de Dieu. » (Act. 20. ) Les évêques sont donc établis pour gouverner les fidèles ; leur résister , c'est donc résisterait Saint-Esprit. Le même apôtre déclare dans FEpilre aux Corinthiens , qu'il a en main de quoi punir ceux qui lui désobéissent. En effet , il a exercé ce pouvoir à l'égard d'un pécheur scandaleux de la ville de Corinthe , qu'il retrancha pour un temps de la société des fidèles, par

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l'excommunication. Ce pouvoir d'excommunier c*>t renfermé dans ces paroles qm' Jésus-Christ a

adressées à ses apôtres : « Tout ce que vous lie- » rez sur la terre sera lié dans le ciel , et tout 1 ce «m trous délierez sur la terre sera délie » du» le ciel, s (Mattfi. 18. ) Par ces paroles, on a toujours entendu que la sentence par laquelle les pasteurs séparent un pécheur du corps des lirnli • era ratifiée dans le ciel par Jésus- Christ lui-même . et que celles par laquelle ils Missent impénitent, sera de même confirmer dans le ciel. Jésus-Christ se sert des mots lier et délier , parce que celui que l'Eglise ex- • "iiiinuiiie , étant livré à Satan . devient son esclave, il est retenu dans ses chaînes , et il ne peut être remis en liberté que par la même autorité qui l'a comme lié et enchaîné. Respectez , mon cher Théophile , cette autorité qui vient de Dieu même; appliquez-vous àconnoître ce que l'Eglise enseigne , pour y soumettre votre esprit et ce qu'elle commande , pour y conformer votre conduite. Sa doctrine est toujours vraie, ses lois sont toujours sages , et ses pratiques toujours saintes.

\ ous avez établi dans votre Eglise , ô mon Dieu ! des pasteurs pour nous instruire et nous gouverner. Vous avez attaché à leur enseignement le privilège de l'infaillibilité , en promettant d'être avec eux tous les jours , jusqu'à la consommation des siècles. Par 15 vous avez prévenu et iixé tous nos doutes. Vous voulez , ô mon Dieu! que tous les hommes parviennent à la connoissance de la vérité ; vous avez établi un moyen facile et à la portée de tout le inonde , de la reconuoitre avec une entière certitude. Sans

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ce moyen , nous aurions vécu dans une ignorance funeste , ou dans une incertitude cruelle sur ce qu'il nous importe le plus de savoir. Quelles actions de grâces ne vous devons-nous pas , pour nous avoir ainsi garantis de toute erreur et de toute inquiétude ! oui , Seigneur , en m 'attachant à votre Eglise, je ne crains pas de in 'égarer. Dès que je sais qu'elle a parlé , je suis en repos. A ppuyé sur vos promesses, je crois, sans hésiter, tout ce qu'elle me propose; je rejette , spr-ï balancer , tout ce qu'elle condamne , je sais qu'en écoutant l'Eglise , c'est vous-même que j'écoute. Loin de moi , ô mon Dieu ! cet esprit d'orgueil , qui fait qu'on se révolte contre une autorité que >cus avez vous-même établie. Da'gnezme préserver de cet aveuglement : faites que je respecte et que j'observe les lois qu'elle prescrit à sesenfans ; que je sois en tout docile à la voie de cette sainte mère , que vous nous avez donnée peur guide dans la route qui conduit au ciel.

Pratique,

Se soumettre d'esprit et de cœur à toutes les décisions de l'Eglise.

Symbole. i5i

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