XLVIII.C LECTURE
Sixième Commandement. De l'impureté.
iïbn mœchaberis. Exod. 20. FugUntcs ejusquœ in manda *st concupiscenliœ corruplionem. 2. Petr.
Vous ne commettrez point de fornication fuyant la
corruption de la concupiscence qui règne dans le siècle par le dérèglement des passions.
DiEv nous défend toutes sortes d'impuretés dans les actions et dans les paroles. Cette défense s étend àloutcequipeutêtreune occasion de commettre ce péché , comme l'excès du boire et du manger , les spectacles , les mauvaises lecture» , les peintures lascives , les regards et les manières de s'habiller déshonnêtes. Il n'y a point dev.ee qui soit plus contraire à la sainteté de Dieu , et qu'il punisse plus sévèrement. Il fait souvent éclater sa vengeance , dès cette vie même sur ceux qui le commettent ; nous en voyous
22o Docttum: Chrétienne.
des exemples terribles dans l'Ecriture. C'est pour ce crime honteux que Dieu fit périr , dans un déli-n-e universel , le monde entier , à 1 exception d'une seule famille; c'est pour le même péché qu'il fit tomber le feu du ciel sur Sodome , Coniorrhe, et les villes voisines , qui furent consumées avec tous les habilans. Ce châtiment terrible n'est qu'une foible image du feu éternel qu'il réserve dansd'autre vie à ceux qui les imitent. L'apôlre saint Paul prononce généralement contre eux, que le ciel ne sera point leur partage, qu ils en seront exclus. «Sachez , leur dit-il , que nul fornicateur , nul impudique ne sera héritier du royaume de Dieu ; et ailleurs: ne vous y trompez pas , ni les formeateurs , ni ies adultères , ni les impudiques , n auront point de part au royaume de Dieu. » Ce péché sera puni , même dans les infidèles qui ne connoissent pasDieu , parce qu'il est contraire?» la raison qui les éclaire , parce qu'en s'y abandonnant , l'homme se dégrade lui-même , et qu'étant par sa nature au-dessus de la bête , il se met au même rang , et se confond avec elle ; mais il est beaucoup plus énorme encore dans les Chrétiens , dans ceux qui ont été régénérés en Jésus-Christ , parce que rien n'est plus contraire à leur vocation , parce qu'il fait injure au Saint-Esprit, dont il profane le temple , à Jésus-Christ , dont il souille les membres. C est encore l'apôtre saint Paul qui nous l'enseigne, La volonté de Dieu , dit-il , est que vous soyez saints et purs , et que vous vous absteniez de toute souillure ; car Dieu ne vous a point appelés pour être impurs , mais pour être saints \o savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu
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et que l'esprit do Dieu habite en vous ? Si qu< Iqu'un profane le temple de Dieu dans son corps , ])i( ii le perdra, car le temple de Dieu est saint , et c'esl vous qui êtes ee temple. Il ajoute ensuite que DOS corps sont les membres de Jésus- Christ. « Ne savez-vous pas que nos corps sont les membres de Jésus-Christ ? Arraclierai-je donc à Jésus-Christ ses propres membres , pour en faire les membres d'une prostituée?» Quel crime que de profaner le temple de Dieu ! Quel sacrilège que de déshonorer les membres de Jésus-Christ ! Cette idée vous fait horreur , mon cher Théophile; vous vous affermirez dans celte disposition . si vous considérez les suites affreuses de ce péché, fi ruine la santé , il renverse la fortune , il déshonore les familles , il couvre d'infamie ceux qui le commettent. I :i impudique , devenu l'opprobre de stf&mille et la fable de toute une ville , périt misérablement h la fleur de l'à^e , où il traine une vie languissante dans l'ignominie , dans la douleur et le désespoir. Les suites de ce péché sont encore plus funestes à l'égard de l'ame; il éteint les lumières de l'esprit , il le rend incapable, de i«.;ite application sérieuse. Un jeune homme livré à ce vice honteux , ne peut penser à rien de solide : sa passion le suit partout , et l'occupe tout entier : toute espèce de travail l'ennuie, le lasse et l'impatiente. Le cœur est encore plus malade que l'esprit ; il a un dégoût presque insurmontable pour la prière et pour tous les exercices de piété; c'est cet homme anima] dont parle saint Paul , qui ne conçoit rien aux choses de Dieu ; la \ue même des gens de bien lui fait peine , parce que leur conduite
30«î DOCTBINE ClïRÉTIÎNSF..
ost comme une censure secrète de se» désordres. « Celui qui fait le mal , dit Nolre-Se.gneur, hait la lumière ; il ne s'en approche pas , de peur (nie ses œuvres ne soient condamnées.» Il tombe bientôt dans l'endurcissement ; il n j a point de vice qui répande des ténèbres plus eusses dans l'aie; les intérêts les plus cher, Touchent plus ; les promesses et les menaces StDlusentégal^iiiiaépTisé^i^boi^, Z malheur éternel ne font plus d'impression . tout est sacrifié , tout est compté pour rien. On oublie ce que l'on doit aux autres , et ce que Ton se doit h soi-même ; ce n'est plus la raison ,ui ^uide , c'est un penchant aveugle et impéeuxqui importe ; et tandisqu on se donne en necîacle au public , seul on ne se voit passoi- S On envient même jusqu'à perdre la Foi: Ta r"li^ion ne peut s'allier avec mie vie dissolue pSur étouffer les remords delà conscience, et vivre tranquillement dans le crime , on commence par douter des vérités les plus certaine^ et l'on finit par ne rien croire, be al impémtence finale : on meurt dans le péché p et 1 on p, oît au Tribunal de Dieu tout couvert des l Urnes dont la vie entière a été soudlee selon cet^e maxime de l'Ecriture : « Les désordres de fa eunesse pénétreront jusque dans ses os et accompagneront dans la poussière même
HgSSl****" dans moname , 6 mon 1W est un sentiment de crainte et de U syeur ; d'un 'cÉ é votre voix se fait entendre et me S que l'impureté est horrible à vos yeux ' Vile est suivie des maux les plus afireux ; de ?aulre , je sens en moi un malheureux penchant
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qui me porteàcevice : je sens dans mes membres Une loi impérieuse qui-est contraire à votre sainte loi. Ce n'est pas que j'hésite , ô mon Dieu ! je veux vous obéir; mais quels combats ne moiaulil pas soutenir ! A quels dangers ne suis-je pas exposé ! Mon Dieu, je crains de vous trahir; ma foiblesse m'épouvante; que puis-je de moi-même contre un ennemi si redoutable? Mon Dieu , je ne m'appuierai point sur mes propres forces , je serois bientôt vaincu ; mais je m'appuierai sur votre grâce; avec elle je serai inébranlable. Soutenez-moi, Seigneur, et ne me quittez pas un seul instant , de peur que mon ennemi ne prévale sur moi : je puis tout avec vous , mais sans vous je ne puis rien. Vous me commandez d'être pur et chaste ; donnez-moi ce que vous me commandez. Non , mon Dieu , vous ne m'abandonnerez pas , vous l'avez promis , et vous êtes fidèle dans vos promesses ; vous ne m'abandonnerez pas , si je ne vous abandonne le. ^premier. Ah ! Seigneur , j'aimerois mieux mourir que de vous offenser ; je puis donc compter sur votre secours ; oui , vous serez avec moi dans ce combat qu'il faut que je me livre sans cesse : voilà mon Dieu , ce qui me rassure; avec vous , qu'ai-je à craindre? Je suis sûr de vaincre et de triompher.
Pratique.
Concevoir une vive horreur de l'impureté.
2^4 Doctrine CiraÊTiENNE.