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l'indignation. Quoi ! d'un côté , Dieu vous ordonne d'entretenir la piété dans votre cœur , par le fréquent usage des moyens que lui-même
a établis pour nous sanctifier; Dieu vous commande l'attention dans vos prières , l'application à l'étude , le respect et la soumission à ceux qu'il a chargés de votre éducation; Dieu vous promet sa grâce , sa tendresse , un bonheur éternel , si vous êtes fidèles à ces obligations qu'il vous impose : d'un autre côté , il en est parmi ceux avec lesquels vous vivez', qui cherchent à vous inspirer l'éloignement des pratiques de la religion , le goût de la dissipation , l'amour d« l'indépendance et l'esprit de révolte. Ces jeune* insensés vous engagent à suivre leurs mauvais exemples ; c'est à ce prix qu'ils vous offrent leur amitié : il faut choisir. Ah ! mon cher Théo phile , prendrez-vous le pi . ù de désobéir h Dieu plutôt que de déplaire à des méchans ? draindrez-vous plus d'encourir leur disgrâce que celle de votre Dieu ! Quel crime , de donner la préférence à la créature sur le Créateur ! quelle, folie démettre votre confiance dans les hommes ! Si Dieu est pour vous, qu'avez-vous à craindra de leur part ? Si Dieu est contre vous , quel secours peuvent-ils vous donner ? Quand vous périrez , vous sauveront-ils ? Quand Dieu vous condamnera , pourront-ils vous défendre ? En second lieu , le rpspect humain est très-funeste dm» ses suites; c'est l'écueil ordinaire où viennent échouer les plus sages résolutions ; c'est là ce qui empêche le plus souvent les pécheurs de se convertir , et les justos de persévérer dans la piété. Combien de jeunes gens touchés de Dieu, cuan^eroient de conduite , si le respect humain
ne les arrêtoit ? Combien d'autres , qui ont commencé à mener une vie régulière , s'y soutiendroient constamment , s'ils ne craignoient les vains discours des médians ! Ce jeune homme , par exemple , étoit né avec un caractère heureux ; une éducation chrétienne avoit encore fortifié son goût pour la piété ; s'il suivoit son penchant , il seroit vertueux ; mais le» fades railleries des libertins l'intimident , il n'a pas le courage de paroître ce qu'il est; et , par une complaisance criminelle , il abandonne la vertu qu'il aime , et il se livre au vice qu'il déteste. Et alors , a quels désordres ne se porte-t-il pas ! Il n'y a point d'excès dont on ne soit capable , quand on se laisse dominer par le respect humain; on tombe dans lesdiflérens vices de tous ceux dont on redoute la censure ; on se rend l'esclave de toutes leurs passions , et on leur sacrifie ses lumières , sa conscience et son salut. Enfin , rien n'est plus contraire à la raison que le respect humain. De quoi rougissez-vous , mon cher Théophile ? Est-ce de quelque défaut que Ton a remarqué en vous ? Est-ce de quelque faute qui vous a échappé ? Non , c'est d'avoir obéi à l'autorité qui a droit de vous commander ; c'est d'avoir passé dans le recueillement le temps de la prière ; dans le silence et dans l'attention , celui qui est destiné au travail. Quoi , vous rougissez de votre fidélité à remplir vos devoirs ! mais n'est-ce pas là , au contraire , ce qui fait votre gloire ? Depuis quand , je vous prie , depuis quand la vertu mérite-t-elle la confusion et la honte ? Quel renversement d'idées ! quelle opposition avec toutes les lumières de la raison, avec tous les principes du sentiment natu
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rcl ! C'est le vice , mon cher Théophile , c'est le vice qui doit rougir , et non pas la vertu ; c'est au crime qu'appartient la honte , et non pas à l'innocence. Laissez , laissez rougir l'homme vicieux; pour vous, montrez une noble fierté , une sainte hardiesse , quand vous avez fait ce que vous deviez faire. Quels sont donc , après tout, ces censeurs delà vertu , ces hommes à qui vous craignez si fort de déplaire , dont vous recherchez le suffrage ? 11 faut vous les montrer tels qu'ils sont ; il faut exposer à vos yeux ce qui se passe au fond de leur cœur. Ce sont des hommes livrés a des passions brutales , qui gémissent sous ce joug honteux; un trouble secret les accompagne partout , et empoisonne tous les momens de leur vie ; continuellement déchirés par des remords cruels , tonrmentés par les reproches de leur conscience , ils voudroient étouffer cette voix importune ; et c'est pour se rassurer par leur nombre , qu'ils s'efforcent de multiplier les complices de leurs désordres. Mais tandis qu'ils s'élèvent au dehors contre la piété , ils ne peuvent s'empêcher de la respecter dans leur cœur , et d'en regretter la perte ; tandis qu'ilspersécutentlejuste, au fond ils l'estiment , ils envient son sort. Avouez-le , jeunes libertins , vous qui détournez vos condisciples des pratiques de la vie chrétienne , vous qui affectez h leur égard des airs de mépris : qui ne leur parlez qu'avec aigreur , qui fuyez leur société , avouez-Ic , si vous êtes de bonne foi : vous voudriez bien ressembler àceuxquevous insultez, et vous ne cherchez h les rendre ridicules , que parce que vous n'avez pas le courage de les imiter. Et vous , âmes foibles et timides , qu'un
mot de raillerie ébranle , renverse , rassurezvous ; méprisez les vains discours de ces hommes corrompus ; que vous importe que l'on vous approuve ou que l'on vous blâme ? Si Dieu est dans vos intérêts , qui pourra vous nuire ? Rassurez-vous , Dieu saura bien vous défendre. Si vous avez quelque chose à souffrir pour son nom , il saura bien vous consoler et vous dédommager. Souvenez-vous de cette parole de Notre-Seigneur : « Vous serez heureux lorsque » les hommes vous chargeront de malédictions , «qu'ils vous persécuteront , qu'ils diront faus- » sèment toute sorte de mal contre vous , à cause »de moi : réjouissez-vous alors, et faites éclater «votre joie, parce qu'une grande récompense «vous est réservée dans les cieux. »
Hélas ! Seigneur , si au jour du jugement vous refusez de reconnoitre pour vos enfans ceux qui, par respect humain , n'auront osé pratiquer votre sainte loi , que ferai-je , moi qui ai si souvent cette indigne foiblesse à me reprocher ? Je l'avoue, ô mon Dieu ! mille fois , pour ne pas déplaire aux hommes , je vous ai déplu ; j'ai négligé le bien que j'approuvois , et j'ai fait le mal que je haïssois ; j'ai osé paroître impie , et j'ai rougi de paroître Chrétien. Ah ! Seigneur , je vous demande pardon de cette lâcheté ; je veux sincèrement l'éviter désormais , et m'en corriger; je ne rougirai plus de votre Evangile; je veux me déclarer hautement pour lu vertu , et pratiquer le bien sans crainte. Je me mets peu en peine de ce que les hommes diront de moi ; qu'ils en pensent tout ce qu'ils voudront ; qu'ils se moquent de ma conduite , pourvu qu'elle vous plaise , ô mon Dieu ! je suis content. Ile-
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ÇOV07. mes regrets , agréez mes résolutions , soutenez mon courage. Je renonce au monde pour me jrter dans vos bras : si j'ai tout à craindre de ma foiblesse , j'ai tout à espérer de votre bonté.
Pratique.
S'affermir contre le respect Immain.