XXXVII/ LECTURE
De L'Espérance.
Qui iimetis Domintim, sperate in itlum.
Vous qui craignez le Seigneur , espérez en lui. Eccl. 2.
-Le second devoir de l'homme envers Dieu , c'est d'espérer en lui , c'est-à-dire , d'ai tendre avec une ferme confiance , de sa bonté infinie , les biens qu'il nous a promis. Ces biens sont le salut éternel , et les grâces dont nous avons besoin pour y arriver. Qu'ils sont grands ces biens, mon cher Théophile ! qu'ils sont précieux ! Ce n'est rien moins que la possession éternelle de Dieu même. Ce bonheur est infiniment au-dessus de nous et de nos efforts ; aussi est-ce par sa pure miséricorde qu'il nous en a fait la promesse. Nous ne sommes pas capables par nousmêmes de mériter un tel bonheur; mais Dieu , qui nous aime , malgré notre misère et notre indignité , nous promet toutes les grâces nécessaires pour y parvenir : il nous a donné son Fils unique , afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. La vue de nos misères ne doit point nous empêcher d'espérer en Dieu , et d'attendre la possession des biens qu'il nous a promis. Sa toutep uissance , à laquelle rien n'est impossible , sa miséricorde qui est infinie , le nom qu'il nous a fait de son Fils , les mérites de sa mort qui sont inépuisables , la vertu de sa grâce , ses promesses , le commandement qu'il nous fait d'es-
Décalocie. 17
pérer en lui : voilà les fondemens inébranlable de l'espérance chrétienne. Après de telles assurâmes , nous lui ferions injure de ne pas espérer. Gomme Dieu veut être cru quand il parle, il veut aussi qu'on se confie en lui , quand il promet L'espérance n'est pas moins nécessaire au salut que la foi même. « Espérez 11 Dieu , dit le prophète , et faites le bien. » L'Apôtre nous ordonne non-seulement d'être fendes et affermis dans la foi , mais encore d'être inébranlables dans l'espérance que nous donne l'Evangile ; car ajoute-t-il , nous sommes sauvés par l'espérance. « 11 veut qu'au mi- » lieu des afflictions même , un Chrétien se » glorifie dans l'espérance des enfans de Dieu , » persuadé que celte espérance ne trompe ja- » mais. » Remarquez , mon cher Théophile , que notre confiance doit être ferme et constante. Non ; l'espérance chrétienne n'est point incertaine et chancelante : c'est une constance ferme , parce qu'elle est appuyée sur un fondement inébranlable. Saint Paul la compare à une ancre ferme et assurée , qui retient un vaisseau au milieu des flots et de la tempête : cette espérance n'est jamais confondue , quand elle est humble , sincère et persévérante. Dieu ne peut manquer à sa promesse. « Le ciel «*t la terre pas- » seront , mais ses paroles ne passeront point. » Considérez , dit un auteur sacré , considérez tout ce qu'il y a eu d'hommes parmi les nations; et sachez que nul n'a espéré au Seigneur , qui n'ait éprouvé les effets de sa bonté. 11 est vrai que, durant cette vie , l'espérance est toujours mêlée de crainte : Dieu le permet ainsi pour nous tenir dans l'humilité et dans une salutaire