‹ Doctrine chretienne en forme de lectures de pietéChapitre 38 sur 87 · XLVII.6 LECTURE · texte numérisé non relu

XLVII.6 LECTURE

Du Scandale.

Jrœ hominl ilti per quem scandalum venit.

Malheurà l'homme par qui le scandale arrive. Mutth. 28.

i je scandale consiste à porter les autres au péché, ou à les détourner de la vertu. C'est une seconde espèce d'homicide, dont les sens ne sont point frappés , mais qui n'est pas moin?

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réel aux yeux de la foi , ni moins criminel devant Dieu. Le scandale tue l'ame, et lui ôte la vie spirituelle de la grâce , qui est infiniment plus précieuse que celle du corps. Aussi Jésus- Christ fait-il les plus terribles menaces à ceux qui sont , pour leurs frères , un sujet de scandale et une occasion de chute. « Malheur, dit- » il , h ceux par qui le scandale arrive : si quel- » qu'un scandalise un de ces petits qui croient » en moi, il lui seroit plus avantageux d'être » précipité au fond de la mer. » Jugez , mon cher Théophile , de l'énormilé de ce péché par l'horreur que Jésus-Christ veut nous en inspirer. Considérez les effets du scandale , et vous reconnoilrez la justice des chàlimens terribles que Dieu lui réserve. Que fait le pécheur scandaleux ? Il s'oppose a la volonté que Dieu a de sauver les hommes. « La volonté de votre » Père céleste , dit Jésus-Christ , est qu'aucun » de ces petits ne périsse. » Il les a tous adoptés pour ses enfans ; il veut les sauver tous ; mais , par le scandale , on met obstacle à celte volonté de Dieu , puisque l'on fait périr ceux que Dieu vouloit rendre heureux; Le pécheur scandaleux anéantit la rédemption de Jésus- Christ. Notre-Seigneur est venu sur la terre pour sauver les âmes; il a répandu son sang pour les racheter : par le scandale, on lui ravit ces âmes qui lui ont coûté si cher ; onîui enlève sa conquête ; on rend inutile le prix de son sang , et Ton expose à un malheur infini ceux à qui Jésus-Christ avoit mérité une félicité éternelle. Ce jeune homme avoit dos inclinations vertueuses ; docile à ses parens el à ses maîtres , recueilli dans la prière , appliqué à tous ses

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devoirs, il étoit l'objet des complaisances do son Dieu. Il a le malheur de se trouver dans la société d'un libertin , gui fait gloire do n'avoir p >iul de piété, qui donne à la vertu un nom odieux ou ridicule, qui se moque de ceux qui en ont : le jeune homme ébranlé par ses discours , succombe à la crainte de ses dérisions et de ses censures; il rougît de la vertu. Le libertin va plus loin; il tient en sa présence des propos licencieux , il lui donne; di mauvais conseils , il les appuie par ses exemples. Le jeune homme apprend le mal qu'il ignoroit ; il reçoit les plus funestes impressions, et finit par se livrer aux mêmes désordres. Le voilà devenu l'esclave des mêmes passions , assujetti aux mêmes vices , Dieu vouloit sauver cette aine ; Jésus-Christ étoit mort pour elle, et le pécheur scandaleux la fait périr. Celte ame devoit jouir éternellement de Dieu , et le pécheur scandaleux l'entraîne dans un malheur éternel. A quels chàtiinens ne doit-il pas s'attendre ? Est-il un supplice trop rigoureux pour lui ? Malheureux ! vous auriez horreur de tremper vos mains dans le sang de votre frère; cependant le mal que vous lui faites est infiniment plus horrible. Vous seriez moins cruel à son égard , si vous lui enfonciez un poignard dans le sein , et si vous lui arrachiez la vie du corps. Colle ame que vous avez séduite , criera éternellement vengeance contre vous , et ses cris seront entendus du souverain Juge. Malheur donc à celui qui apprend à la jeunesse le mal qu'elle ignore; malheur à celui qui séduit l'innocence par ses exemples ou par ses discours; malheur à celui qui détodrne lus

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autres delà vertu et de la piété , par des railleries insensées ; malheur à celui qui communique des livres pernicieux contre la religion ou contre les mœurs ; malheur à celui qui montre ou fait remarquer a d'autres des peintures indécentes ; malheur à celui qui compose ou apprend à d'autres des chansons déshonnêtes ; enfin , malheur à celui qui cause du scandale, de quelque manière que ce soit , ou qui , pouvant empêcher le scandale , ne s'y oppose pas ^c tout son pouvoir. Il est coupable de tous les péchés dont il est la cause ; et il sera puni de iout le mal qui se fera , même après sa mort , à l'occasion du scandale qu'il aura donné.

Je ne connoissois pas , ô mon Dieu ! toute l'horreur du péché de scandale ; je n'avois jamais réfléchi sur les suites affreuses qu'il entraîne , et 6ur les chàtimens terribles dont vous menacez ceux qui le donnent. Ne permettez pas que je devienne jamais pour les autres une occasion de chute et de péché. Je suis bien résolu de veiller sur moi-même , pour ne rien dire et ne rien faire qui puisse les porter au mal. Hélas ! n'est-ce pas assez que j'aie à répondre de mes propres fautes , sans me charger encore de celles des autres? S'il m'est arrivé de scandaliser quelqu'un , daignez , ô mon Dieu ! me le pardonner. Je vais réparer ce mal en ne donnant que de bons exemples , et en édifiant mon prochain , par une exacte fidélité a remplir tous mes devoirs. Vous nous l'avez commandé , ô mon Dieu ! par ces paroles : « Que votre lumière luise devant les hommes , afin qu'en voyant vos bonnes œuvres , ils glorilicut voire Père céleste. » Je veux prati-

DiCALOGCE. 2ir)

«juer ce commandement , et inspirer aux autres l'amour de la vertu par ma bonne conduite , non afiu d'en être loué , mais pour que votre nom soit glorifié. Accordez-moi cette grâce pour la gloire de votre nom , pour mon salut H celui de mes frères , que vous avez vousmême si fort à cœur.

Pratique»

Prendre bien garde de donner jamais de mauvais exemples.

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