‹ Doctrine chretienne en forme de lectures de pietéChapitre 28 sur 87 · XXXVI.6 LECTURE · texte numérisé non relu

XXXVI.6 LECTURE

De la Foi.

Ç«i timctls Dominum , crédite Mi.

Voua qui craiguez le Seigneur, croyez en lui. Eccl. j.

La foi est le premier devoir que Dieu impose a 1 homme ; et ce devoir est renfermé dans le premier commandement : » Vous adorerez le Seigneur votre Dieu , et vous ne servirez que » lui seul. » La loi consiste à croire , sans hé- Uter » toutes les vérités que Dieu a révélées ; et quel Eglise nous enseigne desa part. Ces vérités sont contenues dans l'Ecriture sainte et dans la tradition : on appelle Ecriture sainte les livres sacres qui ont été écrits par l'inspiration du bamt-Esprit ; ce sont l'ancien et le nouveau lestament. Par la tradition on entend la parole de D,eu , qui n'a point été écrite par des auteurs inspirés; mais qu'ils ont ensei-née de vive vo.x à leurs successeurs , qui a été ainsi ransm.se de Louche en bouche jusqu'à nous. C est à I Eglise que le dépôt de l'Ecriture et de a tradition a été confié; c'est elle qui en fi™ le véritable sens , et qui le propose aux fidèles, par un jugement infaillible , el avec une sou-

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veraine autorité. Dieu lui a donné ce pouvoir; il lui a promis de la préserver de toute erreur , et de l'assister dans son enseignement jusqu à la fin du monde. Nous devons donc croire tout ce que l'Eglise nous enseigne , et il n'y a point de salut à espérer pour celui qui n'a point la foi. La parole de Notre-Seigneur est formelle : « Celui qui croira et sera baptisé , sera sauvé ; » et celui qui ne croira pas , sera condam- » né. » Sans la foi , dit l'apôtre , il est impossible de plaire à Dieu. Le concile de Trente l'appelle le commencement du salut , le fondement et la racine de la justification. Vous voyez , mon cher Théophile , que la foi est d'une nécessité indispensable pour être justifié , et pour être sauvé. La foi honore Dieu , et lui rend hommage comme à la souveraine vérité ; elle est , comme parle saint Paul , un sacrifice et une offrande que nous lui faisons , en soumettant notre esprit à sa parole infaillible , et faisant taire nos difficultés , nos préjuges et nos répugnances , pour croire , sans aucune ombre de doute sur l'autorité de cette divine parole, ce que nos sens n'aperçoivent pas , et ce que notre esprit ne peut comprendre. Mais , me direz-vous , peut-on croire ce que 1 on ne voit pas , et ce que l'on ne comprend pas ? Uui, mon cher Théophile : tous les jours vous croyez des choses que vous n'avez jamais vues ; vous les croyez sur le témoignage des personnes qui vous les rapportent. Qu'un homme de bien vous assure un fait dont il a été témoin , vous y ajouterez foi : le témoignage de Dieu ne mente-t-il pas plus de créance que celui d un homme . Les dogmes de la foi , ajoutez-vous , sont m*

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compréhensibles: j'en conviens; mais combien de choses , môme dans la nature , que nous ne pouvons comprendre ! Comprenez-vous comment un grain je!é ru terre , produit une plante , une fleur , un fruit ? Non. Vous le croyez cependant ; a plus forte raison devez-vous croire les mystères que Dieu a révélés,. M'est-il pas évident que Dieu , qui est la souveraine vérité , ne peut ni être trompe , ni nous tromper ? llicn n'est donc plus raisonnable que de croire, sur la parole de Dieu , des choses même qu'on ne comprend pas. On croit alors , non parce que l'on conçoit ; mais parce? que Dieu l'a dit : la foi est fondée sur la parole de Dieu , et non pas sur nos propres lumières. Nous ne pouvions connoitre les mystères que par la révélation ; Dieu les a révélés ; de plus , il i établi une autorité infaillible pour nous les proposer. Comme il appelle tous les hommes a la connoissanec de. la vérité , il leur a fourni un moyen qui est à la portée de tous. Pour être chrétien , il ne faut que de la docilité , et cette docilité n'est pas une crédulité aveugle et stupide , mais une soumission éclairée et appuyée sur les motifs les plus forts et les plus capables de déterminer un homme raisonnable. Mais comment sait-on que Dieu a parlé ? On le sait par toutes les preuves qui établissent la divinité de la religion chrétienne; on le sait par des faits publics et incontestables , et principalement par les miracles. Jésus-Christ , dit saint Augustin , a demandé la foi aux hommes ; mais , avant que de la demander , il l'a méritée par des miracles : c'est à celte preuve qu'il rappeloit lui-même les Juifs.

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Il leur disoit ; » Les œuvres que je fais au nom » de mou Père , rendent témoignage <lc moi : » si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne » me croyez pas ; mais si je les fais , quand » même vous ne voudriez pas me croire , croyez » à mes œuvres. » Les miracles sont donc la voix de Dieu , et l'on ne peut , sans impiété, rejeter une doctrine confirmée par des miracles ; car ce scroit une absurdité impie de dire que Dieu a déployé sa toute-puissance pour autoriser une fausseté. Appuyé sur ces principes , mon cher Théophile , croyez toutes les vérités de la foi ; car , rejeter un seul article , c'est avoir perdu 1; foi. Croyez-les fermement , c'est-à-dire, sans a îcun doute : c'est pécher contre la foi que de duiter volontairement de quelqu'une des vérités qu'elle enseigne. On s'expose à tomber dans le péché , quand on a la témérité de lire les livr "-s des hérétiques et des impies; c'est mettre si foi en danger ; et quiconque aime le danger y périra. On pèche contre la foi quand , par la crainte: des hommes , on la renonce extérieurement et de bouche , quoique l'on en conserve le sentiment dansle cœur; cette lâcheté outrage Dieu ; les martyrs ont mieux aimé souffrir toutes sortes de tourmens et la mort même , que de dissimuler leur foi devant les tyrans. Enfin, c >'st pécher contre la foi que de négliger de s'instruire des vérités dont la connoissance est nécessaire au salut. C'est par cette négligence que beaucoup de Chrétiens vivent dans l'ignorance de ce qu'ils devroient savoir , et qu'ils commettent un grand nombre de fautes dont ils ne s'aperçoivent pas même.

Je crois , ômon Dieu , toutes les vérités qu'il

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vous a plu de révéler aux hommes. Je veux être toute ma vie un enfant docile à la voix de votre Eglise, que TOUS conduisez , que vous éclairez par votre Esprit saint. Quelque impénétrables que soient les ion stères que vous m'ordonnez ♦lt croire , je les crois fermement. Je ne puis pas , à la vérité, les comprendre ; mais je sais que vous les avez révélés : cela me suffit. Loin de moi la présomption de ces esprits orgueilleux, qui osent soumettre votre parole à l'examen de leur foible raison. Loin de moi la curiosité de lire leurs ouvrages impies. Non, je n'écouterai jamais ces maîtres d'erreur et de mensonge. Vous avez parlé , Seigneur : il ne me reste plus d'autre parti à prendre que celui d'imposer silence à mes foibles raisonnemens et à mes sens, et de les soumettre à votre autorité. Je crois maintenant sans comprendre : mais le jour viendra , je l'espère ainsi de votre miséricorde; il viendra cet heureux joxir , où j'entrerai dans votre sanctuaire éternel , où la vérité brillera dans tout son éclat , où la foi fera place à une clarté sans nuage. Vous voulez , ô mon Dieu ! que pendant cette vie je me contente d'être guidé par le flambeau de la révélation : vous 1 ;ivez ainsi réglé , pour nous laisser le mérite de la foi. Fortifiez-la en moi; garantissez- la des pièges qu'on lui tend de toutes parts : faites que j'évite avec soin tout ce qui pourroit l'afToiblir; et ne permettez pas qu'un trésor si précieux me soit jamais enlevé.

Pratique.

Faire souvent des actes de foi.

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