XXXII.e LECTURE
Iai Communion des Saints.
Malta quidam membra , unum autem corpus... ut pro iniuiiu sollicita *<»t membra; vos estis corpus Cliruti , tt nombril de tiumbro.
Il y a plusieurs membres ; mais ils ne font tous qu'un même corps , afin que tous conspirent à s'aider les uns les kutres ; mus ètel le corps de Jésus-Christ, et .membres le» uns des auties. /. Cor. 12.
I ous les fidèles qui composent l'Eglise chrétienne, sont unis ensemble , et ne forment qu'un seul corps , dont Jésus-Christ est le chef. L'union étroite de tous les membres de ce corps , établit entre eux une communauté de biens spirituels. "\ oilà , mon cher Théophile , ce que l'on entendpar la Communiondcs Saints. On nomme les fidèles Saint», parce qu'ils ont été sanctifiés par le baptême , et qu'ils sont tous appelés à la sainteté. Les biens spirituels , qui sont communs entre tous les fidèles , sont les grâces infinies queiNotre-Seigneur nous a méritées par ses souffrances, les mérites de la Sainte \ierge et des Saints , les sacremens , les prières et toutes les bonnes œuvres qui se font dans l'Eglise. De tous ces biens spirituels , il se forme un trésor qui appartient à toute l'Eglise , et chaque fidèle y a sa part selon la disposition où il se trouve. Ceux qui sont en état de grâce , participent pleinement à tous les biens et à toutes les grâces qui sont dans l'Eglise. Ceux qui sont e$ péché mortel , ne laissent pas d'en tirer du
i5s Doctrine Chrétienne.
secours pour sortir de ce malheureuxétat. Cette communauté de biens spirituels , est une suite de l'unité de l'Eglise. Ne voyez-vous pas , mon cher Théophile , que tous ceux qui composent une famille , travaillent pour le profit de la famille entière , que tous les membres y ont part? Il en est de même de l'église , dont tous les membres ne composent qu'une même famille et qu'un même corps. Saint Paul compare l'Eglise au corps humain ; en effet , rien n'est plus propre à nous faire entendre ce que c'est que la communion des Saints : le corps a plusieurs membres , et chaque membre a sa fonction particulière ; mais tous ces membres ensemble ne font qu'un seul corps. Ils ont tous vu même chef , une même ame , une même vie. Les fonctions de chaque membre , leurs avantages , sont pour le bien de tout le corps ; tous concourent à la même fin , qui est la conservation du corps; les yeux voient , les oreille* entendent , les mains agissent , les pieds marchent pour tout le corps ; en un mot , tous les membres conspirent au bien les uns des autres , et se donnent , dans le besoin, tous les secours possibles. De même dans l'Eglise , tous les fidèles vivant du même esprit sous un même chef, sont unis entr'eux dans leurs différentes actions. Chacun des fidèles prie , travaille , mérite pour tout le corps , et il reçoit en même temps le fruit des travaux , des vertus et des prières de toute l'Eglise. Le sacrifice de la messe , offert par un prêtre dans une Eglise particulière, est utile a tous les fidèles , parce que l'Eglise , par les mains du prêtre , y offre pour tous ses enfans la victime immolée pour tous. Tandis que vous vous
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livrez au sommeil , mon cher Théophile , plusieurs communautés religieuses se relèvent pour chanter les louanges de Dieu : cet exercice de religion, dent elles s'acquit lenl pour vous, tourne à votre profil ; elles apaisent la colère de Dieu , elief attirent sur vous les effets de sa miséricorde. Mais pour profiter de ces avantages , il faut être membre de l'Eglise; ceux qui se sont iéinr& d'elle par l'hérésie, ou parle schisme, et ceux qu'elle a retranchés de son sein par l'excommunication, n'ont aucune part aux a vantâmes spirituels qui se trouvent dans la communion des Saints. Pour jouir même pleinement de tous ces biens , il faut être un membre vivant de l'Eglise , c'est-à-dire en étal de grâce. Les bêcheurs en qui 1 Esprit saint n'habite point par la grâce , sont à la vérité membres de l'Eglise ; mais ce sont des membres morts : or , dominent des membres morts pourroient-iîs prétendre aux mêmes avantages que les membres vivans ? Un bras mort , quoiqu'il reste uni au corps humain , ne peut recevoir la nourriture, l'accroissement , le mouvement , ni l'action. Cependant les pécheurs ne laissent pas de tirer beaucoup d'utilité de l'union qu'ils ont avec le reste du corps; c'est un grand avantage d'être d<- c l te société , dans laquelle seu'e se trouvent li vérité , la charité , la justice , le salut et les moyens quiy conduisent. Un pécheur est mort , mais tant qu'il demeure uni au corps , il peut ic\i\rc par les prières de l'Eglise , qui n? cesse de demander pour loi le retour à la vie par une sincèn pénitence.
Outre cette union des fidèles qui sont sur la terre , il y a encore une union plus générale
i^4 Doctrine Chrétienne.
entre les saints qui régnent dans le ciel , et les ornes qui souffrent dans le purgatoire , et les iidèles qui combattent encore sur la terre. Nous nous réjouissons du bonheur des Saints , nous en bénissons Dieu , nous les prions d'intercéder pour nous ; les Saints , de leur côté , nous aiment comme leurs frères , et ils nous aident par leurs prières auprès de Dieu. Nous avons aussi communion avec les âmes du purgatoire , ence que nous adressons nos prières à Dieu , nous faisons des aumônes et d'autres bonnes œuvres , pour qu'il les soulage dans leurs souffrances , et qu'il en abrège la durée par sa miséricorde.
Que les avantages dont jouissent les enfans de votre Eglise sont grands , ô mon Dieu ! qu'ils sont précieux ! L'union étroite qui règne entre eux , rend communs tous leurs biens spirituels. Celui qui est riche , fait part de son abondance à ceux qui sont pauvres; celui qui est fort , communique sa force aux foibles. Rien n'est plus consolant pour moi que cette pensée. Je serois bien à plaindre , si je navois à vous présenter que mes bonnes œuvres; mais toutes les saintes f.mes prient pour moi , elles pratiquent des pénitences et des mortifications pour moi; toutes leurs bennes œuvres senties miennes ; les dons de l'esprit de Dieu qu'elles possèdent , sont à moi. La ferveur de leurs prières supplée à la tiédeur des miennes ; la solidité de leur vertu , à la foi- Liesse de la mienne. Touchés des saints gémissemensque leur charité vous adresse pour moi , nous m'accorderez, ô mon Dieu ! un accroissement de grâce. Je fais plus de cas de ces richesse:- spirituelles , que de tous les trésors du monde. Ne permettez pas que j'en perde la moindre
Symbole. t**
partie par ma faute. Faites, o mon Dieu! que jYn tire tout l'avantage possible, en me conservant toujours en cet état de grâce.
Pratique.
S'estimer heureux de participer à tous les biens spirituels de l'Eglise.
XXXIÏI.6 LECTURE.
Je crois la rémissio?i des péchés.
Pcr Jcsum Cliristum voùis annuntiatur rcmissio pcecatorxm.
par Jésus Christ que la rémission des péchés vous est annoncée. Act. i3.
vje n'est que dans l'Eglise catholique qne l'on trouve la rémission des péchés. Dieu n'accorde cette grâce qu'à ceux qui deviennent ses enfans par le baptême : tous ceux qui sont hors de l'Église , comme les infidèles , qni n'y sont jamais entrés , et ceux qui en sont sortis , cornun- les hérétiques , les schismatiques et les excommuniés , ne peuvent y participer , tant qu'ils resteront hors de son sein. Pour vous , mon cher Théophile, vons jouissez de cet avantage : vous avez déjà reçu dans le baptême la rémission du péché originel, dans lequel nous sommes tous conçus. Dieu n'a pas borné sa miséricorde à cette première grâce. Comme il n'arrive que trop souvent que l'on perd l'innocence baptismal e , il a établi ua sacrement qui remisi ïvi
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péchés commis après le baptême; c'est le sacrement de pénitence. Nous pouvons y avoir recours autant de fois que nous retombons dans le péché. Dieu est toujours disposé à nous pardonner , pourvu que nous recevions ce sacrement avec un regret sincère de nos fautes. II n'y a point de péché qui ne puisse être effacé par ce moyen : quand vous auriez commis les plus grands crimes ; quand le nombre en surpasseroit celui des cheveux de votre tête, vous pouvez en obtenir la rémission par le sacrement de pénitence. Ce n'est pas , sans doute , par nos propres mérites que le pardon nous est accordé,mais par ceux de Jésus-Christ notre sauveur. La promesse que Dieu a faite de remettre nos pèches , est un pur effet de sa miséricorde ; et cette promesse est l'unique ressource des pécheurs et le motif de leur confiance. Vous sentez bien , mon cher Théophile, qu'il n'y a que Dieu qui puisse remettre les péchés : quand les prêtres prononcent sur vous la sentence de l'absolution , c'est Dieu qui efface vos péchés par leur ministère. Les prêtres ne sont que les instrumens dont Dieu se sert pour produire cet effet admirable. Ils n'agissent qu'au nom de Dieu , et en vertu du pouvoir qu'ils ont reçu de lui. « Nous sommes , dit saint Paul , les mi- » nistres de Dieu , et nous tenons sa place. » Que Dieu ait accordé aux pasteurs de l'Eglise le pouvoir de remettre les péchés, vous ne pouvez en douter; vous savez que Jésus-Christ a adressé ces paroles h ses apôtres et à leurs successeurs : « Recevez le Saint-Esprit; les péchés » seront remis à ceux h qui vous les remettrez , 3 et ils seront retenus à. ceux à qui vous les re-
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» tiendrez, »I1 est donc certain que Notrc-Seigneur a communiqué à ses apôtres le pouvoir qu'il avoil de remettra toutes sortes de péchés-* et qu'il a promis de ratifier et de confirmer dans le ciel la sentence qu'ils prononceroient sur la terre. Des apôtres , ce pouvoir a passé aux évêques , et aux prêtres que les évêques députent pour remplir ce ministère. Vous comprendrez le piix de cette grâce , mon cher Théophile , si vous voulez rélléchir un moment sur le malheureux état de ceux qui , après avoir offensé Dieu, n'auroient aucun moyen de se réconcilier avec lui. Je vous rapporterai à ce sujet les paroles qu'un vieillard , engagé dès l'enfance dans L'hérésie de Calvin , adressoit à un catholique , à qui il ouvroit son cœur. Ce vieillard, que des raisons d'intérêt retenoient dans son parti , lui disoit : Que vous êtes heureux dans votre Eglise ! Quand ou a eu le malheur d'offenser Dieu , l'on y trouve un moyen de tranquilliser sa conscience ; on se repentde ses fautes , on s'en confesse, et l'on en obtient le pardon; le calme et la paix renaissent dans le cœur. Mais chez nous , l'on est privé de cet avantage inestimahle; il faut rester toute sa vie chargé de ce poids qui accable. Je vous avoue que les péchés de ma jeunesse ne m'ont jamais laissé un instant' de repos. Le souvenir de ses péchés, qui n'ont point été effacés, me suit pa; tout; et il a troublé tous les jours de ma vie, parce que je n'avois rien qui pût me rassurer. Connoissez par là , mon cher Théophile , combien il est avantageux de pouvoir rentrer en grâce avec Dieu. Quelle consolation pour une aine de se dire à elle-même : 11 est vrai que j'ai péché , et
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que j'ai mérité l'enfer; mais par la miséricorde de Dieu , j'en ai reçu l'absolution , et j'ai lieu d'espérer que mes péchés ont été remis. Prenez bien garde cependant d'abuser de la miséricorde de votre Dieu , et d'en prendre occasion de pécher plus librement. Quoi ! vous l'offenseriez parce qu'il est toujours disposé à vous pardonner? vous seriez méchant parce qu'il est infiniment bon? Ne vous y trompez pas, cet abus de la miséricorde de Dieu est le crime qui l'irrite le plus , et Dieu qui pardonne toujours à ceux qui s'approchent comme il faut du sacrement de la réconciliation , pourroit ne pas vous laisser le temps d'y recourir. Combien de jeunes gens que la mort a surpris dans le péché! Qui vous a dit que vous ne seriez pas surpris comme eux ?
Malheur à moi , ô mon Dieu! si la passion m'aveugloit au point de me livrer au péché , dans l'espérance de m'en confesser et d'en obtenir la rémission. Je me souviendrai de votre miséricorde; et comment pourrai-je l'oublier , après en avoir éprouvé tant de fois les effets ? Je me souviendrai de votre miséricorde , pour m'exciter à vous servir avec fidélité , et non pas pour vous offenser avec plus de liberté. Oui , mon Dieu , votre miséricorde est infinie : combien de fois ne l'avez-vous pas exercée à mon égard ! Combien de péchés ne m'avez-vous pas pardonnes ! Vous pouviez m'abandonner à la sévérité de votre justice, je le méritois. \ous avez eu pitié de moi , ô mon Dieu ! dans mon égarement même , vous m'avez prévenu , vous m'avez recherché; et lorsque je suis retenu à vous, vous m'avez reçu avec la bonté d'un prie.
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et vous m'avez tout pardonné. Je nie souviendrai de votre miséricorde, pour la bénir cl non |>as pour en abuser; je m'en souviendrai pour Considère! combien mon aine vous a été chère jusqu'à présent , et combien elle l'est encore; |e m'en souviendrai pour apprendre ce que je dois à l'amour d'un Dieu qui veut me sauver , tout pécheur que je suis. Voilà , Seigneur , à quoi doit me servir la vue de votre miséricorde ; voilà l'usage que je veux en faire.
Pratique.
Bénir la miséricorde divine d'avoir établi les moyens d'eflàcer nos péchés.
XXXIW LECTURE.
La Résurrection de la chair.
"Ecce ego aperiam tumutos vestros , et educar* vos de tepulcris veslris.
J'ouvrirai vos tombeaux , et je vous ferai sortir de vos •épulcres. Ezech. 07.
Cj'est un article de notre foi , que nos corps ressusciteront un jour. Tous les hommes mourront , et ils ressusciteront avec les mêmes corps qu'ils auront eus pendant qu'ils vivoient. Ces corps , mis en terre , éprouveront la corruption , et seront réduits en cendres ; mais quelques changemens qu'ils aient éprouvés , leurs cendres se réuniront un jour , et seront ranimées par le souille de Dieu. 11 n'y a point de vérité qui soit plus clairement établie dans les
i6o Doctrine Chrétienne.
divines Ecritures , ni plus fortement appuyée de la foi constante de tous les siècles. Cette véïité a été connue dans les temps ; le saint homme Job lui-même fait profession de cette foi. « Je sais , dit-il , que mon Rédempteur est » vivant , et que je ressusciterai de la terre au » dernier jour , que je serai encore revêtu de ma » peau , que je verrai mon Dieu dans ma chair, » que je le verrai moi-même, et non un autre, » que je le contemplerai de mes propres yeux.» Mais c'est principalement dans la loi nouvelle que cette vérité brille dans tout so» jour. « Le » temps viendra , dit Jésus-Christ , que tous » ceux qui sont dans le tombeau entendront » la voix du Fils de Dieu , et ceux qui au- » ront fait de bonnes œuvres , ressuciteront » pour vivre ; mais ceux qui en auront fait » de mauvaises , ressusciteront pour être con- » damnés. » En un moment , dit saint Paul , en un clin-d'œil , au son de la trompette , les morts ressusciteront pour ne plus mourir. Comme tous sont morts par un seul homme , qui est Adam , tous revivront par un seul homme , qui est Jésus-Christ. Cette résurrection sera générale; tous, grands et petits , bons et médians , justes et pécheurs : ceux qui ont vécu avant nous depuis le commencement du monde , ceux qui sont maintenant sur la terre , ceux qui viendront après nous-: tous mourront et ressusciteront au dernier jour, avec les mêmes corps qu'ils avoient avant leur mort. C'est Dieu qui opérera celle merveille par sa toute-puissance. Comme il a tiré toutes choses du néant par so seule volonté , de même il rassemblera iacilemeut nos iiiem-
Symbole. 1G1
brcs épars , et les réunira à nos âmes. 11 n'est pas plus difficile au Tout-puissant de faire revivre nos corps , qu il ne lui a été de les créer. Vous avez sous les veux , chaque année, mon cher Théophile , une image de cette résurrec tîon : les arbres ne sont-ils pas comme morts pendant l'hiver , et ne paroissent-ils pas ressusciter au printemps ? Les grains et les autres semences que l'on jette en terre , s'y corrompent et y meurent en quelque manière : elles en sortent ensuite plus belles qu'elles n'y ent été mises : il en est de même de nos corps ; c'est une espèce de semence que l'on met en terre ; et qui en sortira pleine de vie. Les corps des justes ne seront plus grossiers , pesans et matériels , comme ils sont maintenant ; ils seront brillans comme le soleil , exempts de toutes sortes de douleurs et d'incommodités , pleins de force et d'agilité, telqu'étoit le corps de Notre-Seigneur après sa résurrection ; les justes qui sont ses enfans , sanctifiés par sa grâce , unis et incorporés avec lui par la loi , ressusciteront comme lui. Jésus-Christ transformera leur corps vil et abject , et le rendra conforme à son corps glorieux et impassible. Le corps , qui a eu part au bien que l'ame a fait pendant qu'elle lui a été unie , doit participer aussi à son bonheur. Les méchans ressusciteront , à la vérité , mais leurs corps n'auront pas ces qualités glorieuses ; ils ressusciteront , mais ils ne seront point changés , comme l'a été le corps de Jésus-Christ. Ils demeureront assujettis à des misères éternelles dans leur durée , et inconcevables dans leur grandeur. L'immorlalitë de leurs corps ue sera quu pour
162 Doctrine CnntTiEXNE.
rendre leur supplice éternel , et leur malheur irrémédiable. « Toute la multitude de ceux » cjui dornvnt dans la poussière de la terre , » dit un prophète , se réveillera , les uns pour la » vie éternelle , et les autres pour un oppro- » bre et une ignominie qui ne finira jamais. » Quel spectacle s'offrira alors à vos yeux , mon cher Théophile ! quels senlimcns s'élèveront dans votre cœur , lorsque vous entendrez le son de la trompette , lorsque cette voie terrible retentira de toutes parts : « Levez-vous , » morts , venez comparoitre au tribunal du » Seigneur : » lorsque vous >rrrez reparoitre tous les hommes , et qu'il n'y aura plus entre eux d'autre distinction que celle de leurs œuvres ! Saint Jérôme , dans le désert , croyoit entendre continuellement retentir la dernière trompette , et son aip.r* en étoit effrayée. ISous avons bien plus sujet de craindre que lui : comment pouvons-nous être tranquilles ? Si la résurrection future de nos corps est un objet d'espérance et de consolation pour les justes, elle est un objet de terreur et d'effroi pour les pécheurs; et ne sommes-nous pas du nombre de ces derniers ?
La mort n'est qu'un sommeil , ô mon Dieu ! c'est l'expression ordinaire des saintes Ecritures. Mon corps tombera un jour en poussière; mais après avoir reposé dans lf tombeau pendant quelque temps , il en sortira plein de vie, il ressuscitera , non plus dans cet état d'infirmité et de foiblesse où il est maintenant , mais éclatant , impassible , immortel. Je l'espère , ô mon Dieu ! de votre miséricorde ; et cette espérance que je nourris dans mon sein , mo
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rassure contre les frayeurs de la mort. La nature, à la vérité , redoute ce passage du temps a l'éternité : mais la foi de la résurrection me console et me soutient. Vous aviez créé l'homme immortel , et s'il étoit resté fidèle , il n'auroit jamais connu la mort. Il a une horreur naturelle pour un état dans lequel il ne devoit peint lasser ; la mort est la peine due à son péché ; mais vous avez bien adouci cette peine, o mon Dieu , en mourant vous-même pour expier nos
ftéchés , et en ressuscitant pour nous donner c gage de notre résurrection future. Vous avez dit vous-même : « Je suis la résurrection et la » vie; celui qui croit en moi , quand même il » seroit mort , il vivra. » Vous êtes ma vie, ô mon Dieu , c'est de vous que je tiens la vie naturelle : vous êtes ma résurrection, c'est par vous que ce corps mortel doit être un jour revêtu de l'heureuse immortalité. Je crois en vous; je revivrai donc après avoir subi l'arrêt de mort porté contre tous les hommes; je re\ivrai pour ne plus mourir , et pour régner avec vous dans l'éternité.
Pratique.
Se consoler dans les maux du corps , par l'espérance de la résurrection.
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